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Exploraction

Exploraction, un voyage interactif au cœur de l’avant-garde citoyenne au Québec! Cet été, le projet multimédia Exploraction part littéralement à la recherche des meilleures idées réinventant le Québec. Nous trois, Josué, Etienne et Mélina, parcourrons 10 régions québécoises à la rencontre d’entrepreneurs sociaux qui transforment leur communauté par leurs initiatives novatrices. Attachés à des valeurs sociales et environnementales, ces bâtisseurs relèvent avec ingéniosité les défis de la crise forestière, de l’exode rural, du défaitisme politique et d’encore bien d’autres enjeux. À se coller à ces acteurs pendant une semaine, nous essaierons de capter l’essence de leur travail et les secrets de leur réussite.

The APEX Family

Au début, l’idée a germé dans la tête de Patrick Payette. La trentaine approchait et il valait sûrement mieux réalisé ses rêves plus tôt que tard. En catimini, il a développé son projet et a même créé un site Internet. Ensuite, il en a parlé avec sa copine Isabelle qui a tout de suite été séduite par le concept. En gros, il lui a dit « Chérie, abandonnons notre ancienne vie et inventons la future…» Vraiment, on pourrait presque les accuser d’avoir copiés une scène d’un film à succès. Après cela, ils ont fait part de leurs intentions à Michel, le beau-frère, qui a illico presto embarqué avec sa blonde Genevièv (la sœur d’Isabelle). Vous me suivez toujours?

Puis, dans l’ordre et le désordre, ont suivi les parents d’Isabelle, Royal et Cécile, sa cousine Myriam et Jean-Guy, le frère de Michel. Par la suite, ils ont décidé «d’adopter» Michel #2, Michel #3, Marie-Noëlle et Pierre-Olivier dans la famille. Un peu mélangeant tout ça, non?

Grosso modo, c’est la genèse de l’entreprise coopérative Les Habitations APEX, qui a pignon sur rue à Saint-Mathieu-du-Parc, en Mauricie. La joyeuse bande d’apexiens (non, ce n’est pas le nom d’insectes de la jungle sub-tropicale, mais bien celui des membres d’APEX) construit depuis quelques années des maisons écologiques; un marché extrêmement prometteur, semble-t-il.

Après de nobles débuts, le succès leurs a collé à la peau. En demande un peu partout dans la province, mais surtout en Estrie et dans les Laurentides, ils ont érigé des petits bouts de rêves loin de leur propre maison. Puis, sentant que leur rêve se transformait en calvaire, ils ont tout arrêté.

C’était donc fini la route, fini les cernes jusqu’aux oreilles, fini les absences prolongées loin des enfants, fini les tracas d’une entreprise voulant toujours s’accroître, fini la sensation de bientôt devenir une famille éclatée.
Mais APEX n’est pas mort, il est même aujourd’hui plus fort. Une nouvelle folie avait germé dans la tête à idées de Patrick : pourquoi ne construisons-nous pas nos maisons dans un quartier écologique dans notre propre village? La famille APEX, elle, était convaincue de la réponse.

La famille pouvait revenir à ses origines et enfin reprendre racines.

Le projet de quartier écologique va bon train. Au moment de notre visite, la construction de la première demeure était entamée. En tout, il en aura une soixantaine. APEX compte aussi ériger un centre de la famille, un centre des aînés et des coopératives d’habitations. En définitive, on espère créer un endroit où se développeront des liens communautaires forts et un sentiment d’appartenance.

Bref, APEX tente de recréer dans ce projet ce qui a fait son succès : l’union et le partage. Une seule chose me vient en tête: vive la famille!

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Je suis dans quel pays déjà?

Je suis dans un drôle de pays depuis quelques jours. Je ne vous dirai pas tout de suite son nom. Je vais vous faire languir un peu, par simple cruauté je suppose…

On se trouve à la limite de la Montérégie et des Cantons-de-l’Est. Certains diront que ce pays se situe plus dans l’une des deux régions, mais bon il ne faut pas se chicaner pour ça… Par contre, pour régler définitivement la question, un charmant individu de l’endroit m’a confié que lorsqu’on dit que les plus belles femmes habitent les Cantons-de-l’Est, le pays se déplace dans cette région. Mais, lorsqu’on dit que c’est dans la Montérégie qu’elles résident, on se replace mystérieusement dans celle-ci. Bref, un pays à roulettes. Vraiment étrange…

On vient de partout pour migrer ici : apparemment une sorte de pays modèle dans cette partie du globe. L’accueil doit y être pour quelque chose : les gens sont particulièrement gentils ici. Toutefois, il faut gratter un peu pour découvrir qu’ils ne sont pas tout à fait normaux… Ces gens-là ont des idées! Des rêves! Bref, tout pour gâcher un party de pessimistes…

Ça me rappelle un peu notre dernière escale à St-Camille. Face à un besoin pressant de survivre, ils ont démontré leur capacité de réagir en innovant. Là-bas, ils ont recréé un lieu de rassemblement au centre de la ville. Ici, c’est quelque peu différent. Ils ont décidé de mettre des ??????? partout! Près de l’église, à côté de l’hôtel de ville et même sur le terrain des citoyens! Comme vous vous en doutez, c’est pour cette raison qu’ils ont nommé leur pays de cette façon.

Le but est de transformer la ????? pour créer des produits à valeur ajoutée. Pour prospérer, on ne peut plus vendre la tonne de fer à 1 cent comme dans le temps. Il faut se démarquer, la compétition est féroce…

Et puis, avez-vous découvert dans quel pays je me trouve? D’autres indices!? OK d’abord : ça se mange, c’est petit et ça se trouve un peu partout.

Non, ce n’est pas le pays des Schtroumpfs. Vraiment, forcez-vous les méninges plus que ça… Quoi?! Le pays des farfadets! Je sens qu’on rit de moi, là… Je vous laisse une dernière chance parce que, sinon, je vais me mettre en colère… Non, non et non! Ce n’est pas le pays des damnés, ni le pays de la Sagouine et encore moins le pays de la poutine!

Le pays de la Poire à St-Joachim-de-Shefford! Il me semble que ce n’était pas sorcier. Rappelez-moi de ne plus jamais jouer avec vous à l’avenir…

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Le gros bonheur

Bonjour! Bonjour! Bonjour! Les salutations viennent de toutes parts. Cela fait environ dix minutes que nous sommes arrivés à St-Camille et déjà les gens nous accueillent sourire aux lèvres et bras ouverts. Vraiment, on dirait qu’on rentre à la maison après une longue absence.

Cette drôle d’impression m’a suivi tout le long de mon périple ici. La sensation d’avoir retrouvé une famille qui m’attendait depuis longtemps. Impossible donc, de ne pas se sentir interpellé par cet appel communautaire nous disant : « Allez, lève tes fesses! Viens inventer ta vie avec nous. »

Plusieurs jeunes familles, venant des grandes villes pour la plupart, sont débarquées ici afin d’y trouver un mode de vie différent. Mais par-dessus tout, elles y viennent pour se réinventer, pour matérialiser leurs rêves. Comme ce petit couple qui s’efforce de créer une coopérative solidaire d’alimentation. Comme Normand qui a fondé sa propre brasserie : la D’Ham. Comme Joanne qui a refusé de voir les aînés s’exiler en inventant un concept d’habitations au centre du village. Ou encore, comme M. Laroche, un sympathique octogénaire, qui a constitué son musée en ramassant à droite et à gauche, durant toute sa vie, des objets de la vie quotidienne. Vraiment, les exemples ne manquent pas ici.

Située dans les vallons des Cantons-de-l’Est, cette petite localité a vu sa population décroître de 1200 personnes en 1920 à 450 présentement. Tous les maux classiques de la ruralité peuvent être évoqués pour expliquer cette érosion du temps. Il reste que, pour les derniers habitants, il fallait arrêter et inverser cette tendance mortelle en innovant.

Plusieurs citoyens se sont regroupés afin de recréer un lieu de transit, un nouveau centre névralgique de la municipalité, bref un lieu de rassemblement, rôle que l’église s’octroyait autrefois. On l’a nommé le P’tit Bonheur, en hommage à Félix Leclerc. La tendance venait d’être renversée.

J’ai compris par la suite l’objectif réel de St-Camille. Ce n’est pas de grossir sans cesse, ni même de survivre. Leur but, je l’ai découvert dans la chanson de Félix…

Mes jours, mes nuits, mes peines, mes deuils, mon mal, tout fut oublié

Ma vie de désoeuvré, j’avais dégoût d’la r’commencer

Quand il pleuvait dehors ou qu’mes amis m’faisaient des peines

J’prenais mon p’tit bonheur et j’lui disais « C’est toi ma reine! »

Mon bonheur a fleuri

Il a fait des bourgeons

C’était le paradis

Ça s’voyait sur mon front…

Catégories : Nous, Exploracteurs, Saint-Camille : un village en crise de logement

Entre Pow-wow et monsieur Bellemare

La première chose qui frappe dans ce village, c’est qu’il n’y a rien de frappant. En roulant sur la route principale, tout ressemble à n’importe quel autre village du Québec: quelques cantines et dépanneurs, des terrains de camping et des bungalows, tout de ce qu’il y a de plus commun.

On se trouve à Mashteuiatsh, une réserve autochtone aux abords du Lac St-Jean. Après une semaine passée là-bas, je n’ai pas vu de monde soûl, de maisons en décrépitude ou de raids de police, vraiment tout pour faire mentir les préjugés sur les Amérindiens. Et, c’est tant mieux. Par contre, je ne dis pas qu’il n’y a pas de problèmes, simplement que ça ne se voit pas au premier coup d’oeil.

On a rendez-vous aujourd’hui avec le Chef Gilbert Dominique pour qu’il nous fasse faire le tour du propriétaire. Maisons modernes, écoles modernes, idées modernes. Étrangement, cela entre un peu en contradiction avec le besoin de ce peuple de renouer avec ses traditions. Somme toute, on pourrait appeler ça un exercice de contorsionniste.

À bien y penser, il n’y a peut-être pas de contradiction. En sachant que ses racines sont bien ancrées dans le sol, les branches de l’arbre peuvent bien aller à doite ou à gauche. Ce qui importe, c’est de savoir si en allant un peu partout on risque de se déraciner et de se casser la feuille… (ceci était le commentaire de la journée…)

On est justement ici pour faire un reportage sur la reprise en main de la culture des gens de Mashteusiatsh, et drôle de hasard, c’est le week-end du Pow-wow. Mais qu’est-ce qu’un Pow-wow me demandez-vous? Pour l’expliquer simplement, je dirais que c’est comme un rave en plein air avec plus de costumes, avec beaucoup moins de substances illicites et avec un groupe d’âge de 3 à 85 ans.

Mais quel party!

Chacun des participants arborent un costume différent, des couleurs différentes, une âme différente. On est tantôt renard, tantôt faucon et parfois ours. Personnellement, j’aurais choisi la loutre, mais ça c’est une autre histoire…

J’ai rencontré un des danseurs le lendemain. Il peinait à marcher, ses rotules souffraient le martyr. Dure, dure la vie de Pow-wow man. Il me raconte qu’il fait le tour des Pow-wow du Québec avec sa famille. « On trippe là-dessus depuis deux ans, qu’il me dit. Le truc pour que la fête pogne, c’est d’aller chercher les enfants dans les gradins, puis les parents suivent après, ça marche à tous les coups… »

Parle-parle, jase-jase, il m’explique que les Montagnais ont souvent des noms de famille francophones comme Paul, Dominique, etc. Ces noms étaient donnés par les curés qui rebaptisaient les Amérindiens. Ainsi, paraîtrait-il qu’un jour un Amérindien bedeau qui avait pris l’habitude de crier à des sonneurs de cloches irlandais « Ring the bell more, ring the bell more! » aurait été rebaptisé Bellemare (Bell more) par le curé!

Vraiment, parfois on se demande si on se fait raconter n’importe quoi…

Catégories : Mashteuiatsh : une vibrante communauté autochtone, Nous, Exploracteurs

Une nuitée au Irving, toutes dépenses payées

***********Ce texte aurait dû être publié la semaine dernière************

Les images de la vallée de la Matapédia planent encore dans ma tête lorsqu’il est le temps d’enfourcher l’Explo-mobile pour rejoindre Mashteuiatsh. Chaque coup de foudre avec une région, avec des personnages plus grands que nature et même avec un art de vivre amène inévitablement les durs moments de la rupture, de la déchirure. De Mont-Joli à Rivière-du-Loup, en passant par Rimouski, la sérénité du fleuve St-Laurent réussit à apaiser le spleen du départ.

Après la traversée du fleuve vers St-Siméon, nous mettons le cap sur Jonquière, où nous avons rendez-vous au petit matin avec une journaliste de Radio-Canada. Le voyage se fait dans la joie :  nous blaguons, nous rions comme des gamins et, par le fait même, nous revivons d’une certaine façon. Une  nouvelle aventure  nous attend. La nuit commence tranquillement à écraser le jour : notre vision se restreint à la largeur de la route.

C’est avec un sentiment de déjà-vu (voir texte le vaisseau-fantôme) que nous voyons la brume se pointer le bout du nez devant nous.  La malchance ne rate jamais sa chance deux fois… Soudain, Mélina pousse un cri d’épouvante. Elle se retourne vers nous avec un air d’affolement. Josué et moi frémissons. Ses paroles résonnent dans ma tête pendant quelques moments avant que je comprenne : on n’a plus d’essence!

Arrivés à Petit-Saguenay, l’aiguille se situe dans le rouge vin…merde! Nous roulons en nous mordant les lèvres. Puis, surgit tout-à-coup un Irving au loin. Jamais, je crois, je n’ai trouvé une station de service aussi belle…

Nous débarquons de l’Explo plein d’espoir, pour finalement constater que la station est fermée… double merde! Nous allons donc dormir ce soir près de la pompe à essence. Joie…

Au levée, nous remplissons notre alcoolique roulant afin de poursuivre la route vers Jonquière. Nous levons les voiles à 8 heures, notre rendez-vous est à 9h30… Je fais un calcul rapide: nous serons vraiment en retard (merde au carré!).

10h15, nous arrivons, essouflés et l’air un peu gêné devant la journaliste… Puis, tout le reste est un peu flou dans ma mémoire. Les seules brides restantes sont que le lendemain soir, nous avons passé au Téléjournal du Saguenay-Lac-St-Jean… Des étoiles sont nées!

Blague à part, ils ont quand même laissé le quart de l’une de mes phrases dans le reportage, ce qui est loin d’être négligeable…

Catégories : Nous, Exploracteurs

FILM 3 : L’Accorderie, un réseau de troc de services

Une heure de plomberie contre une heure de couture, ça vous dit?

Un système d’échange simple et pratique a vu le jour il y a quelques années, en plein coeur de la ville de Québec. L’organisme l’Accorderie cherche à réunir toutes les personnes désirant développer et participer à un réseau de solidarité pour améliorer leurs conditions de vie socio-économiques. Pour ce faire, on a développé un réseau d’échange de services et de coopération, un groupe d’achats et un système de crédit solidaire. En décembre 2006, l’Accorderie comptait 366 membres ayant échangé plus de 4 100 services. D’accompagnement chez le médecin, au jardinage en passant de l’aide au devoir au coup de main d’un maçon, la diversité des échanges de services offerts n’a aucune limite!

L’Accorderie a fait des petits : elle est maintenant en développement à Trois-Rivières et à Montréal, à suivre!

Catégories : * LES FILMS *, Québec : de vrais services en échange

Le bûcheron-photographe

Cela fait déjà deux jours que nous sommes arrivés dans la vallée de la Matapédia. Aujourd’hui, nous nous levons à l’heure où se couchent habituellement les fêtards: 4h30 apparaît sur le réveille-matin. Le corps endormi et l’esprit emprisonné dans la brume du matin, nous embarquons dans le pick-up de Gilles Trépanier, le directeur des opérations de la coopérative forestière de la Matapédia. Nous allons casser la croûte avant un tournage sur la biomasse (lire le texte de Mélina).

Gilles Trépanier (à gauche)On nous avait averti: une journée typique dans ce coin ce pays commence à la cantine. Avant notre arrivée, le cirque avait déjà commencé. Les changements de «shift» (ceux de nuit et ceux de jour) sont d’ailleurs les meilleurs moments de la journée: « Il ne faut absolument pas rater ça…» nous dit Gilles, sourire en coin. Les boys sont déjà accoudés sur le bord du comptoir: certains lisent le journal, les autres parlent fort et font les fanfarons: l’atmosphère est à la fête. Toutefois, le but ultime de chacun reste de faire «pogner les nerfs» à la serveuse… Un genre de sport national ici.

Le temps de nous rendre dans la forêt, il approche les 6h30. Au loin, «la multi» (la machine qui ébranche et coupe les arbres) rompt la tranquilité de la forêt. Il y a quelques décennies, il aurait fallu une dizaine d’hommes pour faire le travail de la multi: c’est une véritable bête. À vrai dire, on se sent assez chétif à côté de ce Gargantua des forêts, qui soulève en une fraction de seconde les troncs les plus massifs.

En roulant dans les sentiers, Gilles nous explique qu’en quelques années, les restrictions de coupe ont été de l’ordre de 60 % dans la vallée. Les abus sur la nature sont aujourd’hui remplacés par ceux sur les travailleurs. « Notre intérêt est d’assurer la pérennité de la ressource pour nos petits-enfants. La vision de la coopérative est bien différente de celle des industriels…»

Soudainement sa tête se tourne de 180°; la voiture s’arrête. Puis d’un bond, Gilles sort du pick-up enFleur rouge agrippant son appareil-photo. Nous figeons devant la rapidité de la situation: on aurait dit un photographe de guerre courant sous les feux des mitraillettes. Il s’accroupit devant une fleur d’un rouge éclatant en la bombardant de clichés. Il revient ensuite à la voiture, heureux comme un enfant d’avoir peut-être eu la prise de la journée. Devant nos yeux, la scène semble quelque peu surréaliste.

Pour certaines personnes, un «coupeur d’arbres» ne peut pas être un amant de la nature. Une séparation doit obligatoirement être faîte entre les gentils et les méchants… Dans ce cas-ci, la réalité est à mille lieux du mythe. On m’a raconté par la suite que Gilles accumulait depuis des années des centaines de photos de plantes, de fleurs, d’animaux et de paysages. Donc, est-il un bûcheron qui aurait voulu être un artiste ou un artiste devenu bûcheron? La question reste entière…

Un bâtisseur

Plus tard dans la journée, nous rencontrons Alain Didier, l’un des fondateurs de la coop. Avec son regard franc et perçant, il inspire l’écoute. « Je n’ai jamais compris ces industriels qui recherchent à tout prix plus d’argent. Pour trouver le bonheur, selon moi, il ne faut pas grand-chose: une famille, un toit et une bonne bouffe, le reste est artificiel » plaide-t-il.

Alain Didier« Pourtant, depuis des années, tout le monde nous met des bâtons dans les roues, c’est une des raisons de la création de la coopérative. Ensemble, on est plus fort. »

« Notre vallée sera l’héritage fait à nos enfants. Il faut donc leur montrer comment l’apprécier et s’en servir intelligemment. Donne une pile d’argent à un enfant, il ne saura pas s’en servir. Par contre, donne-lui un outil et apprends-lui à s’en servir. Avec cela, il pourra créer sa propre richesse » plaide Alain Didier avec un ton plein de sagesse.

Hélas, la population de la vallée est passée de 22 000 à environ 18 000 personnes en quelques années. Malgré cela, Gilles, Alain et plusieurs autres continueront à se battre coûte que coûte pour la survie de leur belle vallée.

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Amenez-moi loin de la ville

Vivre sans télévision, sans toilette, sans douche et sans bruit… Voilà le défi que je devais surmonter durant toute la semaine. Mes chances de survie étaient donc bien minces…

Après quelques jours d’errance, notre Explo-mobile s‘est retrouvé dans le bois de Chambord, près du Lac Saint-Jean, chez un sympathique couple unique en son genre. Vivant sur leur terre à bois, loin des ron-ron de la vie moderne, ils ont trouvé leur place entre les épinettes et les ruisseaux. Guy et Hélène, le couple en question, nous ont accueilli dans leur petit jardin d’Éden, tout en nous prêtant une petite cabane en bois rond afin d’y monter notre prochain film.

Toutefois, une contrainte s’imposait: partager notre logis. Une famille de suisses s’était depuis longtemps installée sur la toiture de la cabane. Il est vrai que nous étions un peu arrivés comme des parvenus et de surcroît, en dernier. Notre présence n’était pas la bienvenue, surtout que nous n’avions même pas demandé leur permission. Après avoir longuement parlementés, les petits habitants velus nous ont laissé une semaine pour déguerpir. Il faut noter qu’avec leur neutralité légendaire, les suisses évitent la guerre à tout prix …

Plus la semaine avançait, plus je me faisais à ce genre de quotidien. La vie se rythmait selon les humeurs de la nature et c’était bien ainsi. Puis, après avoir fait nos adieux à nos hôtes, la route nous appelait: une escale à Québec, puis hop! la Gaspésie dans quelques jours.

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Le vaisseau fantôme

27 juin 2007

Finaliser des trucs, faire quelques coups de fil, grignoter un peu, mettre en ligne nos vidéos… Bref, tout nous met en retard pour le grand départ pour le Lac-St-Jean. Heure prévue du décollage: 19h00. Au moment de donner les premiers coups sur la pédale à gaz, il approche les 22h00. Le voyage St-Anselme-Girardville (à l’extrême nord du Lac) sera long et se fera de nuit : des conditions idéales, quoi!

Après avoir dépassé la ville de Québec, la route semble s’étirer à l’infini, coincée entre deux lisières de forêt d’épinettes. Nous approchons tranquillement des abords du Parc des Laurentides. Pour certains, il s’agit d’un des pires cimetières routiers de la province. L’atmosphère dans la caravane se tend un peu et les visages s’étirent jusqu’au plancher.

Aucun signe de vie humaine depuis déjà une heure. Les arbres, perchés sur le roc, nous regardent filer sur la route. Puis, d’un coup, une brume épaisse et opaque venue de nulle part envahit la route. Plus nous avançons, plus notre champ de vision s’atténue. À cette heure il faut être prudent, car ici, personne ne viendra à notre secours.

La brume semble de plus en plus persistante. Devant nos yeux, la route se raccourcit. Très vite, la vision n’est plus que de quelques mètres. Une sensation bizarre me traverse le corps : ça sent la mort… Néanmoins, notre vaisseau fantôme poursuit son chemin.

Soudain, à travers le brouillard surgit un faisceau lumineux, et deux, puis trois… Les ténèbres brumeuses se dissipent. Nous pénétrons enfin dans la cité de Chicoutimi.

Nous sommes sauvés!

L’épicier de la forêt boréale

Au petit matin, notre bolide se repose de sa nuit de labeur dans le stationnement de la coopérative forestière de Girardville. C’est là que se trouve le laboratoire de Fabien Girard, notre prochain entrepreneur social.

Dès notre entrée, nos yeux sont intrigués par les nombreux flacons remplis de substances mystérieuses. En fait, le premier sens sollicité est l’odorat. Des arômes inconnus chatouillent gentiment nos narines surprises.

Ce biologiste de formation, mais botaniste et chimiste de facto, parcourt la forêt boréale afin de découvrir des épices (oui, vous avez bien lu, des épices boréales!), des plantes et des racines. Après des années d’expérimentations, ce Marie Victorin des temps modernes a réussi à faire ressortir des goûts et des arômes de plantes que l’on croyait inutiles.

Je retiens mes doigts pour ne pas vous en écrire plus. Il ne faudrait tout de même pas que je vous dévoile tous les punchs! Vous aurez l’occasion de découvrir ce vulgarisateur passionné dans notre futur film, présenté sur vos écrans (d’ordinateurs) très bientôt…

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Entre deux frotte-frotte

Depuis une semaine, ma vie n’a été qu’un tourbillon de changement. Dimanche après-midi, une fois l’école terminée, juste le temps de prendre deux-trois verres de sangria (en fait peut-être plus, cela reste vague…) avec les copains, que le fameux classique arrive : bisous-paroles d’adieu- pleurs-mélodrames-crises d’angoisse, bref vous voyez le tableau.

Ensuite, tout juste le temps de me désinfecter le visage des germes de bisous accumulés durant la journée qu’il faut aller au dodo : St-Anselme m’appelle! Notre explo-mobile nous attend dans ce petit village convivial près de Lévis. Le travail ne fait que commencer, notre « terreur-des-routes » demande à être bichonné…

Vous souvenez-vous de la scène de Karaté Kid (si vous avez en bas de 20 ans, passez au paragraphe suivant…) où monsieur Miyagi ordonne à Daniel-San de laver une dizaine de voitures d’un mouvement circulaire de son bras chétif et pré-pubert? Et bien maintenant, je peux comprendre le pauvre gamin et son épaule surexploité! Trois jours de frotte-frotte marque un homme pour la vie, je vous jure… En bas, en haut, sur le côté, en-dessous, sur le dessus, partout!

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