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Chez Parole

Les blogues de Parole sont des espaces ouverts aux dialogues, à l’échange et au partage. Les sujets sont vastes, citoyens et passionnants. Lecteurs et internautes sont appelés à prendre part au dialogue… Enfin le “je” devient le “nous”!

Bonifier le malheur d’Écosociété : si on vous SLAPP la joue droite présentez la joue gauche

La petite entreprise d’édition Écosociété et les auteurs du livre Noir Canada, subissent une poursuite de 6M$ par l’entreprise Barrick Gold, suite à la publication du livre. Ceux-ci ont répliqués depuis la courageuse publication de leur livre, dans les médias et dans leurs différents réseaux en présentant cette poursuite comme une intention de limité leur liberté d’expression et en qualifiant ce geste de « poursuite-bâillon » ou SLAPP. Les auteurs et l’éditeur considèrent leurs sources comme fiables et suffisamment nombreuses pour exiger un débat ouvert et transparent avec les gouvernements et la population, sur les comportements de la compagnie minière Barrick Gold. La compagnie vient de bonifier sa poursuite à 11M$.

Pourquoi l’entreprise ne présenterait-elle pas d’abord à la population et au gouvernement sa propre version des faits en expliquant clairement en quoi les sources des auteurs sont mensongères?

Dans Le Devoir on pouvait lire récemment la réplique du vice-président M. Patrick J. Garver, qui affirme que les gens qui ont lu le livre sont à même de voir qu’il s’agit de diffamation. Selon lui, le fait de poursuivre l’éditeur et ses auteurs permettra de rétablir les faits, on peut y lire : «… Barrick a décidé d’intenter cette poursuite en diffamation afin que l’affaire soit entendue par une personne indépendante — un juge –, dans un endroit reconnu comme impartial — un tribunal. » Ce que je connais de mes lectures des publications de cette maison d’édition ne me laisse pas penser qu’ils auraient pu souhaiter du tord à l’entreprise Barrick Gold, mais plutôt du bien aux populations africaines concernées… À moins que ce ramassis de mensonges et d’années de dure travaille à les cumuler ait comme motif la vente rapide de livre? Il est vrai qu’avec des titres comme : Art, nature et société, Désir d’humanité ou L’entraide, un facteur de l’évolution

On pouvait lire dans le dernier communiqué d’Écosociété que «… la Commission parlementaire de l’Assemblée nationale du Québec, chargée de se pencher sur le projet de loi 99 visant à prévenir les poursuites-bâillons, a invité le coordonnateur d’Écosociété Guy Cheyney à venir témoigner le 7 octobre prochain.»

Je vous recommande cette vidéo qui malgré une mauvaise qualité de captation audio explique bien la problématique liée aux SLAPP au Québec.

La présentation devant les médias suite à la première annonce de la poursuite par Barrick Gold, le 5 mai 2008 :

Vous trouverez les dernières nouvelles sur l’évolution de cette poursuite au http://slapp.ecosociete.org .

Consultez notre dossier : La terre à coeur ouvert à propos de l’exploitation des ressources de la planète.

Catégories : Coups de cœur

Laisser parler l’artiste!

Il faut laisser parler l’artiste :

Lettre à Stephen Harper - La rive miroir

par Wajdi Mouawad, Fonctionnaire pour l’État canadien

«Monsieur le premier ministre. Nous sommes voisins. Nous travaillons chacun d’un côté de la rue. Vous êtes premier ministre au Parlement canadien, et moi, juste en face, auteur, metteur en scène et directeur artistique du Théâtre français du Centre national des arts (CNA). Je suis donc, tout comme vous, un fonctionnaire de l’État travaillant pour le gouvernement fédéral, un collègue en somme.

Je profiterai alors de cette position privilégiée pour, m’entretenant avec vous de fonctionnaire à fonctionnaire, évoquer l’annulation des programmes de subventions fédérales dans le domaine de la culture, et à laquelle votre gouvernement vient de procéder. En effet, suivant de près cette affaire, j’en suis arrivé à quelques conclusions que je me permets de vous communiquer publiquement, ce débat devenant lui-même, vous en conviendrez, d’intérêt public.


La symbolique

Premièrement, il apparaît nécessaire que vous vous entouriez de quelques conseillers qui sauront être attentifs à l’aspect symbolique des gestes de votre gouvernement. Vous le savez sans doute, mais il est bon de le rappeler, chaque geste public raconte non seulement ce qu’il est, mais aussi ce qu’il symbolise.

Par exemple: un premier ministre qui ne se déplace pas pour la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques en Chine, arguant d’un horaire trop chargé, n’empêche nullement le fait que, sur le plan symbolique, son absence puisse signifier aussi autre chose. Elle peut signifier qu’il désire poser le Canada comme un État appuyant les revendications du Tibet. Ou encore elle s’apparente à un signe de protestation contre la manière avec laquelle les droits de l’homme sont considérés par Pékin. Si ce premier ministre s’obstine à n’évoquer qu’un calendrier chargé pour expliquer son absence, qu’il le veuille ou non, celle-ci aura une portée symbolique qui engage tout le pays. Le sens symbolique d’un geste public primera toujours sa raison technique.

Déclaration de guerre

La semaine dernière, votre gouvernement a réitéré cette manière unidimensionnelle de gouverner, cette fois-ci sur le plan intérieur, en effectuant des compressions dans des programmes de subventions destinées au milieu culturel. Un geste budgétaire, insistez-vous, mais qui provoque une onde de choc ressentie par le milieu artistique — à tort ou à raison, cela reste à voir — comme une expression de votre mépris à son égard. La confusion avec laquelle vos ministres ont tenté de justifier ces compressions et leur refus de rendre publics les rapports des programmes annulés n’ont fait que confirmer la portée symbolique de ce mépris. Vous venez de déclarer la guerre aux artistes.

Or, et c’est la seconde chose que je voulais, de fonctionnaire à fonctionnaire, vous dire: aucun gouvernement, en méprisant les artistes, n’a été en mesure de se relever. Aucun. Les ignorer, les soudoyer, les récupérer, les acheter, les censurer, les tuer, les envoyer dans des camps, les emprisonner, les surveiller, les détester, oui, mais les mépriser, non. Cela équivaut à briser un pacte étrange, scellé depuis longtemps, entre art et politique.

Le mépris

Art et politique s’haïssent et s’envient, s’attirent et se détestent depuis toujours, et c’est dans cette dynamique que bien des idées politiques naissent, dans cette dynamique que, parfois, des chefs-d’oeuvre voient le jour. Or, votre politique culturelle ne provoque qu’une profonde consternation. Ni haine, ni détestation, ni envie, ni attirance: rien qu’un abasourdissement devant le vide accablant qui anime cette politique.

Ce vide entre vous et les artistes, d’un point de vue symbolique, signifie que votre gouvernement, le temps qu’il durera, ne verra naître ni idée politique, ni chefs-d’oeuvre, tant vous ne semblez pas croire à la valeur de ce que vous méprisez. Le mépris est un sentiment souterrain, mélange de jalousie et de peur non assumées envers ce que l’on méprise. De tels gouvernements ont existé, mais ils n’ont pas tenu, car un gouvernement, même le plus détestable, ne peut durer qu’en ayant le courage d’affirmer ce qu’il est.

Pourquoi, au juste?

Quelles sont les raisons de ces compressions en tout point semblables à celles que vous avez opérées l’an dernier auprès de la plupart des ambassades canadiennes qui ont vu leur programme culturel diminué pour ne pas dire annulé? Vous réalisez une économie budgétaire qui équivaut à un pourcentage ridicule par sa petitesse, et les votes que ces choix pourraient vous apporter vous sont déjà acquis. Pour quelle raison alors vous acharnez-vous à attrister l’artiste le privant de quelques-uns de ces outils? Que cherchez-vous à é(at)teindre?

Votre silence et vos gestes font craindre le pire, car, finalement, on se surprend à croire que ce mépris, exprimé à travers ces compressions, soit réel et que vous n’avez que dégoût pour ces gens, ces artistes, qui passent leur temps à le perdre en dépensant l’argent du bon contribuable qui, lui, au lieu d’oeuvrer, va au labeur.

Malgré cela, je n’arrive pas à comprendre votre raisonnement. Bien des politiciens, depuis cinquante ans, mettent tout en oeuvre pour dépolitiser l’art, lui ôter sa portée symbolique. Ils tentent l’impossible pour délier ce lien qui rattache l’art à la politique. Ils réussissent presque! Or, vous, en une semaine, vous ébranlez ce travail de chloroformisation en réveillant le milieu culturel, francophone comme anglophone, d’un océan à l’autre. Même s’ils sont marginaux et négligeables sur le plan politique, il ne faut jamais sous-estimer les intellectuels, sous-estimer les artistes; sous-estimer leur capacité à vous nuire.

Un grain de sable tout puissant

Je crois, cher collègue, que vous venez de placer, vous-même, le grain de sable qui pourrait faire dérailler toute l’architecture de votre prochaine campagne électorale. La culture en effet n’est qu’un grain de sable, mais c’est justement là sa force, son front silencieux. Elle n’opère que dans le noir. C’est sa légitime puissance.

C’est plein de gens incompréhensibles, mais doués de parole. Ils ont de la voix. Ils savent écrire, peindre, danser, sculpter, chanter, et ils ne vous lâcheront pas. Démocratiquement parlant, ils veulent l’anéantissement de votre politique. Ils ne s’épuiseront pas. Comment pourront-ils?

Comprenez-les: ils n’ont pas eu de but collectif clair depuis si longtemps, depuis si longtemps pas eu de cause commune à défendre. En une semaine, en ne contrôlant pas ou mal la portée symbolique de vos gestes, vous venez de leur offrir la passion, la colère, la rage.

Dans le brouillard

La contestation qui aura lieu aujourd’hui et à laquelle ma lettre s’ajoute n’est qu’une des premières manifestations d’un mouvement que vous venez de mettre vous-même en branle: un nombre incalculable de textes, de discours, de gestes, de rassemblements, de manifestations vont désormais se faire entendre. Ils ne s’essouffleront pas.

Ceux-là seront peut-être, à l’instar de ma lettre, défaillants, mais, à l’intérieur de chaque mot, il y aura une étincelle enragée, ranimée, et c’est précisément l’addition de ces petits instants de feu qui formera le grain de sable dont vous ne pourrez pas vous débarrasser. Cela ne se calmera pas, la pression ne diminuera pas.

Monsieur le premier ministre, nous sommes voisins. Nous travaillons chacun d’un côté de la rue. Seul le Monument aux morts nous sépare et c’est juste, puisque art et politique ont toujours été le miroir l’un de l’autre, chacun sur une rive, se mirant dans l’autre, séparés par ce fleuve où la vie et la mort sont pesés à chaque instant.

Nous avons beaucoup de choses en commun, mais un artiste, contrairement à l’homme politique, n’a rien à perdre, car ce n’est pas lui qui fait les lois; et si c’est le premier ministre qui change le monde, l’artiste, lui, il le fait voir. Ne contribuez donc pas, par votre politique, à nous rendre aveugles, Monsieur le premier ministre, n’ignorez pas la rive miroir, ne nous plongez pas davantage dans le brouillard, ne nous diminuez pas.»


Lettre ouverte tirée du Devoir Édition du mercredi 27 août 2008

Catégories : Coups de cœur
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Savoir souligner les bons coups

La ville de London en Ontario, vient de se doter d’une loi qui interdira, d’ici quelques mois, la vente de bouteilles d’eau dans les édifices publiques bénéficiant de fontaines. Il faut le reconnaître, acheter une bouteille alors que l’eau est potable au robinet ou à la fontaine relève presque du caprice, ce que les lobbys économiques correspondant rebaptiseront le «droit de choisir du consommateur» .

Ceci est la preuve que le bon sens et la volonté politique peuvent mener à une meilleure gestion des richesses naturelles et collectives. Cette volonté aura un effet épidémique positif, comme l’implantation de plus de fontaines d’eau, d’habitudes responsables au quotidien tel qu’apporter tasse et bouteille réutilisable, réduira les déchets et la pollution liée au transport de cette économie artificielle reposant sur l’appropriation du bien commun qu’est l’eau. Plus qu’un simple bon coup administratif gouvernemental, cette décision pourra être citée en tant que modèle et répétée dans d’autres sphères de notre vie en valorisant, dans certaines situations, la collectivité plutôt que le sacro-saint consommateur.

http://www.radio-canada.ca/regions/Ontario/2008/08/19/007-london-eau_n.shtml

Consultez nos dossiers:

Une goutte de vie

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Canot et caméra à l’eau

 Rivière Romaine

© Andrew McMartin 2007

Il y a quelques semaines, vous appreniez peut-être l’existence du projet Chercher le courant, notamment dans Actualités citoyennes. Cette initiative indépendante, sous l’aile des Productions Rapide Blanc, fait écho au projet de construction de barrages d’Hydro-Québec qui en 2009 transformera la rivière Romaine en génératrice électrique et économique. L’expédition documentaire environnementaliste composée d’Alexis de Gheldere et de Nicolas Boisclair a connu une «catastrophe technique», alors que leur caméra principale s’est retrouvée à l’eau.

Voici leur communiqué officiel:

[Catastrophe technique pour l’Expédition Chercher le courant
16 08 2008 (Montréal, le samedi 16 août 2008) – Le vendredi 15 août en matinée, l’équipe documentaire de l’Expédition « Chercher le courant » a connu la pire catastrophe technique imaginable: la caméra principale a basculée sur son trépied et est tombée dans la rivière Romaine. Il s’agit d’un modèle Sony HDV acheté spécialement pour ce tournage. L’appareil est resté une seconde sous l’eau, mais c’est bien évidement une seconde de trop. Alexis De Gheldere a aussitôt démonté la caméra pour la faire sécher et tenter de minimiser les dégâts. “Mon coeur a vieilli de dix ans en une seconde!” a confié Alexis De Gheldere. Nicolas Boisclair a filmé la tentative de réanimation avec la caméra secondaire.

Normalement quand les aventuriers filment en canot, la caméra est dans un sac quasi étanche qui la protège efficacement advenant qu’elle tombe dans l’eau, mais avec ce sac il est impossible de la placer sur un trépied. L’équipe était en train de filmer sur le bord de la rivière quand l’incident s’est produit.

Joint rapidement à Montréal par téléphone satellite, le producteur Denis McCready a lancé des procédures de remplacement et de réclamation d’assurances, localisant une caméra HDV équivalente, mais manquant de justesse l’occasion de faire parvenir la nouvelle caméra avec l’équipe de la Fondation Rivières qui avait quitté Montréal ce matin là. Il faudra donc affréter un hydravion seulement pour la caméra. Denis McCready met le tout en perspective : « Nous sommes chanceux dans notre malheur, si c’était arrivé sur la rivière Élévation (anciennement connue sous le nom « rivière sans nom ») là où un hydravion ne peut pas amerrir, ça nous aurait pris presque deux semaines pour la remplacer, perdant pour le film une étape précieuse de l’expédition. »

Au moment de l’envoie de ce communiqué, la caméra sinistrée est toujours aux soins intensifs dans un sac de riz sec, pour absorber l’humidité, et entouré de bouteille d’eau chaude, pour empêcher la condensation.

Une caméra équivalente est en attente pour partir de Montréal lundi matin et pourra être livrée en hydravion dans les 12h à 24h suivantes, mais le coût de l’opération (déductible d’assurance) imposera une dépense costaude à un projet qui est en ce moment presque entièrement auto-financé par les deux aventuriers.

Après 560km de canot sur la rivière Romaine, Nicolas Boisclair, éco-pédagogue, et Alexis de Gheldere, journaliste et réalisateur, ont maintenant parcouru les secteurs des deux futurs barrages d’Hydro-Québec : Romaine 4 et Romaine 3. Au cours des 200 prochains kilomètres, l’expédition de canot et de tournage vidéo continuera de documenter l’écosystème de la rivière Romaine, la 16e plus grande rivière du Québec.

Du 16 au 21 août, l’expédition sera accompagnée d’une nouvelle équipe venue sur place pour protester contre ce projet d’Hydro-Québec: Charles-Antoine Drolet et Christian Simard, respectivement vice-président et directeur général de Nature Québec; Roy Dupuis, président de la Fondation Rivières, et Daniel Green, coprésident de la Société pour vaincre la pollution.

« Comme nous sommes là pour mettre en image les impacts prévus, nous nous sommes attardé à filmer les différences entre les futurs secteur Romaine 3 et Romaine 4. » s’est exprimé Alexis de Gheldere, journaliste, réalisateur et aventurier. Dans le secteur Romaine 4, les aventuriers ont pu constater l’étendu de l’inondation prévue (142km carré) qui transformera une rivière généralement peu profonde en long réservoir et où, pour les besoins hydroélectriques, le niveau d’eau variera de 16m de hauteur entre son maximum et son minimum.

Nicolas Boisclair explique un des impacts : « Dans le secteur Romaine 4, il y a d’innombrables endroits où on voit les traversés d’ours, de castors, d’orignaux et de caribous des bois. Ces animaux vont d’une rive à l’autre via les plages et les section de rivière peu profonde. Pour les animaux qui survivront à l’inondation, c’est toute la routine de déplacement et d’alimentation qui sera bouleversée. Une simple traversée de quelques centaines de mètres aujourd’hui se traduirait par un détour d’une dizaine de kilomètres. »

Plus au sud, dans le secteur du réservoir Romaine 3, selon les besoins hydroélectriques il est prévu que la rivière soit tantôt asséchée, tantôt dans son lit normal, tantôt inondée par des changements radicaux de débit. Nicolas Boisclair précise : « Tout de suite après le barrage Romaine 4, les rapides tumultueux, milieu naturel des poissons d’eau vive comme l’omble de fontaine, seront recouverts sous plusieurs mètres d’eau et le débit variera de 700% du débit de saison en hiver à aussi peu que 15% au printemps. »

Toute aide financière pour aider l’équipe à payer pour cette catastrophe peut être acheminée à l’adresse mentionnée dans la section COMMENT AIDER? Revenez sur le site dans les prochains jours pour connaître la suite de cette mésaventure.]

http://www.chercherlecourant.org/

Chercher le courant

© FRAN BRISTOW

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Les deux Belgiques

En cette heure olympique, nous parlons plus que jamais de la situation internationale, mais une nouvelle ressort peu des médias faute de coup d’éclats. En lisant Le Devoir d’hier, je suis tombé  sur l’éditorial «L’État sans tête» de Serge Truffaut. 6 paragraphes simplifiant la situation  de crise que traverse la Belgique. Pas de génocide, ni d’incursion militaire. Le contexte semble tout de même difficile et à lire Truffaut : «L’acte de décès de la Belgique est en train de s’écrire», termine-t-il son éditorial.

Après plusieurs réformes du système à l’intérieur du pays, les tensions entre Wallons et Flamands le plongent  dans un immobilisme criant. Les demandes actuelles d’autonomie de gestion de la richesse par la majorité flamande font pencher la crise vers une séparation, voire même une éventuelle réunification avec la France pour les francophones…

L’an dernier, lors d’un événement organisé à Radio-Canada sur la télévision internationale, on nous a présenté un canular réalisé par les journalistes de la télévision nationale belge présenté au téléjournal du soir du 13 décembre 2006 qui annonçait l’indépendance de la Flandre. Leur objectif était à l’époque de faire avancer le débat qui s’embourbait ; ça en disait déjà long. En ce moment l’avenir de la monarchie constitutionnelle est entre les mains de médiateurs. Leurs délibérations sont attendues pour fin septembre. Pas une mince tâche.

Imaginez un peu, que Radio-Canada annonce en direct la séparation du Québec du reste du Canada.


Le canular belge ( Flandre )
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Diversité, Carpe diem!

 

En revenant des feux d’artifices de La Ronde, que l’on peut observer du bord du fleuve à l’est du centre-ville de Montréal, j’ai traversé «le village» gai par la rue Sainte-Catherine pour marcher jusqu’au métro Berri-UQAM. Qu’on aime ou pas, la culture propre au milieu gai est forte et vivante. Cela devait faire plus d’un an que je n’avais visité le quartier et en déambulant sur la rue Sainte-Catherine, actuellement transformée en rue piétonnière, l’ambiance était très joyeuse et empreinte de spontanéité.

Porté au statut de culte, le moment présent est indéniablement un pendant important de cette culture urbaine. Plus de temps et d’argent pour soi, libéré du rôle de parent pour la plupart; on entend planer dans ce lieu de plaisirs, la devise : Carpe diem!  Cela a très certainement ses répercussions négatives dans les relations interpersonnelles, mais il en demeure qu’il émane quelque chose de vivant de ce style de vie hétéroclite, extravaguant, adolescent. Pas qu’il soit impossible de mener le même pour les hétérosexuels, mais avec les années, ce quartier en perpétuelle cure de jouvance jouit d’un climat particulier qui est propre à sa communauté. Aujourd’hui, c’est une véritable économie et une grandissante industrie touristique qui vivent sous le drapeau multicolore.

À une semaine du défilé annuel de la communauté gaie, un tas de spectacles et d’activités ont cour dans le cadre de Divers/Cité. Pour les non-initiés, il faut au moins y circuler une fois dans sa vie. Pas forcé de comprendre, pas obligé de juger, juste de vivre le moment présent!

Consultez nos dossiers :
Pour en finir avec le mariage gai
L’autre perspective
Sur nos blogues :
Les Soeurs de la Perpétuelle Indulgence

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Omar Khadr enfant ou soldat?

Il y a quelques jours, j’ai reçu un courriel de Mohamed Lotfi contenant une lettre à l’intention de la Gouverneure générale du Canada, Mme Michaëlle Jean.  Dans sa lettre, M. Lotfi invite la Gouverneure à intervenir auprès du Premier ministre, M. Harper, afin qu’il plaide le rapatriement d’Omar Khadr, qui est détenu sur la base américain à Guantánamo bay depuis son adolescence. Après sa lecture, je suis resté pensif à des commentaires que j’avais déjà vus sur des blogues, dans le genre de : «Que ferions nous s’il s’appelait Tremblay ou Roy? » L’égalité est un concept plutôt abstrait, semble-t-il, lorsque nous accolons le terme de terroriste à côté d’un nom. L’égalité entre citoyens ne peut être considérée accessoire, sans quoi nous recréons un système de caste qui détermine les libertés des différentes couches de population. Qu’en est-il des droits des enfants?

Pour les autorités américaines, Omar Khadr est vu comme un terroriste et par d’autres, comme un enfant soldat victime des circonstances et de son milieu de vie. Lorsque nous lisons un peu sur le parcours d’Omar Khadr, on constate que la description d’enfant soldat du site de l’UNICEF correspond bien au portrait du jeune homme.

Le Canada fait partie des pays ayant ratifié le protocole contre l’utilisation d’enfants soldats. Ceci n’est-il pas, par le fait même, une reconnaissance de l’existence de cette problématique et une affirmation de son désir de traiter différemment le cas des enfants par opposition aux adultes, lors de conflits armés. Par ce geste, je me demande comment nous pouvons simplement ignorer le traitement réservé aux enfants soldats prisonniers, incluant le cas d’Omar Khadr qui est de plus, canadien. Inutile de mentionner que les États-Unis n’on toujours pas ratifié ce protocole adopté par l’Assemblée Générale des Nations Unies, le 25 mai 2000.

À lire sur Parole citoyenne : Lettre à Michaëlle Jean, par Mohamed Lotfi.

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Hommage à Mirlande Demers

Elle nous a quitté subitement. Trop vite. Une jeune femme extraordinaire. De ces femmes qui inspirent, de ces humains qui illuminent tout ce qu’ils touchent.

Nous vous invitons à revoir ces moments avec elle sur le site de Parole citoyenne, dans le cadre du dossier Résistances au féminin pluriel.

Merci Mirlande et à bientôt.

L’équipe de Parole citoyenne

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Cinéma national au Cinéma du Parc!

En ces jours de fêtes, voici une occasion de redécouvrir des classiques du cinéma canadien et québécois. Le Cinéma du Parc a concocté une programmation fêtes nationales… Vous pourrez entre autre voir ENTRE LA MER ET L’EAU DOUCE de Michel Brault ou encore une jeune Micheline Lanctôt dans THE APPRENTICESHIP OF DUDDY KRAVITZ réalisé par Ted Kotcheff en 1974.

À noter les 30 juin et 1er juillet, THE TRACEY FRAGMENTS (2007) sera présenté par son réalisateur Bruce McDonald.

Merci à Roland Smith pour sa programmation nous permettant de découvrir ou redécouvrir ces films!

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I come from Monténégro II

Pour faire suite à la première entrevue (voir I come from Monténégro I) tenue avec Djuro Radosavovic et pour répondre à la question-commentaire laissé par Michael dans le blog, je suis allé relancer mon ami au sujet de la situation de son pays.

(Petit résumé en français :

Il explique tout d’abord qu’il trouve amusant qu’à l’étranger les gens de sa région (Monténégro, Serbie et Croatie dans ce cas-ci) se respectent et se serrent les coudes, alors que de retour au pays, les frontières imposent une tension.

Il poursuit ensuite en expliquant que pendant les années 90, la télévision a fait beaucoup de propagande et a participé à accentuer le sentiment de colère et de haine. C’était l’époque de l’embargo sur les Balkans et les gens ne pouvaient regarder que deux chaînes de télévision. Selon lui, les nouveaux dirigeants et les personnes de pouvoir doivent maintenant être démocratiques et responsables dans ce qu’ils disent et propagent comme idées, car la région des Balkans demeure aujourd’hui encore un baril de poudre que l’on peut allumer à tout moment.

Mais il demeure positif et affirme que la situation s’est améliorée. Nous sommes au 21ème siècle et les gens peuvent désormais s’informer par l’intermédiaire de l’Internet, des chaînes de télé étrangères, etc. Ils peuvent ainsi s’ouvrir l’esprit, mieux être informés et être plus critiques. Selon lui, cela peut permettre à la situation de s’améliorer pour que dans dix ans, la paix soit complètement installée.)

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