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David Weinberger à la conférence Le Web 3

Lendemain de conférence Le Web 3. Depuis que je m’intéresse aux blogues et autres formes de communication inhérentes au web, je rencontre de nombreuses réticences. Alors les blogues ne sont-ils que des gadgets ‘nombrilistes’ ou plutôt de véritables outils d’expression?

Un homme répond à cette question bien mieux que moi. Il s’agit de David Weinberger, philosophe, professeur au Berkman Center for Internet and Society (Harvard Law School), entre autres choses…

Il a succédé hier au défilé de politiciens de tout acabit qui a agité la blogosphère et la conférence Le Web 3.

Attention cet article est un peu long!

David Weinberger a donc fait forte impression et je vais essayé de rendre justice à son propos.

Il a débuté ainsi : si les politiciens ont décidé de venir à Internet (semblant par leur attitude nous faire honneur d’ailleurs), ces mêmes politiciens ne semblent pas avoir encore compris qu’Internet appartient à tous, aux citoyens et non aux gouvernements.

David Weinberger nous a parlé de blogues. Il souhaitait mettre à mal réticences, craintes et scepticisme qu’inspirent parfois cet outil/moyen d’expression.

Sa présentation était intitulée Blogging our way to democracy. David Weinberger utilise le terme de P2P, Person to Person technology. Ce qui prime avant tout pour lui, ce sont les possibilités offertes par la technologie à tout un chacun, à tout citoyen.

Il a pris à contre-pied trois critiques souvent formulées à l’égard des blogues.

* Self-contained

Plutôt que d’être centrés sur leur nombril, il note que les blogues se construisent autour du lien, de l’hyperlien. En effet, les articles d’un blogue sont toujours truffés de mots soulignés qui lorsque l’on clique dessus emmènent l’internaute vers un autre site. De même, dans les colonnes externes d’un blogue on trouve généralement des listes d’autres blogues ou sites recommandés. C’est ce qu’il nomme ‘l’axe de générosité’ et la base du web. Sans hyperlien, sans lien, le web n’existe pas. David Weinberger a alors pointé son curseur sur le site du New-York Times où, à l’inverse, la plupart des liens renvoient au même site, celui du New York Times! Comme quoi les médias traditionnels n’ont peut-être pas encore tout saisi.

* Simple-minded

On reproche également aux blogues d’être insignifiants ou simplistes. Selon David Weinberger, les blogueurs aiment la complexité. Il prend l’exemple d’un discours de Georges Bush, qui peu de temps après avoir été prononcé et diffusé, s’est retrouvé analysé, discuté, décortiqué dans différents blogues. Il y a donc discussion et création de nouveaux contenus.

* Owned. Theirs.

On assiste également à une prise de parole diversifiée. Si le monde est généralement gouverné par des hommes blancs dans la cinquantaine (un peu le même genre de profil d’ailleurs que celui que nous avons vu sur scène à la conférence Le Web 3!), Internet permet autre chose: être son propre éditeur. Ces prises de parole, ces échanges de liens, ces partages de musiques… permettent la création de connaissance diversifiée.

David Weinberger a alors conclu son intervention avec une référence au philosophe Heidegger. Pour comprendre ce qu’est un marteau (What does it mean to be a hammer?), il faut connaître les notions de clous, de bois, d’arbres, de soleil… Que sommes-nous en train de vivre? David Weinberger spécule. Selon lui, nous assistons à un processus d’externalisation du sens. Nous sommes en train de construire une infrastructure de sens, de signification (meaning). En effet, nous partageons des idées, des connaissances, des compréhensions du monde, plus qu’à toute autre époque. Et cette révolution du sens, de la communication est certainement une étape majeure de l’histoire de nos civilisations dont nous ne saisissons pas encore toutes les implications…

Petite remarque pour conclure. Un autre intervenant dressait un tableau des jeux en ligne. Il précisait que les jeunes d’aujourd’hui apprennent à parler, à écrire, à jouer, en ligne, en réseau. Ils construisent leur univers/horizon de sens en échangeant avec d’autres jeunes habitant à l’autre bout du monde. Ils apprennent à parler ou écrire des langues étrangères également de cette manière.

Nos grands-parents naissaient, vivaient et mourraient dans le même village.

Leur monde? 100 personnes.

Un adolescent de 2006 peut échanger avec des centaine de personnes en un mois.

Oui le monde est vraiment en train de changer!

Catégories : Événements

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