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Chez Parole

Les blogues de Parole sont des espaces ouverts aux dialogues, à l’échange et au partage. Les sujets sont vastes, citoyens et passionnants. Lecteurs et internautes sont appelés à prendre part au dialogue… Enfin le “je” devient le “nous”!

Violence extrème - La santé mentale n’explique pas tout

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YouTube DirektThe Shining Bathroom Scene

Lors de mon billet précédent, je me questionnais sur les liens entre criminalité et santé mentale. Sur l’utilisation des médicaments, et jusqu’à quel point le fait de prendre ou de ne pas prendre ses médicaments peut influencer les comportements, jusqu’à en devenir violent.

Une récente étude du Dr Éric Elbogen, de l’Université de Caroline du Nord, mentionne qu’accuser seulement la maladie mentale lors de crimes violents est une grave erreur. Lire la suite »

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Petit bilan

Clermont-Ferrand se termine déjà pour moi et je quitte demain pour le Talent Campus de Berlin. L’expérience s’est bien déroulée et Les réfugiés - le film que j’ai produit et qui était en Compétition Internationale - a été bien reçu par le public qui était d’ailleurs toujours présent en grand nombre à toutes les projections du festival.

Toutefois cette année, on pouvait sentir le contrecoup de la crise économique… L’énergie du festival que j’avais ressentie lors de mon passage deux ans auparavant ainsi que la présence des journalistes internationaux m’ont semblé moins importantes. De plus, le festival a dû essuyer plusieurs revers cette année, notamment des coupes drastiques dans son financement public et des sanctions de la Sécurité Sociale française (la URSSAF) qui conteste le statut des bénévoles du festival.

C’est assez triste de constater que malgré ses 31 années d’activités et sa reconnaissance internationale, un tel pilier de l’univers du court métrage en soit encore à se justifier auprès des autorités gouvernementales. Décidément, ce n’est pas seulement au Canada où la culture est malmenée par l’ignorance ou l’indifférence des dirigeants…

Mais bon, je me rassure devant la vigueur de la programmation du festival qui nous a offert pendant toute une semaine des films originaux, intelligents et tournés vers le monde. L’art et le cinéma me semblent plus que jamais un puissant outil pour contrer l’isolement et l’intolérance.

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Rendez-vous du cinéma québécois

La 27e édition des Rendez-vous du cinéma québécois aura lieu entre le 18 et le 28 février 2009. Le festival regroupe la production annuelle des cinéastes québécois, tous genres confondus.

Parmi la vingtaine de festivals de cinéma égrainée sur les 12 mois de l’année montréalaise, les Rendez-vous ne sont pas forcément des plus populaires auprès des cinéphiles. Il est vrai que la quasi totalité de sa programmation a soit été diffusée dans nos salles au cours de l’année précédente, soit le sera dans les semaines qui suivront le festival. Alors, à moins d’avoir raté un incontournable ou d’être friand de primeurs, “à quoi bon“, se dit-on souvent.

Voici tout de même quelques raisons de fréquenter pendant la fin du mois de février la cinémathèque québécoise (quartier général des Rendez-vous) ainsi que les 7 autres lieux investis par l’événement.

D’abord, il y a les débats de 5 à 7. Au programme : la place des communautés sur les écrans du Québec, les femmes cinéastes, les enfants acteurs et, cela tombe à pic : la surdose des festivals de cinéma à Montréal.

Ensuite, il y a les courts-métrages. Qu’ils soient de fiction, d’animation ou expérimentaux. On ne leur fera, semble-t-il, jamais assez de place. Le festival présente également quelques films étudiants.

Midi, un court métrage de Dan Popa.Midi, un court métrage de Dan Popa.

Enfin, et ce n’est pas exhaustif : les expositions, ateliers, classes de maîtres, reprises… Ainsi que le focus mexicain : 6 films présentés dans le cadre d’un échange entre les Rendez-vous du cinéma québécois et le Festival international de cine en Guadalajara.

Admission-points de vue, une exposition à la galerie SAS.

Admission-points de vue, une exposition à la galerie SAS.

La programmation est en ligne depuis aujourd’hui sur le site du festival. Vous pouvez également en écouter les grandes lignes dans cet extrait du discours de Ségolène Roeder (directrice générale) et Dominique Dugas (directeur de la programmation) tenu ce matin pendant la conférence de presse.

Écouter la programmation des RDV du cinéma québécois

Tout au long de ce festival, je présenterai sur Grand angle diverses interventions (chroniques, entrevues ou compte-rendus) dans le but de cerner l’état actuel du cinéma québécois. Non pas son état économique comme on le fait souvent, mais son état artistique.

Avons-nous un cinéma de qualité ? Notre cinéma innove-t-il ? Quelles sont ses influences et ses grands courants ? Est-il conscient de son héritage ? Qui sont les nouveaux cinéastes québécois et quelles sont leurs préocupations ? Larges questions dont nous ne feront surement qu’ébaucher des réponses… Je vous invite à participer à ce brain-storming en laissant des commentaires à mes billets.

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En direct de Clermont-Ferrand et Berlin

Quelques formalités pour débuter…

Je me présente : je suis une jeune productrice de films qui œuvre en courts métrages depuis 5 ans, surtout en fiction mais aussi en documentaire. Deux des films que j’ai produit dernièrement vont sortir sur le circuit des festivals cette année, ce qui annonce pour moi une période de récolte après deux ans de dur labeur.

Ayant appris que je me rendais au Festival du court métrage de Clermont-Ferrand (en France) puis à la Berlinale Talent Campus, Parole Citoyenne a eu la gentillesse de penser à moi pour vous faire découvrir ces deux évènements d’envergure internationale. Je vous propose donc deux semaines à vous parler des films qui m’auront marquée, de mes rencontres avec les artisans de ces films, des sujets qui font sensation parmi les festivaliers, de mes impressions personnelles sur ces deux grandes manifestations… et peut-être même quelques surprises !

31e Festival International du Court Métrage Clermont-Ferrand

Du 30 janvier au 7 février 2009

Le Festival de Clermont-Ferrand et son Marché du Film est le plus grand évènement annuel réservé exclusivement au court métrage. Chaque année, le “Cannes du court métrage” - comme on l’appelle - accueille plus de 140 000 spectateurs et 3 000 professionnels qui viennent y découvrir le meilleur du film court français et international.

Un des courts métrages que j’ai produit, Les réfugiés, écrit et réalisé par Émile Proulx-Cloutier, s’y retrouve en Compétition Internationale cette année.

Site officiel : www.clermont-filmfest.com

Berlinale Talent Campus # 7

Du 7 au 12 février 2009

Le Festival international du film de Berlin est reconnu comme l’un des plus prestigieux évènements du cinéma international aux côtés de Cannes, Venise, Locarno et les autres. Le Talent Campus est un programme de six jours pour les jeunes professionnels qui auront l’occasion de rencontrer leurs pairs et de nombreux experts lors de conférences, séminaires et ateliers donnés par les plus grands représentants du cinéma mondial.

Site officiel : www.berlinale-talentcampus.de

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Motifs urbains : performance d’animation inspirée de la ville

Julie nous parlait dernièrement de l’exposition Actions : comment s’approprier la ville présentée au Centre canadien d’architecture. Voici une présentation artistique à venir qui s’inspire tout autant du matériau de la ville.

Cette performance en animation aura lieu lors d’une résidence d’expérimentations dans le cadre du projet PropulseART pour la télédiffusion scénique, à la Société des arts technologiques (SAT)

Motifs urbains par Alexandre Quessy et Isabelle Caron

Les protagonistes s’inspirent de leur ville pour réaliser un cadavre exquis visuel et sonore. Ils se l’approprient d’une manière libre, créative, ludique et empreinte de leur subjectivité pour créer des tableaux colorés et diversifiés. La ville, la foule et l’humain sont au coeur de leurs représentations.
Motifs urbains est une performance d’animation audio-visuelle collective en réseau. Les deux performeurs y construisent ensemble une boucle perpétuelle à la fois visuelle et sonore, avec stop motion, bruitages, rythmes et voix. Lors de la performance, les visiteurs pourront se balader entre les deux locaux pour observer l’oeuvre se déployer. Le caractère répétitif de cette oeuvre s’inspire du train de vie rapide des citoyens de la ville de Montréal. Grâce aux logiciels ToonLoop et FxLoop, créés par Alexandre Quessy, les deux artistes dévoilent leur processus de création. Leur performance est reliée via Internet grâce à la plate-forme PropulseART de la Société des arts technologiques. Isabelle Caron y assure le volet visuel et Alexandre Quessy les aspects sonores.

Vendredi le 12 décembre 2008 de 12h00 à 13h00.
Salles PropulseART au sous-sol. (Sonner pour entrer)
1197 boulevard Saint-Laurent, entre René-Lévesque et Sainte-Catherine. Montréal.
Près de la station de métro Saint-Laurent.



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RIDM : Fernand Melgar

Fernand Melgar m’était un nom étranger, mais puisque les RIDM sont d’abord faites de ‘rencontres’, je n’ai pas manqué l’occasion de faire connaissance avec ce documentariste (suisse originaire du Maroc). En compagnie de Jean Perret du festival Visions du Réel et Denys Desjardins (animateur), il a offert à une salle remplie d’étudiants une classe de maître digne de ce nom.

D’entrée de jeu, Melgar avoue qu’il a fait très peu d’études, justifiant ainsi au passage un cinéma dénudé de commentaires et d’entrevues, comme s’il allait au-dessus des mots pour attraper l’expérience d’un moment vécu en plein vol. Le documentariste choisit de ne pas scénariser et ne rencontre presque jamais les personnages qu’il filme, de peur de les épuiser. Voilà déjà quelques manières de mettre la table pour recevoir la magie de la rencontre et de l’inattendu. La conviction de Fernand Melgar est que la fiction, la vraie fiction ne peut naître que de cette appréhension du réel.

Paraphrasant l’esprit d’un aventurier, Melgar dit ne pas faire de film. Car c’est le film qui le fait, et le défait. Il compare ainsi l’entreprise de ses réalisations à la démarche d’un sculpteur debout devant une pierre brute. Et à l’intérieur de cette matière vit déjà le film comme une oeuvre pré-existante. Son cheminement se révèle alors tel un parcours plein d’humanité et parsemé d’adages, à la manière d’un regard de sagesse qui s’impose devant soi.

“Rendre le présent présent est un présent.” est une autre citation qui porte bien les documentaires de Melgar.

Les courts extraits présentés lors de cette rencontre évoquent une esthétique du dévoilement et d’une grande sensibilité au mystère et de l’émergence de l’insoupçonné. Engagé, mais non militant, il filme sans pointer le doigt, mais bien avec un regard fait de compassion et d’empathie, car pour lui, on ne peut que capter des gens pour qui nous avons un certain amour.

Léopard d’or à Locarno, son dernier film La forteresse donne la réplique à Exit, le droit de mourir, portant sur l’euthanasie. Si Exit peint le portrait de ceux qui souhaitent quitter le monde et trouver assistance dans cette dernière démarche, La forteresse parle plutôt de ceux qui veulent arriver et s’intéresse aux immigrants en attente d’un verdict d’asile au Centre de Vallorbe.

A voir : La forteresse aux RIDM. 21 novembre 2008, 19:15 | Cinémathèque québécoise, Salle Claude-Jutra

En voulant se faire plaisir et enterrer les ennuis du métier, Fernand Melgar a un jour dressé 10 commandements, 10 interdits qui lui ont permis de redéfinir un “cinéma direct” propre à lui.

Extrait de la classe de maître :

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Hommage à John et Nancy Todd

Dans le billet qu’elle a mis en ligne le 16 novembre dernier, Sylvie Van Brabant nous a présenté avec beaucoup d’hommages deux des héros de son film à paraître, DERNIÈRE PLANÉTE,:  Jack et Nancy Todd.

 

 

 

J’aimerais, à mon tour, souligner la richesse de leur héritage conceptuel qui s’articule, si je comprends bien, autour de la notion de biomimétisme.

Wiki définit le comme suit le biomimétisme: Le biomimétisme est une démarche consistant à reproduire artificiellement des propriétés essentielles d’un ou plusieurs systèmes biologiques.

Dans le vidéo que Sylvie a mis en ligne, le principal intéressé y va de sa définition (de ce qu’il appelle le design écologique): C’est la compréhension des lois qui régisssent les systèmes naturels et leur utilisation pour résoudre les problèmes humains. Ce design peut être mis à profit pour la création d’énergie, pour l’agriculture, pour le traitement des déchets, pour la restauration des écosystèmes

Voici un exemple simple, qui concerne la valorisation (énergétique) des déchets (putrescibles). Soit on les enfouit comme on l’a fait pendant des décennies à l’ancienne Carrière Miron et, éventuellement, on récupère le méthane (qui est produit par les bactéries qui digèrent ces déchets dans des conditions anaérobiques - en l’absence d’oxygène -) pour produire de l’énergie. C’est ce qu’on fait maintenant à la centrale de Gazmont, tout à côté de la Tohu.

 Bien!

Soit on va plus loin, et on fait vraiment du biomimétisme ou désign écologique, en utilisant la connaissance qu’on a du processus de dégradation bactérienne des déchets putrescibles pour construire un système technique qui va produire le même métahne plus rapidement et en plus grande quantité. C’est précisément ce qu’envisage de faire la municipalité de Rivière du Loup en se dotant d’installations de production de biogaz qui propulseront les véhicules de la flotte municipale.

Bien, bien!

Mais on peut encore aller plus loin, beaucoup plus loin, parce que, dans les faits, le biomimétisme s’inscrit au sein d’un grand courant qui est en train de révolutionner la pensée humaine tout court, et non seulement ses réalisations techniques.

Voici donc ce qu’en dit, en quelques paragraphes, mon gourou, Thierry Gaudin.

Cette transformation – l’essence même du vivant devient informationnelle – est la représentation de la science moderne, après le vivant-machine du dix-huitième siècle et le vivant usine chimique du dix-neuvième siècle. Elle implique une modification fondamentale de la perception de l’homme : la nature, vivante ou inanimée, devient domptable par l’homme et peut, à terme, devenir le jardinier de sa planète et créer sa techno-nature.

La notion d’art intermédiaire est une des clés de cette nouvelle philosophie. Elle dit que la coupure, considérée comme allant de soi, entre le vivant et l’inanimé, doit être transgressée. On peut créer des êtres qui ne soient pas vivants, mais possèdent des caractères qui ressemblent à la vie. Et dans cette zone intermédiaire entre le minéral et le végétal, entre la molécule et le virus, se situe un lieu de création. L’homme considère enfin la planète comme son jardin. La destinée humaine devient enfin la mise en place du grand processus d’hominisation qu’est la techno-nature.

 

 

Et permettez-moi de terminer avec cette démonstation implacable à l’effet que l’organisation et l’arcitecture des systèmes naturels devraient nous inspirer dans l’élaboration de nos - nouvelles - architectures sociales: Dans un cerveau humain, il a quelque cent milliards de neurones. Tous, sans exception, sont connectés les uns aux autres. Pourtant. pas un seul ne commande. Pas de chef et cependant ça marche!

Voilà vraiment pouquoi les Todd sont géniaux!

P.S.

 

 Une auteure australienne, Jane Cull vien tout juste de faire paraître son ouvrage: THE CIRCULARITY OF LIFE.
Dans la notice qui acompagne l’ouvrage, on peut lire: ” … elle applique les théories realtives aux systèmes vivants aux fins d’illustrer les bouleversements qui chambouillent  notre vision du monde et qui constituent une clé dont on doit se saisir pour assurer la pérennité de notre espéce sur cette planète.

 

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« La révolution internet qui a porté Barak Obama au pouvoir pourrait sauver l’humanité! »

 

 

C’est ce qu’a déclaré le Prix Nobel de la Paix 2007, ex vice-président des États-Unis d’Amérique et récipiendiare d’un ‘Academy Awards’ pour ’son’ film: UNE VÉRITÉ QUI DÉRANGE; il a fait cette déclaration, rapportée par l’AFP mais peu diffusée dans les média de masse, lors d’un rassemblement à propos du WEB 2.0 tenue à san Francisco.

 

« Internet a joué un rôle critique dans la victoire d’Obama … et a … permis de surmonter la crise démocratique que vivait jusqu’alors notre pays, laquelle freinait la lutte contre les changements climatiques … une des raisons qui expliquent le mal fonctionnement du système politique américain est l’influence malsaine des réseaux de télé et leur façon de fonctionner.»

 «Puis vient Internet qui démocratise à nouveau l’info et c’est tellement formidable! Mais la télé essaie encore d’imposer sa sourdine à toutes ces formes vibrantes et vivantes d’info qui foissonnent sur le net

Ça m’a fait penser au musicien Goran Bregovic et sa pièce TV SCREEN, paroles de Iggy Pop

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 TV screen makes you feel small/No life at all

 

Gore ajoute que «ce qui est arrivé au cours de l’élection [d'Obama] nous fait voir toute une palette de possibilités nouvelles qu’on doit se hâter de mettre à profit.»  Qu’après l’élection, «le WEB 2.0 est en quête d’une nouvelle mission (purpose)» ;  il propose que  «cette mission consiste à hâter l’émergence d’un niveau de conscience plus élevé en ce qui concerne notre relation avec la Planète Terre ainsi que les dangers imminents qui la menacent

Pour en hâter l’avènement,  Gore fait désormais dans la télé et met sur pied son Current TV, une télé câblée qui puise son matériel de diffusion largement dans les clips ou nouvelles que les navigateurs téléversent  sur le site! Une espèce de TV 2.0

Qui l’eût cru?

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Découverte du Nord: la rencontre de deux réalités

Depuis le début de la semaine, les élèves que moi et mes collègues, Marie-Andrée Courval et Sylvain Piquette, accompagnons vivent une expérience marquante.  Ici à Churchill, Manitoba, dans l’hiver qui s’installe nous découvrons une communauté qui vit à un autre rythme.  C’est une petite ville qui s’est développée depuis les dernières années, après la fermeture de la base militaire, autour du tourisme (ours polaires) et des activités de transport ferroviaire.

Un train de marchandise à Churchill

Un train de marchandise à Churchill

Il y a deux types de gens qui demeurent ici: ceux qui viennent y travailler temporairement et ceux qui y vivent constamment.  Ces deux groupes envoient leurs enfants à l’école secondaire Duke of Marlborough où une petite équipe d’enseignants tentent de les motiver à poursuivre leurs études.  Au travers de ces deux catégories de travailleurs, il y a des gens issus des communautés Cris, Dene et les blancs.  Tous semblent très bien cohabiter ensemble.  Nous le voyons bien dans les classes et les corridors de l’école où nous logeons pour la semaine.  Mais derrière certains sourires, il y a un sentiment de désabusement.  Ils n’ont pas beaucoup de loisirs mais ils ont accès à un très beau centre communautaire où se trouve une piscine, un aréna, un théâtre, une bibliothèque et des aires de jeux.  Ils passent donc beaucoup de temps ici.

Concernant les changements climatiques, lorsque nos étudiants posaient des questions pour le documentaire qu’ils tournent ici, nous avons été étonnés de voir qu’ils ne se sentaient pas vraiment concernés.  Ils nous ont parlé de recyclage mais comme tout est importé ici et que pour protéger les aliments il y a suremballage, c’est clair qu’il y a plus de déchets.  Ceux-ci sont entassés dans des hangars où ils congèlent et sont ensuite expédiés dans le sud dans les sites d’enfouissement.  Donc, il y a certains bacs de recyclage mais ensuite tout est mis ensemble.

Chez nous, tout le monde parle de recyclage, d’économies d’énergie.  Ici, même entourés de scientifiques travaillant sur la question, les étudiants ne discutent pas de ce sujet entre eux.  C’est plutôt la motoneige, le hockey, le volleyball qui sont au centre de leurs conversations.  Ils vont à l’école, vont souper à la maison et reviennent au centre communautaire voir leurs amis jusqu’à la fin de la soirée et retournent ensuite à la maison.  Le week-end, ils regardent la télévision.  Leur vie tourne autour de ces occupations, c’est pourquoi ils trouvent la vie à Churchill plus ou moins intéressante.  Ils ne veulent pas rester ici, ils souhaitent aller ailleurs après leur secondaire. Donc, les enjeux des changements climatiques sont un sujet trop exotique.

Ce sont donc deux réalités qui se sont rencontrées, des jeunes du sud avec une éducation environnementale somme toute bien développée et des jeunes vivants dans l’un des derniers refuges de la nature et qui bien que sensibilisés ont d’autres priorités.

Nous revenons à Montréal demain.  Notre blogue se poursuivra dans quelques jours pour suivre nos questionnements et nos réalisations lors du montage de notre documentaire.

À bientôt,

Un ours sympathique prêt à tout pour la caméra

Un ours sympathique prêt à tout pour la caméra

Marie-Josée

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[vidéo] « Honour your word » ont clamé les Algonquins du Lac Barrière

Dernièrement, sur le web, je suis tombé sur une vidéo montrant « vu de l’intérieur » comment s’est déroulé le barrage de la 117 cet automne, dans le Parc de la Vérendrye. Il s’agissait d’une version bien différente de ce que j’avais pu voir dans les médias télévisés …

Ainsi, à quelques jours des élections fédérales, le 6 octobre dernier, des Algonquins du Lac Barrière, dans le Parc de La Vérendrye, bloquaient la route 117, cette artère routière qui relie l’Abitibi au sud du Québec.

Si je me rappelle bien, au bulletin télévisé on a surtout mis l’emphase sur le fait que cet important axe routier était bloqué. On nous a donc fait le coup de la traditionnelle entrevue de l’automobiliste frustrée par ces dérangements. Puis dans le reportage, ils nous ont flanqué quelques plans du barrage routier vu de loin … On pouvait y apercevoir un tipi et des lumières de police.

Mais on n’a à peine pas évoqué la brutalité policière dont les manifestants ont été victimes lorsque la SQ a décidé que le barrage de la 117 avait assez duré et qu’il fallait envoyer l’escouade anti-émeute pour «clairer» la place … Pourtant, comme vous pouvez le voir dans le film ci-dessous, il ne s’agissait pas d’un barrage de warriors armés de M-16, mais plutôt de toute une communauté fatiguée de se faire sans cesse berner par le gouvernement: femmes et enfants étaient sur les lieux …

[Vidéo indépendante sur le barrage de la 117 le 6 octobre 2008]
durée: 23 minutes

Police attack Algonquin families at peaceful blockade of highway 117 in northern Quebec from Barriere Lake Solidarity on Vimeo.

Souvent, les conflits qui opposent les Autochtones aux gouvernements ont la particularité d’avoir l’air complexes, ce qui est dû justement à la complexité de la justice et de la bureaucratie gouvernementale. Mais la plupart du temps ces conflits se résument tout simplement par des cas flagrants de démocratie bafouée ou de terres volées et pillées de leurs richesses naturelles …

Et effectivement, le cas du Lac Barrière et une affaire assez complexe où il est entre autres question d’un accord trilatéral (Algonquin, gouv. fédéral, gouv. provincial) qui n’aurait pas été respecté. Accord qui, s’il était appliqué, permettrait à la communauté du Lac Barrière d’obtenir des redevances sur l’exploitation des ressources naturelles.

Sur internet, il y a très peu d’information au sujet de cet accord qu’on appelle officiellement l’Accord trilatéral du Lac Barrière. Mais, j’ai tout de même réussi à trouver un peu plus d’information à ce sujet sur le site de Ressources naturelles Canada.

En fait, selon Ressources naturelles Canada, cet accord aurait été conclu dans une perspective de véritable conciliation entre le milieu de la foresterie et le mode de vie traditionnel des Autochtones. En élaborant cet accord, les Autochtones auraient eu « voix au chapitre » dans la planification de l’aménagement forestier d’une grande partie de leur territoire ancestral, qui recouvre 10 000 km2. »

Voici un extrait du document de Ressources naturelles Canada qui explique un peu comment ils ont procédé pour arriver à cet Accord Trilatéral du Lac Barrière :

Avant que les discussions ne débutent, les trois parties (les gouvernements fédéral et du Québec et les Algonquins) ont essayé de comprendre les ressources que les Algonquins utilisent et pourquoi celles-ci revêtent tant d’importance à leurs yeux. Il a donc fallu immédiatement répertorier les zones sensibles et recommander la façon de les protéger contre l’extraction des ressources. Parmi ces zones sensibles, il y a des habitats fauniques critiques et des sites importants pour les Algonquins (ravages d’orignaux, érablières, zones sacrées, secteurs où l’on trouve des plantes médicinales et zones riveraines [littoral et rives]).

Pour protéger les zones riveraines sensibles, les Algonquins ont recommandé l’établissement de larges zones tampons le long des rivières, des lacs et des cours d’eau. Les Algonquins ont soutenu que les animaux avaient besoin de zones tampons plus larges (qui à l’époque mesuraient 20 m de large). De plus, dans ces zones plus larges, un moins grand nombre d’arbres seraient abattus. Enfin, les Algonquins eux-mêmes, qui parcourent de longues distances le long du littoral, ont besoin de zones tampons plus larges.

Quoi qu’il en soit, pour l’instant cet accord qui satisfaisait tout le monde à l’époque est caduc ! La communauté compte donc se battre jusqu’à ce que l’accord soit respecté.

Pour ceux et celles qui voudraient en savoir plus sur le sujet le groupe Solidarité avec le Lac Barrière organise une conférence au Centre d’Amitié autochtone, voici les détails:

Défendre nos terres: La lutte du Lac Barriere continue!
Un programme complet avec Arthur Manual, Russell Diabo, et les représentants de cette communauté

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Mardi 4 novembre : 6:00pm(18h), 2008
Centre d’amitié autochtone de Montréal, 2001 boulevard St-Laurent et Ontario (métro St-Laurent)
Le dîner sera gratuit et servi par Midnight Kitchen
Pour la garde d’enfant ou la traduction appelez le 514-398-7432 au moins 48 heures à l’avance.

Catégories : Événements

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