Grand angle : cinéma et culture
Un blogue sur la culture avec un accent sur le cinéma et la voix de la relève culturelle.
Cela fait quelques jours que je suis de retour à Montréal et je commence à digérer mon expérience au Berlinale Talent Campus. J’ai été un peu déçue des activités organisées spécifiquement pour les producteurs, mais de manière générale les conférences sur les autres aspects du cinéma (scénario, documentaire, musique de film, direction artistique, jeu, etc.) étaient très inspirantes.
C’est une expérience que je recommande sans hésiter. Le Talent Campus est ouvert aux réalisateurs, scénaristes, producteurs, acteurs, directeurs photo, directeurs artistique, monteurs, concepteurs sonores, compositeurs de musique, journalistes et critiques émergents.
Les inscriptions ont généralement lieu au début octobre mais les renseignements à ce sujet sont mis en ligne au cours de l’été sur le site du Talent Campus : www.berlinale-talentcampus.de On vous demandera entres autres de répondre à plusieurs questions sur votre filmographie et vos objectifs de carrière et surtout, il vous faudra produire un assemblage d’extraits de vos films d’une durée de 3 minutes. Lire la suite »
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J’ai eu l’occasion de faire toutes sortes de rencontres au Talent Campus. Les gens viennent véritablement des quatre coins de la planète et bien que la majorité des participants soient réalisateurs, j’ai aussi croisé des directeurs photos, des acteurs et des producteurs.
J’ai entre autres fait la connaissance de Jeanne Dosse et de Miguel Cabral.

D’origine française et brésilienne, Jeanne est réalisatrice documentaire à Paris. Miguel est d’origine portugaise et belge, et il est concepteur sonore et réalisateur de fiction à Lisbonne. Je leur ai posé quelques questions sur leur expérience au Talent Campus…
Écoutez la mini-entrevue ici.
Le Talent Campus se termine aujourd’hui et je passerai les deux prochains jours à visiter Berlin. Je vous reviendrai très bientôt avec un bilan personnel de mon voyage, et aussi plus de renseignements pratiques pour ceux qui seraient intéressés à s’inscrire à une prochaine édition du Talent Campus.
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Dans la lignée des conseils pratiques pour les réalisateurs et producteurs émergents, le Talent Campus a reçu la visite de trois “hommes d’affaires” du web : Slava Rubin, fondateur de IndieGoGo, Brian Newman, président du Tribeca Film Institute, et M dot Strange, cinéaste d’animation autodidacte et vedette de la toile.
Voici l’essentiel de leur message en quelques points :
Le financement
De nouvelles options de financement s’offrent aux artistes indépendants. Par exemple, on peut poster le profil d’un projet en développement sur un site comme IndieGoGo conçu pour recueillir les contributions monétaires du public. Pour que ce type de sollicitation fonctionne, il est toutefois essentiel que le cinéaste fasse la promotion de son projet auprès de son réseau, et aussi qu’il alimente son profil de contenu tangible comme des extraits vidéo. Si on bénéficie déjà d’un public établi, il est aussi possible de faire des pré-ventes de DVD ou d’offrir des extraits exclusifs à un petit groupe de “VIP” moyennant contribution.
La promotion
La promotion devrait débuter très tôt dans le projet, au minimum à l’étape du tournage. La meilleure façon de rejoindre son auditoire demeure les réseaux sociaux de l’internet tels le blogue personnel ou les pages MySpace et Facebook. Tous les moyens sont bons pour attirer l’attention sur son film : créer une vidéo virale, faire parler de son projet sur un blogue très fréquenté, être recommandé par une autorité compétente sur un site spécialisé comme re:frame, demander la contribution du public pour trouver un compositeur de musique, etc.
La diffusion et les ventes
Tous trois recommandent aux artistes de mettre carrément leurs films sur des sites tel Youtube. Dernièrement, l’expérience de la réalisatrice Tiffany Shlain avec son film The Tribe a montré qu’elle obtenait plus de ventes en ligne (DVD ou iTunes) lorsque son film circulait sur le web, même gratuitement. Ainsi, il s’agit d’offrir via un site personnel ou un intermédiaire comme Film Baby un coffret DVD avec une certaine valeur ajoutée (livret explicatif, vidéos en bonus, copie autographiée) pour créer un produit attrayant que plusieurs voudront conserver ou recommander à leurs proches. Il faut aussi profiter de chaque projection publique de ses œuvres pour inviter le public à prendre connaissance de nos projets passés et à venir.
Quelques sites à visiter pour en savoir plus
Power to the Pixel : www.powertothepixel.com
re:frame : www.reframecollection.org
Le blogue de M dot Strange : www.mysteriousdollfilm.blogspot.com
IndieGoGo : www.indiegogo.com
(et télécharger leur DIWO Guide sur la promotion).
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Le Talent Campus étant situé un peu en retrait de la Berlinale elle-même, nous sommes plutôt à l’abri du côté “glamour” du gros festival. Même si certaines vedettes sont venues participer aux évènements du Talent Campus, les participants se montrent bien plus intéressés par les expériences professionnelles de ces stars internationales que par les frasques de leur vie personnelle. Ce qui n’est pas toujours le cas dans les conférences de presse organisées par le festival…
Je suis donc allée me balader du côté de Potsdamer Platz, à 15 minutes à pied du site du Talent Campus, pour vous rapporter quelques photos de l’emplacement officiel de la Berlinale.

Malgré la pluie, les fans de Michelle Pfeiffer sont venus l’accueillir en grand nombre aux portes du Berlinale Palast pour la première du film Chéri.

Ce magnifique édifice dessiné par Renzo Piano borde la rue Alte Potsdamer (à droite) qui mène au Berlinale Palast.

Le célèbre Sony Center domine la Potsdamer Platz.
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La canadienne Jan Miller, cofondatrice du National Screen Institute de Winnipeg et directrice du marché de coproduction Strategic Partners à Halifax, est venue au Talent Campus pour donner un de ses fameux ateliers sur le “pitch”. Les deux heures passées en sa compagnie étaient fort éclairantes pour quiconque aura un jour à présenter un projet en quelques minutes à un producteur, distributeur, investisseur ou tout autre partenaire.
Voici un aperçu de ses conseils :
- Voir le pitch comme une conversation, une vraie relation à établir avec son interlocuteur. Un premier pitch n’ira pas nécessairement en profondeur mais cherchera plutôt à créer un intérêt pour une prochaine rencontre.
- Faire une recherche préalable sur la personne ou la compagnie à rencontrer afin de mieux connaître et cerner son auditoire.
- Débuter le pitch avec les éléments vendeurs du projet : équipe renommée, prix gagnés par le passé, expérience-clé, acteur connu, investissements confirmés, etc.
- Structurer la description de votre scénario ou projet de documentaire comme une histoire captivante : début, milieu, fin, avec des personnages bien définis, des enjeux, des conflits, etc.
- Privilégier les images fortes pour décrire les aspects de votre scénario.
- Parler aussi de soi, de vos expériences professionnelles, et révéler ce qui vous passionne dans le projet.
- Prévoir les réponses aux questions (même négatives) qui pourraient être posées.
- À la fin de la rencontre, remettre une page résumant les éléments du projet et s’enquérir de la suite du processus (scénario à envoyer, suivi téléphonique dans x semaines)
On peut visiter le site web de Jan Miller à : www.lowenbe.ca
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Aujourd’hui avait lieu la projection que la SODEC organise chaque année au Marché du Film de Clermont-Ferrand. Une dizaine de courts métrages québécois y étaient présentés et plusieurs réalisateurs de ces films étaient présents. Le but cet évènement est bien sûr d’intéresser le public et les professionnels à ce qui se fait au Québec, tout en permettant à ces œuvres d’être vues sur grand écran.

Un coin du Marché du Film de Clermont-Ferrand
Certains festivals organisent des marchés parallèlement à leur programmation officielle. C’est une bonne idée d’y inscrire aussi son film surtout si on a la chance de pouvoir se rendre sur place. Non seulement les programmateurs des festivals et les acheteurs pourront le visionner à la vidéothèque du marché, mais ce sera aussi l’occasion pour vous d’apprendre à mieux connaître les divers acteurs de la diffusion court métrage.
Outre la pose d’affiches et la distribution de documentation promotionnelle, vous pourrez assister à des présentations publiques données par les grandes chaînes de télévision et autres acheteurs qui vous expliqueront le profil des films qu’ils recherchent. Quant aux programmateurs de festivals, vous pourrez les croiser dans l’espace des exposants ou à l’occasion d’activités de réseautage, tels les populaires cocktails. Prévoyez un bon nombre de cartes d’affaires et de DVD à distribuer.

Le cocktail de la SODEC édition 2009
Mais Clermont-Ferrand n’est pas le centre du monde et c’est en multipliant les opportunités qu’il vous sera possible de couvrir tous les recoins de la terre. Parmi les autres festivals prisés par les professionnels du court métrage, mentionnons notamment le Festival du court métrage de Bruxelles en Belgique, le Tempere Film Festival en Finlande, le Worldwide Short Film Festival à Toronto, le Artfilm Fest en Slovaquie, le International Film Festival Rotterdam aux Pays-Bas et le Festival Européen du Film Court de Brest en France - sans oublier l’organisme Prends ça court! dirigé par le montréalais Danny Lennon qui s’avère une des meilleures voie de transmission du court métrage québécois et canadien à travers le monde.
Bref, pour affronter un marché du film en tant que jeune réalisateur, scénariste ou producteur, il faut s’armer de patience et d’audace, mais surtout s’assurer d’avoir un plan de match précis qui vous permettra de maximiser les rencontres avec les bonnes personnes.
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Il y a au Festival du court métrage de Clermont-Ferrand une section compétitive fort intéressante qui se nomme le Programme Labo. On y retrouve des films expérimentaux, des animations et autres œuvres qui assument pleinement leur liberté. C’est d’ailleurs dans cette section que l’excellent Next Floor de Denis Villeneuve est présenté.*
C’est donc à l’occasion d’une de ces projections que j’ai découvert l’étonnant Orgesticulanismus, que je dois absolument partager avec vous. Il s’agit d’un film réalisé par l’illustrateur belge Mathieu Labaye qui rend hommage à son père dans un croisement évocateur et poétique entre le documentaire et l’animation. À ceux qui seraient tentés d’interrompre leur visionnement après les premières minutes : patience, vous ne serez pas déçus !
Sans plus tarder, voyez le film ici.
* Courrez voir Next Floor en salles au Québec en première partie d‘Entre les murs de Laurent Cantet, si ce n’est pas déjà fait.
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Samedi soir, j’arrive tout juste à Clermont-Ferrand. Je me rends à une première séance de projection : premier choc. Une représentante du festival se présente sur scène un texte à la main et nous livre une charge bien sentie contre Israël, appelant du coup les festivaliers à un boycott commercial de l’État hébreu… avec une exception toutefois pour ses produits culturels ! Loin d’être convaincue qu’il s’agit là d’une piste de solution au conflit, je suis même franchement mal à l’aise devant une telle absence de nuance.
L’occasion de cette virulente prise de position, c’est la première mondiale d’un film palestinien qui - ironiquement - ne se veut aucunement revendicateur. Lesh Sabreen? raconte les embuches vécues par deux amoureux (arabes) au cœur d’une Jérusalem sous contrôle israélien. Issu du documentaire, le réalisateur Muayad Alayan réussit en une vingtaine de minutes à nous dresser un portrait poignant d’une jeunesse qui a soif d’émancipation, tant par rapport à l’occupation militaire qu’aux traditions conservatrices de leurs aînés.

Osama Jibat (Ayman) et Hanin Tarabiya (Sabreen) dans une scène du film.
Bref, un premier court métrage de fiction très réussi qui en promet pour la suite de la carrière de ce réalisateur.
D’ailleurs, je vous invite à consulter cet excellent article du San Francisco Film Society sur la vision de l’auteur Muayad Alayan et son expérience du tournage - pas toujours si simple comme vous le verrez !
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