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Grand angle : cinéma et culture

Un blogue sur la culture avec un accent sur le cinéma et la voix de la relève culturelle.

Art de rue

La densité visuelle des milieux urbains regorge de signaux de circulation ou d’affiches publicitaires. Dans ce contexte, l‘art de rue (Street art) se démarque avec une volonté de s’inscrire dans les environnements de la ville. En regroupant différentes formes de pratiques qui prennent d’assaut tous les lieux imaginables des cités, une préoccupation persistante du street art demeure d’offrir un art hors des institutions “hermétiques” telles les musées ou les galeries conventionnelles. Son art va donc bien plus loin que le graffiti : “l’affiche, le sticker, le pochoir, la peinture, la mosaïque ou les installations dans l’espace urbain.”

Une première démonstration de l’ingéniosité de l’art de rue nous amène à New York. Ce qui ne semble être qu’un déchet gisant sur les sols de la ville prend vie à chaque fois venu le souffle créé par le passage du métro souterrain. Ces créatures qui jaillissent des trottoirs sont réalisées par l’artiste Joshua Allen Harris.

Une notion importante à retenir dans le street art est celle de l”intervention“, car l’art de rue a essentiellement pour toile l’espace de nos villes. Ainsi, c’est un art qui se joue aussi sous les accords de l’opération; ouvrir les yeux, ouvrir nos sens sur un espace urbain en perte de sens.

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Catégories : Les arts dans la ville
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Emory Douglas : l’art et la politique du Black Panther

De passage à Manchester, en Grande-Bretagne, j’ai pu visité dernièrement le URBIS, un centre d’exposition particulièrement orienté vers la culture urbaine, le design, l’architecture, le graffiti et la musique.

L’exposition présentement en vedette porte sur l’art pictural qui a soutenu le mouvement révolutionnaire afro-américain du Black Panther, fondé en 1966 aux États-Unis: “Black Panther: Emory Douglas and the Art of Revolution.”

Une affiche d’Emory Douglas (nommé Ministre de la culture du Black Panther)

La force de cette présentation est la mise en scène de l’oeuvre d’Emory Douglas dans le contexte socioculturel de l’époque. Dans un premier temps, on nous rappelle qu’entre 1889 et 1922 aux États-Unis, 3 500 personnes furent lynchées, la majorité étant des hommes noirs. En 1924, le Ku Klux Klan était à son apogée, avec près de 4 millions de membres.  Les images de Douglas émergent de ce triste passé et la montée du Black Power apparaît donc emblématique du mouvement des droits civiques aux États-Unis, entraînant avec lui le rêve de l’égalité des droits pour tous.

Si le Black Panther entreprend l’art révolutionnaire comme un moment clé dans la lutte pour la libération des Afro-Américains, l’oeuvre d’Emory Douglas devient un outil d’éducation, un faisceau de lumière, puis un véritable moteur vers la prise de position. Formé par le graphisme publicitaire, Douglas façonne des illustrations qui tapissent les ghettos et qui voyagent par le journal publié par le Black Panther. Son art est intimement tissé à la politique et servira l’insurrection de la population noire partout en Amérique. L’impact du travail de Douglas est donc considérable, établissant enfin une réelle identité visuelle pour l’Afro-Américain. Inspiré du “Black Art Movement”, il fit même un pas de plus en allant puiser droit dans l’art africain, faisant usage par exemple d’amples traits noirs et de motifs détaillés.

Il faut connaître le travail d’Emory Douglas : ses oeuvres, on les observe comme on fait face au regard de la panthère. Acculée au mur, rugissante, prête à bondir.

Voir en ligne une galerie de Douglas (Museum of Contemporary Arts de Los Angeles)

Pour en apprendre davantage, voici un petit film sans retenue:

Cointelpro and the Black Panther Party par Thomas Bunn

Voir également :

Center for the Study of Political Graphics

Pour changer le monde : Affiches des mouvements sociaux au Québec

Voir le dossierL’art fait de la résistance”

Catégories : Art
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La Shoah et la crainte de l’oubli

Le Centre commémoratif de l’Holocauste à Montréal organise en collaboration avec le Cinéma du Parc entre le 6 et 13 novembre prochain, une série de projections de films sur la Shoah (signifiant ‘catastrophe’ ou ‘destruction’ en hébreu).

Plus de 60 ans après l’avènement des camps nazis et du génocide des juifs, l’esprit du souvenir et de la commémoration, particulièrement au travers de l’art et du cinéma, semble ne jamais s’essoufler. Par exemple, La liste de Schindler et La vie est belle sont des exemples de films marquants qui ont relevé ce défi de parler de ce qu’on considère comme la plus grande horreur du XXème siècle. Certaines questions émergent lorsqu’on est confronté à la représentation de quelquechose d’aussi inimaginable que l’Holocauste.

On peut se demander par exemple si la fiction et le cinéma sont des outils justes pour témoigner de ces évènements. Instinctivement, on est porté à croire en la fiction puisqu’elle deviendra obligatoire quand, un jour, tous les survivants de l’Holocauste auront disparu. Or, il faut se rappeler que d’importants mouvements négationnistes en Europe ont voulu justement démentir les crimes nazis en accusant certains témoignages de tomber dans le fictif, donc dans le mensonger et la tromperie…

On peut également se demander ce qu’est devenu le poids des monuments aujourd’hui. Fondamentalement, on éleve un monument pour combattre l’oubli et garder une mémoire. Bien sûr, tous seront d’accord pour que ‘plus jamais, cela ne se reproduise” , mais que ressent réellement le citoyen devant un monument pour la plupart du temps effacé dans nos paysages urbains? Fait-il vraiment un effort de mémoire?

***

En lisant sur cette question, je me suis transporté (virtuellement) dans la ville de Hamburg, en Allemagne, pour y découvrir quelquechose de fort intéressant. Il fut un temps où on pouvait y voir ceci :
Monument contre le fascisme

Monument contre le fascisme

Il s’agit du monument contre le fascisme imaginé par Esther Shalev-Gerz et Jochen Gerz. Entre 1986 et 1993, les citoyens étaient invités à y apposer leurs signatures, un geste qui devenait la promesse de garder vigilance. Puis, au fur et à mesure, cette colonne s’enfonça dans le sol, pour ne devenir aujourd’hui qu’une simple dalle. C’est un monument qui fait donc figure de “l’anti-monument”, et qui incarne le devoir de mémoire et la crainte de l’oubli auxquels nous faisons face à propos de la Shoah.  Dans ce cas, le vide devient presque plus fort que tout.

Le même monument, une fois enfoncée dans le sol

Le même monument, une fois enfoncée dans le sol

Enfin, revenons à nos moutons! Il y aura donc 4 documentaires dès ce jeudi le 6 novembre au Cinéma du Parc à Montréal. Une programmation qui s’inscrit dans la Série éducative sur l’Holocauste (29 octobre au 16 novembre 2008.)

Également, surveillez le lancement du site internet : Histoires de vie Montréal, un projet axé sur l’histoire orale et des entrevues avec des Montréalais déplacés par la guerre, le génocide et autres violations aux droits de la personne. (en partenariat avec Parole citoyenne et CitizenShift)

Lancement et réception - Histoires de vie Montréal

Vendredi, 7 Novembre 2008
17h30-19h30
Concordia Centre d’histoire orale et de récits numérisés de l’Université Concordia
Pavillon de la bibliothèque - 1400 de Maisonneuve Ouest,
10e étage


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