Il y a quelques semaines, vous appreniez peut-être l’existence du projet Chercher le courant, notamment dans Actualités citoyennes. Cette initiative indépendante, sous l’aile des Productions Rapide Blanc, fait écho au projet de construction de barrages d’Hydro-Québec qui en 2009 transformera la rivière Romaine en génératrice électrique et économique. L’expédition documentaire environnementaliste composée d’Alexis de Gheldere et de Nicolas Boisclair a connu une «catastrophe technique», alors que leur caméra principale s’est retrouvée à l’eau.
Voici leur communiqué officiel:
[Catastrophe technique pour l’Expédition Chercher le courant
16 08 2008 (Montréal, le samedi 16 août 2008) – Le vendredi 15 août en matinée, l’équipe documentaire de l’Expédition « Chercher le courant » a connu la pire catastrophe technique imaginable: la caméra principale a basculée sur son trépied et est tombée dans la rivière Romaine. Il s’agit d’un modèle Sony HDV acheté spécialement pour ce tournage. L’appareil est resté une seconde sous l’eau, mais c’est bien évidement une seconde de trop. Alexis De Gheldere a aussitôt démonté la caméra pour la faire sécher et tenter de minimiser les dégâts. “Mon coeur a vieilli de dix ans en une seconde!” a confié Alexis De Gheldere. Nicolas Boisclair a filmé la tentative de réanimation avec la caméra secondaire.
Normalement quand les aventuriers filment en canot, la caméra est dans un sac quasi étanche qui la protège efficacement advenant qu’elle tombe dans l’eau, mais avec ce sac il est impossible de la placer sur un trépied. L’équipe était en train de filmer sur le bord de la rivière quand l’incident s’est produit.
Joint rapidement à Montréal par téléphone satellite, le producteur Denis McCready a lancé des procédures de remplacement et de réclamation d’assurances, localisant une caméra HDV équivalente, mais manquant de justesse l’occasion de faire parvenir la nouvelle caméra avec l’équipe de la Fondation Rivières qui avait quitté Montréal ce matin là. Il faudra donc affréter un hydravion seulement pour la caméra. Denis McCready met le tout en perspective : « Nous sommes chanceux dans notre malheur, si c’était arrivé sur la rivière Élévation (anciennement connue sous le nom « rivière sans nom ») là où un hydravion ne peut pas amerrir, ça nous aurait pris presque deux semaines pour la remplacer, perdant pour le film une étape précieuse de l’expédition. »
Au moment de l’envoie de ce communiqué, la caméra sinistrée est toujours aux soins intensifs dans un sac de riz sec, pour absorber l’humidité, et entouré de bouteille d’eau chaude, pour empêcher la condensation.
Une caméra équivalente est en attente pour partir de Montréal lundi matin et pourra être livrée en hydravion dans les 12h à 24h suivantes, mais le coût de l’opération (déductible d’assurance) imposera une dépense costaude à un projet qui est en ce moment presque entièrement auto-financé par les deux aventuriers.
Après 560km de canot sur la rivière Romaine, Nicolas Boisclair, éco-pédagogue, et Alexis de Gheldere, journaliste et réalisateur, ont maintenant parcouru les secteurs des deux futurs barrages d’Hydro-Québec : Romaine 4 et Romaine 3. Au cours des 200 prochains kilomètres, l’expédition de canot et de tournage vidéo continuera de documenter l’écosystème de la rivière Romaine, la 16e plus grande rivière du Québec.
Du 16 au 21 août, l’expédition sera accompagnée d’une nouvelle équipe venue sur place pour protester contre ce projet d’Hydro-Québec: Charles-Antoine Drolet et Christian Simard, respectivement vice-président et directeur général de Nature Québec; Roy Dupuis, président de la Fondation Rivières, et Daniel Green, coprésident de la Société pour vaincre la pollution.
« Comme nous sommes là pour mettre en image les impacts prévus, nous nous sommes attardé à filmer les différences entre les futurs secteur Romaine 3 et Romaine 4. » s’est exprimé Alexis de Gheldere, journaliste, réalisateur et aventurier. Dans le secteur Romaine 4, les aventuriers ont pu constater l’étendu de l’inondation prévue (142km carré) qui transformera une rivière généralement peu profonde en long réservoir et où, pour les besoins hydroélectriques, le niveau d’eau variera de 16m de hauteur entre son maximum et son minimum.
Nicolas Boisclair explique un des impacts : « Dans le secteur Romaine 4, il y a d’innombrables endroits où on voit les traversés d’ours, de castors, d’orignaux et de caribous des bois. Ces animaux vont d’une rive à l’autre via les plages et les section de rivière peu profonde. Pour les animaux qui survivront à l’inondation, c’est toute la routine de déplacement et d’alimentation qui sera bouleversée. Une simple traversée de quelques centaines de mètres aujourd’hui se traduirait par un détour d’une dizaine de kilomètres. »
Plus au sud, dans le secteur du réservoir Romaine 3, selon les besoins hydroélectriques il est prévu que la rivière soit tantôt asséchée, tantôt dans son lit normal, tantôt inondée par des changements radicaux de débit. Nicolas Boisclair précise : « Tout de suite après le barrage Romaine 4, les rapides tumultueux, milieu naturel des poissons d’eau vive comme l’omble de fontaine, seront recouverts sous plusieurs mètres d’eau et le débit variera de 700% du débit de saison en hiver à aussi peu que 15% au printemps. »
Toute aide financière pour aider l’équipe à payer pour cette catastrophe peut être acheminée à l’adresse mentionnée dans la section COMMENT AIDER? Revenez sur le site dans les prochains jours pour connaître la suite de cette mésaventure.]




