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Exploraction

Exploraction, un voyage interactif au cœur de l’avant-garde citoyenne au Québec! Cet été, le projet multimédia Exploraction part littéralement à la recherche des meilleures idées réinventant le Québec. Nous trois, Josué, Etienne et Mélina, parcourrons 10 régions québécoises à la rencontre d’entrepreneurs sociaux qui transforment leur communauté par leurs initiatives novatrices. Attachés à des valeurs sociales et environnementales, ces bâtisseurs relèvent avec ingéniosité les défis de la crise forestière, de l’exode rural, du défaitisme politique et d’encore bien d’autres enjeux. À se coller à ces acteurs pendant une semaine, nous essaierons de capter l’essence de leur travail et les secrets de leur réussite.

Une nuitée au Irving, toutes dépenses payées

***********Ce texte aurait dû être publié la semaine dernière************

Les images de la vallée de la Matapédia planent encore dans ma tête lorsqu’il est le temps d’enfourcher l’Explo-mobile pour rejoindre Mashteuiatsh. Chaque coup de foudre avec une région, avec des personnages plus grands que nature et même avec un art de vivre amène inévitablement les durs moments de la rupture, de la déchirure. De Mont-Joli à Rivière-du-Loup, en passant par Rimouski, la sérénité du fleuve St-Laurent réussit à apaiser le spleen du départ.

Après la traversée du fleuve vers St-Siméon, nous mettons le cap sur Jonquière, où nous avons rendez-vous au petit matin avec une journaliste de Radio-Canada. Le voyage se fait dans la joie :  nous blaguons, nous rions comme des gamins et, par le fait même, nous revivons d’une certaine façon. Une  nouvelle aventure  nous attend. La nuit commence tranquillement à écraser le jour : notre vision se restreint à la largeur de la route.

C’est avec un sentiment de déjà-vu (voir texte le vaisseau-fantôme) que nous voyons la brume se pointer le bout du nez devant nous.  La malchance ne rate jamais sa chance deux fois… Soudain, Mélina pousse un cri d’épouvante. Elle se retourne vers nous avec un air d’affolement. Josué et moi frémissons. Ses paroles résonnent dans ma tête pendant quelques moments avant que je comprenne : on n’a plus d’essence!

Arrivés à Petit-Saguenay, l’aiguille se situe dans le rouge vin…merde! Nous roulons en nous mordant les lèvres. Puis, surgit tout-à-coup un Irving au loin. Jamais, je crois, je n’ai trouvé une station de service aussi belle…

Nous débarquons de l’Explo plein d’espoir, pour finalement constater que la station est fermée… double merde! Nous allons donc dormir ce soir près de la pompe à essence. Joie…

Au levée, nous remplissons notre alcoolique roulant afin de poursuivre la route vers Jonquière. Nous levons les voiles à 8 heures, notre rendez-vous est à 9h30… Je fais un calcul rapide: nous serons vraiment en retard (merde au carré!).

10h15, nous arrivons, essouflés et l’air un peu gêné devant la journaliste… Puis, tout le reste est un peu flou dans ma mémoire. Les seules brides restantes sont que le lendemain soir, nous avons passé au Téléjournal du Saguenay-Lac-St-Jean… Des étoiles sont nées!

Blague à part, ils ont quand même laissé le quart de l’une de mes phrases dans le reportage, ce qui est loin d’être négligeable…

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FILM 3 : L’Accorderie, un réseau de troc de services

Une heure de plomberie contre une heure de couture, ça vous dit?

Un système d’échange simple et pratique a vu le jour il y a quelques années, en plein coeur de la ville de Québec. L’organisme l’Accorderie cherche à réunir toutes les personnes désirant développer et participer à un réseau de solidarité pour améliorer leurs conditions de vie socio-économiques. Pour ce faire, on a développé un réseau d’échange de services et de coopération, un groupe d’achats et un système de crédit solidaire. En décembre 2006, l’Accorderie comptait 366 membres ayant échangé plus de 4 100 services. D’accompagnement chez le médecin, au jardinage en passant de l’aide au devoir au coup de main d’un maçon, la diversité des échanges de services offerts n’a aucune limite!

L’Accorderie a fait des petits : elle est maintenant en développement à Trois-Rivières et à Montréal, à suivre!

Catégories : * LES FILMS *, Québec : de vrais services en échange

En route pour Mashteuiatsh

C’est non sans émotions que nous avons quitté Causapscal hier midi. Oui, nous avons été touché par tous ces gens si entreprenants et humains! Nous voilà maintenant de retour au Lac-Saint-Jean, direction Mashteuiatsh cette fois. Nous irons y rencontrer le chef Gilbert Dominique afin d’en apprendre davantage sur ce qui se passe là-bas. Nous avons réussi à coïncider notre passage avec le Grand rassemblement, un gros pow-wow avec tout plein d’activités, de goûts et de musiques. Ça promet!

www.mashteuiatsh.ca

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FILM 2 : Fabien Girard, l’épicier de la forêt boréale

« Il faut sentir, voir, goûter et toucher pour bien saisir ces cadeaux que la nature nous fournit de façon aussi généreuse. »

Fabien Girard est un jeune biologiste ou plutôt, un alchimiste de la forêt boréale. Il s’affaire à extraire de la forêt du Nord du Lac-St-Jean des substances aux arômes et propriétés exceptionnels.

Avec son travail acharné, Fabien est en train de révéler au Québec un patrimoine végétal curatif et gastronomique à faire rougir les substances archi-connues du bassin méditerranéen.

Catégories : * LES FILMS *, Girardville : Fabien, alchimiste boréal

Paisible et ressourçant

Lors de notre passage au Lac-St-Jean, j’ai eu la chance de revoir deux amis qui vivent presqu’en autarcie dans les bois, depuis plus de 20 ans.

Cabane

Ils nous ont chaleureusement accueillis dans une de leurs cabanes, où nous avons pris le temps de monter le film sur l’organisme Petites-Mains, et de commencer le montage sur le biologiste Fabien Girard.

« Vivre simplement, au rythme de la nature » est l’approche de vie de ce couple inspirant qu’est Guy et Hélène.

Je les avais rencontré il y a quatre ans lors de la « Journée sans voiture » à Montréal (voir le film En route « vert » la vélorution ), où ils étaient invités comme artistes-musiciens. J’avais été charmé par leur émerveillement de la nature et leur mode de vie adapté à celle-ci. J’avais d’ailleurs commencé un court film sur ces deux personnages des bois. Un tournage toujours pas terminé, qui permettra de les suivre au fil du temps…

Guy et HélèneIls organisent d’ailleurs un festival environnemental sur leur terrain cet été, afin de discuter d’alternatives écologiques. Animateurs, artistes-musiciens, danseurs, comédiens et artisans seront de la fête. Un terrain aménagé au cœur de la forêt, avec une scène pour les artistes, tipis, étables et lieux de camping…

J’ai profité de notre présence sur le site, pour réaliser un court film sur leurs motivations à organiser cet événement. Je vous invite à aller les rencontrer!


Info :
Festival écologique « Protégeons la nature »
À Chambord, Lac-Saint-Jean, les 17, 18 et 19 août 2007
Covoiturage, info et réservation : (418) 342-6650 ou festivalnature@hotmail.com
www.alertemaximale.ca

Présentement, nous sommes toujours à la Coopérative forestière de la Matapédia. On commence le montage sur leur projet d’autonomie énergétique à la biomasse, et mardi, nous retournons au Lac-St-Jean, rejoindre le Pow-wow de Mashteuiatsh…

Catégories : Girardville : Fabien, alchimiste boréal, Nous, Exploracteurs

Rions un peu…

Au coeur de la belle et majestueuse vallée de la Matapédia, Exploraction se retrouve en affectueuse compagnie. Un petit montage d’Exploraction, mais filmé et commenté, à notre insu, par Gilles Trépanier de la Coopérative forestière de la vallée de la Matapédia…

Catégories : Nous, Exploracteurs

Le bûcheron-photographe

Cela fait déjà deux jours que nous sommes arrivés dans la vallée de la Matapédia. Aujourd’hui, nous nous levons à l’heure où se couchent habituellement les fêtards: 4h30 apparaît sur le réveille-matin. Le corps endormi et l’esprit emprisonné dans la brume du matin, nous embarquons dans le pick-up de Gilles Trépanier, le directeur des opérations de la coopérative forestière de la Matapédia. Nous allons casser la croûte avant un tournage sur la biomasse (lire le texte de Mélina).

Gilles Trépanier (à gauche)On nous avait averti: une journée typique dans ce coin ce pays commence à la cantine. Avant notre arrivée, le cirque avait déjà commencé. Les changements de «shift» (ceux de nuit et ceux de jour) sont d’ailleurs les meilleurs moments de la journée: « Il ne faut absolument pas rater ça…» nous dit Gilles, sourire en coin. Les boys sont déjà accoudés sur le bord du comptoir: certains lisent le journal, les autres parlent fort et font les fanfarons: l’atmosphère est à la fête. Toutefois, le but ultime de chacun reste de faire «pogner les nerfs» à la serveuse… Un genre de sport national ici.

Le temps de nous rendre dans la forêt, il approche les 6h30. Au loin, «la multi» (la machine qui ébranche et coupe les arbres) rompt la tranquilité de la forêt. Il y a quelques décennies, il aurait fallu une dizaine d’hommes pour faire le travail de la multi: c’est une véritable bête. À vrai dire, on se sent assez chétif à côté de ce Gargantua des forêts, qui soulève en une fraction de seconde les troncs les plus massifs.

En roulant dans les sentiers, Gilles nous explique qu’en quelques années, les restrictions de coupe ont été de l’ordre de 60 % dans la vallée. Les abus sur la nature sont aujourd’hui remplacés par ceux sur les travailleurs. « Notre intérêt est d’assurer la pérennité de la ressource pour nos petits-enfants. La vision de la coopérative est bien différente de celle des industriels…»

Soudainement sa tête se tourne de 180°; la voiture s’arrête. Puis d’un bond, Gilles sort du pick-up enFleur rouge agrippant son appareil-photo. Nous figeons devant la rapidité de la situation: on aurait dit un photographe de guerre courant sous les feux des mitraillettes. Il s’accroupit devant une fleur d’un rouge éclatant en la bombardant de clichés. Il revient ensuite à la voiture, heureux comme un enfant d’avoir peut-être eu la prise de la journée. Devant nos yeux, la scène semble quelque peu surréaliste.

Pour certaines personnes, un «coupeur d’arbres» ne peut pas être un amant de la nature. Une séparation doit obligatoirement être faîte entre les gentils et les méchants… Dans ce cas-ci, la réalité est à mille lieux du mythe. On m’a raconté par la suite que Gilles accumulait depuis des années des centaines de photos de plantes, de fleurs, d’animaux et de paysages. Donc, est-il un bûcheron qui aurait voulu être un artiste ou un artiste devenu bûcheron? La question reste entière…

Un bâtisseur

Plus tard dans la journée, nous rencontrons Alain Didier, l’un des fondateurs de la coop. Avec son regard franc et perçant, il inspire l’écoute. « Je n’ai jamais compris ces industriels qui recherchent à tout prix plus d’argent. Pour trouver le bonheur, selon moi, il ne faut pas grand-chose: une famille, un toit et une bonne bouffe, le reste est artificiel » plaide-t-il.

Alain Didier« Pourtant, depuis des années, tout le monde nous met des bâtons dans les roues, c’est une des raisons de la création de la coopérative. Ensemble, on est plus fort. »

« Notre vallée sera l’héritage fait à nos enfants. Il faut donc leur montrer comment l’apprécier et s’en servir intelligemment. Donne une pile d’argent à un enfant, il ne saura pas s’en servir. Par contre, donne-lui un outil et apprends-lui à s’en servir. Avec cela, il pourra créer sa propre richesse » plaide Alain Didier avec un ton plein de sagesse.

Hélas, la population de la vallée est passée de 22 000 à environ 18 000 personnes en quelques années. Malgré cela, Gilles, Alain et plusieurs autres continueront à se battre coûte que coûte pour la survie de leur belle vallée.

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La vallée du bonheur…!

11 juillet. 22h.
Causapscal.
Surprise : il pleut.

Aujourd’hui, c’est vrai, j’ai l’impression d’écrire pour la première fois. L’impression d’être enfin partie, qu’enfin, tout se place. Les trois dernières semaines auront été de véritables montagnes russes. Entre départs précipités, imprévus marqués, adaptation à l’équipe, défaillances technologiques, insécurité financière et certes, quelques rencontres exceptionnelles, je l’avoue, j’aurai souvent été rongée de doutes. Mais voilà, ce soir, callée dans mon lit et bordée de silence – omis la 132 et le train sous ma fenêtre, j’ai enfin l’impression de respirer, de profiter d’Exploraction et que finalement, ce projet-là n’était pas une si mauvaise idée que ça!

C’est que, plus nous avançons, plus vos commentaires sur notre initiative sont nombreux, positifs et encourageants. « Enfin des bonnes nouvelles! » qu’on nous dit, qu’on nous répète sans cesse. Je vous jure, c’est fascinant mais surtout rassurant de voir que nous ne sommes pas les seuls, au contraire, à rechercher des bonnes nouvelles et des modèles inspirants pour nous alimenter la cervelle. Et puis, tous ces gens qu’on rencontre, ces bâtisseurs, quels allumés et allumeurs ils sont!

Ici, dans la vallée de la Matapédia, c’est Energie CFM qui a attiré notre attention. Nous sommes ici depuis deux jours, deux jours intensifs de tournage dans le bois et aux quatre coins de la région pour arriver à bien saisir ce qui se passe ici, soit le développement d’un projet d’énergie à la biomasse. Avec la crise forestière, les coopératives forestières sont appelées à diversifier leurs activités et trouver des façons nouvelles et originales d’utiliser la forêt. Comme Fabien Girard et ses épices boréales, la biomasse est une réponse inédite à la tension que subit le milieu.

Nous avons rencontré M. Yoland Légaré, directeur général de la Coopérative forestière de la vallée de la Matapédia (CFM), pour bien nous expliquer le projet et ses orientations – en plus de nous accueillir comme des rois! Il s’est assuré de bien nous faire « vivre » le bois – nous avons même eu droit à un pimenté séjour à la cantine du village, lieu de prédilection des travailleurs, en plus d’un voyage mouvementé dans une « multi », une de ces énormes machines qui coupent et ébranchent les arbres. Enfin, nous avons pu rencontrer les futurs bénéficiaires de cette énergie verte à faible coup et vraiment, j’ai été étonnée par leur dynamisme. D’abord M. Gaétan Ruet, maire d’Amqui, M. Gilles Tremblay, directeur de l’hôpital d’Amqui et enfin M. Alain Didier, président-fondateur de la coopérative forestière CFM. Leur enthousiasme pour le projet de chauffage à la biomasse est contagieux!

Avis à tous, la Vallée la Matapédia « rock » en s’il-vous-plait!

Exploraction dans le bois
Photo : Gilles Trépanier

Explorction dans le bois

De gauche à droite : Gilles Trépanier, directeur des opérations, Aurel Thériault, propriétaire-opérateur d’une multifonctionnelle, Étienne, Josué, Alain Didier, président-fondateur et Yoland Légaré, directeur-général de la coopérative forestière de la Vallée de la Matapédia.

Catégories : Amqui : bientôt chauffée à la biomasse

Amenez-moi loin de la ville

Vivre sans télévision, sans toilette, sans douche et sans bruit… Voilà le défi que je devais surmonter durant toute la semaine. Mes chances de survie étaient donc bien minces…

Après quelques jours d’errance, notre Explo-mobile s‘est retrouvé dans le bois de Chambord, près du Lac Saint-Jean, chez un sympathique couple unique en son genre. Vivant sur leur terre à bois, loin des ron-ron de la vie moderne, ils ont trouvé leur place entre les épinettes et les ruisseaux. Guy et Hélène, le couple en question, nous ont accueilli dans leur petit jardin d’Éden, tout en nous prêtant une petite cabane en bois rond afin d’y monter notre prochain film.

Toutefois, une contrainte s’imposait: partager notre logis. Une famille de suisses s’était depuis longtemps installée sur la toiture de la cabane. Il est vrai que nous étions un peu arrivés comme des parvenus et de surcroît, en dernier. Notre présence n’était pas la bienvenue, surtout que nous n’avions même pas demandé leur permission. Après avoir longuement parlementés, les petits habitants velus nous ont laissé une semaine pour déguerpir. Il faut noter qu’avec leur neutralité légendaire, les suisses évitent la guerre à tout prix …

Plus la semaine avançait, plus je me faisais à ce genre de quotidien. La vie se rythmait selon les humeurs de la nature et c’était bien ainsi. Puis, après avoir fait nos adieux à nos hôtes, la route nous appelait: une escale à Québec, puis hop! la Gaspésie dans quelques jours.

Catégories : Nous, Exploracteurs

Prochain arrêt : Causapscal

Quelques jours déjà que nous sommes à notre camp de base sur la rive-sud de Québec. Le temps de recharger les batteries, prendre une douche chaude et hop!, de nouveau sur la route. Aujourd’hui, à quelques minutes du départ - même que les gars s’impatientent alors je fais vite - nous repartons sur les belles routes du Québec.

Direction : Vallée de la Matapédia.

À bientôt!

Catégories : Nous, Exploracteurs

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