Grand angle : cinéma et culture
Un blogue sur la culture avec un accent sur le cinéma et la voix de la relève culturelle.
Écrit par
Ky Vy
26/10/2008
Dimanche soir.
Symptômes: sentiment d’ignorance traversé par une sorte de honte, une inquiétante étrangeté face à soi-même.
Diagnostic : Le site internet “Cinéma québécois” ! Cette mine d’information dévoile la grande richesse du septième art au Québec et malheureusement pour certains peut-être, l’impression que beaucoup nous échappe.
Pour ceux et celles qui ont troqué la télévision pour le web, vous êtes sauvés! Car Télé-Québec a mis en ligne depuis septembre dernier une véritable encyclopédie du cinéma québécois, disputée en treize chapitres, treize thèmes allant du désir au territoire passant par l’étranger. Parmi une multitude d’extraits de toutes sortes (films phares, témoignages, entrevues) on a envie de tout laisser tomber pour y faire ses classes et épier des discussions comme celle entre Stéphane Lafleur et Pascale Ferland:
“ Entre l’urgence de faire son film et le moment que tu peux le faire, dans le contexte actuel, il y a un décalage… Parler de quelquechose qui se passe maintenant, c’est impossible… tu vas peut être tourner dans trois, quatre ans, tu ne le sais même pas…” (S.L)
“ Je pense qu’un cinéaste se développe dans le temps (…) On encourage la relève, on veut toujours du nouveau, du neuf, des nouveaux regards, des nouvelles formes, on réinvente le cinéma, on réinvente le cinéma, on réinvente quoi? Les gens pensent qu’ils réinventent le cinéma, mais ils ne connaissent pas leur histoire, ils ne savent pas ce qui s’est passé avant. Donc, si on ne sait pas ce qui s’est passé avant, c’est sûr qu’on a l’impression de tout réinventer…” (P.F)
Lafleur et Ferland, deux voix qu’on aime appeler ‘la relève’ évoquent ici avec conscience et clairvoyance l’importance du passé tant identitaire et cinématographique dans le devenir du cinéaste. Se connaître, comprendre ses racines, voilà peut-être la préoccupation première de la série documentaire et du site ‘Cinéma Québécois’.
Également, la sympathique section “Les Métiers” en vaut le détour et met en scène les nombreux rôles souvent méconnus derrière la caméra… Turpin et Labrecque qui discutent de textures, c’est quelquechose!
Cinéma Québécois : http://cinemaquebecois.telequebec.tv
Écoutez les émissions sur Télé-Québec : tous les mercredis 21h, en rappel le vendredi et samedi 14h et le dimanche 23h.
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Mots clés: cinéma, Internet, Québec, québécois
Écrit par
Ky Vy
22/10/2008
Je crois que tout bloggeur se demande un jour ou l’autre : qu’adviendra-t-il de mon blogue dans 100 ans? Qui pourra faire le ménage dans mes courriels ou entretenir mon profil Facebook lorsque je serai mort?! Il semble évident que la notion d’empreinte digitale est de plus en plus prégnante, mais quel héritage en gardera-t-on vraiment? Les mllions de vidéos, de photos et d’écrits sur le Net deviendront-ils que poussières? Le métier d’archiviste ne m’aura jamais semblé aussi excitant… car comment archiver le virtuel?
Plus les moyens de documenter le quotidien deviennent accessibles, plus les traces laissées sur la toile se multiplient. A l’ère du numérique, on rencontre sans trop de surprise des démarches comme celle de Noah Kalina qui se photographie quotidiennement depuis près de huit ans.

L'artiste Noah Kalina
Je suis sincèrement beaucoup plus ému devant la mémoire laissée par Jamie Livingston, un auto-portraitiste à l’âge du Polaroïd qui a documenté 18 ans de sa vie par plus de 6000 photographies quotidiennes. Entre 1979 et et 1997, ces images nous transportent dans le fil d’une vie et témoignent par la même occasion de l’évolution de New York. C’est un véritable musée aux couleurs de l’intime qui évoque cette grande puissance du rapport entre l’image et la mémoire. Car l’image est une trace et elle dit avant tout : voilà, ça a eu lieu.

Une journée dans la vie de Jamie Livingston
Quand je regarde ce genre de choses, la première chose qui me frappe est cette frontière entre le très intime et l’universel. C’est une sorte d’album de famille certes, mais il n’est pas dénudé de sens pour moi. Au contraire, la vie de Jamie Livingston a un poids, une valeur historique et non négligeable. Si l’univers de l’Internet est parsemé de confessions et de traces au JE, ces éléments sont également le paysage d’une mémoire collective qu’il faut préserver.
***
A ce propos, deux récents films fait d’archives : j’ai eu la chance de voir au FNC la semaine dernière un doucmentaire composé entièrement d’images et de son d’archives d’une famille vivant dans les années 60 aux États-Unis : Must Read After My Death. Espérons seulement qu’il aura une vie en salle.
Par ailleurs, surveillez la sortie cette semaine du film de Luc Bourdon, un documentaire revisitant la mémoire de Montréal des mêmes années : La mémoire des anges.
A écoutez : Spark, de la radio de CBC, qui a réalisé une excellente émission sur la question de la mémoire digitale.
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Mots clés: archives, histoire, mémoire, photo
Écrit par
Julie
22/10/2008

Valse avec Bachir n’est pas seulement un long-métrage d’animation. C’est aussi un documentaire, une autobiographie, un travail sur la mémoire et un pamphlet contre la guerre. D’abord contre celle que le film raconte : l’intervention militaire israélienne au Liban en 1982 et les massacres des camps de réfugiés palestiniens Sabra et Chatila. Puis contre toutes les autres guerres.
Le Festival du Nouveau Cinéma, qui se terminait dimanche, vient de distinguer Valse avec Bachir du Prix de l’innovation Daniel Langlois, destiné à une œuvre « qui se démarque par son audace esthétique, son utilisation créative des nouvelles technologies ou sa capacité innovante à adresser un sujet sensible ». Cela tombe bien, car que l’on ait aimé ou pas le long-métrage de l’israélien Ari Folman, on peut aisément assurer qu’il combine ces trois réussites.
« Le film retrace ce qui s’est passé en moi à partir du jour où j’ai réalisé que certaines parties de ma vie s’étaient complètement effacées de ma mémoire », raconte le réalisateur. Soldat de l’armée israélienne en 1982, il renoue contact, sur les conseils d’un ami psychanalyste, avec d’anciens membres de sa division. Son but ? Remonter le fil de ses souvenirs et comprendre sa participation dans l’invasion de la ville de Beyrout. Ari Folman et son équipe ont d’abord réalisé des prises de vues réelles des entretiens menés avec les ex-soldats, dont ils ont gardé les enregistrements sonores dans la version animée. Tous les témoignages du film sont donc réels, seul deux d’entre les noms des neuf personnes interrogées ont été modifiés à leur demande.
Ari Folman souhaitait dès le départ d’utiliser l’animation pour réaliser Valse avec Bachir. En documentaire de prise de vue réelle, le film aurait été un montage d’entrevues ennuyantes et de peu d’images d’archives. Pour montrer au spectateur ce que le réalisateur avait réellement vécu, l’animation semblait une solution évidente.
La deuxième force du choix de l’animation réside dans sa sobriété. Comment montrer des chars, des tirs, du sang, des morts tout au long d’une heure et demie, sans dépasser le seuil de tolérance du spectateur ? Tout comme Spielberg optait pour le noir et blanc dans La liste de Schindler, tout comme Art Spigelman représentait les juifs et les nazis par des chats et souris dans son roman graphique Maus, l’animation de Valse avec Bachir permet de démontrer l’horreur de la guerre, sans tomber dans un voyeurisme insoutenable. À la toute fin du film, lorsque le journaliste interrogé raconte son entrée dans le camp de Chatila juste après les massacres, l’animation est doucement substituée par une image d’archive. Les 10 ou 20 secondes de plans serrés sur les corps mutilés et la détresse des survivants sont plus que suffisantes pour nous rappeler que Valse avec Bachir est une histoire vraie. L’animation ne reviendra pas, ces images sont bel et bien la conclusion du film, l’effet ainsi réalisé est implacable.
Mélange d’animation Flash, d’animation classique et de 3D, Valse avec Bachir a été réalisé en quatre ans par une équipe d’animateurs plutôt réduite. Il balance entre la pleine exploitation des possibilités de l’animation (des transitions graphiques entre les différentes scènes, par exemple) et la copie des codes du cinéma de prises de vue réelle. Un paquet vide de chips vient étrangement s’écraser contre une caméra – qui n’existe pas.
Son vrai défaut esthétique, quant à moi, est de rappeler un peu trop les jeux vidéos de guerre. Mais ici encore, on pourrait y trouver un choix de réalisation : celui de nous transporter dans la tête de jeunes soldats qui, dans un mélange de peur et de protection d’eux-mêmes, tirent sans prendre conscience que leurs gestes appartiennent au monde tangible.
Valse avec Bachir, Ari Folman
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Écrit par
Ky Vy
20/10/2008

Le Festival du Nouveau Cinéma a certainement bien joué ses cartes en présentant The Mourning Forest dans la case du dimanche soir. Plusieurs festivaliers ont ainsi bouclé leur semaine intensive de cinéma avec un film impressioniste sur un voyage au bout du deuil. Grand Prix du Jury à Cannes, le film de Naomi Kawase invite à s’envoûter dans un périple d’une grande beauté lyrique. Avec très peu de mots, la réalisatrice met en scène le récit d”un vieil homme frôlant la sénilité et une jeune femme qui traversent chacun la perte d’un proche dans une dérive dans les méandres d’une forêt, une forêt du deuil.
J’attendais de vous faire part de mon coup de coeur du FNC. Voici qu’il m’est venu à la toute fin. En quittant le cinéma du Parc, j’étais vide. Et je repensais à un moment du film qui demandait ce qu’était la différence entre emptiness et nothingness. Entre le vide de l’absence ou le vide qui comble, comme ce sentiment de complétude dans le néant du bouddhisme.
Comment parler d’un film qui incarne cette quête du vide?
Peut être comme l’a remarqué un jeune cinéphile sur le trottoir : “Moins je ressens le film sur le moment, plus il dure longtemps en moi…”
Et vous, quels films vous ont marqué?
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Parmi les rencontres faites le long du festival : Écran total. Écoutez cette émission webradio sur CHOQ.fm ou visitez le blogue pour une très belle couverture de cette édition du FNC.
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Écrit par
Ky Vy
15/10/2008
Nouveauté : Grand angle : cinéma et culture.
Un blogue culturel avec un penchant pour le cinéma!
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Pourquoi un blogue sur la culture et le cinéma?
La campagne électorale fédérale s’est soldée hier avec l’élection d’un gouvernement qui des allures déjà bien connues. Dans cette course, le cheval de combat environnemental et tous les canins nommés Kyoto semblent s’être essouflés au profit des enjeux de la crise économique. Et si la campagne a été à l’image d’une escalade de voix dans un chaud débat, ce sont les réactions houleuses du milieu culturel qui résonnent toujours dans mes oreilles.
En ce qui a trait à la poésie, le gouvernement fait dans la rime pauvre en conjuguant culture avec coupures, et la scène culturelle ne s’est pas cachée pour le faire remarquer; manifestations, chansons, appel à l’unisson. Par la bouche de nos canons… C’est dans cet esprit, dans cette foulée que je mènerai dès aujourd’hui une nouvelle section du blogue : “Grand angle : cinéma et culture”, pour dire haut et fort que la culture est gravée au coeur de nos sociétés. Il sera particulièrement question des arts avec un accent particulier sur le cinéma et la voix de la relève culturelle.
Qui suis-je?
Je m’alimente de cinéma et de littérature surtout, et des arts en général. Miam! Anciennement adjoint de recherche chez Parole citoyenne, je deviens ici grand glaneur pour vous partager mes chroniques, coups de coeur, découvertes et rencontres dans le champ culturel!
J’espère vous entraîner avec moi dans ces voyages et surtout, entendre vos réactions et commentaires en grand nombre!
Ky Vy
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Mots clés: blogue, présentation