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1896. Les plaines athéniennes. Pierre de Coubertin courant le sourire aux lèvres devant sa merveille olympique qui rapproche les nations.
Un rassemblement planétaire avec une bonne dose d’éclats, d’exploits…et d’excès.
Mais ce grand projet, un siècle plus tard, en sol canadien, laisse derrière lui une traînée de poudre à forte concentration amère…
Une amertume dans la bouche des résidents de la rue Hasting et des environs qui ont été trimbalés loin des regards. Les exclus de cette grande fête olympique « rassembleuse » en porteront les marques des années durant.
Une amertume qui peine à se dissimuler dans les yeux des Amérindiens déplacés et baillonnés. Ces peuples autochtones qui ont la ferme impression que ces jeux s’organisent sur des terres volées…
Une amertume devant ces coupes et re-coupes de bois. Devant cette folie d’autoroute Sea-to-Sky qui a transformé le panorama des Rocheuses pour des siècles et des siècles amen.
Que la fête s’installe disaient-ils, la flamme à bout de bras… Mais que ces empreintes d’amertume qui se cachent derrière cette courses aux médailles soient mises au grand jour!
Dernièrement, sur le web, je suis tombé sur une vidéo montrant « vu de l’intérieur » comment s’est déroulé le barrage de la 117 cet automne, dans le Parc de la Vérendrye. Il s’agissait d’une version bien différente de ce que j’avais pu voir dans les médias télévisés …
Si je me rappelle bien, au bulletin télévisé on a surtout mis l’emphase sur le fait que cet important axe routier était bloqué. On nous a donc fait le coup de la traditionnelle entrevue de l’automobiliste frustrée par ces dérangements. Puis dans le reportage, ils nous ont flanqué quelques plans du barrage routier vu de loin … On pouvait y apercevoir un tipi et des lumières de police.
Souvent, les conflits qui opposent les Autochtones aux gouvernements ont la particularité d’avoir l’air complexes, ce qui est dû justement à la complexité de la justice et de la bureaucratie gouvernementale. Mais la plupart du temps ces conflits se résument tout simplement par des cas flagrants de démocratie bafouée ou de terres volées et pillées de leurs richesses naturelles …
Et effectivement, le cas du Lac Barrière et une affaire assez complexe où il est entre autres question d’un accord trilatéral (Algonquin, gouv. fédéral, gouv. provincial) qui n’aurait pas été respecté. Accord qui, s’il était appliqué, permettrait à la communauté du Lac Barrière d’obtenir des redevances sur l’exploitation des ressources naturelles.
Sur internet, il y a très peu d’information au sujet de cet accord qu’on appelle officiellement l’Accord trilatéral du Lac Barrière. Mais, j’ai tout de même réussi à trouver un peu plus d’information à ce sujet sur le site de Ressources naturelles Canada.
En fait, selon Ressources naturelles Canada, cet accord aurait été conclu dans une perspective de véritable conciliation entre le milieu de la foresterie et le mode de vie traditionnel des Autochtones. En élaborant cet accord, les Autochtones auraient eu « voix au chapitre » dans la planification de l’aménagement forestier d’une grande partie de leur territoire ancestral, qui recouvre 10 000 km2. »
Voici un extrait du document de Ressources naturelles Canada qui explique un peu comment ils ont procédé pour arriver à cet Accord Trilatéral du Lac Barrière :
Avant que les discussions ne débutent, les trois parties (les gouvernements fédéral et du Québec et les Algonquins) ont essayé de comprendre les ressources que les Algonquins utilisent et pourquoi celles-ci revêtent tant d’importance à leurs yeux. Il a donc fallu immédiatement répertorier les zones sensibles et recommander la façon de les protéger contre l’extraction des ressources. Parmi ces zones sensibles, il y a des habitats fauniques critiques et des sites importants pour les Algonquins (ravages d’orignaux, érablières, zones sacrées, secteurs où l’on trouve des plantes médicinales et zones riveraines [littoral et rives]).
Pour protéger les zones riveraines sensibles, les Algonquins ont recommandé l’établissement de larges zones tampons le long des rivières, des lacs et des cours d’eau. Les Algonquins ont soutenu que les animaux avaient besoin de zones tampons plus larges (qui à l’époque mesuraient 20 m de large). De plus, dans ces zones plus larges, un moins grand nombre d’arbres seraient abattus. Enfin, les Algonquins eux-mêmes, qui parcourent de longues distances le long du littoral, ont besoin de zones tampons plus larges.
Quoi qu’il en soit, pour l’instant cet accord qui satisfaisait tout le monde à l’époque est caduc ! La communauté compte donc se battre jusqu’à ce que l’accord soit respecté.
Pour ceux et celles qui voudraient en savoir plus sur le sujet le groupe Solidarité avec le Lac Barrière organise une conférence au Centre d’Amitié autochtone, voici les détails:
Voici une histoire que vous ne retrouverez probablement pas dans les médias sur la manifestation contre la brutalité policière dont nous avons beaucoup entendu parler le 15 mars dernier, le point de vue d’une mère à la recherche de son fils de 16 ans, détenu par la police.
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