Le fossé numérique
Le fossé numérique a une ambition : ramener l’humain au cœur des technologies. Vous y retrouverez les voix des participants aux différents projets jeunesse de Communautique qui résonneront dans le cyberespace citoyen. Alors faites comme nous, restez branchés… sur le monde!
Deux des principaux enjeux sociaux pour la région de Québec sont de bonifier l’offre et l’accès au logement à prix modique et d’améliorer la qualité du service offert par le réseau de transport en commun.
La crise du logement ne fait pas encore partie du passé, mais la situation s’améliore. Malgré tout, une partie de la population ne parvient toujours pas à se trouver un logement décent à un prix convenant à son budget.
Les solutions se dessinent parmi quelques projets de coopératives d’habitation et l’accès aux logements subventionnés. Ces deux solutions ont le mérite d’éviter la ghettoisation et de favoriser la débrouillardise. De plus, les coopératives valorisent l’entraide. Toutefois, le nombre de projets de coopérative devrait être augmentés pour suffire à la demande et l’accès au programme de subvention aurait avantage à être amélioré. Bref, en matière de logement, les solutions sont présentes, mais il reste parfois quelques obstacles à surmonter dont les préjugés de tous et chacun, intervenant ou citoyen dans le besoin.
L’état actuel du service de transport en commun dans la région force la majorité des ménages à posséder une voiture et souvent même plus. Cette problématique affecte l’ensemble de la population, mais particulièrement les personnes à faible revenu. Effectivement, le fait d’avoir accès à un service de transport en commun minimaliste contribue à limiter leur accès à l’emploi, leur possibilité de loisirs et de contacts sociaux. Personne ne souhaite voyager 2 heures simplement pour se rendre à son travail, voir un ami ou pratiquer un sport. C’est un problème récurrent dans la région et la plupart des intervenants le reconnaissent, toutefois personne ne semble pressé d’y apporter des solutions novatrices et durables.
Voilà mon opinion sur ces deux enjeux sociaux importants pour la région de Québec. En espérant que collectivement nous travaillerons à modifier ces situations maintenant et dans le futur.
Simon
Animateur du Café Le Globe
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Catégories : La vie de quartier
Mots clés: communautaire, logement, transport, ville
Le 11 Novembre 2006 a eu lieu un évènement très important à mon sens , qui est la foire de l’économie sociale et du commerce équitable de la Mauricie, une occasion merveilleuse pour voir les entreprises d’économie sociale, ainsi que leur clientèle et les travailleurs dans ce domaine.
Ce sont 600 adultes et 200 enfants qui ont visité les kiosques des 32 entreprises d´économie sociale présentes. Les visiteurs de la foire ont participé avec fébrilité aux activités à saveur écologiques et culturelles qui se sont déroulées tout au long de la journée : ateliers de décoration de Noël recyclées et écologique, ateliers de vitraux, conférences sur la mode et l´environnement, spectacles de danse, documentaire sur la mondialisation, défilé de mode écologique, qui a d´ailleurs eu un grand succès avec pas moins de 175 spectateurs.
Presque tout le monde a formulé une plus grande sensibilisation à l´économie sociale et à la consommation socialement responsable, et 90% ont signifié avoir maintenant un intérêt pour changer leurs habitudes de consommation vers des choix plus responsable socialement.
Le succès de cette foire a démontré l’intérêt grandissant de la population envers l’économie sociale, ce qui couronne tous les efforts des intervenants dans ce domaine, et pour y avoir participé, la récompense morale est vraiment grande.
Khalid
Animateur d’ECOF
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Catégories : Le monde communautaire
Mots clés: communautaire, économie, environnement, politique
Suite à une expérience de travail au Carrefour d’éducation de Pointe Saint-Charles, j’ai voulu poursuivre mon implication auprès des personnes qui fréquentaient le Carrefour. Ceux-ci partagent des difficultés communes au niveau de l’exclusion et de l’isolement et viennent au Carrefour pour briser ce sentiment de solitude et regagner une confiance en soi.
Ici, ils se réunissent et discutent de sujet qui les touchent et les interpellent, ils s’accomplissent par leur participation à des ateliers artistiques, ils s’impliquent dans différents comités ; toutes ces activités favorisent leur estime de soi. Dans une causerie sur l’amitié, les participants ont fait de beaux témoignages touchants. En parlant de Pointe Saint-Charles, ils soulignaient qu’il existe un climat d’entraide et de compréhension entre les gens qui sont tissés pareils dans un milieu défavorisé : ‘C’est comme un petit village. Tu ne retrouves pas ça ailleurs.’ Les participants parlaient du Carrefour comme d’une famille où ‘on peut s’exprimer librement’. Décrivant le climat de confiance et de respect qui favorise l’expression de chacun, un participant dit : ‘C’est ce qu’on vit ici l’amitié’. D’ailleurs un autre témoigne : ‘Je ne pensais pas être capable de m’exprimer autant, mais ici je sors de ma coquille.’ Un autre participant félicite ce dernier de tout le chemin qu’il a parcouru. C’est dans ce contexte d’acceptation de l’autre que les participants progressent, se valorisent et s’épanouissent.
Julie
Animatrice du Carrefour d’éducation populaire de Pointe Saint-Charles
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Catégories : Le monde communautaire, Les participants
Mots clés: communautaire

‘1,3 million de Québécois sont analphabètes.
1,3 million.
Vous avez bien lu.
Chanceux.’
Depuis septembre 2005, j’évolue au sein d’une grande famille : le CLÉ (Centre de lecture et d’écriture Montréal), un centre d’alphabétisation populaire. Dès ma première visite, j’ai été charmée par l’ambiance chaleureuse qui y régnait.
Les locaux sont conviviaux. La lumière inonde la pièce principale, ce qui aide les nombreuses plantes qui y sont à avoir si bonne mine. Sur les murs colorés sont affichés des messages liés à la mission de l’organisme qui est d’offrir des ateliers de lecture et d’écriture et de défendre les droits des personnes analphabètes. Les affiches que j’ai choisies démontrent bien le côté engagé de l’organisme.




La chaleur dégagée par ce milieu de vie est surtout humaine. En effet, l’équipe de travail se caractérise autant par son professionnalisme que par sa joie de vivre et son sens de l’humour. Quant aux participantEs, j’ai développé une réelle affection pour eux. Je vais vous parler de trois d’entre eux.
Catherine (nom fictif) est une femme volubile qui a toujours une anecdote à raconter ou une question à poser. Elle doit parler aussi le langage des plantes puisque celles-ci sont toujours ravies de ses visites! Elle sait aussi bien prendre soin de l’environnement que des gens qui l’entourent. Grâce à elle, les sites d’enfouissement des déchets respirent mieux! Elle va chez ses amis et emporte les objets dont ils ne veulent plus. À voir le nombre de choses qu’elle récupère, ses amis sont très nombreux. Elle nous amène des sacs et des sacs, à la condition sine qua non que nous redistribuions les objets que nous ne voulons pas. Persévérante, elle cherche constamment à s’améliorer.
Élizabeth (nom fictif) est la doyenne de nos participantEs. La première fois que je l’ai rencontrée, je ne comprenais strictement rien de ce qu’elle disait. Elle a un fort accent du Nouveau-Brunswick et un problème de surdité. Je me suis dit que le temps allait être long! Lorsque j’ai réussi à communiquer avec elle, j’ai découvert une femme enjouée et taquine dont la compagnie est très agréable. Elle aime bien jouer des tours (un coeur d’enfant dans un corps qui a vu plus de 80 printemps…) et elle est curieuse. Lorsque je vois des points d’interrogation surgir dans ses pupilles à l’évocation d’un mot, par exemple le Titanic ou le zèbre, je réponds à ses questions en m’appuyant sur des enregistrements trouvés sur Internet. De l’enseignement du français, nous passons souvent vers de l’éducation générale.
Claude est un homme généreux, empathique, drôle et souriant. Les autres sont toujours au coeur de ses pensées. Par exemple, s’il y’a un événement où des produits gratuits sont distribués, il va en prendre pour nous tous. Il est comme un père Noël actif à l’année et on ne sait jamais ce qu’il va sortir de sa poche. D’ailleurs, la semaine dernière, il a fait une surprise à une participante en lui offrant une photo encadrée d’elle qu’il avait prise lors d’une sortie. Il faut dire que Claude et son appareil photo sont inséparables! Je n’éprouve que de bons sentiments envers cet homme d’une rare bonté, ce qui accentue la tristesse que j’éprouve lorsqu’il me dit qu’il aimerait avoir mon cerveau ou qu’il n’est pas intelligent. Une autre preuve que le dénigrement d’un enfant peut avoir des conséquences pour la vie. Pourtant, à chaque jour, je constate la vivacité de son esprit, par exemple par ses blagues et ses répliques. Je dois dire que j’ai autant appris de cet homme qu’il a appris avec moi, sinon plus.
En conclusion, je lève mon chapeau à toutes les personnes qui ont décidé d’entreprendre une démarche d’alphabétisation. Apprendre à lire et à écrire à l’âge adulte requiert beaucoup de courage et de détermination.
Geneviève
Animatrice de La Puce
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Catégories : Le monde communautaire, Les participants
Mots clés: communautaire, éducation
Au CACI (centre d´accès communautaire à Internet) de Communautique où je travaille depuis quatre semaines, il y a des participants qui viennent des quatre coins du monde : Honduras, Haïti, Laos, Cameroun, Nigéria, Grèce, Drumondville…
On dit souvent qu´Internet et les nouvelles formes de communication relient le monde, font tomber les barrières, etc. Mais comme bien d´autres choses, la différence entre l´accès à ces technologies, ici et ailleurs, crée des clivages sociaux. Ainsi, en arrivant au Canada, de nombreux immigrants se retrouvent confronté à un milieu du travail qui exige qu´ils aient une bonne connaissance des TIC. On ne peut plus fonctionner sans machines, sans ordinateurs, ne serait-ce que pour envoyer un C.V. et pour communiquer entre nous. Si au Québec de nombreux enfants tombent dans l´informatique lorsqu´ils sont encore aux couches, d´autres partout dans le monde ont à peine accès à l´école. Ces gens qui viennent aux ateliers ont autant à apporter qu´à apprendre. Je voyage à travers eux, à travers leurs expériences. C´est cet échange qui me nourrit. Je leurs apprends à utiliser une machine, ils m´apprennent l´humanité.
J´enseigne les bases de l´informatique, mais à mes yeux, ma mission est beaucoup plus large. L´ordinateur se doit de demeurer un outil. À l´heure où nous passons le plus clair de notre temps devant des machines, il demeure essentiel que nous n´oublions pas que derrière il y a un être humain et que c´est d´abord lui qui compte. Aujourd´hui, j´ai appris qu´une participante au CACI avait obtenu une entrevue et peut-être un boulot grâce aux ateliers d´Internet. Hier, deux des participantes (nouvelles à Montréal) sont devenues amies à la suite d´une activité où elles ont échangé des courriels. Comment ne pas réaliser l´importance de ce que l´on fait devant de telles évidences.
Marie-Eve
Animatrice de Communautique
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Catégories : Les formations, Les participants
Mots clés: communautaire, Internet
J´adore Internet et je me rends compte que j´aurais bien de la difficulté à me passer de mon ordi, ne serait-ce que quelques jours! Ce billet d´humeur ne constitue pas mon coming-out de geek qui voue un culte inquiétant à une machine, c´est plutôt un aveu de l´impact de ce réseau virtuel sur le quotidien (mon quotidien bien concret) et mon lien avec le monde, la culture, mes amis…
Je vais peut-être trahir mes propres limites en matière de TIC, mais je demeure bouche bée devant cet outil qui rend la dernière nouvelle d´un illustre inconnu qui vit en Papouasie tout aussi accessible que le dernier best-seller de Dan Brown (où enfin presque !).
J´adore Internet parce que ça me garde en contact avec ma famille et que ça me permet, entre autres, de suivre les périples trépidants de mon meilleur ami qui passe les trois quarts de sa vie dans ses bagages. Je n´utilise pas les chats ou les sites de rencontres pour me faire de nouveaux amis, mais le Web m´est d´une grande aide pour entretenir des relations avec mes proches qui se trouvent un peu trop loin. Je peux difficilement imaginer ce que seraient nos relations si nous n´avions pas ce précieux outil pour nous garder en contact malgré les kilomètres qui nous séparent.
J´adore Internet parce que ça me permet, même si je l´ai manqué à la télé en 1982, de m´émouvoir devant les goûts subtils et les décors intemporels de Lynda Tremblay, dans sa fameuse émission Décoration Lynda avec Lynda Tremblay. Non seulement, je peux en rire, mais je peux inviter tous mes amis à aller, eux aussi, regarder ces tristes moments de télé. Internet n´est donc pas si virtuel, c´est un réseau qui peut nourrir les relations… et les conversations de machine à café ! La famille Dion en sait quelque chose!
J´adore Internet parce que l´information qu´on y retrouve est tellement variée et que des personnes créatives ont profité de la démocratisation des moyens de production pour avoir une tribune qu´on leur aurait difficilement octroyée autrement. Je me retrouve ainsi à avoir accès, dans mon propre salon, aux dernières créations délurées d´une multitude de réalisateurs ou à mieux comprendre la réalité des personnes vivant dans la rue grâce à Homeless Nation.
J´adore Internet parce que les rumeurs contagieuses s´y propagent rapidement et que, même si j´ai souvent l´impression que ce n´est que la carrière de Paris Hilton qui en bénéficie ou les multinationales qui s´y infiltrent, plusieurs artistes émergents y ont trouvé leur compte. Les petites communautés qui s´y forment autour d´intérêts particuliers permettent le partage d´information et l´émergence de sous-cultures qui n´y sont pas écrasé par tout ce qui est mainstream. Des outils sont même créés pour favoriser les découvertes comme le site de musique Pandora.
J´adore Internet parce qu´il m´aide à accomplir des gestes tout simples de mon quotidien : échanger des documents au travail, trouver mon chemin avec Mapquest ou mon trajet sur le site de la STM , faire mes transactions bancaires en ligne, magasiner, trouver une nouvelle recette pour le souper, acheter de la musique, voir l´horaire du cinéma…
Bref, quand je réfléchis à la place qu´occupe Internet dans ma vie, je ne peux m´empêcher de penser à quel point ce monde virtuel parallèle a un impact sur la réalité. Mais est-ce que tout le monde peut en profiter ? Le sillon qui séparait, il y a quelques années, les technoriches et les technopauvres, se creuse ; il est désormais un fossé, allons-nous le laisser devenir un gouffre ?
Marie-Andrée
Coordonnatrice régionale à L’Avenue
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Catégories : Les billets d'humeur
Mots clés: Internet, médias
Salut chers animateurs et lecteurs,
Je suis animateur à l’Association des Ingénieurs et Scientifiques Haitiano-Canadiens (AIHC) du réseau Sud-Ouest depuis 4 mois maintenant et j’aime beaucoup mon travail.
Récemment, un des participants que je forme s’est dit découragé car il croyait qu’il n’assimilait pas assez rapidement l’information. Ma solution fut de raccourcir la durée de mon cours et de me concentrer sur deux leçons par session.
Depuis, il remarque son progrès avec enthousiasme. Je crois que la patience et la simplicité peuvent être utilisées dans une situation difficile d’apprentissage. Cela peut paraître comme évident, mais il est toujours important de le rappeler.
Je crois que nous avons tendance à prendre pour acquis que certaines personnes apprennent plus lentement que d’autres. C’est pourquoi il est important de s’adapter au rythme des participants. Faire cela requiert de la patience des fois, mais il vaut mieux que nos participants se familiarisent bien avec l’information qu’on leur transmet.
À, l’AIHC il y avait un mélange d’intérêts pour l’informatique. Certains voulaient savoir comment postuler pour un emploi en ligne, tandis que d’autres voulaient simplement apprendre à utiliser l’Internet comme outil de recherche. Je peux dire que ce fut une expérience enrichissante et valorisante.
Karl
Animateur du Sud-Ouest
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Catégories : Les formations
Mots clés: communautaire, Internet
Certains de nos animateurs ont travaillé cet été avec le projet Homeless Nation.
En poste chez Spectre de Rue et à la Maison des amis du plateau Mont-Royal nos animateurs ont pu soutenir les participants qui voulaient utiliser la plateforme qu’offre Homelessnation, et, en collaboration avec Gadget, ils ont aidé des participants à s’exprimer devant la caméra et à mettre leur petit film sur le web. En voici quelques exemples ici et là.
L’émission Enjeux diffusait il ya 2 semaines un reportage édifiant sur cette organisation. Je vous invite à le regarder en ligne.
L’ATSA (l’Action terroriste socialement acceptable) tient d’ailleurs son annuel État d’Urgence du 22 au 26 novembre prochain à la place Émilie-Gamelin à Montréal. 3 jours d’art, musique, cinéma, chansons etc. destinés à offrir bouffe et dortoirs aux sans-abris, mais aussi à nous sensibiliser à leur problématiques.
Caroline
coordonnatrice à Communautique
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Catégories : Le monde communautaire, Les participants
Mots clés: communautaire, pauvreté, ville
Depuis juillet, j’accueille une participante de 53 ans qui vient me voir chaque semaine. Elle est sans emploi depuis plus d’un an. Je me souviens très bien de notre première rencontre.
Mme. T. : Bonjour, j’aimerais que vous me montriez comment utiliser l’Internet et Excel, dit-elle avec empressement.
Moi : Bien sûr, voulez-vous prendre un rendez-vous pour cette semaine?
Mme. T : Ben, on ne pourrait pas commencer toute de suite? Comme ça je n’aurais pas à revenir.
Évidement, j’ai dû lui expliquer qu’on ne pouvait pas tout apprendre comment utiliser toutes les facettes/fonctions d’Excel et d’Internet en deux heures seulement. Tout d’abord, pour bien assimiler les notions de bases, il faut leur montrer par étape comment procéder et ensuite il faut de la pratique. Pas une tâche facile pour quelqu’un qui a très peu utilisé un ordinateur durant sa vie.
Comme j’avais une heure de disponible, je lui offre alors de passer aux commandes de l’ordinateur pour voir comment elle se débrouille. Je ressens une certaine nervosité chez la dame, je lui rassure que l’ordinateur est un outil facile à apprendre si on fait preuve de patience et qu’on fait un effort pour y pratiquer, tout comme dans les études. À la fin de notre session, elle me demande d’un ton inquiet si elle avait le droit d’y revenir deux fois par semaines. Je lui rassure que je suis disponible à tout les semaines et qu’elle était toujours la bienvenue pour d’autre ateliers d’initiation d’ordinateur.
J’ai appris beaucoup de choses intéressantes sur cette dame et nous avons forgé une relation amicale au fil du temps. J’ai eu l’occasion de l’accompagner dans la rédaction d’un C.V. et d’une lettre de présentation, dans la recherche d’emploi, dans l’apprentissage des outils d’Internet, etc. Il y avait des jours où elle venait me voir, découragée parce qu’un employeur lui avait refusé d’accorder une entrevue, car elle n’avait aucune formation, seulement un diplôme d’études secondaire et de l’expérience dans un peu de tout. Il y a une semaine, j’apprenais qu’elle s’est finalement trouvé un emploi en tant qu’agent de sécurité dans un hôpital. Je suis bien contente pour elle et quand je pense aux moments que j’ai passé avec elle, je me rends compte que je suis chanceuse d’avoir accès à une éducation gratuite (ou presque. ;p) et des parents qui m’encouragent à finir mes études dans un domaine que je désire.
On oublie souvent, mais avoir accès à une éducation est tellement primordiale si on veut pouvoir bien vivre dans ce pays. Malheureusement, nous savons que la réalité est tout autre, même au Canada. On ne met pas assez d’emphase sur l’encadrement auprès des jeunes pour ainsi faire aussi de la prévention du décrochage scolaire.
Quelques statistiques:
-53% de la population vit sous le seul de la pauvreté à Gatineau, la plus grande ville en Outaouais
-29% des jeunes décrochent les études au secondaire
Je n’ose pas m’imaginer en ce qui concerne le reste du Canada, mais lorsque vous avez des jeunes autour de vous, encouragez les à poursuivre, à persévérer dans leurs études. Chaque génération a un rôle à jouer dans la société; soutenir les autres et donner de l’espoir. En tant qu’animatrice, je suis fière de pouvoir encourager mes participantes dans tous ce qu’elles entreprennent.
Aude-Catherine
Animatrice de CDEC de Gatineau
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Catégories : Les formations, Les participants
Mots clés: communautaire, éducation, Internet, pauvreté, travail
Depuis que j’ai commencé à donner des formations dans des centres communautaires, j’ai remarqué que beaucoup de personnes âgées étaient intéressées à suivre les formations. Souvent celles-ci étaient découragées par des proches ou par des membres de leur famille en leur disant qu’ils ou elles étaient trop vieux pour commencer à apprendre à utiliser un ordinateur et que les nouvelles technologies telles que l’Internet était d’une nouvelle époque et qu’eux sont d’une autre époque.
Beaucoup sont venus aux formations avec des idées négatives pensant qu’ils ne pourraient pas apprendre à utiliser un ordinateur et encore moins l’Internet. D’autres sont exigeants avec eux-mêmes parce qu’ils pensent qu’ils ont la tête dure pour reprendre l’expression d’une de mes participantes à son endroit. Il est vrai qu’il est plus difficile plus des personnes âgées d’apprendre l’informatique parce que leur mémoire n’est plus de celle d’une jeune personne mais j’ai vu beaucoup de personnes âgées qui avec persévérance sont arrivées à envoyer un courriel à un de leur proche ou à clavarder avec un membre de leur famille qui vit dans un autre pays.
Une autre chose que j’ai constaté et que je trouve dommage c’est que beaucoup de vendeurs de gros magasins de grande surface, pour ne pas nommer leurs noms, vendent des systèmes informatiques aux personnes âgées qui ne correspondent pas à leurs besoins. L’image qui me vient en tête est celle de la madame qui venait au centre communautaire pour apprendre à envoyé un courriel avec un portable Dual Core 1Go de SDRAM. Non mais vraiment!!! Je pense aussi au Monsieur qui venait avec son portable Dual Core pour écouter de la musique et Clavarder avec son neveu qui habite en France.
Un autre aspect que j’ai remarqué en travaillant avec des personnes âgées est qu’il faut beaucoup les rassurer sur la navigation Internet. Par exemple : lorsqu’on leur enseigne le courriel et qu’on leur dit qu’il faut leur ouvrir un compte courriel avec Yahoo ou avec Hotmail, ils pensent vite qu’ils doivent payer un montant d’argent parce qu’ils associent le mot compte avec argent. Sinon, ils pensent qu’ils doivent donner des informations personnelles qui vont compromettre leur identité.
Malgré tous les obstacles que les personnes âgées ont à affronter pour apprendre à se servir d’un ordinateur, j’encourage ceux-ci et je lève mon chapeau à ceux qui ont le courage d’apprendre à se servir d’un ordinateur. Beaucoup d’entre eux le font parce qu’il sont conscients qu’ils doivent l’apprendre s’il ne veulent pas être marginalisés dans une société qui se développe dans le sens des nouvelles technologies. De nos jours, on peut devenir analphabète si on ne connaît pas l’informatique. Beaucoup de personnes âgées m’ont confié que les formations leur ont beaucoup servi ne serait-ce que par le fait que maintenant elles peuvent avoir une conversation avec leurs enfants ou avec leur petits enfants sur les ordinateurs ou sur l’Internet.
Ruben
Animateur de l’@venue
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Catégories : Le monde communautaire, Les formations
Mots clés: aînés, communautaire, Consommation, éducation, Internet