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Exploraction

Exploraction, un voyage interactif au cœur de l’avant-garde citoyenne au Québec! Cet été, le projet multimédia Exploraction part littéralement à la recherche des meilleures idées réinventant le Québec. Nous trois, Josué, Etienne et Mélina, parcourrons 10 régions québécoises à la rencontre d’entrepreneurs sociaux qui transforment leur communauté par leurs initiatives novatrices. Attachés à des valeurs sociales et environnementales, ces bâtisseurs relèvent avec ingéniosité les défis de la crise forestière, de l’exode rural, du défaitisme politique et d’encore bien d’autres enjeux. À se coller à ces acteurs pendant une semaine, nous essaierons de capter l’essence de leur travail et les secrets de leur réussite.

FILM 6 : L’énergie de la Matapédia

La vallée de la Matapédia brille pas son ingéniosité, et spécialement dans le domaine de l’énergie.

Voici ici une expérience nouvelle de production d’énergie à partir de biomasse forestière. Une initiative qui fait non seulement une différence pour les travailleurs forestiers qui doivent composer avec la crise forestière que l’on connaît, mais aussi pour les institutions du milieu qui profiteront des tarifs avantageux d’Énergie CFM, une filiale de la Coopérative forestière de la Matapédia. Ces institutions pourront économiser environ 40% de leur coût en énergie, en plus de contribuer au développement de leur milieu.

Quand crise forestière rime avec innovation…

Catégories : * LES FILMS *, Amqui : bientôt chauffée à la biomasse

Film 5 : Bâtir chez soi

Une petite question pour vous : comment on se sent croyez-vous quand on est une jeune entreprise, qu’on est en demande partout et qu’on nous reconnaît comme un chef de file dans notre domaine?

« Facile, répondrez-vous, on se sent très très bien! »

Et bien dans les faits, la productivité et la compétitivité ont un prix et la coopérative Les habitations Apex, dans ses débuts pétillants, aura goûté aux revers du succès.

Entreprise spécialisée dans la construction de maisons écologiques, elle aura fait fureur en Estrie et dans les Laurentides, loin loin de sa Mauricie natale. Les voyages à des centaines de kilomètres de la maison étaient devenus monnaie courante, la charge de travail s’alourdissait et les membres, tous avec une petite famille, étaient épuisés.

Mais voilà, n’y a-t-il pas une solution à tout? Pourquoi ne pas créer de la demande là où on en a de besoin?

De cette nécessité de travailler chez soi est née l’idée d’un éco-quartier en plein cœur du village de Saint-Mathieu-du-Parc. Ambitieux? Sûrement, mais ça fonctionne! La première maison est déjà construite et il y a plus d’une vingtaine de terrains de vendus sur une soixantaine. Les concepts de partage de ressources et de services, d’autonomie énergétique, d’environnement naturel sont au cœur de l’initiative. On y retrouvera une dizaine de terrains à vocation communautaire dont une maison de la famille, une maison pour les aînés, des logements coopératifs, des jardins, des garages et des remises communautaires, des espaces pour des animaux de ferme, en plus d’une grande forêt éducative. Bref, un petit coin de paradis vert et communautaire en plein cœur de St-Mathieu-du-Parc. Mais le plus beau dans tout ça, c’est sûrement que les membres d’Apex sont de retours chez eux et qu’ils bâtissent dans leur région.

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Catégories : * LES FILMS *, Saint-Mathieu-du-Parc : construction écolo

Film 4 : Le coeur battant de Saint-Joachim-de-Shefford

C’était un beau dimanche matin d’été. Le soleil éclatait, le fond d’air rafraichissait et les grillons chantaient le mois d’août. Au pied de l’église, comme prévu, étaient rassemblés paroissiens et paroissiennes pour une messe en plein air. L’évènement donne à chaque année le coup d’envoi à la célèbre et très amusante – vous en jugerez vous-mêmes – encan du village, dont les profits renflouent les coffres de la Fabrique. Une bonne idée pour garder l’église debout, chauffée et bien en vie.

Mais à Saint-Joachim-de-Shefford, une initiative comme celle-ci n’est que la pointe d’un iceberg. Il y a quelques années pourtant, le village était semblable à de nombreux autres au Québec. Il était en quelque sorte laissé à lui-même… Et c’est alors que, sans qu’on s’y attende, la cantine avait cessé d’offrir ses services, l’école primaire était menacée de fermeture et les propriétaires du dépanneur, seul service de proximité du village, annonçaient leur retraite sans relève. On devait bien se rendre à l’évidence : le cœur du village s’essoufflait.

Mais voilà qu’entrent en scène MM. Sauvé, Beauregard (les petits, les moyens et les grands ;-) ) et encore bien d’autres Joachimiens à la recherche d’idées pour donner un second souffle au village. Et voilà ce que le bouillonnement d’idées a donné…

Catégories : * LES FILMS *, Saint-Joachim-de-Shefford : un village dynamo

The APEX Family

Au début, l’idée a germé dans la tête de Patrick Payette. La trentaine approchait et il valait sûrement mieux réalisé ses rêves plus tôt que tard. En catimini, il a développé son projet et a même créé un site Internet. Ensuite, il en a parlé avec sa copine Isabelle qui a tout de suite été séduite par le concept. En gros, il lui a dit « Chérie, abandonnons notre ancienne vie et inventons la future…» Vraiment, on pourrait presque les accuser d’avoir copiés une scène d’un film à succès. Après cela, ils ont fait part de leurs intentions à Michel, le beau-frère, qui a illico presto embarqué avec sa blonde Genevièv (la sœur d’Isabelle). Vous me suivez toujours?

Puis, dans l’ordre et le désordre, ont suivi les parents d’Isabelle, Royal et Cécile, sa cousine Myriam et Jean-Guy, le frère de Michel. Par la suite, ils ont décidé «d’adopter» Michel #2, Michel #3, Marie-Noëlle et Pierre-Olivier dans la famille. Un peu mélangeant tout ça, non?

Grosso modo, c’est la genèse de l’entreprise coopérative Les Habitations APEX, qui a pignon sur rue à Saint-Mathieu-du-Parc, en Mauricie. La joyeuse bande d’apexiens (non, ce n’est pas le nom d’insectes de la jungle sub-tropicale, mais bien celui des membres d’APEX) construit depuis quelques années des maisons écologiques; un marché extrêmement prometteur, semble-t-il.

Après de nobles débuts, le succès leurs a collé à la peau. En demande un peu partout dans la province, mais surtout en Estrie et dans les Laurentides, ils ont érigé des petits bouts de rêves loin de leur propre maison. Puis, sentant que leur rêve se transformait en calvaire, ils ont tout arrêté.

C’était donc fini la route, fini les cernes jusqu’aux oreilles, fini les absences prolongées loin des enfants, fini les tracas d’une entreprise voulant toujours s’accroître, fini la sensation de bientôt devenir une famille éclatée.
Mais APEX n’est pas mort, il est même aujourd’hui plus fort. Une nouvelle folie avait germé dans la tête à idées de Patrick : pourquoi ne construisons-nous pas nos maisons dans un quartier écologique dans notre propre village? La famille APEX, elle, était convaincue de la réponse.

La famille pouvait revenir à ses origines et enfin reprendre racines.

Le projet de quartier écologique va bon train. Au moment de notre visite, la construction de la première demeure était entamée. En tout, il en aura une soixantaine. APEX compte aussi ériger un centre de la famille, un centre des aînés et des coopératives d’habitations. En définitive, on espère créer un endroit où se développeront des liens communautaires forts et un sentiment d’appartenance.

Bref, APEX tente de recréer dans ce projet ce qui a fait son succès : l’union et le partage. Une seule chose me vient en tête: vive la famille!

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En contrechamps #4

En direct de notre dernière escale : Saint-Mathieu-du-Parc en Mauricie.

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Je suis dans quel pays déjà?

Je suis dans un drôle de pays depuis quelques jours. Je ne vous dirai pas tout de suite son nom. Je vais vous faire languir un peu, par simple cruauté je suppose…

On se trouve à la limite de la Montérégie et des Cantons-de-l’Est. Certains diront que ce pays se situe plus dans l’une des deux régions, mais bon il ne faut pas se chicaner pour ça… Par contre, pour régler définitivement la question, un charmant individu de l’endroit m’a confié que lorsqu’on dit que les plus belles femmes habitent les Cantons-de-l’Est, le pays se déplace dans cette région. Mais, lorsqu’on dit que c’est dans la Montérégie qu’elles résident, on se replace mystérieusement dans celle-ci. Bref, un pays à roulettes. Vraiment étrange…

On vient de partout pour migrer ici : apparemment une sorte de pays modèle dans cette partie du globe. L’accueil doit y être pour quelque chose : les gens sont particulièrement gentils ici. Toutefois, il faut gratter un peu pour découvrir qu’ils ne sont pas tout à fait normaux… Ces gens-là ont des idées! Des rêves! Bref, tout pour gâcher un party de pessimistes…

Ça me rappelle un peu notre dernière escale à St-Camille. Face à un besoin pressant de survivre, ils ont démontré leur capacité de réagir en innovant. Là-bas, ils ont recréé un lieu de rassemblement au centre de la ville. Ici, c’est quelque peu différent. Ils ont décidé de mettre des ??????? partout! Près de l’église, à côté de l’hôtel de ville et même sur le terrain des citoyens! Comme vous vous en doutez, c’est pour cette raison qu’ils ont nommé leur pays de cette façon.

Le but est de transformer la ????? pour créer des produits à valeur ajoutée. Pour prospérer, on ne peut plus vendre la tonne de fer à 1 cent comme dans le temps. Il faut se démarquer, la compétition est féroce…

Et puis, avez-vous découvert dans quel pays je me trouve? D’autres indices!? OK d’abord : ça se mange, c’est petit et ça se trouve un peu partout.

Non, ce n’est pas le pays des Schtroumpfs. Vraiment, forcez-vous les méninges plus que ça… Quoi?! Le pays des farfadets! Je sens qu’on rit de moi, là… Je vous laisse une dernière chance parce que, sinon, je vais me mettre en colère… Non, non et non! Ce n’est pas le pays des damnés, ni le pays de la Sagouine et encore moins le pays de la poutine!

Le pays de la Poire à St-Joachim-de-Shefford! Il me semble que ce n’était pas sorcier. Rappelez-moi de ne plus jamais jouer avec vous à l’avenir…

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Le gros bonheur

Bonjour! Bonjour! Bonjour! Les salutations viennent de toutes parts. Cela fait environ dix minutes que nous sommes arrivés à St-Camille et déjà les gens nous accueillent sourire aux lèvres et bras ouverts. Vraiment, on dirait qu’on rentre à la maison après une longue absence.

Cette drôle d’impression m’a suivi tout le long de mon périple ici. La sensation d’avoir retrouvé une famille qui m’attendait depuis longtemps. Impossible donc, de ne pas se sentir interpellé par cet appel communautaire nous disant : « Allez, lève tes fesses! Viens inventer ta vie avec nous. »

Plusieurs jeunes familles, venant des grandes villes pour la plupart, sont débarquées ici afin d’y trouver un mode de vie différent. Mais par-dessus tout, elles y viennent pour se réinventer, pour matérialiser leurs rêves. Comme ce petit couple qui s’efforce de créer une coopérative solidaire d’alimentation. Comme Normand qui a fondé sa propre brasserie : la D’Ham. Comme Joanne qui a refusé de voir les aînés s’exiler en inventant un concept d’habitations au centre du village. Ou encore, comme M. Laroche, un sympathique octogénaire, qui a constitué son musée en ramassant à droite et à gauche, durant toute sa vie, des objets de la vie quotidienne. Vraiment, les exemples ne manquent pas ici.

Située dans les vallons des Cantons-de-l’Est, cette petite localité a vu sa population décroître de 1200 personnes en 1920 à 450 présentement. Tous les maux classiques de la ruralité peuvent être évoqués pour expliquer cette érosion du temps. Il reste que, pour les derniers habitants, il fallait arrêter et inverser cette tendance mortelle en innovant.

Plusieurs citoyens se sont regroupés afin de recréer un lieu de transit, un nouveau centre névralgique de la municipalité, bref un lieu de rassemblement, rôle que l’église s’octroyait autrefois. On l’a nommé le P’tit Bonheur, en hommage à Félix Leclerc. La tendance venait d’être renversée.

J’ai compris par la suite l’objectif réel de St-Camille. Ce n’est pas de grossir sans cesse, ni même de survivre. Leur but, je l’ai découvert dans la chanson de Félix…

Mes jours, mes nuits, mes peines, mes deuils, mon mal, tout fut oublié

Ma vie de désoeuvré, j’avais dégoût d’la r’commencer

Quand il pleuvait dehors ou qu’mes amis m’faisaient des peines

J’prenais mon p’tit bonheur et j’lui disais « C’est toi ma reine! »

Mon bonheur a fleuri

Il a fait des bourgeons

C’était le paradis

Ça s’voyait sur mon front…

Catégories : Nous, Exploracteurs, Saint-Camille : un village en crise de logement

En contrechamps #3

De nouvelles de l’équipe après notre sixième tournage à Saint-Joachim-de-Shefford, alias le Pays de la poire. En bonus, un clin d’oeil de notre nouvel équipié Jimmy, qui pose des yeux neufs sur les gens, les régions et les projets visités.

¡Bienvenido Jimmy!

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Entre Pow-wow et monsieur Bellemare

La première chose qui frappe dans ce village, c’est qu’il n’y a rien de frappant. En roulant sur la route principale, tout ressemble à n’importe quel autre village du Québec: quelques cantines et dépanneurs, des terrains de camping et des bungalows, tout de ce qu’il y a de plus commun.

On se trouve à Mashteuiatsh, une réserve autochtone aux abords du Lac St-Jean. Après une semaine passée là-bas, je n’ai pas vu de monde soûl, de maisons en décrépitude ou de raids de police, vraiment tout pour faire mentir les préjugés sur les Amérindiens. Et, c’est tant mieux. Par contre, je ne dis pas qu’il n’y a pas de problèmes, simplement que ça ne se voit pas au premier coup d’oeil.

On a rendez-vous aujourd’hui avec le Chef Gilbert Dominique pour qu’il nous fasse faire le tour du propriétaire. Maisons modernes, écoles modernes, idées modernes. Étrangement, cela entre un peu en contradiction avec le besoin de ce peuple de renouer avec ses traditions. Somme toute, on pourrait appeler ça un exercice de contorsionniste.

À bien y penser, il n’y a peut-être pas de contradiction. En sachant que ses racines sont bien ancrées dans le sol, les branches de l’arbre peuvent bien aller à doite ou à gauche. Ce qui importe, c’est de savoir si en allant un peu partout on risque de se déraciner et de se casser la feuille… (ceci était le commentaire de la journée…)

On est justement ici pour faire un reportage sur la reprise en main de la culture des gens de Mashteusiatsh, et drôle de hasard, c’est le week-end du Pow-wow. Mais qu’est-ce qu’un Pow-wow me demandez-vous? Pour l’expliquer simplement, je dirais que c’est comme un rave en plein air avec plus de costumes, avec beaucoup moins de substances illicites et avec un groupe d’âge de 3 à 85 ans.

Mais quel party!

Chacun des participants arborent un costume différent, des couleurs différentes, une âme différente. On est tantôt renard, tantôt faucon et parfois ours. Personnellement, j’aurais choisi la loutre, mais ça c’est une autre histoire…

J’ai rencontré un des danseurs le lendemain. Il peinait à marcher, ses rotules souffraient le martyr. Dure, dure la vie de Pow-wow man. Il me raconte qu’il fait le tour des Pow-wow du Québec avec sa famille. « On trippe là-dessus depuis deux ans, qu’il me dit. Le truc pour que la fête pogne, c’est d’aller chercher les enfants dans les gradins, puis les parents suivent après, ça marche à tous les coups… »

Parle-parle, jase-jase, il m’explique que les Montagnais ont souvent des noms de famille francophones comme Paul, Dominique, etc. Ces noms étaient donnés par les curés qui rebaptisaient les Amérindiens. Ainsi, paraîtrait-il qu’un jour un Amérindien bedeau qui avait pris l’habitude de crier à des sonneurs de cloches irlandais « Ring the bell more, ring the bell more! » aurait été rebaptisé Bellemare (Bell more) par le curé!

Vraiment, parfois on se demande si on se fait raconter n’importe quoi…

Catégories : Mashteuiatsh : une vibrante communauté autochtone, Nous, Exploracteurs

Une moitié d’été passée

Déjà le 4 août. Incroyable. La moitié du voyage est déjà derrière nous. Une aventure de quelques semaines seulement, mais elle aura été très haute en couleurs. Des moments intenses entrecoupés de nombreux défis de toutes sortes. Mais voilà, une petite semaine à Montréal nous aura permis de faire le vide… et le plein, pour mieux repartir et entamer nos quatre derniers reportages.

Avant notre nouveau départ vers la Montérégie, quelques lignes sur nos dernières escales.

Mashteuiatsh

Danses et habits traditionnels lors du Pow Wow de Mashteuiatsh
Danses et habits traditionnels lors du Pow Wow de Mashteuiatsh

Une réserve aux abords du Lac-St-Jean, jadis nommée Pointe-Bleue. Je souhaitais depuis longtemps faire cette rencontre, visiter enfin ces « Autres » avec qui l’on partage le territoire, mais qu’on ne connaît pas. C’est drôle quand même de pouvoir grandir, évoluer, étudier, travailler dans un pays sans jamais, ou presque, côtoyer Ilnus, Mohawks, Cris, Hurons et autres premiers habitants. L’Histoire qu’on m’aura transmise à l’école racontait les maisons longues, le commerce de fourrures et les alliances des Iroquois avec les Anglais. Elle s’est bien gardée de me parler de l’aujourd’hui : qu’est-ce que la Loi sur les Indiens? C’est quoi une réserve? Quels sont les problèmes et les solutions spécifiques à ces populations? Et puis, pourquoi n’aura-t-on jamais fait l’effort de nous emmener rencontrer des enfants de nations amérindiennes? On aura préféré correspondre avec la France, visiter New York, échanger avec l’Angleterre – ce qui n’est pas mal en soi, c’est seulement dommage d’aller si loin quand on connaît à peine nos voisins… Une indifférence qui en dit long sur notre malaise, notre peur et notre incompréhension…

Parfois, j’ai comme l’impression qu’on nous a volé une partie de notre histoire, de notre identité. Nous sommes bien un pays métis, qui a été construit sur des savoirs autochtones et européens, alors pourquoi donc cette qualité ne se reflète nulle part? On aura plutôt choisi la division, au profit d’une seule culture.

C’est donc un peu parce que je ne comprenais rien à cet « autre », parce que je n’avais jamais eu l’occasion de m’ « informer à la source » que j’avais une envie folle d’y aller et de discuter avec les gens là-bas. Mais aussi, bien sûr, parce que Mashteuiatsh brasse pas mal d’air au niveau socio-économique, envers et contre tous. Mille et une interrogations se bousculaient dans ma petite tête. Le chef Gilbert Dominique nous aura consacré beaucoup de temps et de patience à répondre à nos questions et nous raconter la vie, la situation, les défis, les solutions de sa communauté. Nous aurons aussi rencontré de nombreux autres acteurs de ce milieu en plein essor et qui souhaite devenir autonome, s’affranchir, à sa manière, de la fameuse Loi sur les Indiens.

Le chef Gilbert Dominique, Mashteuiatsh

Le chef Gilbert Dominique, Mashteuiatsh

Nous avons filmé plus souvent qu’à notre tour. C’est pas notre faute s’il y avait tant de gens intéressants et des images fabuleuses à capter! C’est maintenant tout un casse-tête de monter tout cela et transmettre en une dizaine de minutes l’essence de ce qui se passe là-bas… m’enfin, c’est pas justement ça le beau de notre travail, garder la crème de la crème?!

Saint-Camille
Et puis, la semaine d’après, nous avons retraversé le Saint-Laurent pour nous retrouver dans le légendaire village de Saint-Camille (prononcé « Saint-Camile »). Un petit hameau d’environ 450 âmes. Proportionnellement rien du tout et pourtant, d’une effervescence culturelle, citoyenne et d’avant-garde inégalée au Québec!

Et oui, les projets se bousculent là-bas. La mise en vente du magasin général, en plein cœur du village, dans les années 80, aura donné un coup de fouet à ses habitants. Une poignée de Camillois forme alors le Groupe du Coin afin de racheter l’édifice, en attendant de lui trouver une nouvelle vocation, qui ne s’est pas fait attendre. Depuis, les idées n’ont cessé de germer et surtout, de se concrétiser. Aujourd’hui, les jeunes familles affluent et on y rouvre même des rangs abandonnés. Incroyable! Tous comme les Camillois, d’ailleurs!

Le P’tit bonheur de Saint-Camille

Le P’tit bonheur de Saint-Camille

Je m’arrête ici. Notre reportage saura exprimer encore mieux, nous l’espérons, son bouillonnement de vie et d’envie d’y vivre! En attendant, je vous invite à vous mettre sous la dent un excellent article de Bernard Cassens dans le Monde diplomatique sur Saint-Camille.

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