[vidéo] « Honour your word » ont clamé les Algonquins du Lac Barrière
Dernièrement, sur le web, je suis tombé sur une vidéo montrant « vu de l’intérieur » comment s’est déroulé le barrage de la 117 cet automne, dans le Parc de la Vérendrye. Il s’agissait d’une version bien différente de ce que j’avais pu voir dans les médias télévisés …
Ainsi, à quelques jours des élections fédérales, le 6 octobre dernier, des Algonquins du Lac Barrière, dans le Parc de La Vérendrye, bloquaient la route 117, cette artère routière qui relie l’Abitibi au sud du Québec.
Si je me rappelle bien, au bulletin télévisé on a surtout mis l’emphase sur le fait que cet important axe routier était bloqué. On nous a donc fait le coup de la traditionnelle entrevue de l’automobiliste frustrée par ces dérangements. Puis dans le reportage, ils nous ont flanqué quelques plans du barrage routier vu de loin … On pouvait y apercevoir un tipi et des lumières de police.
Mais on n’a à peine pas évoqué la brutalité policière dont les manifestants ont été victimes lorsque la SQ a décidé que le barrage de la 117 avait assez duré et qu’il fallait envoyer l’escouade anti-émeute pour «clairer» la place … Pourtant, comme vous pouvez le voir dans le film ci-dessous, il ne s’agissait pas d’un barrage de warriors armés de M-16, mais plutôt de toute une communauté fatiguée de se faire sans cesse berner par le gouvernement: femmes et enfants étaient sur les lieux …
[Vidéo indépendante sur le barrage de la 117 le 6 octobre 2008]
durée: 23 minutes
Police attack Algonquin families at peaceful blockade of highway 117 in northern Quebec from Barriere Lake Solidarity on Vimeo.
Souvent, les conflits qui opposent les Autochtones aux gouvernements ont la particularité d’avoir l’air complexes, ce qui est dû justement à la complexité de la justice et de la bureaucratie gouvernementale. Mais la plupart du temps ces conflits se résument tout simplement par des cas flagrants de démocratie bafouée ou de terres volées et pillées de leurs richesses naturelles …
Et effectivement, le cas du Lac Barrière et une affaire assez complexe où il est entre autres question d’un accord trilatéral (Algonquin, gouv. fédéral, gouv. provincial) qui n’aurait pas été respecté. Accord qui, s’il était appliqué, permettrait à la communauté du Lac Barrière d’obtenir des redevances sur l’exploitation des ressources naturelles.
Sur internet, il y a très peu d’information au sujet de cet accord qu’on appelle officiellement l’Accord trilatéral du Lac Barrière. Mais, j’ai tout de même réussi à trouver un peu plus d’information à ce sujet sur le site de Ressources naturelles Canada.
En fait, selon Ressources naturelles Canada, cet accord aurait été conclu dans une perspective de véritable conciliation entre le milieu de la foresterie et le mode de vie traditionnel des Autochtones. En élaborant cet accord, les Autochtones auraient eu « voix au chapitre » dans la planification de l’aménagement forestier d’une grande partie de leur territoire ancestral, qui recouvre 10 000 km2. »
Voici un extrait du document de Ressources naturelles Canada qui explique un peu comment ils ont procédé pour arriver à cet Accord Trilatéral du Lac Barrière :
Avant que les discussions ne débutent, les trois parties (les gouvernements fédéral et du Québec et les Algonquins) ont essayé de comprendre les ressources que les Algonquins utilisent et pourquoi celles-ci revêtent tant d’importance à leurs yeux. Il a donc fallu immédiatement répertorier les zones sensibles et recommander la façon de les protéger contre l’extraction des ressources. Parmi ces zones sensibles, il y a des habitats fauniques critiques et des sites importants pour les Algonquins (ravages d’orignaux, érablières, zones sacrées, secteurs où l’on trouve des plantes médicinales et zones riveraines [littoral et rives]).
Pour protéger les zones riveraines sensibles, les Algonquins ont recommandé l’établissement de larges zones tampons le long des rivières, des lacs et des cours d’eau. Les Algonquins ont soutenu que les animaux avaient besoin de zones tampons plus larges (qui à l’époque mesuraient 20 m de large). De plus, dans ces zones plus larges, un moins grand nombre d’arbres seraient abattus. Enfin, les Algonquins eux-mêmes, qui parcourent de longues distances le long du littoral, ont besoin de zones tampons plus larges.
Quoi qu’il en soit, pour l’instant cet accord qui satisfaisait tout le monde à l’époque est caduc ! La communauté compte donc se battre jusqu’à ce que l’accord soit respecté.
Pour ceux et celles qui voudraient en savoir plus sur le sujet le groupe Solidarité avec le Lac Barrière organise une conférence au Centre d’Amitié autochtone, voici les détails:
Défendre nos terres: La lutte du Lac Barriere continue!
Un programme complet avec Arthur Manual, Russell Diabo, et les représentants de cette communauté
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Mardi 4 novembre : 6:00pm(18h), 2008
Centre d’amitié autochtone de Montréal, 2001 boulevard St-Laurent et Ontario (métro St-Laurent)
Le dîner sera gratuit et servi par Midnight Kitchen
Pour la garde d’enfant ou la traduction appelez le 514-398-7432 au moins 48 heures à l’avance.
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