La Shoah et la crainte de l’oubli
Plus de 60 ans après l’avènement des camps nazis et du génocide des juifs, l’esprit du souvenir et de la commémoration, particulièrement au travers de l’art et du cinéma, semble ne jamais s’essoufler. Par exemple, La liste de Schindler et La vie est belle sont des exemples de films marquants qui ont relevé ce défi de parler de ce qu’on considère comme la plus grande horreur du XXème siècle. Certaines questions émergent lorsqu’on est confronté à la représentation de quelquechose d’aussi inimaginable que l’Holocauste.
On peut se demander par exemple si la fiction et le cinéma sont des outils justes pour témoigner de ces évènements. Instinctivement, on est porté à croire en la fiction puisqu’elle deviendra obligatoire quand, un jour, tous les survivants de l’Holocauste auront disparu. Or, il faut se rappeler que d’importants mouvements négationnistes en Europe ont voulu justement démentir les crimes nazis en accusant certains témoignages de tomber dans le fictif, donc dans le mensonger et la tromperie…
On peut également se demander ce qu’est devenu le poids des monuments aujourd’hui. Fondamentalement, on éleve un monument pour combattre l’oubli et garder une mémoire. Bien sûr, tous seront d’accord pour que ‘plus jamais, cela ne se reproduise” , mais que ressent réellement le citoyen devant un monument pour la plupart du temps effacé dans nos paysages urbains? Fait-il vraiment un effort de mémoire?
En lisant sur cette question, je me suis transporté (virtuellement) dans la ville de Hamburg, en Allemagne, pour y découvrir quelquechose de fort intéressant. Il fut un temps où on pouvait y voir ceci :
Il s’agit du monument contre le fascisme imaginé par Esther Shalev-Gerz et Jochen Gerz. Entre 1986 et 1993, les citoyens étaient invités à y apposer leurs signatures, un geste qui devenait la promesse de garder vigilance. Puis, au fur et à mesure, cette colonne s’enfonça dans le sol, pour ne devenir aujourd’hui qu’une simple dalle. C’est un monument qui fait donc figure de “l’anti-monument”, et qui incarne le devoir de mémoire et la crainte de l’oubli auxquels nous faisons face à propos de la Shoah. Dans ce cas, le vide devient presque plus fort que tout.
Enfin, revenons à nos moutons! Il y aura donc 4 documentaires dès ce jeudi le 6 novembre au Cinéma du Parc à Montréal. Une programmation qui s’inscrit dans la Série éducative sur l’Holocauste (29 octobre au 16 novembre 2008.)
Également, surveillez le lancement du site internet : Histoires de vie Montréal, un projet axé sur l’histoire orale et des entrevues avec des Montréalais déplacés par la guerre, le génocide et autres violations aux droits de la personne. (en partenariat avec Parole citoyenne et CitizenShift)
Lancement et réception - Histoires de vie Montréal
Vendredi, 7 Novembre 2008
17h30-19h30
Concordia Centre d’histoire orale et de récits numérisés de l’Université Concordia
Pavillon de la bibliothèque - 1400 de Maisonneuve Ouest,
10e étage
Catégories : Uncategorized
Mots clés: art, films, génocide, mémoire, oubli, shoah




