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Grand angle : cinéma et culture

Un blogue sur la culture avec un accent sur le cinéma et la voix de la relève culturelle.

Passages, un film d’animation de Marie-Josée Saint-Pierre

Les Rendez-vous du cinéma québécois présente deux projections de courts-métrages d’animation. J’ai assisté à la première hier après-midi, à l’ONF. Parmi les 10 films projetés, plusieurs m’ont laissée indifférente. Trois sortent cependant du lot, quand un seul m’a véritablement marqué.

Ainsi, Le petit gouffre de Frédérick Tremblay est une jolie histoire sur la difficulté de passer à l’âge adulte, tout comme Le Noeud Cravate, de Jean-François Lévesque est une jolie histoire sur le refus de se laisser manger par le système (des adultes). Le court-métrage m’ayant le plus fait rire est très court : une superbe blague d’une minute. Run stupid horse Run a été réalisé par Joël Vaudreuil dans une économie de moyens hallucinante. (Cela donne envie de faire des films.)

Run stupid horse run, Joël Vaudreuil

Run stupid horse run, Joël Vaudreuil

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Catégories : Animation et bande-dessinée, Cinéma!

Chroniques turques #5

Ombres et lumières.

Il y a deux semaines déjà, je me trouvais dans un vernissage au Istanbul Modern, le musée d’art contemporain dont il était question dans cette vidéo. On y inaugurait une exposition intitulée “In praise of Shadows” - “L’éloge de l’ombre”. Ce titre, le musée l’a tiré d’une conférence donnée par l’artiste sud-africain William Kentridge, lui-même inspiré par l’oeuvre éponyme de l’auteur japonais Junichiro Tanizaki (un recueil d’essais sur l’esthétique orientale.)

Mettre de l’avant la figure de l’ombre consiste ici à revisiter l’influence du théâtre et des jeux d’ombres sur le cinéma ainsi que sur différentes pratiques en art contemporain. Le musée présente donc dans ce cadre le travail de 8 artistes contemporains venant de 7 pays différents, ainsi que l’oeuvre de deux grands cinéastes de la première moitié du 20è siècle.

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Catégories : Animation et bande-dessinée, Art, Chroniques turques, Cinéma!

La maison close d’Angoulême (BD)

Peut-être vous souvenez-vous que je vous avais parlé ici du Festival international de bande dessinée d’Angoulême. Il a lieu la semaine prochaine en France, et ce qui est bien, c’est que l’on a pas besoin d’être sur place pour profiter de quelques-uns des projets créatifs qu’il organise.

Cette année, les président du jury sont Dupuy et Berberian (duo de dessinateurs à l’origine, entre autres séries, de la populaire histoire de Monsieur Jean). Ils ont demandé à un autre duo, Ruppert et Mulot, connus pour leurs expérimentations formelles particulièrement inventives, de prendre en main une exposition à l’occasion du festival. Ces derniers ont détourné l’appel pour mijoter plus qu’une exposition : un projet de création collective entre une vingtaine d’auteurs, diffusé sur Internet, “La maison close”.

Ruppert et Mulot ont mis à la disposition des participants les décors dessinées, des accessoires autorisés, puis ont matché filles et garçons par couple. Chacun des auteurs doit faire évoluer son personnage dans l’univers de La maison close. Les filles sont censées jouer les putes, et les garçons les clients. Peggy Adam tient le rôle de la femme de ménage et Lewis Trondheim celui du gardion de sécurité. Le résultat est une sorte de cadavre exquis élaboré, délirant et délicieux (je n’avais rien lu d’aussi réjouissant sur Internet depuis la première saison du faux blogue autobiographique Chicou-chicou)

Il faut lire toutes les histoires pour apprécier les subtilités des interactions entre les auteurs, mais ne ratez pas mon palmarès : la prestation entre Killoffer et Anouk Ricard, celle de Morgan Navarro et Lucie Durbiano, ainsi qu’Émile Bravo en scientifique affolé.

Expérience de bande dessinée dérivée du jeu de rôle et de l’avatar du style Second Life, La maison close prouve que la BD à un bel avenir d’exérimentations sur Internet, à condition, bien-sûr, d’en renouveller toujours les formes et les pratiques.

À surveiller également sur Internet pendant le festival d’Angoulême :

- Les nominations des meilleurs blogues de bande dessinées 2009 (un concours organisé par les éditions parisiennes Vraoum !)

- La troisième édition des 24 heures de la bande dessinée d’Angoulême, dont le but est pour chaque auteur inscrit de réaliser 24 pages de bande dessinée improvisées en 24 heures. On peut suivre l’événement en ligne à partir de mardi (9 heures du matin au Québec) sur le site.

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I Met The Walrus : l’art de frapper aux portes

Je viens de voir ce court métrage d’animation, qui pourtant, s’est déjà beaucoup baladé et a également décroché une nomination pour l’Oscar du meilleur court-métrage en animation, compétition dont faisait  partie la chère Madame Tutli-Putli.

I Met The Walrus, réalisé par John Raskin, reprend une certaine esthétique des années 60 (à l’image du “Yellow Submarine”). Jerry Levitan, producteur de l’animation, n’avait que 14 ans en 1969. Ayant pris connaissance du passage de Lennon à Toronto, lors d’un bed-in avec sa conjointe Yoko Ono, Levitan a littéralement fait des pieds et des mains pour les retracer et alla jusqu’à parcourir tous les halls des grands hôtels. C’est finalement une femme de chambre qui lui dévoilera le gîte du chanteur.

Ce film est donc une illustration de l’entretien entre Lennon et Levitan, jeune journaliste passionné des Beatles… ce qui me fait penser tant au William Miller du film Almost Famous ou d’une certaine façon au Wilson Rodrigues de la Cité de Dieu : des personnages qui incarnent le métissage entre l’adolescence, le juvénile avec un certain esprit du journalisme. Comme si le moment de grandir et du devenir adulte recelait en lui toutes les germes de cette curiosité. Une curiosité ou une soif des lendemains qui ne s’assouvit qu’en frappant à toutes les portes d’un hôtel un matin, alors qu’on devrait être assis en classe…

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