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Grand angle : cinéma et culture

Un blogue sur la culture avec un accent sur le cinéma et la voix de la relève culturelle.

Chroniques turques #2

Palme d’or et pluralisme culturel

Toujours sur la rive européenne d’Istanbul, à Ortaköy, (”village du milieu”) ma première photo fut un cliché obligatoire pour plusieurs photographes venant ici. En posant la caméra dans un certain angle, on flirte avec les idées reçues sur l’identité turque. La mosquée d’Ortakoy et le pont du Bosphore. Histoire, passé et Islam en avant-plan, modernité et symbole d’une rencontre entre l’est et l’ouest comme toile de fond. Tels sont étalés dans un même cadre, les éléments d’un portrait simplifié et caricatural d’un pays dont les enjeux socio-politiques semblent en réalité, hautement plus complexes et nuancés.

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Catégories : Chroniques turques, Cinéma!

Chroniques turques #1

*** Mes billets des prochaines semaines auront des airs de correspondance, de la Turquie. Grand Angle va à la rencontre du sinema turc. ***

Taksim

Un visiteur rencontre souvent Istanbul, parachuté directement en son coeur, dans le moderne Taksim, ce quartier culturel et festif de la rive occidentale. De ce carrefour, les invitations sont nombreuses et on descend d’abord l’avenue Istiklal (avenue de l’indépendance) avec ses lignes de taxis, ses restaurants, ses étals sous néon et ses parfums : une douce cacophonie, un irrésistible laisser-aller…

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Catégories : Chroniques turques, Cinéma!

La maison close d’Angoulême (BD)

Peut-être vous souvenez-vous que je vous avais parlé ici du Festival international de bande dessinée d’Angoulême. Il a lieu la semaine prochaine en France, et ce qui est bien, c’est que l’on a pas besoin d’être sur place pour profiter de quelques-uns des projets créatifs qu’il organise.

Cette année, les président du jury sont Dupuy et Berberian (duo de dessinateurs à l’origine, entre autres séries, de la populaire histoire de Monsieur Jean). Ils ont demandé à un autre duo, Ruppert et Mulot, connus pour leurs expérimentations formelles particulièrement inventives, de prendre en main une exposition à l’occasion du festival. Ces derniers ont détourné l’appel pour mijoter plus qu’une exposition : un projet de création collective entre une vingtaine d’auteurs, diffusé sur Internet, “La maison close”.

Ruppert et Mulot ont mis à la disposition des participants les décors dessinées, des accessoires autorisés, puis ont matché filles et garçons par couple. Chacun des auteurs doit faire évoluer son personnage dans l’univers de La maison close. Les filles sont censées jouer les putes, et les garçons les clients. Peggy Adam tient le rôle de la femme de ménage et Lewis Trondheim celui du gardion de sécurité. Le résultat est une sorte de cadavre exquis élaboré, délirant et délicieux (je n’avais rien lu d’aussi réjouissant sur Internet depuis la première saison du faux blogue autobiographique Chicou-chicou)

Il faut lire toutes les histoires pour apprécier les subtilités des interactions entre les auteurs, mais ne ratez pas mon palmarès : la prestation entre Killoffer et Anouk Ricard, celle de Morgan Navarro et Lucie Durbiano, ainsi qu’Émile Bravo en scientifique affolé.

Expérience de bande dessinée dérivée du jeu de rôle et de l’avatar du style Second Life, La maison close prouve que la BD à un bel avenir d’exérimentations sur Internet, à condition, bien-sûr, d’en renouveller toujours les formes et les pratiques.

À surveiller également sur Internet pendant le festival d’Angoulême :

- Les nominations des meilleurs blogues de bande dessinées 2009 (un concours organisé par les éditions parisiennes Vraoum !)

- La troisième édition des 24 heures de la bande dessinée d’Angoulême, dont le but est pour chaque auteur inscrit de réaliser 24 pages de bande dessinée improvisées en 24 heures. On peut suivre l’événement en ligne à partir de mardi (9 heures du matin au Québec) sur le site.

Catégories : Animation et bande-dessinée

www.onf.ca

Le nouvel espace de visionnage de l’ONF est enfin en ligne. Pour célébrer ses 70 années, l’Office offre gratuitement en ligne près de 700 films de toutes sortes! Fiction, documentaire, animation, films historiques, la collection est si vaste qu’on y tombe comme un enfant dans les immenses bouquins de nos histoires passées… A découvrir !

www.onf.ca

Catégories : Cinéma!

Souvenirs d’Ex-Centris

Un vent d’amertume souffle sur le milieu du cinéma. L’épicentre : boulevard Saint-Laurent. La décision d’un virage vers de nouvelles vocations pour l’Ex-Centris crée toute une onde de choc et à l’extérieur du pays, cette annonce-surprise m’a vite rejoint via notamment les cris d’alarme lancés sur Facebook : Sauvons Ex-Centris. Ainsi, Daniel Langlois et l’Ex-Centris entreprennent de changer de cap et l’arrêt de la programmation régulière est prévu pour le 20 mars prochain…

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Catégories : Cinéma!

Emory Douglas : l’art et la politique du Black Panther

De passage à Manchester, en Grande-Bretagne, j’ai pu visité dernièrement le URBIS, un centre d’exposition particulièrement orienté vers la culture urbaine, le design, l’architecture, le graffiti et la musique.

L’exposition présentement en vedette porte sur l’art pictural qui a soutenu le mouvement révolutionnaire afro-américain du Black Panther, fondé en 1966 aux États-Unis: “Black Panther: Emory Douglas and the Art of Revolution.”

Une affiche d’Emory Douglas (nommé Ministre de la culture du Black Panther)

La force de cette présentation est la mise en scène de l’oeuvre d’Emory Douglas dans le contexte socioculturel de l’époque. Dans un premier temps, on nous rappelle qu’entre 1889 et 1922 aux États-Unis, 3 500 personnes furent lynchées, la majorité étant des hommes noirs. En 1924, le Ku Klux Klan était à son apogée, avec près de 4 millions de membres.  Les images de Douglas émergent de ce triste passé et la montée du Black Power apparaît donc emblématique du mouvement des droits civiques aux États-Unis, entraînant avec lui le rêve de l’égalité des droits pour tous.

Si le Black Panther entreprend l’art révolutionnaire comme un moment clé dans la lutte pour la libération des Afro-Américains, l’oeuvre d’Emory Douglas devient un outil d’éducation, un faisceau de lumière, puis un véritable moteur vers la prise de position. Formé par le graphisme publicitaire, Douglas façonne des illustrations qui tapissent les ghettos et qui voyagent par le journal publié par le Black Panther. Son art est intimement tissé à la politique et servira l’insurrection de la population noire partout en Amérique. L’impact du travail de Douglas est donc considérable, établissant enfin une réelle identité visuelle pour l’Afro-Américain. Inspiré du “Black Art Movement”, il fit même un pas de plus en allant puiser droit dans l’art africain, faisant usage par exemple d’amples traits noirs et de motifs détaillés.

Il faut connaître le travail d’Emory Douglas : ses oeuvres, on les observe comme on fait face au regard de la panthère. Acculée au mur, rugissante, prête à bondir.

Voir en ligne une galerie de Douglas (Museum of Contemporary Arts de Los Angeles)

Pour en apprendre davantage, voici un petit film sans retenue:

Cointelpro and the Black Panther Party par Thomas Bunn

Voir également :

Center for the Study of Political Graphics

Pour changer le monde : Affiches des mouvements sociaux au Québec

Voir le dossierL’art fait de la résistance”

Catégories : Art
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