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Chez Parole

Les blogues de Parole sont des espaces ouverts aux dialogues, à l’échange et au partage. Les sujets sont vastes, citoyens et passionnants. Lecteurs et internautes sont appelés à prendre part au dialogue… Enfin le “je” devient le “nous”!

Concours L’apathie c’est plate - démocratie et médias

Le site L’apathie c’est plate organise un concours à saveur politique, cela va sans dire. Les participants devront aborder rien de moins que le thème de la démocratie parlementaire future. Vous avez jusqu’au 5 décembre 2008 pour réaliser votre court métrage. Voici les pistes de réflexion proposées sur leur site :

  • Qu’est-ce que ça signifie pour un jeune de contribuer au processus démocratique de son pays ?
  • Nous célébrons 250 ans de démocratie parlementaire au Canada. Quelle est ta vision pour les prochaines 250 années ?
  • Quoi faire pour t’assurer que ton vote compte ?
  • Qu’est-ce qui te ferait te déplacer jusqu’au bureau de vote ?

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D’ailleurs, saviez-vous qu’il existe une journée internationale de la démocratisation des médias? Le 18 octobre prochain soulignera cette journée. Vous trouverez sur le site de media democracy day (un site malheureusement seulement en anglais) une vue d’ensemble de cette problématique. Beaucoup d’efforts sont réalisés afin d’éviter les discours uniques virant à la propagande médiatique unilatérale, à la convergence commerciale synonyme de profit ou à la désinformation. Pas besoin d’un régime socialiste à la Hugo Chavez avec une émission d’État pour «informer» la population; les ramifications économiques et politiques des institutions de communication de nos pays, dits «démocratiques», sont partout. Ceux qui ont suivi, un tant soit peu, la course présidentielle américaine en savent quelque chose, mais c’est une autre histoire!

Afin de vous inspirer un peu, et en ces ères électorales, vous trouverez plus de contenu dans notre dossier Pour que chaque vote compte vraiment. Je vous recommande également le dossier Médias citoyens: une nouvelle révolution qui cherche à comprendre le rôle du citoyen sur l’Internet.

Quelques vidéos d’intérêt sur internet et la censure :
La censure Internet en Tunisie
USA : la censure et l’indifférence (Leslie Harris CDT)
Le Web censure? made in China? (Sharon Hom HRIC)

Catégories : À ne pas manquer

Projection de «Raphael et Sasha» dans Parc-extension

Un groupe de collaborateurs de Parole citoyenne organise cette fin de semaine une projection publique extérieure du film «Raphael et Sasha», réalisé par des jeunes du quartier Parc-Extension à Montréal. Leur processus impliquait une réflexion sur le racisme, suite au grand débat dans les médias et à la commission Bouchard-Taylor sur les accommodements «raisonnables» au Québec.

Voici leur invitation :

Ce court-métrage de plus de 15 minutes est le fruit de la campagne Accommode donc ça! , qui visait à proposer une approche différente et d’auto-détermination en ce qui a trait à la réflexion sur l’immigration et la vie des immigrant(e)s au Québec. Cette campagne se voulait être une critique de la Commission Bouchard Taylor sur les « accommodements raisonnables ».

Suite à la commission, des militant(e)s d’Accommode donc ça! ont sollicité la participation de jeunes au sein d’une série d’ateliers sur le racisme, l’oppression, le cinéma et la réalisation de films. Les jeunes ont eu accès à de l’équipement, ont été encouragés à exprimer leurs divers intérêts et préoccupations, et ont également été soutenus dans leurs projets de film.

“Raphael et Sasha” s’avérera comme le “remake” de Roméo et Juliette à la fois le plus intriguant et le plus révélateur que vous aurez jamais vu. Inspirant, parfois inconfortable, mais toujours comique dans son honnêteté, ce film vous donnera assurément l’envie folle d’annoncer l’imminence de la révolution à tou(te)s vos ami(e)s. Un film unique, à ne pas manquer.

DIMANCHE, le 5 octobre, à 18h (reporté au dimanche suivant, le 12 octobre, en cas de pluie)
400, rue Ball @ la piscine St.Roch (à côté des terrains de basketball) Métro Parc


Agrandir le plan

Catégories : À suivre sur Parole citoyenne, Événements

Bonifier le malheur d’Écosociété : si on vous SLAPP la joue droite présentez la joue gauche

La petite entreprise d’édition Écosociété et les auteurs du livre Noir Canada, subissent une poursuite de 6M$ par l’entreprise Barrick Gold, suite à la publication du livre. Ceux-ci ont répliqués depuis la courageuse publication de leur livre, dans les médias et dans leurs différents réseaux en présentant cette poursuite comme une intention de limité leur liberté d’expression et en qualifiant ce geste de « poursuite-bâillon » ou SLAPP. Les auteurs et l’éditeur considèrent leurs sources comme fiables et suffisamment nombreuses pour exiger un débat ouvert et transparent avec les gouvernements et la population, sur les comportements de la compagnie minière Barrick Gold. La compagnie vient de bonifier sa poursuite à 11M$.

Pourquoi l’entreprise ne présenterait-elle pas d’abord à la population et au gouvernement sa propre version des faits en expliquant clairement en quoi les sources des auteurs sont mensongères?

Dans Le Devoir on pouvait lire récemment la réplique du vice-président M. Patrick J. Garver, qui affirme que les gens qui ont lu le livre sont à même de voir qu’il s’agit de diffamation. Selon lui, le fait de poursuivre l’éditeur et ses auteurs permettra de rétablir les faits, on peut y lire : «… Barrick a décidé d’intenter cette poursuite en diffamation afin que l’affaire soit entendue par une personne indépendante — un juge –, dans un endroit reconnu comme impartial — un tribunal. » Ce que je connais de mes lectures des publications de cette maison d’édition ne me laisse pas penser qu’ils auraient pu souhaiter du tord à l’entreprise Barrick Gold, mais plutôt du bien aux populations africaines concernées… À moins que ce ramassis de mensonges et d’années de dure travaille à les cumuler ait comme motif la vente rapide de livre? Il est vrai qu’avec des titres comme : Art, nature et société, Désir d’humanité ou L’entraide, un facteur de l’évolution

On pouvait lire dans le dernier communiqué d’Écosociété que «… la Commission parlementaire de l’Assemblée nationale du Québec, chargée de se pencher sur le projet de loi 99 visant à prévenir les poursuites-bâillons, a invité le coordonnateur d’Écosociété Guy Cheyney à venir témoigner le 7 octobre prochain.»

Je vous recommande cette vidéo qui malgré une mauvaise qualité de captation audio explique bien la problématique liée aux SLAPP au Québec.

La présentation devant les médias suite à la première annonce de la poursuite par Barrick Gold, le 5 mai 2008 :

Vous trouverez les dernières nouvelles sur l’évolution de cette poursuite au http://slapp.ecosociete.org .

Consultez notre dossier : La terre à coeur ouvert à propos de l’exploitation des ressources de la planète.

Catégories : Coups de cœur

Nouvelle vague citoyenne

Je souhaitais introduire simplement notre nouveau chargé de projet à Parole citoyenne et lui souhaiter officiellement la bienvenue au poste. Il s’agit de Frédéric Dubois qui travaillait, encore il y a deux semaines, pour l’Association pour le progrès des communications (APC). Reporter et journaliste pour différents ouvrages et projets indépendants, il allie écriture, utilisation des technologies et engagement, afin de faire avancer les causes qui le préoccupe. Il saute dans le train en marche de Parole citoyenne (ou plutôt l’avion) et prend le contrôle des commandes. Vous aurez l’occasion de le voir écrire sur le blogue prochainement. Son enthousiasme contagieux n’a d’égal que son agenda déjà chargé. Bonne chance Frédéric!

Catégories : À suivre sur Parole citoyenne

Un show qui fait rimer coupures et culture

Vous l’avez vu, la mobilisation dans le milieu des arts et de la cultures est grandissante suite aux coupures et aux différents positionnements des acteurs politiques sur la scène publique à ce propos. La vidéo mettant en vedette Michel Rivard, Benoît Brière et Stéphane Rousseau a déjà beaucoup fait parler d’elle, mais d’autres artistes ont également pris position et s’exprime sur le site Les coupures ça tue la culture.

La plupart de ces artistes feront une apparition sur la scène du Club Soda de Montréal, demain, mardi soir. Parions que la file sera longue devant la porte du Club Soda…

Seront notamment sur scène ce soir-là :
- Vincent Graton (animateur)
- Ariane Moffatt
- Karkwa
- Mes Aïeux
- Michel Rivard
- Louise Forestier
- El Mortor
- Thomas Hellman

- Yves Lambert
- Ian Kelly
- Fred Fortin
- Tricot Machine
- Philippe B
- La descente du Coude
- Urbain des Bois
LE SHOW DES ARTISTES DE CONCERT CONTRE LES COUPURES
MARDI 23 SEPTEMBRE 2008, À 19 H
OUVERTURE DES PORTES À 18 H
AU CLUB SODA_ 1225, BOUL. SAINT-LAURENT
GRATUIT // ADMISSION GÉNÉRALE
MÉTRO SAINT-LAURENT / PLACE DES ARTS

Catégories : À ne pas manquer, Événements

Projection du film Le monde selon Monsanto

À ne pas manquer!

Demain se tiendra une projection spéciale du documentaire Le monde selon Monsanto, de la réalisatrice et auteure Marie-Monique Robin. Cette projection sera suivie d’une table ronde en compagnie de la réalisatrice, de Devlin Kuyek, chercheur chez Grain et auteur du livre Good Crop/Bad Crop, ainsi que d’Éric Darier, directeur de Greenpeace Québec et responsable de la campagne OGM.

Jeudi 18 septembre de 19h à 22h

À l’Université du Québec à Montréal (UQAM)
Salle DSR-510 (Pavillon J-A de Sève)
320, Ste-Catherine est

Consultez notre dossier Monsanto : marchandeur du vivant.

Catégories : Parole recommande, À ne pas manquer, À suivre sur Parole citoyenne, Événements

Fin de semaine anti-guerre

Durant la fin de semaine les actions militaires et politiques, canadiennes et américaines, seront «à l’honneur» dans les milieux militants.

Voici quelques informations provenant de la table de concertation Solidarité Québec-Cuba :

Le 12 septembre, il y aura exactement 10 ans que les Cinq Cubains sont injustement emprisonnés aux États-Unis.

Il y aura des manifestations dans plusieurs villes du monde pour dénoncer cette injustice.
À Montréal, la Table de concertation de solidarité Québec-Cuba et son Comité Fabio Di Celmo pour les 5 organisent une manifestation :

DATE : 12 SEPTEMBRE 2008

HEURE : DE 17 À 19 HEURES
ENDROIT : CONSULAT DES ETATS-UNIS À MONTRÉAL, 1155 RUE ST-ALEXANDRE (ANGLE RENÉ-LÉVESQUE)
MONTRÉAL

Il y a de nouveaux développements dans la cause des Cinq Cubains. Le 2 septembre 2008, la Cour d’appel d’Atlanta a rejeté les requêtes des avocats de la défense des Cinq. Le président du Parlement cubain, Ricardo Alarcón, a condamné cette décision du 2 septembre 2008 de la Cour d’Atlanta et a lancé un appel è la solidarité internationale pour dénoncer cette décision arbitraire. Il a signalé que cette nouvelle décision situe la Journée mondiale de solidarité avec les Cinq (12 septembre) dans un nouveau contexte et a demandé aux Cubains et non Cubains de se mobiliser. Les avocats de la défense des Cinq Cubains transmettront le dossier à la Cour Suprême des États-Unis, le délai étant fixé au 1er décembre 2008 pour en demander la révision.

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Dans la même lignée vous pourrez vous rendre à un piquetage en appui aux déserteurs américains ayant cherché refuge au Canada. Voici l’invitation du collectif Échec à la guerre :

À Montréal, samedi, le 13 septembre, à midi :
PIQUETAGE DEVANT LE COMPLEXE GUY-FAVREAU,
200 boul. René Lévesque ouest

Samedi le 13 septembre, dans le cadre d’une journée d’action pan-canadienne organisée par la Campagne d’appui aux résistantEs à la guerre (http://www.resisters.ca/index_en.html), le Collectif Échec à la guerre vous invite à participer à une ligne de piquetage au Complexe Guy-Favreau à Montréal pour protester contre la décision du gouvernement Harper de déporter le déserteur étasunien Jeremy Hinzman 10 jours plus
tard.

Le 3 juin dernier, la majorité des députés à la Chambre des Communes ont voté, par 137 voix contre 110, pour permettre aux déserteurs étasuniens de rester au Canada et mettre fin à toutes les procédures de déportation contre eux. Mais le gouvernement Harper refuse de respecter la volonté du Parlement et de la majorité des Canadiennes et des Canadiens.

Le 23 septembre, Jeremy Hinzman, le premier déserteur étasunien de la guerre en Irak à venir au Canada, devrait se voir déporté. Lui et sa famille courent des risques certains si on les retourne aux États-Unis. Jeremy devra faire face à la cour martiale et probablement aller en prison, en plus de se voir stigmatisé par cette condamnation pendant le reste de sa vie — tout simplement pour avoir refusé de participer à une guerre que la majorité de la population mondiale a condamnée comme illégale et immorale.

Le 13 septembre prochain, à travers le Canada, exigeons que le gouvernement Harper respecte la volonté de la majorité et permette aux déserteurs étasuniens de la guerre en Irak de rester au Canada.

+ Projection du film Breaking Ranks : lundi le 15 septembre à 19h

Le piquetage va être suivi lundi le 15 septembre à 19h par la projection du film Breaking Ranks (en anglais
uniquement) au bureau de la Guilde canadienne des réalisateurs : 4200, Blvd Saint-Laurent (coin Rachel), salle 708.

Ce film, réalisé par Michelle Mason et produit par l’ONF à Vancouver, traite justement de la demande d’asile au Canada de plusieurs vétérans étasuniens de la guerre en Irak, dont Jeremy Hinzman.

Les places sont limitées ! Afin de réserver une place,
veuillez écrire à info@echecalaguerre.org

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Consultez nos dossiers:
Irak, portrait d’un exil
Certificats de sécurité ou de culpabilité?
La guerre, la guerre, toujours la guerre…

Catégories : Événements

Laisser parler l’artiste!

Il faut laisser parler l’artiste :

Lettre à Stephen Harper - La rive miroir

par Wajdi Mouawad, Fonctionnaire pour l’État canadien

«Monsieur le premier ministre. Nous sommes voisins. Nous travaillons chacun d’un côté de la rue. Vous êtes premier ministre au Parlement canadien, et moi, juste en face, auteur, metteur en scène et directeur artistique du Théâtre français du Centre national des arts (CNA). Je suis donc, tout comme vous, un fonctionnaire de l’État travaillant pour le gouvernement fédéral, un collègue en somme.

Je profiterai alors de cette position privilégiée pour, m’entretenant avec vous de fonctionnaire à fonctionnaire, évoquer l’annulation des programmes de subventions fédérales dans le domaine de la culture, et à laquelle votre gouvernement vient de procéder. En effet, suivant de près cette affaire, j’en suis arrivé à quelques conclusions que je me permets de vous communiquer publiquement, ce débat devenant lui-même, vous en conviendrez, d’intérêt public.


La symbolique

Premièrement, il apparaît nécessaire que vous vous entouriez de quelques conseillers qui sauront être attentifs à l’aspect symbolique des gestes de votre gouvernement. Vous le savez sans doute, mais il est bon de le rappeler, chaque geste public raconte non seulement ce qu’il est, mais aussi ce qu’il symbolise.

Par exemple: un premier ministre qui ne se déplace pas pour la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques en Chine, arguant d’un horaire trop chargé, n’empêche nullement le fait que, sur le plan symbolique, son absence puisse signifier aussi autre chose. Elle peut signifier qu’il désire poser le Canada comme un État appuyant les revendications du Tibet. Ou encore elle s’apparente à un signe de protestation contre la manière avec laquelle les droits de l’homme sont considérés par Pékin. Si ce premier ministre s’obstine à n’évoquer qu’un calendrier chargé pour expliquer son absence, qu’il le veuille ou non, celle-ci aura une portée symbolique qui engage tout le pays. Le sens symbolique d’un geste public primera toujours sa raison technique.

Déclaration de guerre

La semaine dernière, votre gouvernement a réitéré cette manière unidimensionnelle de gouverner, cette fois-ci sur le plan intérieur, en effectuant des compressions dans des programmes de subventions destinées au milieu culturel. Un geste budgétaire, insistez-vous, mais qui provoque une onde de choc ressentie par le milieu artistique — à tort ou à raison, cela reste à voir — comme une expression de votre mépris à son égard. La confusion avec laquelle vos ministres ont tenté de justifier ces compressions et leur refus de rendre publics les rapports des programmes annulés n’ont fait que confirmer la portée symbolique de ce mépris. Vous venez de déclarer la guerre aux artistes.

Or, et c’est la seconde chose que je voulais, de fonctionnaire à fonctionnaire, vous dire: aucun gouvernement, en méprisant les artistes, n’a été en mesure de se relever. Aucun. Les ignorer, les soudoyer, les récupérer, les acheter, les censurer, les tuer, les envoyer dans des camps, les emprisonner, les surveiller, les détester, oui, mais les mépriser, non. Cela équivaut à briser un pacte étrange, scellé depuis longtemps, entre art et politique.

Le mépris

Art et politique s’haïssent et s’envient, s’attirent et se détestent depuis toujours, et c’est dans cette dynamique que bien des idées politiques naissent, dans cette dynamique que, parfois, des chefs-d’oeuvre voient le jour. Or, votre politique culturelle ne provoque qu’une profonde consternation. Ni haine, ni détestation, ni envie, ni attirance: rien qu’un abasourdissement devant le vide accablant qui anime cette politique.

Ce vide entre vous et les artistes, d’un point de vue symbolique, signifie que votre gouvernement, le temps qu’il durera, ne verra naître ni idée politique, ni chefs-d’oeuvre, tant vous ne semblez pas croire à la valeur de ce que vous méprisez. Le mépris est un sentiment souterrain, mélange de jalousie et de peur non assumées envers ce que l’on méprise. De tels gouvernements ont existé, mais ils n’ont pas tenu, car un gouvernement, même le plus détestable, ne peut durer qu’en ayant le courage d’affirmer ce qu’il est.

Pourquoi, au juste?

Quelles sont les raisons de ces compressions en tout point semblables à celles que vous avez opérées l’an dernier auprès de la plupart des ambassades canadiennes qui ont vu leur programme culturel diminué pour ne pas dire annulé? Vous réalisez une économie budgétaire qui équivaut à un pourcentage ridicule par sa petitesse, et les votes que ces choix pourraient vous apporter vous sont déjà acquis. Pour quelle raison alors vous acharnez-vous à attrister l’artiste le privant de quelques-uns de ces outils? Que cherchez-vous à é(at)teindre?

Votre silence et vos gestes font craindre le pire, car, finalement, on se surprend à croire que ce mépris, exprimé à travers ces compressions, soit réel et que vous n’avez que dégoût pour ces gens, ces artistes, qui passent leur temps à le perdre en dépensant l’argent du bon contribuable qui, lui, au lieu d’oeuvrer, va au labeur.

Malgré cela, je n’arrive pas à comprendre votre raisonnement. Bien des politiciens, depuis cinquante ans, mettent tout en oeuvre pour dépolitiser l’art, lui ôter sa portée symbolique. Ils tentent l’impossible pour délier ce lien qui rattache l’art à la politique. Ils réussissent presque! Or, vous, en une semaine, vous ébranlez ce travail de chloroformisation en réveillant le milieu culturel, francophone comme anglophone, d’un océan à l’autre. Même s’ils sont marginaux et négligeables sur le plan politique, il ne faut jamais sous-estimer les intellectuels, sous-estimer les artistes; sous-estimer leur capacité à vous nuire.

Un grain de sable tout puissant

Je crois, cher collègue, que vous venez de placer, vous-même, le grain de sable qui pourrait faire dérailler toute l’architecture de votre prochaine campagne électorale. La culture en effet n’est qu’un grain de sable, mais c’est justement là sa force, son front silencieux. Elle n’opère que dans le noir. C’est sa légitime puissance.

C’est plein de gens incompréhensibles, mais doués de parole. Ils ont de la voix. Ils savent écrire, peindre, danser, sculpter, chanter, et ils ne vous lâcheront pas. Démocratiquement parlant, ils veulent l’anéantissement de votre politique. Ils ne s’épuiseront pas. Comment pourront-ils?

Comprenez-les: ils n’ont pas eu de but collectif clair depuis si longtemps, depuis si longtemps pas eu de cause commune à défendre. En une semaine, en ne contrôlant pas ou mal la portée symbolique de vos gestes, vous venez de leur offrir la passion, la colère, la rage.

Dans le brouillard

La contestation qui aura lieu aujourd’hui et à laquelle ma lettre s’ajoute n’est qu’une des premières manifestations d’un mouvement que vous venez de mettre vous-même en branle: un nombre incalculable de textes, de discours, de gestes, de rassemblements, de manifestations vont désormais se faire entendre. Ils ne s’essouffleront pas.

Ceux-là seront peut-être, à l’instar de ma lettre, défaillants, mais, à l’intérieur de chaque mot, il y aura une étincelle enragée, ranimée, et c’est précisément l’addition de ces petits instants de feu qui formera le grain de sable dont vous ne pourrez pas vous débarrasser. Cela ne se calmera pas, la pression ne diminuera pas.

Monsieur le premier ministre, nous sommes voisins. Nous travaillons chacun d’un côté de la rue. Seul le Monument aux morts nous sépare et c’est juste, puisque art et politique ont toujours été le miroir l’un de l’autre, chacun sur une rive, se mirant dans l’autre, séparés par ce fleuve où la vie et la mort sont pesés à chaque instant.

Nous avons beaucoup de choses en commun, mais un artiste, contrairement à l’homme politique, n’a rien à perdre, car ce n’est pas lui qui fait les lois; et si c’est le premier ministre qui change le monde, l’artiste, lui, il le fait voir. Ne contribuez donc pas, par votre politique, à nous rendre aveugles, Monsieur le premier ministre, n’ignorez pas la rive miroir, ne nous plongez pas davantage dans le brouillard, ne nous diminuez pas.»


Lettre ouverte tirée du Devoir Édition du mercredi 27 août 2008

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Fin de l’école d’été, pas fini l’engagement!

L’école d’été de l’Institut du nouveau monde s’est terminée à Québec, il y a déjà une dizaine de jours. Cet événement a réunit plus de 1000 jeunes, dont plus de 200 de l’extérieur du pays avec comme objectif commun de contribuer à un monde meilleur. Quel plaisir de voir cette initiative née d’un simple désir : faire mieux! Je pense que ce genre d’événement mêlant utopie, politique, civisme, engagement, manque cruellement et fait renaître l’intérêt envers la participation citoyenne dans la collectivité; mais comment éviter l’effet de vide qui survient systématiquement après une telle effervescence humaine et garder la mobilisation. Le sentiment d’impuissance sur un monde difficile à comprendre est quelque chose qui, personnellement, m’immobilise parfois, alors comment faire durer cette énergie que nous insuffle ce genre d’événement?

Par où commencer, afin de changer le monde? Comment éviter que la motivation se transforme en simple résolutions du jour de l’an? Comment passer de la parole aux actes? Chaque cause louable a sa part de militants, plus ou moins fidèles. Chacun a son intérêt dans la cause, les raisons pour lesquelles il s’engage. Le plus simple est souvent de commencer par un engagement à son échelle:

  • Nos actions quotidiennes, nos proches; oui bien sûr!
  • Réfléchir, s’informer, échanger dans un contexte communautaire; un pas vers l’autre et l’ouverture
  • S’impliquer, manifester, militer; c’est beaucoup, mais pas impossible…
  • Écrire, créer, s’exprimer sur l’espace publique, le bénévolat; utiliser ses habiletés personnelles au bénéfice de tous.

J’aimerais bien savoir ce qui motive les gens à s’impliquer dans des causes. Avez-vous des engagements que vous répétez année après année?

J’en profite pour souligner que vous pouvez encore signer la Grande déclaration jeunesse de l’INM à Québec et promettre de poser un geste pour faire avancer notre monde. Voyez également les deux films réalisés par quatre participants de l’école d’été de l’INM de cette année : D’où (Lucile de Pesloüan / Maël Le Toulgenec) et Parallèles (Mathieu Detaille / Gokhan Bulut). Retours sur l’école d’été, consultez notre dossier : Manifeste!

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Savoir souligner les bons coups

La ville de London en Ontario, vient de se doter d’une loi qui interdira, d’ici quelques mois, la vente de bouteilles d’eau dans les édifices publiques bénéficiant de fontaines. Il faut le reconnaître, acheter une bouteille alors que l’eau est potable au robinet ou à la fontaine relève presque du caprice, ce que les lobbys économiques correspondant rebaptiseront le «droit de choisir du consommateur» .

Ceci est la preuve que le bon sens et la volonté politique peuvent mener à une meilleure gestion des richesses naturelles et collectives. Cette volonté aura un effet épidémique positif, comme l’implantation de plus de fontaines d’eau, d’habitudes responsables au quotidien tel qu’apporter tasse et bouteille réutilisable, réduira les déchets et la pollution liée au transport de cette économie artificielle reposant sur l’appropriation du bien commun qu’est l’eau. Plus qu’un simple bon coup administratif gouvernemental, cette décision pourra être citée en tant que modèle et répétée dans d’autres sphères de notre vie en valorisant, dans certaines situations, la collectivité plutôt que le sacro-saint consommateur.

http://www.radio-canada.ca/regions/Ontario/2008/08/19/007-london-eau_n.shtml

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Une goutte de vie

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