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Le fossé numérique

Le fossé numérique a une ambition : ramener l’humain au cœur des technologies. Vous y retrouverez les voix des participants aux différents projets jeunesse de Communautique qui résonneront dans le cyberespace citoyen. Alors faites comme nous, restez branchés… sur le monde!

L’?arbre (de Noël) qui cache la forêt

Encore ce matin, Mathieu Bock-Côté, pourfendeux bien connu du pluralisme fédéralo-canadien, y allait de sa petite éructation traditionnelle. À quoi peut-on résumer l´argumentaire? Sous la pression des pontes de l´égalitarisme à tout crin, le groupe majoritaire (lire : les québécois francophones de souche) serait amené, forcé, à abandonner des pans entiers de son histoire et de sa culture, sous peine de se voir taxé d´intolérance, voire pire. Cette litanie de pleureuse est bien connue; Bock-Côté ne fait ici que l´adapter à la saison du temps des Fêtes.

Mais de quoi est-il question exactement? Peut-on vraiment affirmer, sans rire, que la culture majoritaire est moins dominante aujourd´hui qu´il y a dix ans? Et s´il y a des secteurs où elle subit un recul, est-ce nécessairement au pluralisme d´en porter seul l´odieux? Si l´on songe, par exemple, à la lente érosion du fait français à Montréal, ne serait-ce pas plutôt à l´absence d´efforts soutenus à la francisation des immigrants qu´il faudrait en attribuer en partie la raison? Cela, que je sache, est le fait du gouvernement du Québec et non de Patrimoine Canada…

Il y a certes un point fondamental où je suis en accord avec lui, c´est celui d´un nécessaire équilibrage entre les demandes d´une infime partie de la population et la réponse qu´apporte la majorité à ces demandes. Sauf qu´en introduisant une scissure entre les « eux » et les « nous », Bock-Côté occulte le problème, peut-être à dessein. Il ne faut pas craindre d´opposer un refus à des demandes aussi minoritaires, telle que celle visant à remplacer Noël par une fête sans histoire ni attachement particulier à une culture donnée. Il s´agit là d´un simple exercice démocratique; si une majorité de la population est en faveur d´une valeur ou d´une mesure quelconque, telle l´égalité homme-femme par exemple ou la célébration de Noël comme fête chrétienne, alors qu´on la promeuve et la défende sans arrière-pensée. Le Québec est probablement l´endroit le plus respectueux des droits et de l´idéal démocratique et ce, depuis très longtemps, n´en déplaise à certains. Il ne serait que normal que l´on continue à défendre cet idéal. Qui oserait nous reprocher de le faire ?

Frédéric

Coordonnateur à Mourial

Catégories : Les billets d'humeur

Introduction au Little Burgundy?s Christmas spirit par le chicken curry

Sud-Ouest: Épisode 2
Grande salle de La Coalition de La Petite-Bourgogne, mercredi 13 décembre 2006, Party de Noël du Centre d’emploi de la Petite-bourgogne/ Little Burgundy Employment Center de Tyndale St-Georges, 17h14,température extérieure: 5 degré Celsius, température intérieure: 28 degré Celsius.

Les gens commencent à entrer, Darlene, réceptioniste-psychologue rock and roll and so sweet du Centre d’emploi de la Petite-bourgogne/ Little Burgundy Employment Center de Tyndale St-Georges contrôle l’affluence à la porte: ‘Tickets please!’

Tirant leçon des party de Noël des années passées, le comité organisationnel, composé de tout le staff du centre d’emploi, a décidé que cette année, ils allaient contrôler les entrées avec une pré-vente de billets pour s’assurer que la foule ne dépasse pas 150 personnes, excluant bien sûr le staff et les bénévoles, comprenant 14 personnes. Pour la modique somme de 3$, la communauté a accès à une petite bonbonnière de Noël, une piste de danse, un karaoké, un tirage de cadeaux de Noël et un souper des plus copieux, comprenant de la turkey, des atakas, du gravy, du chicken curry, du chicken barbecue, du jambon cuit, de la lasagne végé, du macaroni gratiné végé, du taboulé, de la salade de lentilles, de la salade grecque, de la salade de pâte, de l’humus, des pâtés, du fromage, des petits pains, du pita, de la baguette, de la salsa, des nachos, du vin blanc et rouge, des soda pop blanc, orange mais surtout noir, du gâteau de fête au chocolat, des nanaimos, du gâteau Reine Elisabeth, du gâteau à la crème glacée saveur oreo, du gâteau à la rasberry mousse, de la mousse au chocolat, des éclairs au caramel, des tartelettes au sucre et du café pouvant être accompagné de sucre blanc, de lait 2% ou de lait Carnation (les gens du centre d’emploi en raffole!) bref, un menu aussi diversifié que les gens présents.

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Même si les fourneaux s’activent pour garder le festin au chaud, l’atmosphère de début de soirée est un peu gelée, ayant pour tâche le service du repas et la sécurité du haut de mes 5′7′ et demi, 120lb et me demandant soudainement comment j’exprimerais mon autorité en anglais lors d’une intervention en situation de crise, je décide donc de troquer cette deuxième assignation pour une initiative personnelle: en barman je réchaufferai l’atmosphère! Je m’installe donc, vêtue d’un tablier (c’était l’uniforme staff) rouge et blanc, entre les deux vigniers de vin rouge et blanc pour servir nos deux grands cru de la soirée. Je me rends vite compte de l’importance de ma tâche quand je constate que le vignier de vin rouge se trouve dans le carton blanc et celui de blanc dans le carton noir, ce qui donna précédemment des verres de rosé aux non-innitiés. De verre en verre, rouge ou blanc, d’ailleurs on me demande à quelques reprises par lequel commencer et même de décrire le goût de chacun, requête probablement due à ma francophonicité unique en ces lieux, (j’ai d’abord joué le jeu en faisant ma grande connaisseuse de vignier jusqu’à ce qu’une dame, après avoir entendu un de mes conseils me commande un half and half white wine and seven up), l’atmosphère se réchauffe…

Tout s’enchaîne: le souper, le déssert, le karaoké, la danse, le tirage. Tout se déroule à merveille, sans nul besoin d’intervention du comité de sécurité. I knew it! Non! Je dois avouer que j’avais quelques appréhensions face à ce party de Noël. Depuis le début de mon stage, j’ai déjà été témoin de quelques démonstrations d’agressivité qui m’ont vraiment foutu la trouille. Little Burgundy/Petite-Bourgogne est reconnue pour jouer dur, un quartier qu’on dit solcialement fracturé, par l’absence de classe moyenne, la multiciplicité etnique, une population majoritairement anglophone et de plus en plus allophone dans un milieu dit francophone, ajoutez à cela, du chômage, quelques gangs de rue, de l’alcoolisme et réunissez 150 fragments qui proviennent de cette analyse socio-économique à un party de Noël où je me charge du bar; de quoi anticiper le pire, non? Mais rien du tout… enfin, oui, beaucoup, beaucoup de plaisir! Je crois que c’est assez connu comme concept: faire la fête, ça fait sortir le méchant!

À propos de Petite-Bourgogne, on parle souvent d’une ‘quasi absence de lieux publics de socialisation et d’infrastructures de services’, pourtant si ce party de Noël n’était pas là le meilleur exemple de socialisation communautaire dans un lieu public, organisé par des gens oeuvrant quotidiennement dans des infrastructures de services, je suis oenologue!

À suivre..

Audrey Dahl
Coordonnatrice régionale de l’IJ-PAC pour le Sud-Ouest

Catégories : Le monde communautaire

Travailler chez Alpha-sourd

Cet été, Communautique m’a envoyé travailler avec le centre Alpha-sourd de Montréal et de Longueuil. Je ne connaissais pas la langue des signes et peu de choses sur la communauté sourde en général. Depuis plus de 10 ans, le centre s’occupe d’alphabétisation. En effet, les sourds du Québec ont de graves problèmes à lire et à écrire. Le niveau moyen de lecture d’un étudiant sourd au niveau du secondaire se situe entre la 4ième et la 5ième année primaire. De plus, un grand nombre de personnes sourdes au Québec sont sans emploi en partie à cause de leur faible niveau d’éducation.

Les sourds du Québec étaient autrefois pris en charge par l’Église. L’Institut des sourds sur la rue St-Laurent en est un vestige. D’après le témoignage de certains participants ayant connu cette époque, les méthodes d’enseignement étaient des plus austères. Le langage des signes y était interdit et l’on exigeait des sourds qu’ils puissent lire sur les lèvres et parler, ce qui doit être un effort incroyable pour quelqu’un qui n’entend pas ce qu’il prononce.

Aujourd’hui, les techniques d’éducation des personnes sourdes ont bien changé. Il y a le LSQ, soit la langue des signes du Québec, qui est considérée par la majorité comme une langue à part entière qu’il faut enseigner. Le système d’éducation a changé mais les personnes sourdes connaissent toujours un taux d’alphabétisation faible. C’est là qu’Alpha-sourd intervient en donnant des formations pour lire et écrire en français et communiquer en LSQ.

Je m’occupais de leur C.A.C.I (Centre d’accès à internet) cet été à temps plein et cet hiver à temps partiel. Je me suis adapté rapidement en apprenant quelques bases de LSQ et aussi mais surtout en prononçant très bien afin qu’on puisse lire sur mes lèvres. En ajoutant des expressions faciales prononcées, la communication est devenue facile. Si pour quelque raison que ce soit on ne se comprend pas, on écrit sur un bout de papier et le tour est joué. Certains participants apprennent vite d’autres moins, ça dépend de beaucoup de facteurs. Le web est un outil puissant pour les personnes sourdes surtout lorsqu’on pense à la communication à travers les webcams qui permettent à deux personnes de signer en LSQ pour dialoguer. Plus la technologie sera rapide et puissante et plus l’image sera fluide et donc plus ce sera intéressant pour les personnes sourdes.

Cette expérience m’a sensibilisé aux problèmes que vivent une communauté que je ne connaissais pas avant. Alpha-sourd aide beaucoup de personnes à améliorer leurs conditions de vie en leur apprenant comment lire, écrire et plus encore. Ma contribution aura été de renforcer les capacités des participants à l’utilisation des NTIC. J’aurai appris beaucoup de cette expérience et j’ai compris qu’Alphasaourd menait un véritable combat contre l’exclusion et la pauvreté des personnes sourdes.

Pierre-Guy
Animateur de Communautique

Catégories : Le monde communautaire, Les formations
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Accès et communication

Je suis animateur de la Fédération québécoise des centres communautaires de loirsirs (FQCCL) et mon expérience s’est passée dans le Comité d’éducation aux adultes de la Petite-Bourgogne et de St-Henri (CEDA). Là, j’ai eu la chance de partager des connaissances sur l’informatique et surtout de connaître des gens prêts à apprendre l’utilisation d’un ordinateur comme outil dans leurs affaires et leur vie quotidienne.

Gens de tout âges, style, nationalité, arrivent pour se plonger dans le laboratoire avec une dizaine d’ordinateurs de telle façon que cet outil devient le moyen pour apprendre depuis les logiciels, la recherche d’emploi, faire un CV, jusqu’ à se tenir en contact avec des autres personnes soit par courriel électronique, messenger ou blogs. Il y a des utilisateurs qui ont accès à cette technologie seulement dans des endroits comme le CEDA.

L’opportunité d’être animateur nous permet de partager nos connaissances et en même temps les gens nous transmettent leur envie de comprendre la technologie pour l’utiliser de façon à obtenir des informations qu’ils vont employer selon chaque besoin.

Finalement la communication nous aide à mieux comprendre notre environnement et la technologie, dans la mesure où on la partage, à améliorer les chances des autres. Alors j’espère que la mission de Communautique pourra continuer.

Israel
Animateur de la FQCCL

Catégories : Le monde communautaire, Les formations
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Les personnages d’Hochelaga-Maisonneuve

Une minute passe, une heure, une formation à la fois, et tout à coup, c’est la fin de l’été. J’ai pu observer les jours allonger - et ensuite, raccourcir - l’été s’est effacé pour faire place à la première neige. Juin est devenu Octobre, l’été est devenu automne, et 85 animateurs en sont devenus 15. Je me retrouve tout à coup en train de penser des cadeaux de Noël, et à à faire attention aux branches des arbres verglacés…ça passe vite !

Mon stage avec Communautique a commencé en Juin, quand j’ai commencé de travailler à La Puce Ressource Informatique, près du Métro Joliette à Hochelaga-Maisonneuve. La Puce c’est ‘un centre de ressources multiservice en informatique répondant aux besoins des particuliers et des organisations des milieux communautaire, associatif, syndical et de l’économie sociale.’ Pour la moitié de l’été, j’ai donné des formations à La Puce.

C’est un modèle de succès dans le milieu communautaire : un mandat et des buts créés pour aider des gens dans la communauté, un organisme efficace, organisé, et très professionnel. J’ai beaucoup appris en travaillant là, surtout sur comment gérer une organisme comme ça. J’ai pu apporter à l’équipe mes connaissances, mais pour la plupart, c’est eux qui m’ont enseigné, dans leurs approches à l’éducation, l’ ‘ empowerment ‘, et la gestion d’un organisme. Cet hiver, je partirai au Mozambique pour travailler avec un ONG, et c’est sûr que je vais utiliser toutes ces leçons là-bas.

J’ai également eu l’occasion de travailler dans un autre centre, avec une approche différente, mais aussi avec des résultats excellent. En août, j’ai commencé à travailler chez le PEC (Pavillon d’Éducation Communautaire), tout près de Pie-IX & Ontario (et près du Village des Valeurs pour ceux et celles qui le connaissent…).

Le PEC est une ancienne école secondaire transformée en un centre communautaire. Contrairement à La Puce, où l’accent est mis sur l’informatique, au PEC il y a plusieurs projets distincts: le Tour de Lire (un centre pour l’alphabétisation des adultes), une cafétéria ou les gens peuvent apprendre comment cuisiner et travailler comme caissier, radio CIBL, la radio communautaire, et bien sûr, le Centre Informatique.

Le PAC-IJ est beaucoup de choses: un centre de jour, un endroit pour l’apprentissage, pour jaser avec des amis, et pour naviguer sur Internet.

La clientèle au PEC est éclectique et variée: les gens viennent de partout dans le monde et du Québec. Dans les deux derniers mois, j’ai donné des formations au gens du Maroc, de l’Algérie, de la Somalie, du Mexique, du Chili, du Congo, du Rwanda, du Pakistan, et de l’Inde. En même temps, il y des gens du Lac St-Jean, d’Asbestos, d’Abitibi-Temiscamingue, de Baie Comeau, et de Montréal. Bref, c’est un groupe très divers. Depuis Juin, j’ai appris quelques mots d’arabe, de portugais, d’espagnol, et de somalien, et de français, bien sûr. Et ces gens apportent aussi une mine d’expérience : j’ai enseigné à des serveuses, des pâtissiers, des infirmières, un sculpteur, des chauffeurs de taxis, et des ex-soldats…

J’ai plusieurs souvenirs et caractères et personnalités que je garderai avec moi…

L’un de ces caractères c’est Gérald (non fictif). Il vient au PEC chaque jour, et il a peut-être 75 ans. Gérald habite dans un centre hébergement à Hochelaga-Maisonneuve, pas trop loin d’ici. Gérald, a perdu de nombreuses dents, mais porte quand même un sourire immense. Il est, à ce qu’on m’a dit, un orphelin de Duplessis. Gérard passe la plupart de la journée dans le centre informatique, en train de naviguer Google Images en cherchant des images pour ses présentations Powerpoint. Il me dit toujours ‘Saluuuuuuuuuuuuut Jo!’ quand il arrive.

Un autre caractère, c’est The Linux Man. Un québécois qui a environs 50 ans, il ressemble bizarrement à Saddam Hussein (mais avec un sourire beaucoup plus sympathique que celui du dictateur Irakien). Linux Man est extrêmement intéressé à Linux. Chaque fois qu’on se voit, il me pose des questions très très précises sur comment s’installer Linux, comment l’utiliser, comment le comparer avec Windows, même si je lui explique chaque fois que connais rien du tout sur le sujet. Et je l’aide à trouver des réponses en ligne.

À Hochelaga-Maisonneuve, nous sommes loin des couloirs du pouvoir. Mes amis qui travaille comme avocats, médecins, et journalistes dans les centres-villes de Montréal, Toronto, Ottawa, etc. me demande souvent qu’est ce que je fait à Hochelaga. Je leur explique que de travailler avec les gens c’est un travail extrêmement valorisant. Dans ce contexte, j’ai autant appris des gens que je leur ai enseigné.

Jonathan
Animateur de La Puce communautaire

Catégories : Le monde communautaire, Les participants
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Ntic au Niger

Du 03 au 06 novembre 2006, s’est tenue à Niamey, capitale du Niger la deuxième édition du Forum Social Nigérien qui réunissait plus de mille participants. En effet, ils étaient des centaines venues des quatre coins du Niger à débattre, penser, réfléchir à des alternatives face à une mondialisation néo-libérale et ses répercussion sur les secteurs sociaux tels que l’éducation et la santé.

Parmi les thèmes abordés tels que la bonne gouvernance, le VIH Sida, le droit à l’éducation, l’économie sociale et solidaire, la liberté de presse, la lutte des femmes, on retrouve celui des Nouvelles Technologies de l’Information et des Communications. En fait, trois ateliers ont été présentés sur ce sujet dont ‘ NTIC et Éducation ‘ et ‘ NTIC au service de la société civile ‘ Ateliers fort intéressant dans la mesure où la conclusion est sensiblement la même :les NTIC sont des instruments indispensables dans la lutte contre la pauvreté et sur lesquelles il faut mettre l’accent…Surtout dans un pays où l’indice d’accès numérique est de 0,004 %

Cet indice s’explique en partie par le coût élevé du matériel informatique, complètement incompatible avec le pouvoir d’achat des nigériens mais aussi par le manque d’infrastructure. Si Niamey est connectée à internet, on ne peut en dire autant des villes de l’intérieur du pays et ce, malgré un le plan de développement des infrastructure appellé le ‘ Plan NICI-Niger ‘ initié par le gouvernement.

En plus des coûts exorbitants du matériel informatique, les nigériens font face à un double problème quant à la connexion internet : non seulement est-elle des plus lente de tous les pays de la sous-région, mais elle est aussi des plus chère. Concrètement, ca veut dire quoi? C’est simple, pour une bonne(!) connexion internet, on parle ici de 300 000FCFA par mois ( avec Sahel Com, entreprise de communication) , ce qui équivaut à 550$ canadiens par mois. Dans un pays où le salaire minimum est de 50-60$ par mois. Non seulement la connexion est chère, mais le débit n’est jamais celui promis. Internet est lent, et si on choisit la connexion moins cher de 30 000 FCFA, environ 65$ canadiens par mois avec la Sonitel( compagnie nigérienne qui régit les ligne de téléphone fixe au Niger), le débit est encore plus lent, ce qui fait qu on ne peut avoir plus de deux ordinateurs branchés en même temps, puisque la connexion et le débit sont divisés par le nombre d’ordinateurs branchés.

S’approprier les NTIC devient donc difficile. C’est donc pour ces raisons et pour des raisons idéologiques que les logiciels libres font leur apparition au Niger. En effet, Mozilla, Ubuntu et Linux sont de plus en plus utilisés par les ong de la société civile. Mais ça ne résolue pas tout, encore faut il que l’équipement soit disponible. Quant à l’éducation, il ne faut pas se leurrer : la promotion et l’appropriation des NTIC ne peut se faire sans une forte campagne d’alphabétisation.

Cet espace de débat et de reflexion a permis aux acteurs de la société civile nigérienne de se retrouver et de travailler ensemble à un conscientisation des enjeux auxquels ils doivent faire face. Mais surtout, de croire qu’un Autre Niger est possible…

Sonia
Animatrice de Communautique

Catégories : Le monde communautaire
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Et de nouveau c’est fini!!!

Je suis animatrice à Communautique depuis l’été 2005. En février 2006, le programme PAC-IJ 3 s’est terminé à cause du manque de subventions et c’était triste de dire aux participants qu’ils ne pouvaient plus venir pratiquer l’Internet, faire leur cv, envoyer un courriel, apprendre l’utilisation de base d’un logiciel tel que Microsoft Word, Excel ou PowerPoint.

Mais quelques mois plus tard, plus précisément en juin 2006, le programme a recommencé et je suis retournée dans cet environnement chaleureux qu’est un centre communautaire. Le programme s’est très bien déroulé, beaucoup de participants sont revenus et des nouveaux participants ont eu la possibilité de recevoir ce type de formations et de commencer à se débrouiller tous seuls avec un ordinateur. Le centre était toujours plein et tout le monde était content. Donc, j’ai eu l’espoir que le programme allait continuer de façon permanente et que finalement la fracture numérique se réduise petit à petit. Mais malheureusement, comme les programmes passés, cette fois aussi le programme est de nouveau fini à cause du manque de financement malgré tous les efforts faits par les animateurs, les coordonnateurs du programme, les participants ou les responsables des centres pour convaincre le gouvernement fédéral des bénéfices que ce programme a apporté à la population.

Maintenant, le CACI de Communautique est le seul qui reste encore ouvert au public dans notre quartier, mais c’est vraiment difficile de faire face à la demande élevée. Beaucoup, beaucoup de gens veulent venir mais chaque participant a le droit à seulement deux rendez-vous par semaine à cause du manque de place bien sûr. C’est vraiment difficile de mettre des restrictions surtout que la majorité des participants sont débutants, et pour quelqu’un débutant, il est nécessaire de pratiquer beaucoup plus que deux fois par semaine.

C’est vraiment dommage que ce programme soit fini parce qu’il y a encore tellement de personnes qui ont besoin de cours d’initiation à la micro-informatique. Peut-être est-ce difficile à croire mais il y a encore beaucoup de gens pour lesquels l’ordinateur est quelque chose incompréhensible et intouchable. Ils n’ont jamais eu l’occasion de toucher un ordinateur et sans ce type de cours, probablement ils ne vont jamais l’avoir. Une autre catégorie de gens sont ceux qui, à l’aide de ces cours, ont une connaissance de base d’un ordinateur mais ne vont pas avoir la possibilité de pratiquer. En plus, beaucoup d’entre eux n’ont pas les ressources financières pour avoir un ordinateur à la maison et les bibliothèques offrent seulement une heure par semaine d’utilisation d’un ordinateur, ce qui n’est pas suffisant non plus. Donc petit à petit ils vont oublier la base et eux aussi devront recommencer depuis début.

J’espère que le programme va recommencer parce que c’est certain que beaucoup de monde sera très content, plus confortable et avec plus de confiance qu’ils peuvent aussi travailler avec un ordinateur.
Andreea
animatrice de Communautique

Catégories : Les formations
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Introduction au Sud-Ouest par induction socio-économique

Sud-Ouest : Épisode 1.
Quartier général de la Coalition de la Petite-Bourgogne, juillet 2006, vacances de la construction, 14h53, température extérieure: 37 degré Celsius, température intérieure: 6 degré Celsius

La porte de la Coalition s´ouvre, aperçu de la température externe sur ma nuque, puisque mon bureau, que Cynthia, coordonnatrice du Centre d´emploi de la Petite-Bourgogne/Little Burgundy Employment Center de Tyndale St-Georges et partenaire responsable de l´IJ-PAC dans le Sud-Ouest de Montréal, a trouvé dans les poubelles un bon matin qu´elle faisait son jogging, est tourné vers le sud. Je suis donc dos à la porte et me tourne chaque fois que j´entends les clochettes activées à l´ouverture de la porte.

Une fille entre et s´adresse à M., qui travaille parfois à la Coalition parce qu´il organise le Festival de la Petite-Bourgongne/Little Burgundy Festival:

« Veux-tu m´acheter un autre CD, this time c´est de la musique Latino ? 2$! »

M. : «Non, moi c´est le Reggea, I can´t! I can´t… un par jour that´s enough.»

«Come on, c´est pas cher!»

M.: «Demande à la fille à l´ordinateur… Adderey! Adderey, tu aimes la musique latino?»

Adderey, c´est moi, qui en fait s´appelle Audrey, coordo régionale de l´IJ-PAC qui s´occupe des CACI dans le S-O de Mtl, sous la tutelle du partenaire Tyndale St-Georges :Centre d´emploi de la
Petite-Bourgogne/Little Burgundy Employment Center, qui lui est sous la tutelle de Tyndale St-Georges Community Centre, mais que moi, mon bureau est au Quartier général de La Coalition de la Petite-Bourgogne Quartier en Santé, table de concertation des milieux communautaires de Petite-Bourgogne/Little Burgundy:

« Non merci! » je lui réponds.

Elle me demande d´un ton vexé : «Tu aimes pas la musique Latino?»

«Euh.. non c´est pas ça….» Et là je lui mens : «je n´écoute pas de CD…. Euhhhh que des MP3….»
Comme je combats la fracture numérique et que je passe pour la geek du bureau, ça paraissait bien comme réponse, mais très loin de la vérité puisque mon ordinateur n´a pas de carte de son et encore plus bas technologiquement parlant, je dois posséder beaucoup plus de cassettes que de CD.

Elle insiste et M. lui demande pourquoi elle a autant besoin d´argent aujourd´hui et elle répond : « J´ai envie de boire! »
Il conclue : « Au moins c´est franc! »

Franc, certe, mais surtout pathétique. Cette anecdote n´est
malheureusement pas un cas isolé, mais bien une réalité qu´on retrouve trop souvent, ici, dans le Sud-Ouest… L´arrondissement comprend La Petite-Bourgogne, Pointe-Saint-Charles, Ville-Émard, Saint-Henri et parfois, selon les ministères, Verdun et selon le réseau de CACI qui m´a été affecté, Ville Lasalle. Le Sud-Ouest, excluant Verdun et Ville Lasalle, cette fois d´après la ville de Montréal, s´étend sur 13,52 km carré et compte 66 474 habitants, ce qui fait une moyenne de 5572 têtes par kilomètre carré, une densité plus importante que la moyenne de la Ville de Montréal. Parmi ces habitants on retrouve 16 725 familles dont 29% sont monoparentales, le plus haut taux de monoparentalité de la Ville de Montréal. 38% de la population des 15 à 24 ans ne fréquente pas l´école, le Sud-Ouest affiche ainsi le taux le plus faible de fréquentation scolaire à Montréal pour le groupe des 15 à 24 ans. 26% de la population est propriétaire,comparativement à 36% pour la Ville de Montréal. Le revenu total moyen de la population était en 2000 de 22 351$, ce qui est inférieur à la
moyenne montréalaise, qui est de 28 258$. Le taux de chômage atteint 11,6%, soit 1,4% de plus que la moyenne montréalaise. Activité économique dominante : résidentielle!

L´arrondissement du Sud-Ouest est au 3ième rang des revenus de ménage les plus bas sur les 27 arrondissements de la Ville de Montréal. Et Petite-Bourgogne où se trouve le Little Burgundy Employment Center, dans lequel on retrouve un CACI de 14 ordinateurs accessible à la « Community », et la Coalition de la Petite-Bourgogne, dans laquelle se trouve mon bureau, est dit-on le quartier avec la plus forte concentration de HLM au Canada, cost to cost, ad mare usque ad mare. (Il y a aussi beaucoup de « satellite dish » mais n´ayant trouvé aucun statistiques à ce sujet, je me dis que 40 balcons, chacun munis de sa « satellite dish », alignés côte-à-côte, donne un effet de concentration qui peut être quantitativement trompeur.) D´aillleurs, La Coalition est située juste en dessous d´un HLM de 24 logements qui fait partie des non moins célèbres îlots Saint-Martin.

Ok, on récapitule: en desous des îlots St-Martin, tel un petit centre commercial avec des portes donnant sur l´extérieur, on retrouve de gauche à droite, porte à porte : Le Garde-Manger pour tous, une Histoire sans faim, le Centre d´emploi de Petite-Bourgogne/Little Burgundy Employment Center Tyndale St-Georges, la porte de la grande salle de la Coalition de La Petite-Bourgogne, La Coalition, Tyndale Treasure, une friperie
qui sert de plateau de travail pour les groupes en fromation
d´employabilité du Centre d´emploi, le landromat et BUMP:Burgundy urban mediation project, tous composent la façade rez-de-chaussé des îlots St-Martin et sont reliés par un corridor d´où les gens des différents organismes se rencontrent quand ils vont aux toilettes ou quand ils circulent d´un organisme à l´autre, comme c´est souvent mon cas, puisque je travaille avec le Centre d´emploi de Petite-Bourgogne/Little Burgundy Employment Center Tyndale St-Georges, mais que mon bureau se trouve dans la Coalition de La Petite-Bourgogne. Le Centre d´emploi déborde de vie, mais pas d´espace, c´est pourquoi j´ai été gentiment accueillie à La Coalition… comme tout le monde d´ailleurs!

La Coalition est un petite pièce à aire ouverte où on va et vient sans cesse pour des réunions, pour utiliser le téléphone, pour avoir du change pour le landromat juste à côté, pour avoir un bac vert, pour parler à l´éducatrice en charge des personnes aux prises avec des déficiences intellectuelles et qui sont présentement en stage d´intégration de milieu de travail, ici à la Coalition, pour parler à Vicente Perez, le chef d´orchestre de la Coalition, pour faire signer des pétitions, pour aller au Garde-Manger « Euh, non, pas ici, troisième porte à droite! »,
pour saluer Barry, le réceptioniste et gentleman britannique, pour réserver la salle de la Coalition où on danse le tango, devant laquelle on distibue des bonbons d´Halloween aux jeunes du quartier, où on habrite les enfants du camp de jour de l´Association des Voisins du parc Cambell quand il pleut, où on célèbre la messe de l´Église Évangélique des soldats de Jésus-Christ, où on vaccine contre la grippe, où les dames
retraitées de Studio Plus s´affairent à leur pinceau et créent, où on 5 à 7 le départ d´un collègue de travail, où le club Énergie, composé de jeunes de 8 à 10ans dancent le breakdance, chantent ou jouent des percussions, où on donne des ateliers d´employabilité, où on fête Noël avec l´annuel souper des Fêtes, organisé pour la communauté par le Centre d´emploi de Petite-Bourgogne/Little Burgundy Employment Center Tyndale
St-Georges, bref, où un espace et des services sont offerts par le milieu communautaire et pour la communauté. Un espace où on peut aussi tenter de vendre des CD pour se procurer un peu de baume sur sa souffrance, mais surtout, un espace et des services où on peut tenter de se doter des outils nécessaires pour se construire une qualité de vie indépendamment de tous les statistiques socio-économiques associés à notre milieu de vie.
À Suivre…

Audrey Dahl
Coordonnatrice régionale de l’IJ-PAC pour le Sud-Ouest

Catégories : La vie de quartier, Le monde communautaire
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