Grand angle : cinéma et culture
Un blogue sur la culture avec un accent sur le cinéma et la voix de la relève culturelle.
Écrit par
Ky Vy
03/07/2009
Vous avez peut-être entendu, au travers du tsunami entourant la mort récente du King de la Pop, que l’homme de théâtre Wajdi Mouawad se verra décerner le Grand prix de Théâtre par l’Académie Française. Par cette récompense, le dramaturge d’origine libanaise, auteur de Littoral, Incendies et Forêts est ainsi célébré, une fois de plus, comme l’un des plus importants artistes de la francophonie. Si Littoral avait été, lors de son passage au cinéma, une adaptation mitigée, il faut croire que les attentes demeurent importantes face à l’entreprise de Denis Villeneuve qui s’attaque maintenant à Incendies.
“Écrit et réalisé par Denis Villeneuve d’après la pièce de Wajdi Mouawad, le film sera tourné à Montréal et en Jordanie pendant cet été. Mettant en vedette Rémy Girard, Maxim Gaudette, Mélissa Désormeaux-Poulin et Lubna Azabal, Incendies raconte le voyage initiatique d’un frère et d’une soeur québécois nés de mère arabe…”
En attendant la sortie du film, voici une invitation à se glisser dans les coulisses du tournage grâce à un blogue, animé par la réalisatrice Anaïs Barbeau-Lavalette, nous donnant des nouvelles, comme des cartes postales qui nous parviennent de Jordanie. A la fois des dérobées et évasions, à la fois carnet d’un film en construction, le blogue Regard sur Incendies porte joliment son nom, avec une plume invitante.
Regard sur Incendies, à lire lors des canicules d’été à Montréal, pour les parfums de Jordanie, ou pour apprendre quelques mots d’arabe.
Laisser un commentaire
Catégories : Cinéma!, Coup de théâtre!
Et si le documentaire pouvait passer par le théâtre?
C’est la proposition que nous fait la troupe Porte-Parole avec la pièce Sexy Béton. Une pièce, ou plutôt une série de cinq pièces ayant toutes pour thème l’effondrement du viaduc de la Concorde à Laval en 2006. Il s’agit de la septième création de la troupe.

Le premier épisode, Qui a fait tomber ce viaduc?, est présentement à l’affiche au Centre Segal des arts de la scène.
Le public y est amené à réexaminer l’histoire de l’effondrement à travers une reconstitution de l’histoire de l’effondrement. On est loin de se contenter ici du “personne n’est responsable” qui avait conclu la commission d’enquête, et il y a un réel effort pour trouver une autre fin, où les responsables regretteraient le sort des cinq victimes et des six blessés.
Chaque soir après la représentation, un débat est mené par l’équipe de Sexy béton auquel tous sont invités.
Le format théâtral sied très bien au sujet, et à travers les deux narrateurs dont la vision des événements s’opposent, la lumière se fait lentement sur la négligence des uns et des autres. Tout y est: des extraits d’éditoriaux de l’époque, une enquête, les témoins interrogés… L’information est là, provenant de sources nombreuses, et la troupe la fait très bien passer jusqu’à nous. À voir!
Pour ma part, j’ai été étonnée tout le long de la pièce par l’ingéniosité des procédés théâtraux déployés pour créer l’effet documentaire. J’ai particulièrement apprécié le ton coupant dans la narration et le sarcasme que la mise en scène permettait. Les deux mis ensemble démontraient bien l’absurdité du cheminement du dossier de l’effondrement du viaduc de la Concorde. Vous pouvez me compter présente lors des quatre prochains épisodes de la pièce!
Vous pouvez voir ici l’annonce de Sexy Béton, pour vous donner une idée du ton de la pièce.
Sexy béton,
du 1er au 7 juin
Au Centre Segal des arts de la scène
5170 chemin de la Côte-Sainte-Catherine
Une production de Porte-Parole
Commentaire (1)
Catégories : Coup de théâtre!
Comme premier billet sur Grand Angle, j’ai choisi de vous parler d’une pièce présentée dans le cadre du Festival TransAmériques, le FTA, festival qui bat son plein jusqu’au 6 juin. La pièce The Sound of Silence, directement de Lettonie, nous fait revivre la fin des années soixante sur une trame sonore de Simon & Garfunkel.
Découpée en plusieurs tableaux, la pièce nous fait suivre une douzaine de personnages dans leurs moments quotidiens et intimes. Tous ces moments sont teintés d’onirisme et de la saveur du souvenir grâce aux chansons très douces et mélodiques de Simon & Garfunkel, dont on découvre ou redécouvre les classiques. Les personnages vivent leurs premières rencontres, leurs premiers amours, et nous les suivons dans leur parcours, montré de façon très authentique et jamais caricatural.

Sound Of Silence
L’un des aspects les plus intéressants de la pièce est la mise en place de la trame sonore. La pièce, sans parole, s’appuie vraiment sur les chansons et entre elles, les personnages cherchent la musique. Ils la trouvent à travers des accessoires ou des hasards, des bocaux de verre (voir la photo) ou une plume, une antenne pointée vers la bonne personne ou par un livre ouvert. La répétition de certaines parties de la discographie de Simon & Garfunkel vient renforcer l’impression du souvenir, et toute la recherche du son donne lieu à des moments très forts dans la pièce.
La mise en scène est signée lvis Hermanis, directeur du Nouveau théâtre de Riga, en Lettonie.
Lorsque vous lirez ces lignes, les représentations de Sound of Silence seront déjà terminées, mais je vous invite fortement à consulter la programmation en ligne du FTA, où il est possible de visionner vidéos et photos des 25 oeuvres qui sont présentées tout au long du festival. Si vous n’en avez pas assez, la programmation du OFFTA, qui comme vous l’aurez deviné consiste en la version “off” du FTA (jusqu’au 5 juin) bouillonne littéralement. Je vous recommande d’ailleurs de jeter un oeil sur les rencontres Mix-OFF, où deux univers artistiques se côtoient pour une performance unique. Vous pourrez voir Pierre Lapointe avec un duo d’architectes le 27 mai, ou encore une performeuse collaborant avec un duo de danseurs le 4 juin… Bien des surprises en perspective.
Festival TransAmériques: jusqu’au 6 juin.
Festival OFF.T.A.: jusqu’au 5 juin.
Laisser un commentaire
Catégories : Coup de théâtre!
«Une raison de vivre: eille, ça se se trouve pas à tous les coins de rue!» C’est cette réalité terrible que met en scène Véronika Makdissi-Warren, dans la pièce Le Psychomaton d’Anne-Marie Olivier, jouée par le groupe Ad Hoc. Lire la suite »
Laisser un commentaire
Catégories : Art, Coup de théâtre!
Grosso modo, toutes les formes de théâtre se ressemblent. Elles ont besoin d’une scène, de comédiens et d’un public. Il y a cependant une forme de théâtre qui a une vision radicalement différente de la mise en scène classique. Un théâtre révolutionnaire, qui veut changer les choses, changer les gens et, par eux, le monde! C’est le théâtre de l’opprimé, créé par Augusto Boal.
Lire la suite »
Commentaire (1)
Catégories : Coup de théâtre!