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RIDM : Fernand Melgar

Fernand Melgar m’était un nom étranger, mais puisque les RIDM sont d’abord faites de ‘rencontres’, je n’ai pas manqué l’occasion de faire connaissance avec ce documentariste (suisse originaire du Maroc). En compagnie de Jean Perret du festival Visions du Réel et Denys Desjardins (animateur), il a offert à une salle remplie d’étudiants une classe de maître digne de ce nom.

D’entrée de jeu, Melgar avoue qu’il a fait très peu d’études, justifiant ainsi au passage un cinéma dénudé de commentaires et d’entrevues, comme s’il allait au-dessus des mots pour attraper l’expérience d’un moment vécu en plein vol. Le documentariste choisit de ne pas scénariser et ne rencontre presque jamais les personnages qu’il filme, de peur de les épuiser. Voilà déjà quelques manières de mettre la table pour recevoir la magie de la rencontre et de l’inattendu. La conviction de Fernand Melgar est que la fiction, la vraie fiction ne peut naître que de cette appréhension du réel.

Paraphrasant l’esprit d’un aventurier, Melgar dit ne pas faire de film. Car c’est le film qui le fait, et le défait. Il compare ainsi l’entreprise de ses réalisations à la démarche d’un sculpteur debout devant une pierre brute. Et à l’intérieur de cette matière vit déjà le film comme une oeuvre pré-existante. Son cheminement se révèle alors tel un parcours plein d’humanité et parsemé d’adages, à la manière d’un regard de sagesse qui s’impose devant soi.

“Rendre le présent présent est un présent.” est une autre citation qui porte bien les documentaires de Melgar.

Les courts extraits présentés lors de cette rencontre évoquent une esthétique du dévoilement et d’une grande sensibilité au mystère et de l’émergence de l’insoupçonné. Engagé, mais non militant, il filme sans pointer le doigt, mais bien avec un regard fait de compassion et d’empathie, car pour lui, on ne peut que capter des gens pour qui nous avons un certain amour.

Léopard d’or à Locarno, son dernier film La forteresse donne la réplique à Exit, le droit de mourir, portant sur l’euthanasie. Si Exit peint le portrait de ceux qui souhaitent quitter le monde et trouver assistance dans cette dernière démarche, La forteresse parle plutôt de ceux qui veulent arriver et s’intéresse aux immigrants en attente d’un verdict d’asile au Centre de Vallorbe.

A voir : La forteresse aux RIDM. 21 novembre 2008, 19:15 | Cinémathèque québécoise, Salle Claude-Jutra

En voulant se faire plaisir et enterrer les ennuis du métier, Fernand Melgar a un jour dressé 10 commandements, 10 interdits qui lui ont permis de redéfinir un “cinéma direct” propre à lui.

Extrait de la classe de maître :

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1 Commentaire »

  Julie D a écrit @ 22/11/2008 à 6:48 pm

Il donne envie de s’y mettre, à faire des documentaires, ce Fernand Melgar !

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