Les blogues de Parole sont des espaces ouverts aux dialogues, à l’échange et au partage. Les sujets sont vastes, citoyens et passionnants. Lecteurs et internautes sont appelés à prendre part au dialogue… Enfin le “je” devient le “nous”!
Dernièrement, sur le web, je suis tombé sur une vidéo montrant « vu de l’intérieur » comment s’est déroulé le barrage de la 117 cet automne, dans le Parc de la Vérendrye. Il s’agissait d’une version bien différente de ce que j’avais pu voir dans les médias télévisés …
Si je me rappelle bien, au bulletin télévisé on a surtout mis l’emphase sur le fait que cet important axe routier était bloqué. On nous a donc fait le coup de la traditionnelle entrevue de l’automobiliste frustrée par ces dérangements. Puis dans le reportage, ils nous ont flanqué quelques plans du barrage routier vu de loin … On pouvait y apercevoir un tipi et des lumières de police.
Souvent, les conflits qui opposent les Autochtones aux gouvernements ont la particularité d’avoir l’air complexes, ce qui est dû justement à la complexité de la justice et de la bureaucratie gouvernementale. Mais la plupart du temps ces conflits se résument tout simplement par des cas flagrants de démocratie bafouée ou de terres volées et pillées de leurs richesses naturelles …
Et effectivement, le cas du Lac Barrière et une affaire assez complexe où il est entre autres question d’un accord trilatéral (Algonquin, gouv. fédéral, gouv. provincial) qui n’aurait pas été respecté. Accord qui, s’il était appliqué, permettrait à la communauté du Lac Barrière d’obtenir des redevances sur l’exploitation des ressources naturelles.
Sur internet, il y a très peu d’information au sujet de cet accord qu’on appelle officiellement l’Accord trilatéral du Lac Barrière. Mais, j’ai tout de même réussi à trouver un peu plus d’information à ce sujet sur le site de Ressources naturelles Canada.
En fait, selon Ressources naturelles Canada, cet accord aurait été conclu dans une perspective de véritable conciliation entre le milieu de la foresterie et le mode de vie traditionnel des Autochtones. En élaborant cet accord, les Autochtones auraient eu « voix au chapitre » dans la planification de l’aménagement forestier d’une grande partie de leur territoire ancestral, qui recouvre 10 000 km2. »
Voici un extrait du document de Ressources naturelles Canada qui explique un peu comment ils ont procédé pour arriver à cet Accord Trilatéral du Lac Barrière :
Avant que les discussions ne débutent, les trois parties (les gouvernements fédéral et du Québec et les Algonquins) ont essayé de comprendre les ressources que les Algonquins utilisent et pourquoi celles-ci revêtent tant d’importance à leurs yeux. Il a donc fallu immédiatement répertorier les zones sensibles et recommander la façon de les protéger contre l’extraction des ressources. Parmi ces zones sensibles, il y a des habitats fauniques critiques et des sites importants pour les Algonquins (ravages d’orignaux, érablières, zones sacrées, secteurs où l’on trouve des plantes médicinales et zones riveraines [littoral et rives]).
Pour protéger les zones riveraines sensibles, les Algonquins ont recommandé l’établissement de larges zones tampons le long des rivières, des lacs et des cours d’eau. Les Algonquins ont soutenu que les animaux avaient besoin de zones tampons plus larges (qui à l’époque mesuraient 20 m de large). De plus, dans ces zones plus larges, un moins grand nombre d’arbres seraient abattus. Enfin, les Algonquins eux-mêmes, qui parcourent de longues distances le long du littoral, ont besoin de zones tampons plus larges.
Quoi qu’il en soit, pour l’instant cet accord qui satisfaisait tout le monde à l’époque est caduc ! La communauté compte donc se battre jusqu’à ce que l’accord soit respecté.
Pour ceux et celles qui voudraient en savoir plus sur le sujet le groupe Solidarité avec le Lac Barrière organise une conférence au Centre d’Amitié autochtone, voici les détails:
Chose promise, chose due. Je vous parlerai sur “Grand angle” de BD. Pour commencer, voici la sélection officielle du prochain festival Français d’Angoulême. Si vous n’y connaissez rien, sachez qu’Angoulême est à la BD ce que Cannes est au cinéma, ou Annecy au cinéma d’animation. La sélection officielle est donc censée vous donner un aperçu des parutions les plus intéressantes de l’année qui vient de passer, tous genres (ou à peu près) confondus. Et de vous donner de bonnes pistes de lecture.
Bon, parfois, et notamment cette fois, il y a des gros oublis… Par exemple Pauline (et loups-garous), d’Appollo et Stéphane Oiry n’y est pas. Snif. En compensation, je vais vous parler de cet album.
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Pauline a 17 ans. Bientôt 18. Ses cheveux en bataille ont des reflets rouges dans la nuit. Appuyée contre la vitre, sur le siège passager, elle dort. Angus, son copain, roule sur l’autoroute sans permis, au volant d’une voiture qu’il a « empruntée » à sa mère. Pauline et Angus s’enfuient vers la Vendée. Là-bas, ils veulent trouver un petit boulot, de serveuse ou de mécanicien, pour économiser puis s’envoler vers le Canada. Ils ont commis un « fait divers sanglant », pas si grave que cela, mais tout même assez pour les presser à prendre la route. L’histoire de Pauline (et les loups-garous) commence ainsi, à la manière d’un road movie de grands adolescents, avec pour trame sonore une vieille cassette d’AC/DC.
Le scénariste Appollo, actuellement professeur de français en Angola, avait co-signé l’an dernier avec le célèbre Lewis Trondheim Île Bourbon, 1730. L’ouvrage, à tendance didactique, suscitait chez ses lecteurs une soif de connaissance pour l’île de la Réunion (dont Appollo est originaire), un peu comme l’on veut tout savoir de l’Iran après avoir refermé Persepolis de Marjane Satrapi. Cependant, avec Pauline, Olivier Appollodorus (son vrai nom) approche un univers beaucoup plus intime.
La narration alterne entre les voix intérieures des personnages de Pauline et d’Angus. Elle pense : « Angus, c’est le plus chouette garçon que vous pouvez imaginer. Ce qu’il a fait ce soir, personne n’aurait osé le faire ». Pendant qu’il rumine : « Ce qui me fait chier, c’est qu’on soit l’un contre l’autre, et que je ne peux rien faire… Elle est juste contre moi, et je ne peux rien faire, merde ! » Malgré cette diversité de points de vue, c’est bien autour du personnage de Pauline, qui donne son nom à l’album, que se tisse l’intrigue. Pourquoi a-t-elle ce rapport si étrange avec la sexualité ? D’où lui viennent ses étranges visions nocturnes, transformant les visages d’hommes en ceux de loups garous ?
Le dessin de Stéphane Oiry peut plaire aux habitués de la BD d’auteur comme à ceux d’un style plus réaliste. Son trait s’apparente à celui d’auteurs européens modernes (Simon Hureau, Peggy Adam) quand l’atmosphère de ses mises en scène puise dans des influences américaines. Le chapitre final, dans la forêt, évoque immédiatement Black Hole de Charles Burns.
À la fois roman d’apprentissage et conte fantastique, Pauline (et les loups garous) établit avec une justesse émouvante et une économie de moyens le tempérament d’une jeune fille. Sa manière de parler, de bouger ou de s’habiller contribue, dans un ensemble cohérent, à faire vivre ce personnage auquel il est facile de s’identifier. Cette qualité indéniable du livre transporte aussi avec elle son défaut : le lecteur reste sur sa faim (de loup). On a envie de suivre Pauline, et même les loups-garous, un peu plus longtemps.
Pauline (et les loups garous), scénario de Appollo et dessin de Stéphane Oiry, éditions Futuropolis.
Le site L’apathie c’est plate organise un concours à saveur politique, cela va sans dire. Les participants devront aborder rien de moins que le thème de la démocratie parlementaire future. Vous avez jusqu’au 5 décembre 2008 pour réaliser votre court métrage. Voici les pistes de réflexion proposées sur leur site :
Qu’est-ce que ça signifie pour un jeune de contribuer au processus démocratique de son pays ?
Nous célébrons 250 ans de démocratie parlementaire au Canada. Quelle est ta vision pour les prochaines 250 années ?
Quoi faire pour t’assurer que ton vote compte ?
Qu’est-ce qui te ferait te déplacer jusqu’au bureau de vote ?
D’ailleurs, saviez-vous qu’il existe une journée internationale de la démocratisation des médias? Le 18 octobre prochain soulignera cette journée. Vous trouverez sur le site de media democracy day (un site malheureusement seulement en anglais) une vue d’ensemble de cette problématique. Beaucoup d’efforts sont réalisés afin d’éviter les discours uniques virant à la propagande médiatique unilatérale, à la convergence commerciale synonyme de profit ou à la désinformation. Pas besoin d’un régime socialiste à la Hugo Chavez avec une émission d’État pour «informer» la population; les ramifications économiques et politiques des institutions de communication de nos pays, dits «démocratiques», sont partout. Ceux qui ont suivi, un tant soit peu, la course présidentielle américaine en savent quelque chose, mais c’est une autre histoire!
La rue est à nous… tous! pour débattre et imaginer de nouvelles manières d’aménager et de gérer les rues.
” Comment partager la rue ? On y circule, on y vit, on y travaille, on s’y expose, parfois on se rentre dedans ; innombrables pratiques qui se croisent et s’interceptent, faisant tour à tour de la rue un lieu de conflit et de rencontres : le pire et le meilleur !
Et dans toutes les villes du monde, les mêmes questions : à qui sert la rue ? à qui appartient-elle ? qui décide, contrôle, surveille ? Comment concilier toutes les vitesses, tous les modes de déplacement, les besoins des habitants et ceux des passants, des commerçants… ? Comment la rendre lisible, fluide ? Jusqu’où la publicité, le business, la liberté d’expression, l’art peuvent-ils s’y exprimer, voire s’en emparer ? Après une première étape à Paris au printemps 2007, l’exposition commence son itinérance internationale. Elle explore les villes des cinq continents, à travers un spectacle audiovisuel, des témoignages, des illustrations et des questionnements, des projets d’architecture et d’urbanisme, et plus d’une centaine de photographies issues des plus grandes agences de presse internationales.”
L’Institut pour la ville en mouvement nous propose une exposition sur les villes, la place de la rue et des gens, les solutions et réflexions sur de nouvelles manières de partager l’espace urbain. L’exposition présente une cinquantaine de projets d’urbanisme qui ont repensé la ville comme un lieu de rapprochement entre citoyens et de partage entre utilisateurs. Elle “enquête sur ces nouveaux dispositifs publicitaires, technologiques et commerciaux qui placent l’information là où les gens circulent”, pose “13 questions de sociétés dans la rue”, dévoile la “rue des citoyens”: qui nous surveille? qui la gouverne?.
Du 23 octobre au 15 décembre 2008 au Centre de Design de l’UQAM
Bonjour à vous toutes et tous!
L’ATSA vous convie à ses activités automnales autour du projet CHANGEPour celles et ceux qui connaissent déjà notre nouveau magasin CHANGE, ce sera l’occasion de revenir nous voir! Et pour les autres, venez participer à notre nouvelle intervention urbaine de mise en marché qui retrace nos 10 ans d’existence!
Le magasin CHANGE se situe au 4351, Saint-Laurent (croisement Marie-Anne). UN MOIS D’OCTOBRE BIEN REMPLI!
Le samedi 18 octobre de 13h00 à 17h00: Troc et CHANGE
Nous vous invitons à venir éCHANGEr et troquer vos biens (vêtements, jouets, livres, objets divers etc.) au parc du Portugal, qui se situe juste en face du magasin CHANGE (croisement St-Laurent et Marie-Anne). Dans les années 30-40 (1ère grande crise financière mondiale), ce parc était un haut lieu de troc pour les habitants du quartier. Est-ce la crise actuelle qui nous pousse à faire revivre cette tradition?
Le concept: Chacun apporte ses affaires (de qualité!) qu’il souhaite éCHANGEr contre de nouvelles. Pensez à l’hiver qui s’en vient ou à Noël! Nous vous fournissons des tables pour disposer votre stock et surtout vous offrons un lieu d’éCHANGE et de bonne humeur! Nous suggérons que les articles ne trouvant pas preneur soient retournés au Chainon (organisme communautaire d’aide aux femmes en difficulté).
Les jeudis cinéCHANGE: 16 / 23 / 30 octobre à 19 h 30
L’ATSA projette des films et documentaires en lien avec les interventions réalisées au cours des 10 dernières années. La projection a lieu dans le parc du Portugal à partir de 19h30 (annulée en cas de pluie). Apportez vos couvertures pour vous réchauffer!
La programmation détaillée:
Le 16 octobre - The Street: Film réalisé par Daniel Cross sur la vie de trois itinérants de Montréal, marquée par l’espoir et le désespoir.
Le 23 octobre - Warshaw sur la Main: documentaire de Tally Abecassis sur Warshaw, le supermarché-bazar-magasin général unique en son genre sur le Boulevard St-Laurent.
Le 30 octobre - Le Monde selon Monsanto: documentaire réalisé par Marie-Monique Robin sur le déroulement d’une enquête, mettant en cause une multinationale hautement controversée.
Les vendredis 5 à 7 : 17 / 24 octobre
Annie Roy et Pierre Allard vous ouvrent grand leurs portes dans le magasin CHANGE. Ces rencontres sont ouvertes à tous et permettent de dialoguer autour des projets, de leur portée, de leur signification. Vous avez des questions? Vous souhaitez avoir des compléments d’informations? Ou tout simplement aller à la rencontre des 2 fondateurs de l’ATSA: vous serez accueilli(e) les bras ouverts!
La publication-anniversaire ATSA, Quand l’art passe à l’action a eu quelques problèmes de distribution en librairies, aussi nous vous invitons fièrement à vous la procurer en ligne! (ainsi que beaucoup d’autres produits).
Pour ajouter du plaisir à votre visite, apportez votre petit change pour le lancer sur le plancher et laisser une trace de votre présence en nos lieux.
En attendant de vous croiser au magasin ou lors de nos nombreuses activités, nous vous souhaitons à tous un bel automne!
L’équipe de l’ATSA
Dans le cadre de la journée En ville sans ma voiture, qui se déroulait le lundi 22 septembre 2008, le collectif de Montréal à vélo organisait en parallèle, et ce pour une 3e année, le Die-in. S’inspirant du Bed-in ou du Sit-in, manifestations caractérisées par l’immobilité, le die-in est un événement symbolique qui sert à dénoncer la violence engendrée par l’omniprésence de l’automobile. Nombreux sont les gens qui, déguisés et/ou maquillés, sont venus mettre en scène la pire conséquence de la culture automobile, soit les décès et les blessures.
Alexandre Lavoie, membre du collectif de Montréal à vélo et organisateur du Die-in 2008, explique plus précisément la mort et la violence causée par la culture de l’automobile:
La violence c’est plus large que les blessures, que les morts … C’est aussi simplement le bruit et le stress. L’omniprésence de l’automobile en ville c’est une forme de violence. Le fardeau économique, autant individuel que social, c’est une forme de violence parce que c’est pas comme si on avait le choix ; les villes, les banlieues, sont construites autour de l’automobile et ça crée une dépendance. Même la dépendance au pétrole, qui engendre des guerres ou des déséquilibres économiques à travers le monde, c’est une forme de violence.
- Propos recueillis par Julie Orhon des Éditions Le Mémento
Un groupe de collaborateurs de Parole citoyenne organise cette fin de semaine une projection publique extérieure du film «Raphael et Sasha», réalisé par des jeunes du quartier Parc-Extension à Montréal. Leur processus impliquait une réflexion sur le racisme, suite au grand débat dans les médias et à la commission Bouchard-Taylor sur les accommodements «raisonnables» au Québec.
Voici leur invitation :
Ce court-métrage de plus de 15 minutes est le fruit de la campagne Accommode donc ça! , qui visait à proposer une approche différente et d’auto-détermination en ce qui a trait à la réflexion sur l’immigration et la vie des immigrant(e)s au Québec. Cette campagne se voulait être une critique de la Commission Bouchard Taylor sur les « accommodements raisonnables ».
Suite à la commission, des militant(e)s d’Accommode donc ça! ont sollicité la participation de jeunes au sein d’une série d’ateliers sur le racisme, l’oppression, le cinéma et la réalisation de films. Les jeunes ont eu accès à de l’équipement, ont été encouragés à exprimer leurs divers intérêts et préoccupations, et ont également été soutenus dans leurs projets de film.
“Raphael et Sasha” s’avérera comme le “remake” de Roméo et Juliette à la fois le plus intriguant et le plus révélateur que vous aurez jamais vu. Inspirant, parfois inconfortable, mais toujours comique dans son honnêteté, ce film vous donnera assurément l’envie folle d’annoncer l’imminence de la révolution à tou(te)s vos ami(e)s. Un film unique, à ne pas manquer.
DIMANCHE, le 5 octobre, à 18h (reporté au dimanche suivant, le 12 octobre, en cas de pluie)
400, rue Ball @ la piscine St.Roch (à côté des terrains de basketball) Métro Parc
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Christine est la productrice de Parole citoyenne. Elle est aussi une entrepreneure sociale, une journaliste, une pédagogue alternative et une tentative de yogini. Elle aime le vent, les espressos, le poisson cru et les pitous.