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L’humanitaire peut-il être durable ?

J’ai participé cet après-midi à un atelier au cours duquel nous avons tenté de répondre à la question « L’humanitaire peut-il être durable ? »

À première vue, la question est paradoxale. Comme l’a souligné notamment Patrick Robitaille, qui a travaillé en Haïti avec la Croix-Rouge, l’aide humanitaire, dans son essence, ne doit pas être durable. Son objectif est de sauver des vies dans une situation d’urgence, à la suite de catastrophes. L’aide humanitaire se concentre sur le court terme et demeure une intervention ponctuelle.

Médecins sans frontière au camp de Dadaab au Kenya (Boston Globe)

La représentante du CECI (Centre d’étude et de coopération internationale), Chantal-Sylvie Imbeault, a d’ailleurs proposé une reformulation de la question, peut-être plus adaptée à la situation réelle : « L’aide humanitaire doit-il s’inscrire dans les plans de développement durable des États et qui doit coordonner cet aide ? » Certains ont souligné le fait que, dans la réalité, les organisations humanitaires et les organisations qui oeuvrent en développement international ont peu de lien entre elles et se parlent à peine, que ce soit au niveau des Nations unies, des gouvernements ou de la société civile.

Pourtant, les présentations du japonais Yoshiharu Shiraishi, de la Japan Association Of Charitable Organizations, et du philippin Emmanuel Areno, du Réseau occidental VISAYAS, ont démontré qu’effectivement, l’aide humanitaire doit s’inscrire dans les plans de développement durable des États. Et par le fait même, ce sont les États victimes de catastrophes qui sont les mieux à même de coordonner cet aide.

Le cas d’Haïti a souvent été soulevé lors des échanges. D’ailleurs, l’an dernier à pareille date, dans le cadre de l’Assemblée mondiale CIVICUS 2010, plusieurs organisations s’étaient réunies, incluant des représentants des gouvernements, et avaient discuté du cas haïtien. À l’époque, comme je l’avais souligné d’ailleurs dans deux billet de blogue (Haïti, les priorités et Haïti et la société civile), les discussions étaient restées emmêlées, pleines de nœuds, et n’avaient pas réussi à dépasser le problème de la coordination. C’est vrai qu’Haïti est un cas extrême où le contexte est très difficile, même comparé à d’autres pays en développement.

Mais ce qui est ressorti cette année et qui n’avait pas réussi à se frayer un chemin l’an dernier même après 6h de discussions, c’est la question du renforcement des capacités. Après avoir écouté les 5 présentateurs, c’est ce que je retiens. Le renforcement des capacités est la clé pour permettre aux organisations de la société civile et aux gouvernements locaux de mieux prévenir les catastrophes, et ainsi de mieux reconstruire leur pays par la suite. En ce sens, l’exemple des Philippines, un pays souvent touché par diverses catastrophes naturelles, est inspirant : le gouvernement a voté la loi 10121 visant à réduire les risques liés aux catastrophes naturelles et consacre 5% de ses revenus à la prévention et à la reconstruction.

J’ai surtout été soulagée de constater que, un an plus tard, le cas haïtien, bien que toujours extrêmement compliqué, est tout de même plus facile à comprendre, à analyser, à saisir, à cerner. Quand on travaille en développement international, il arrive qu’on perde patience. On a parfois l’impression que rien ne bouge. Mais l’atelier d’aujourd’hui m’a rappelé qu’en développement international, on ne parle pas en termes de jours ou de semaines, mais plutôt en termes d’années et de décennies.

Catégories : Efficacité du développement, Sessions de travail
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