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par Wajdi Mouawad, Fonctionnaire pour l’État canadien
«Monsieur le premier ministre. Nous sommes voisins. Nous travaillons chacun d’un côté de la rue. Vous êtes premier ministre au Parlement canadien, et moi, juste en face, auteur, metteur en scène et directeur artistique du Théâtre français du Centre national des arts (CNA). Je suis donc, tout comme vous, un fonctionnaire de l’État travaillant pour le gouvernement fédéral, un collègue en somme.
Je profiterai alors de cette position privilégiée pour, m’entretenant avec vous de fonctionnaire à fonctionnaire, évoquer l’annulation des programmes de subventions fédérales dans le domaine de la culture, et à laquelle votre gouvernement vient de procéder. En effet, suivant de près cette affaire, j’en suis arrivé à quelques conclusions que je me permets de vous communiquer publiquement, ce débat devenant lui-même, vous en conviendrez, d’intérêt public.
La symbolique
Premièrement, il apparaît nécessaire que vous vous entouriez de quelques conseillers qui sauront être attentifs à l’aspect symbolique des gestes de votre gouvernement. Vous le savez sans doute, mais il est bon de le rappeler, chaque geste public raconte non seulement ce qu’il est, mais aussi ce qu’il symbolise.
Par exemple: un premier ministre qui ne se déplace pas pour la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques en Chine, arguant d’un horaire trop chargé, n’empêche nullement le fait que, sur le plan symbolique, son absence puisse signifier aussi autre chose. Elle peut signifier qu’il désire poser le Canada comme un État appuyant les revendications du Tibet. Ou encore elle s’apparente à un signe de protestation contre la manière avec laquelle les droits de l’homme sont considérés par Pékin. Si ce premier ministre s’obstine à n’évoquer qu’un calendrier chargé pour expliquer son absence, qu’il le veuille ou non, celle-ci aura une portée symbolique qui engage tout le pays. Le sens symbolique d’un geste public primera toujours sa raison technique.
Déclaration de guerre
La semaine dernière, votre gouvernement a réitéré cette manière unidimensionnelle de gouverner, cette fois-ci sur le plan intérieur, en effectuant des compressions dans des programmes de subventions destinées au milieu culturel. Un geste budgétaire, insistez-vous, mais qui provoque une onde de choc ressentie par le milieu artistique — à tort ou à raison, cela reste à voir — comme une expression de votre mépris à son égard. La confusion avec laquelle vos ministres ont tenté de justifier ces compressions et leur refus de rendre publics les rapports des programmes annulés n’ont fait que confirmer la portée symbolique de ce mépris. Vous venez de déclarer la guerre aux artistes.
Or, et c’est la seconde chose que je voulais, de fonctionnaire à fonctionnaire, vous dire: aucun gouvernement, en méprisant les artistes, n’a été en mesure de se relever. Aucun. Les ignorer, les soudoyer, les récupérer, les acheter, les censurer, les tuer, les envoyer dans des camps, les emprisonner, les surveiller, les détester, oui, mais les mépriser, non. Cela équivaut à briser un pacte étrange, scellé depuis longtemps, entre art et politique.
Le mépris
Art et politique s’haïssent et s’envient, s’attirent et se détestent depuis toujours, et c’est dans cette dynamique que bien des idées politiques naissent, dans cette dynamique que, parfois, des chefs-d’oeuvre voient le jour. Or, votre politique culturelle ne provoque qu’une profonde consternation. Ni haine, ni détestation, ni envie, ni attirance: rien qu’un abasourdissement devant le vide accablant qui anime cette politique.
Ce vide entre vous et les artistes, d’un point de vue symbolique, signifie que votre gouvernement, le temps qu’il durera, ne verra naître ni idée politique, ni chefs-d’oeuvre, tant vous ne semblez pas croire à la valeur de ce que vous méprisez. Le mépris est un sentiment souterrain, mélange de jalousie et de peur non assumées envers ce que l’on méprise. De tels gouvernements ont existé, mais ils n’ont pas tenu, car un gouvernement, même le plus détestable, ne peut durer qu’en ayant le courage d’affirmer ce qu’il est.
Pourquoi, au juste?
Quelles sont les raisons de ces compressions en tout point semblables à celles que vous avez opérées l’an dernier auprès de la plupart des ambassades canadiennes qui ont vu leur programme culturel diminué pour ne pas dire annulé? Vous réalisez une économie budgétaire qui équivaut à un pourcentage ridicule par sa petitesse, et les votes que ces choix pourraient vous apporter vous sont déjà acquis. Pour quelle raison alors vous acharnez-vous à attrister l’artiste le privant de quelques-uns de ces outils? Que cherchez-vous à é(at)teindre?
Votre silence et vos gestes font craindre le pire, car, finalement, on se surprend à croire que ce mépris, exprimé à travers ces compressions, soit réel et que vous n’avez que dégoût pour ces gens, ces artistes, qui passent leur temps à le perdre en dépensant l’argent du bon contribuable qui, lui, au lieu d’oeuvrer, va au labeur.
Malgré cela, je n’arrive pas à comprendre votre raisonnement. Bien des politiciens, depuis cinquante ans, mettent tout en oeuvre pour dépolitiser l’art, lui ôter sa portée symbolique. Ils tentent l’impossible pour délier ce lien qui rattache l’art à la politique. Ils réussissent presque! Or, vous, en une semaine, vous ébranlez ce travail de chloroformisation en réveillant le milieu culturel, francophone comme anglophone, d’un océan à l’autre. Même s’ils sont marginaux et négligeables sur le plan politique, il ne faut jamais sous-estimer les intellectuels, sous-estimer les artistes; sous-estimer leur capacité à vous nuire.
Un grain de sable tout puissant
Je crois, cher collègue, que vous venez de placer, vous-même, le grain de sable qui pourrait faire dérailler toute l’architecture de votre prochaine campagne électorale. La culture en effet n’est qu’un grain de sable, mais c’est justement là sa force, son front silencieux. Elle n’opère que dans le noir. C’est sa légitime puissance.
C’est plein de gens incompréhensibles, mais doués de parole. Ils ont de la voix. Ils savent écrire, peindre, danser, sculpter, chanter, et ils ne vous lâcheront pas. Démocratiquement parlant, ils veulent l’anéantissement de votre politique. Ils ne s’épuiseront pas. Comment pourront-ils?
Comprenez-les: ils n’ont pas eu de but collectif clair depuis si longtemps, depuis si longtemps pas eu de cause commune à défendre. En une semaine, en ne contrôlant pas ou mal la portée symbolique de vos gestes, vous venez de leur offrir la passion, la colère, la rage.
Dans le brouillard
La contestation qui aura lieu aujourd’hui et à laquelle ma lettre s’ajoute n’est qu’une des premières manifestations d’un mouvement que vous venez de mettre vous-même en branle: un nombre incalculable de textes, de discours, de gestes, de rassemblements, de manifestations vont désormais se faire entendre. Ils ne s’essouffleront pas.
Ceux-là seront peut-être, à l’instar de ma lettre, défaillants, mais, à l’intérieur de chaque mot, il y aura une étincelle enragée, ranimée, et c’est précisément l’addition de ces petits instants de feu qui formera le grain de sable dont vous ne pourrez pas vous débarrasser. Cela ne se calmera pas, la pression ne diminuera pas.
Monsieur le premier ministre, nous sommes voisins. Nous travaillons chacun d’un côté de la rue. Seul le Monument aux morts nous sépare et c’est juste, puisque art et politique ont toujours été le miroir l’un de l’autre, chacun sur une rive, se mirant dans l’autre, séparés par ce fleuve où la vie et la mort sont pesés à chaque instant.
Nous avons beaucoup de choses en commun, mais un artiste, contrairement à l’homme politique, n’a rien à perdre, car ce n’est pas lui qui fait les lois; et si c’est le premier ministre qui change le monde, l’artiste, lui, il le fait voir. Ne contribuez donc pas, par votre politique, à nous rendre aveugles, Monsieur le premier ministre, n’ignorez pas la rive miroir, ne nous plongez pas davantage dans le brouillard, ne nous diminuez pas.»
L’école d’été de l’Institut du nouveau monde s’est terminée à Québec, il y a déjà une dizaine de jours. Cet événement a réunit plus de 1000 jeunes, dont plus de 200 de l’extérieur du pays avec comme objectif commun de contribuer à un monde meilleur. Quel plaisir de voir cette initiative née d’un simple désir : faire mieux! Je pense que ce genre d’événement mêlant utopie, politique, civisme, engagement, manque cruellement et fait renaître l’intérêt envers la participation citoyenne dans la collectivité; mais comment éviter l’effet de vide qui survient systématiquement après une telle effervescence humaine et garder la mobilisation. Le sentiment d’impuissance sur un monde difficile à comprendre est quelque chose qui, personnellement, m’immobilise parfois, alors comment faire durer cette énergie que nous insuffle ce genre d’événement?
Par où commencer, afin de changer le monde? Comment éviter que la motivation se transforme en simple résolutions du jour de l’an? Comment passer de la parole aux actes? Chaque cause louable a sa part de militants, plus ou moins fidèles. Chacun a son intérêt dans la cause, les raisons pour lesquelles il s’engage. Le plus simple est souvent de commencer par un engagement à son échelle:
Nos actions quotidiennes, nos proches; oui bien sûr!
Réfléchir, s’informer, échanger dans un contexte communautaire; un pas vers l’autre et l’ouverture
S’impliquer, manifester, militer; c’est beaucoup, mais pas impossible…
Écrire, créer, s’exprimer sur l’espace publique, le bénévolat; utiliser ses habiletés personnelles au bénéfice de tous.
J’aimerais bien savoir ce qui motive les gens à s’impliquer dans des causes. Avez-vous des engagements que vous répétez année après année?
J’en profite pour souligner que vous pouvez encore signer la Grande déclaration jeunesse de l’INM à Québec et promettre de poser un geste pour faire avancer notre monde. Voyez également les deux films réalisés par quatre participants de l’école d’été de l’INM de cette année : D’où (Lucile de Pesloüan / Maël Le Toulgenec) et Parallèles (Mathieu Detaille / Gokhan Bulut). Retours sur l’école d’été, consultez notre dossier : Manifeste!
La ville de London en Ontario, vient de se doter d’une loi qui interdira, d’ici quelques mois, la vente de bouteilles d’eau dans les édifices publiques bénéficiant de fontaines. Il faut le reconnaître, acheter une bouteille alors que l’eau est potable au robinet ou à la fontaine relève presque du caprice, ce que les lobbys économiques correspondant rebaptiseront le «droit de choisir du consommateur» .
Ceci est la preuve que le bon sens et la volonté politique peuvent mener à une meilleure gestion des richesses naturelles et collectives. Cette volonté aura un effet épidémique positif, comme l’implantation de plus de fontaines d’eau, d’habitudes responsables au quotidien tel qu’apporter tasse et bouteille réutilisable, réduira les déchets et la pollution liée au transport de cette économie artificielle reposant sur l’appropriation du bien commun qu’est l’eau. Plus qu’un simple bon coup administratif gouvernemental, cette décision pourra être citée en tant que modèle et répétée dans d’autres sphères de notre vie en valorisant, dans certaines situations, la collectivité plutôt que le sacro-saint consommateur.
Quoi?! 19 août?! Les dernières semaines du mois couleront comme les après-midi de dimanche qu’on tente de retenir… parce qu’à l’horizon se dressent Septembre, les vents d’automne, les feuilles sous nos pieds, puis les frissons d’halloween, frissons de froid ou d’épouvante.
Heureusement, pour résister au spleen de la rentrée, je sais déjà où pointer mon téléphone cellulaire, car le Festival du Nouveau Cinéma organise un :
CONCOURS “HISTOIRES DE FANTÔMES” - FNC LAB / DAILYMOTION
Amateurs de fantômes, à vos caméras : cet automne, les cellulaires viennent hanter Montréal !
Dans le cadre de sa 37e édition (du 8 au 19 octobre 2008), le Festival du nouveau cinéma, en partenariat avec Dailymotion, lance un grand concours de films destinés au cellulaire.
Réalisez une histoire de fantômes avec votre mini-caméra (cellulaire, appareil photo numérique ou webcam) et courez la chance d’être sélectionné pour le Festival du nouveau cinéma. À la clé :
un prix d’une valeur de 1000$!
La date limite pour soumettre vos œuvres est le 28 septembre 2008.
Si comme moi, vous êtes du genre un tantinet nostalgique qui avez peine à vous débarrasser de souvenirs (de près ou loin), vous vous reconnaîtrez peut-être dans mon histoire. Au début de l’été, par un beau vendredi soir où la plus folle envie ressentie est celle de ne rien faire, v’là le nouveau propriétaire qui se pointe dans ma porte patio pour m’annoncer qu’il démolit à l’instant mon hangar, me sommant de le vider sur le champ (environ 5 x 10, 7 pi de haut, plein à craquer! Joie!). Lire la suite »
Il y a quelques semaines, vous appreniez peut-être l’existence du projet Chercher le courant, notamment dans Actualités citoyennes. Cette initiative indépendante, sous l’aile des Productions Rapide Blanc, fait écho au projet de construction de barrages d’Hydro-Québec qui en 2009 transformera la rivière Romaine en génératrice électrique et économique. L’expédition documentaire environnementaliste composée d’Alexis de Gheldere et de Nicolas Boisclair a connu une «catastrophe technique», alors que leur caméra principale s’est retrouvée à l’eau.
Voici leur communiqué officiel:
[Catastrophe technique pour l’Expédition Chercher le courant 16082008 (Montréal, le samedi 16 août 2008) – Le vendredi 15 août en matinée, l’équipe documentaire de l’Expédition « Chercher le courant » a connu la pire catastrophe technique imaginable: la caméra principale a basculée sur son trépied et est tombée dans la rivière Romaine. Il s’agit d’un modèle Sony HDV acheté spécialement pour ce tournage. L’appareil est resté une seconde sous l’eau, mais c’est bien évidement une seconde de trop. Alexis De Gheldere a aussitôt démonté la caméra pour la faire sécher et tenter de minimiser les dégâts. “Mon coeur a vieilli de dix ans en une seconde!” a confié Alexis De Gheldere. Nicolas Boisclair a filmé la tentative de réanimation avec la caméra secondaire.
Normalement quand les aventuriers filment en canot, la caméra est dans un sac quasi étanche qui la protège efficacement advenant qu’elle tombe dans l’eau, mais avec ce sac il est impossible de la placer sur un trépied. L’équipe était en train de filmer sur le bord de la rivière quand l’incident s’est produit.
Joint rapidement à Montréal par téléphone satellite, le producteur Denis McCready a lancé des procédures de remplacement et de réclamation d’assurances, localisant une caméra HDV équivalente, mais manquant de justesse l’occasion de faire parvenir la nouvelle caméra avec l’équipe de la Fondation Rivières qui avait quitté Montréal ce matin là. Il faudra donc affréter un hydravion seulement pour la caméra. Denis McCready met le tout en perspective : « Nous sommes chanceux dans notre malheur, si c’était arrivé sur la rivière Élévation (anciennement connue sous le nom « rivière sans nom ») là où un hydravion ne peut pas amerrir, ça nous aurait pris presque deux semaines pour la remplacer, perdant pour le film une étape précieuse de l’expédition. »
Au moment de l’envoie de ce communiqué, la caméra sinistrée est toujours aux soins intensifs dans un sac de riz sec, pour absorber l’humidité, et entouré de bouteille d’eau chaude, pour empêcher la condensation.
Une caméra équivalente est en attente pour partir de Montréal lundi matin et pourra être livrée en hydravion dans les 12h à 24h suivantes, mais le coût de l’opération (déductible d’assurance) imposera une dépense costaude à un projet qui est en ce moment presque entièrement auto-financé par les deux aventuriers.
Après 560km de canot sur la rivière Romaine, Nicolas Boisclair, éco-pédagogue, et Alexis de Gheldere, journaliste et réalisateur, ont maintenant parcouru les secteurs des deux futurs barrages d’Hydro-Québec : Romaine 4 et Romaine 3. Au cours des 200 prochains kilomètres, l’expédition de canot et de tournage vidéo continuera de documenter l’écosystème de la rivière Romaine, la 16e plus grande rivière du Québec.
Du 16 au 21 août, l’expédition sera accompagnée d’une nouvelle équipe venue sur place pour protester contre ce projet d’Hydro-Québec: Charles-Antoine Drolet et Christian Simard, respectivement vice-président et directeur général de Nature Québec; Roy Dupuis, président de la Fondation Rivières, et Daniel Green, coprésident de la Société pour vaincre la pollution.
« Comme nous sommes là pour mettre en image les impacts prévus, nous nous sommes attardé à filmer les différences entre les futurs secteur Romaine 3 et Romaine 4. » s’est exprimé Alexis de Gheldere, journaliste, réalisateur et aventurier. Dans le secteur Romaine 4, les aventuriers ont pu constater l’étendu de l’inondation prévue (142km carré) qui transformera une rivière généralement peu profonde en long réservoir et où, pour les besoins hydroélectriques, le niveau d’eau variera de 16m de hauteur entre son maximum et son minimum.
Nicolas Boisclair explique un des impacts : « Dans le secteur Romaine 4, il y a d’innombrables endroits où on voit les traversés d’ours, de castors, d’orignaux et de caribous des bois. Ces animaux vont d’une rive à l’autre via les plages et les section de rivière peu profonde. Pour les animaux qui survivront à l’inondation, c’est toute la routine de déplacement et d’alimentation qui sera bouleversée. Une simple traversée de quelques centaines de mètres aujourd’hui se traduirait par un détour d’une dizaine de kilomètres. »
Plus au sud, dans le secteur du réservoir Romaine 3, selon les besoins hydroélectriques il est prévu que la rivière soit tantôt asséchée, tantôt dans son lit normal, tantôt inondée par des changements radicaux de débit. Nicolas Boisclair précise : « Tout de suite après le barrage Romaine 4, les rapides tumultueux, milieu naturel des poissons d’eau vive comme l’omble de fontaine, seront recouverts sous plusieurs mètres d’eau et le débit variera de 700% du débit de saison en hiver à aussi peu que 15% au printemps. »
Toute aide financière pour aider l’équipe à payer pour cette catastrophe peut être acheminée à l’adresse mentionnée dans la section COMMENT AIDER? Revenez sur le site dans les prochains jours pour connaître la suite de cette mésaventure.]
J’ai la chance cette année d’encadrer le volet documentaire à l’École d’été de l’Institut du Nouveau Monde où deux équipes ont pour mission de réaliser un documentaire qui réfléchissent la notion du “citoyen”.
Mathieu Detaille de Belgique et Gokhan Bulut de Turquie ont pris élan sur une idée de forme, où l’image et le son seront composés séparément. Ils profitent donc d’un regard neuf pour se demander ce que signifie la citoyenneté pour celui ou celle qui arrive.
(les voici en montage avec Geneviève Allard chez Vidéo Femmes)
Si la première équipe glisse sous la peau du nouvel arrivant, le second duo se penche quant à lui sur l’identité des Premières Nations. Quel statut a vraiment l’autochtone qu’on cadre aujourd’hui dans nos musées, comme des moments givrés de l’Histoire? Lucille de Peslouan et Mael Le Tolguenec, français d’origine installés à Montréal depuis l’hiver, ont ratissé les conférences et ateliers de l’École d’été pour ce portrait en construction.
A surveiller, ces deux films bientôt en ligne sur Parole citoyenne.
En cette heure olympique, nous parlons plus que jamais de la situation internationale, mais une nouvelle ressort peu des médias faute de coup d’éclats. En lisant Le Devoir d’hier, je suis tombé sur l’éditorial «L’État sans tête» de Serge Truffaut. 6 paragraphes simplifiant la situation de crise que traverse la Belgique. Pas de génocide, ni d’incursion militaire. Le contexte semble tout de même difficile et à lire Truffaut : «L’acte de décès de la Belgique est en train de s’écrire», termine-t-il son éditorial.
Après plusieurs réformes du système à l’intérieur du pays, les tensions entre Wallons et Flamands le plongent dans un immobilisme criant. Les demandes actuelles d’autonomie de gestion de la richesse par la majorité flamande font pencher la crise vers une séparation, voire même une éventuelle réunification avec la France pour les francophones…
L’an dernier, lors d’un événement organisé à Radio-Canada sur la télévision internationale, on nous a présenté un canular réalisé par les journalistes de la télévision nationale belge présenté au téléjournal du soir du 13 décembre 2006 qui annonçait l’indépendance de la Flandre. Leur objectif était à l’époque de faire avancer le débat qui s’embourbait ; ça en disait déjà long. En ce moment l’avenir de la monarchie constitutionnelle est entre les mains de médiateurs. Leurs délibérations sont attendues pour fin septembre. Pas une mince tâche.
Imaginez un peu, que Radio-Canada annonce en direct la séparation du Québec du reste du Canada.
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Christine est la productrice de Parole citoyenne. Elle est aussi une entrepreneure sociale, une journaliste, une pédagogue alternative et une tentative de yogini. Elle aime le vent, les espressos, le poisson cru et les pitous.