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Les blogues de Parole sont des espaces ouverts aux dialogues, à l’échange et au partage. Les sujets sont vastes, citoyens et passionnants. Lecteurs et internautes sont appelés à prendre part au dialogue… Enfin le “je” devient le “nous”!

La recette magique!

Quels sont les ingrédients pour réussir une adoption. “Réussir” une adoption? Qu’est-ce que ça signifie en fait? Réussir à adopter, donc à répondre correctement aux questions de la travailleuse sociale lors de l’évaluation psychosociale? Réussir à élever un enfant adopté? Réussir à le faire sentir assez bien pour qu’il ne démontre aucun intérêt envers son pays d’origine? Réussir à être à ses côtés lors de ses questionnements? Réussir, comme adopté, à vivre sa vie, comme un “vrai” québécois? Ne jamais se questionner ou plutôt arriver à des réponses saines suite à tous les questionnements qui auront pu nous hanter?

À la douzième et dernière émission de L’Hybridé sur les ondes de CIBL 101,5 Radio Montréal, nous avons tenté de dresser une liste des ingrédients essentiels pour “réussir” l’adoption. Rien de moins…

Martine Trottier-Maltais, adoptée du Rwanda à l’âge de 8 ans avec son frère de 6 ans. Son histoire d’adoption est plus que particulière. Alors que son grand-père souhaitait garder Martine comme force de travail, les femmes du village ont plutôt convaincu l’aïeul de laisser sa petite-fille en adoption internationale, là où elle pourrait vivre une vie meilleure. Martine a fuit la guerre pour atterrir à Chicoutimi, un soir d’hiver. “Je portais une petite jupe et des collants et j’avais si froid. C’était le jour le plus froid de ma vie!”

À maintenant 24 ans, Martine porte un regard très mature sur son histoire. “C’est certain qu’un jour j’y retournerai (par curiosité et peut-être pour re-découvrir qui j’aurais pu devenir…avec le contexte qui était présent à l’époque tout en comparant, ce que je suis présentement). Le premier retour aux sources serait une volonté purement égoïste (Je le fait pour moi) …et ensuite les prochains voyages seraient plus culturels et introspectifs et de découvertes.”


Pour écouter Martine, cliquez ici. Nous avons tenté de définir les points de réussite d’une adoption et nous avons cerné les éléments essentiels.

En deuxième partie d’émission, Madame Suzette Goguen, psychologue clinicienne qui a fait de nombreuses évaluations psychosociales, maintenant en suivi post-adoption et mère adoptive d’une petite fille de la Russie, a pu nous éclairer par son oeil professionnel et maternel.

De riches discussions où chacune d’entre nous a pu exprimer sa façon de voir l’adoption selon son histoire, ses inspirations, ses expériences et son chemin de vie.

Pour écouter la dernière émission radio de L’Hybridé, cliquez ici. Pour la suite, lisez les prochains messages et consultez le site officiel de L’Hybridé au www.lhybride.com

Une dernière émission définitivement inspirante qui met la table pour les prochaines rencontres de L’Hybridé.

Haïti et la société civile

Après avoir écrit mon plus récent billet sur Haïti, à la suite de la rencontre spéciale qui s’est tenue lors de l’Assemblée mondiale CIVICUS, j’espérais dès le lendemain publier un nouvel article et présenter, telle une héroïne, une série de solutions originales et inédites. Dois-je préciser que la recherche de solutions est beaucoup plus difficile que l’identification des problèmes ? Tout au long des discussions, on avait beau pousser les problèmes sous le tapis, ils refaisaient surface continuellement. Les participants, la plupart des représentants d’ONG qui ont travaillé sur le terrain ou avec des partenaires présents sur place, ont tout de même réussi à identifier des projets ou des actions porteuses. Le mot « local » entre autres est revenu souvent. Les ONG qui travaillent avec les autorités locales, qui appuient les plans de développement des autorités en place, obtiennent du succès. Tout comme celles qui mènent des consultations où chacun, peu importe son niveau d’influence au sein de la communauté, peut exprimer ses besoins. À un autre niveau, de plus en plus d’ONG font du plaidoyer auprès de leur gouvernement ou de l’engagement du public, ou appuient leurs partenaires en ce sens, et même s’il s’agit d’un travail de longue haleine, ça semble également porter fruits.

Mais vous le constatez, les quelques solutions que j’ai retenues n’ont rien de révolutionnaire. Ce qui ne veut pas dire qu’elles ne sont pas porteuses. Ce sont des méthodes de travail appliquées par plusieurs ONG qui leur permettent de faire un travail, à mon avis, extraordinaire. Car on tend parfois à l’oublier. Haïti a été confronté, le 12 janvier dernier, à une situation hors du commun. Je ne suis pas allée sur le terrain pour le constater de mes propres yeux, mais j’ose croire que la plupart des ONG ont une réelle expertise et que, face à une situation incomparable, elles ont fait un travail remarquable. Imparfait, mais extraordinaire. Dois-je rappeler que 300 000 personnes sont décédées, et qu’autant ont été blessées ? Selon la Commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti (CIRH), 1,3 million de personnes vivent dans des abris provisoires dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince. Plus de 600 000 personnes ont quitté les zones sinistrées pour trouver refuge dans le reste du pays. Environ 105 000 résidences ont été totalement détruites et plus de 208 000 endommagées. Plus de 1 300 établissements d’éducation, plus de 50 hôpitaux et centres de santé se sont effondrés ou sont inutilisables…

Sauf que cette situation extraordinaire a exacerbé les problèmes inhérents au développement international. Ainsi, malgré beaucoup de bonne volonté, les participants à l’activité ont eu du mal à identifier des solutions concrètes et unanimes pour résoudre le principal problème identifié la veille : la coordination. On a parlé du pouvoir de l’État, on a suggéré que les ONG appuient les plans de développement de l’État, avec une réelle volonté politique, on a parlé de concertation des ONG… Mais toutes ces solutions sont, semble-t-il, au-delà de la sphère d’influence des ONG… ou en tous cas de la plupart des employés qui y travaillent.

Il existe au Québec, au Canada et dans le monde des regroupements d’organisations de coopération internationale ou de la société civile, par exemple l’AQOCI au Québec ou le CCIC au Canada. De plus en plus d’ONG comprennent l’importance du travail en coalition et on a formé par exemple la Coalition humanitaire. En Haïti, plusieurs clusters sont organisés. Récemment, on a mis sur pied la Commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti. Mais quels moyens ont ces organisations de « coordination » ? Surtout, quelle est leur influence ? Si la coordination est le problème le plus important, est-ce que la principale chose à faire n’est pas de donner aux organisations capables de coordonner un réel pouvoir ? Les ONG elles-mêmes sont-elles prêtes à se remettre en question, voire à se délester d’un peu de leur pouvoir, au profit d’un organe de coordination ? On reproche parfois à la société civile d’être désorganisée. Mais la société civile veut-elle s’organiser ?

Un peu d'inspiration

Aujourd’hui, je me retrouve avec un goût d’écrire un billet plus léger. Toutes les constatations que j’ai faites en fin de semaine ne sont pas forcément toujours réjouissantes. J’avais donc le goût de vous laisser un héritage des perles que j’ai entendues en fin de semaine.

Ce sont des phrases qui ont été dites pendant les panels et ateliers et que j’ai trouvé inspirantes, soit par les concepts qu’elles mettaient en mots soit pas leur sagesse ou encore par la force militante qu’elles peuvent attirer. Je pense que ces phrases peuvent frapper l’imaginaire et permettre de rallier plus de personnes aux causes qui ont été discutées. J’ai parfois recopié les citations en anglais, parfois en français. Je n’avais pas toujours le temps de tout écrire, donc il s’agit de paraphrases, mais le sens est demeuré fidèle à l’original.

We have to talk to women! Talk to women! Talk to women! Talk to women!

Il faut trouver des façons d’arrêter les formes extrêmes d’exploitation économiques comme la traite, mais la pire forme est la « col blanc », soit les gens qui sont devenus riches grâce à l’exploitation des autres.

Sylvia Borren, co-présidente, Global call to Action Against Poverty et Vice-présidente de ”World Connectors”, Pays-Bas

La pauvreté est une violation des droits humains.

Savio Carvalho, Directeur de la campagne Exigeons la dignité à Amnistie internationale

54% de la population du Mozambique vit dans la pauvreté même si 50 % du budget provient d’aide extérieure.

Marta Cumbi, Development and Cooperation at the Foundation for Community Development, Mozambique

Le but est les droits humains, mais l’empowerment est la stratégie.

Antonio Tujan, Directeur international, Pacific Research Network (APRN), Philippines

We are powerful people, but not people of power.

Maja Daruwala, Commonwealth Human Rights Initiative, Inde

Au sujet de l’engagement de l’industrie fossile: It’s full of loopholes and bullshit.

We don’t have a plan B because we don’t have a planet B.

The phase “The resource was” has started.

Kumi Naidoo, Directeur exécutif de Greenpeace International, Afrique du Sud

Le droit à l’eau peut-il être encore un droit s’il n’y a plus d’eau?

Climate change is a moral issue.

Karel Mayrand, section québécoise de la Fondation David Suzuki, Canada

People who suffer the most are of little contribution to the climate change.

Judith Pasimio, Directrice exécutive de Legal Rights Centre, Philippines

We need new actors and to go from rhetoric to action.

Tomas Brundin, Ministère des Affaires étrangères, Suède

Young people have a lot to say, and a lot to do.

Samar Samir Mezghanni, Présidente du Comité directeur de l’Assemblée jeunesse CIVICUS (Tunisie)

Je souhaite que ça vous inspire!

Les jeunes passent à l’action…

Suite à la présence des médias au cours de l’assemblée mondiale, les jeunes ont profité pour commencer par se faire entendre. Suivez ici une entrevue de deux jeunes participants à l’assemblée jeunesse qui font un bilan et annoncent les couleurs des actions concrètes. Ils sont sur l’émission Tam-Tam Canada de Radio Canada internationale.

Les Jeunes de CIVICUS sur RCI

Le changement a déjà pris trop de temps pour venir, il faut que çà commence maintenant…

Les médias sociaux : la défense est appelée à la barre !

J’en ai parlé dans un billet précédent, j’ai deux grandes passions (parmi d’autres!) : la justice sociale et les médias sociaux. Ce qui m’amène à participer à des événements tantôt sur les médias, tantôt sur la justice sociale, la coopération internationale ou l’engagement citoyen. Les événements liés aux médias comblent la geek en moi : la plupart des participants y sont souvent équipés des derniers gadgets technologiques, et on ne s’offusque surtout pas de voir quelqu’un travailler sur son téléphone intelligent ou ouvrir son ordinateur durant une présentation. On va même parfois présenter sur grand écran, derrière les conférenciers, les discussions qui se déroulent en parallèle sur Twitter. Dans les événements liés à la justice sociale, à l’engagement citoyen ou au développement international, comme l’Assemblée mondiale CIVICUS par exemple, c’est un peu différent. Durant toute la fin de semaine, quand je me présentais comme blogueuse ou comme membre de l’équipe Web 2.0, on m’a regardée parfois avec intérêt et curiosité, parfois avec beaucoup de scepticisme. En fait, j’ai été un peu surprise de constater que certaines personnes imaginent encore les blogueurs et autres tweetereurs et facebookers comme des asociaux cachés derrière un ordinateur, au fond de leur sous-sol sombre, incapables d’entrer en contact avec autrui autrement qu’avec un clavier. J’ai été surprise de constater que, pour certaines personnes, utiliser Twitter et Facebook, c’est le summum du narcissisme. J’ai surpris, voire choqué certaines personnes en disant que, grâce à Twitter et au blogue, je pouvais avoir des conversations en parallèle des présentations officielles. Bref, j’ai été étonnée de constater que les médias sociaux souffrent encore de nombreux préjugés. Du moins au sein de la société civile. Et j’ai été peut-être encore plus surprise de constater que j’étais une réelle avocate des médias sociaux. Parce que j’y crois. Profondément.

Contrairement à ce que laissent entendre les préjugés, travailler dans les médias sociaux, c’est un travail de terrain. Travailler dans les médias sociaux, c’est travailler avec les gens. Avec le « vrai monde ». Participer à des activités de discussion et de réseautage comme l’Assemblée mondiale CIVICUS n’est pas accessible à tous. Il faut d’abord pouvoir se déplacer à Montréal. Et le Canada n’accorde pas ses visas à n’importe qui. Seriez-vous conférencier que ça n’y changerait pas grand-chose. Il faut aussi avoir les quelques centaines de dollars nécessaires pour s’inscrire. Ainsi, je vois les médias sociaux comme un intermédiaire entre les experts qui se réunissent à l’occasion d’événements spéciaux, et le grand public, intéressé par les questions discutées, et parfois avide de s’exprimer et de contribuer. Grâce à Twitter et aux blogues, grâce à Facebook et à Livestream, des gens de partout dans le monde, du moins ceux qui ont accès à Internet, peuvent écouter les conversations, voire y participer. Des événements comme l’Assemblée mondiale CIVICUS sont souvent contraints de différentes façons. Tous ne peuvent pas prendre la parole, aussi participatif que soit l’événement. Le temps, aussi, est limité. Les médias sociaux permettent de continuer les conversations en-dehors du cadre. Ils permettent aussi aux participants qui n’ont pas pu s’exprimer dans les échanges formels, de le faire de façon informelle.

Quelque part près de Bamako, au Mali, des enfants s'amusent avec un ordinateur

Quelque part près de Bamako, au Mali, des enfants s'amusent avec un ordinateur

Ainsi, oui, je crois aux médias sociaux. Et je ne crois pas être la seule. Seulement, je réalise que le monde des médias et celui de la justice sociale sont deux mondes. Deux mondes qui utilisent chacun leur propre vocabulaire. Ce qui fait que chacun se comprend plutôt mal. Mais je crois sincèrement que tous deux gagneraient à utiliser un vocabulaire commun et à travailler ensemble…

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