inicio sindicaci;ón

Le fossé numérique

Le fossé numérique a une ambition : ramener l’humain au cœur des technologies. Vous y retrouverez les voix des participants aux différents projets jeunesse de Communautique qui résonneront dans le cyberespace citoyen. Alors faites comme nous, restez branchés… sur le monde!

L’art dénaturé (2e partie)

Les artistes techniciens
Les artistes qui ont adopté les nouvelles technologies comme moyen d’expression artistique se sont vu dans l’obligation de plus ou moins maîtriser leurs rouages et devenir ainsi des techniciens. L’acte de création seul ne suffit plus : l’artiste doit maintenant apprendre à connaître la machine et à s’en faire une amie. Il doit (plus ou moins) comprendre son langage, son fonctionnement et les lois mécaniques, chimiques et/ou numériques qui la régissent. Avant d’aller plus loin, il serait ici important de faire la distinction entre la technique et la technologie. Les artistes, qu’importe qu’ils soient musiciens, peintres où autres, utilisent certaines techniques qui sont le fruit de leurs apprentissages ou de l’enseignement qu’ils ont reçu. Ces techniques artistiques n’ont ici rien à voir avec le terme de technicien. J’entends plutôt par ce terme les connaissances techniques de celui qui utilise la machine comme médium. Parce que les machines, quelles qu’elles soient, sont complexes et nécessitent au moins une connaissance de base pour pouvoir être maîtrisées.

Il est certes vrai que chaque nouvelle technologie tant à évoluer en facilité. Nous n’avons qu’à penser à l’évolution des caméras photographiques et cinématographiques. Au début, leur usage était des plus complexes avec des contrôles uniquement manuels. Tout c’est peu à peu automatisé, et avec l’avènement du numérique il est maintenant possible pour quelqu’un qui n’a aucune connaissance de base de créer des pièces de valeur. La réalité est que tout tend à se vulgariser, à devenir « user friendly ». D’une certaine façon, cela a un effet positif en ce que cela démocratise l’art, le rend accessible (Il faut aussi noter que tous ces nouveaux outils ont aussi une multitude d’autres utilités sans lien avec l’art proprement dit). Il demeure cependant que pour un artiste d’expérience qui connaît son médium et qui, comme on l’a vu, veut dépasser les limites du possible, innover et être original dans son art, d’utiliser les contrôles manuels en photographie par exemple est un moyen plus efficace d’atteindre cette singularité.

Dans le monde industriel d’aujourd’hui, où tout semble déjà avoir été fait, où tout est au pluriel, ou le plagiat est chose courante et où l’art est au service de l’industrie : la maîtrise technique des machines par les artistes est souvent à l’origine des plus grandes innovations artistiques. Ce n’est cependant pas l’unique cause de leur originalité créatrice. Leur véritable origine se trouve, (et cela n’a jamais changé même avec l’avènement des technologies), dans LES IDÉES. Un grand technicien sans idées n’est pas pour autant un artiste. Et c’est ce qui fait la force des artistes; ce qui fait que la machine n’est pas prète de les remplacer. Mais cet apprivoisement des techniques des machines par les artistes est aussi à l’origine de l’un des plus grands fardeaux éthiques de l’artiste d’aujourd’hui: se faire payer, ou refuser d’être payé, pour ses qualités de technicien. Ce n’est qu’un des innombrables malheurs des sociétés capitalistes qui engendrent la contradiction par nécessité.

à suivre…

Marylin
Animatrice l’@venue

Catégories : Les TIC
Mots clés: ,

L’art dénaturé (première partie)

Si l’on recule dans le temps assez loin pour voir les premières grottes peintes, on remarque que les premiers artistes n’avaient aucune technologie pour accomplir leur art. S’enduisant les mains de pigments de couleur, ils appliquaient leurs mains sur les murs d’une grotte, laissant la trace de leurs vies passées. Si le résultat de cet acte peut sembler désuet, il n’en diminue en rien sa valeur. C’était de l’art « naturel » à sa plus simple expression : Une idée. Une main agile. Un médium naturel…C’était l’aube d’une aire où l’artiste serait considéré par ses pairs comme un magicien privilégié par la nature, seul maître de son art; c’était l’aube d’une longue période d’indépendance.

Des milliers d’années plus tard, les transformations extraordinaires apportées par la science bouleversèrent cet état naturel. Car avec les nouvelles découvertes scientifiques arrivèrent de nouvelles technologies. De nouvelles machines, qui, en plus de meubler l’imaginaire des artistes qui trouvèrent en elles une nouvelle source d’inspiration, viendront complètement bouleverser leur univers dans la pratique, changeant leurs talents naturels en pratiques artificielles. Deux inventions d’importance (parmi d’autres) sont à la source de ce grand boulversement : La photographie & le phonographe. Les artistes visuels qui jusqu’alors étaient les seuls à pouvoir imager le monde voyaient leur univers basculer par une nouvelle technologie faite d’optique et de chimie possédant l’incroyable capacité de recréer des images de la réalité (pouvoir que l’imprimerie ne possédait pas).

Alors que certains artistes perçurent la photographie comme une menace, d’autres se l’appropriaient comme medium. Les musiciens quant à eux pouvaient maintenant emprisonner leurs sons jusqu’alors éphémères dans un médium matériel. Merveilleux? Oui. Mais ce nouveau pouvoir de reproduction laissait planer, tout comme la photographie, une menace évidente : la menace de l’art en série, de la copie, de l’absence d’originalité.

Comment contrer cette menace? Se demandèrent-ils. En repoussant les limites de la machine, en la défiant, en lui faisant accomplir des tâches qu’elle n‘était pas supposée faire, mais aussi, et surtout, les artistes devaient retrouver leur originalité propre, leur individualité amoindrie par l’acte de reproduction. La machine les fit, et les fait toujours, se dépasser ; elle leur permet de réinventer l’art à chaque jour, car cette technologie elle, ne cesse d’évoluer. Elle évolue si vite que, souvent, certaines technologies disparaissent avant même avoir fait l’archivage de ce qui s’est fait avec elle. Car il ne faut pas oublier que tout progrès technologique possède son lot de dégâts.

L’évolution de l’art est donc maintenant étroitement liée à l’évolution des sciences, créant ainsi une coopération entre artistes et scientifiques. Deux entités qui apparaissaient à première vue, diamétralement opposées. L’un, le scientifique, voulant comprendre et expliquer le monde naturel pour pouvoir mieux le contrôler; et l’autre, l’artiste, voulant le réinventer à sa manière. Ainsi, l’insatiable soif de création des artistes est devenue une motivation, une nouvelle raison (autre que le contrôle de la nature) à l’innovation technologique.

à suivre…

Marylin
Animatrice l’@venue

Catégories : Les TIC
Mots clés: ,

Festival écolo de Montréal

C’est en fin de semaine que se tient la 3e édition du Festival écolo de Montréal. Sous le thème « Une explosion d’énergie », les Montréalais sont invités à venir profiter de deux jours d’activités gratuites et à découvrir, proposer ou échanger des solutions ! L’événement se tient cette année au Parc Sir-Wilfrid-Laurier.

Affiche Festival Écolo de Montréal

Ne manquez pas cette occasion pour affichez vos couleurs (vertes).

Catégories : L'environnement
Mots clés: , ,

Techno-Écolo célèbre ses premiers diplômés

Les premiers finissants du projet Techno-Écolo ont officiellement reçu
leur diplôme le 24 août dernier lors d’un cocktail en leur honneur. Cinq participants ont été couronnés lors de cette cérémonie.

À la fin du projet, les jeunes sont repartis avec les ordinateurs qu’ils ont eux-mêmes remonté à partir de pièces recyclées et sur lesquels ils ont installé les logiciels de base. Ces jeunes sont maintenant outillés pour poursuivre leur cheminement au travail ou sur les bancs d’école tout en étant branché sur le monde.

Toutes les personnes présentes ont tenu à souligner leur effort d’intégration et leur contribution au développement durable de la ville.

Remise de diplômes Techno-Écolo

Première rangée: Geneviève Hallée (animatrice), Mayckoll Coronado (animateur), France Boivin (participante), Jessie Turgeon (participante), Mary Devos (conseillère municipale de Parc-Extension)

Deuxième rangée: Nicolas Debrosse (participant), Elhadji Mamadou Alidu Diallo (participant), Nathalie Filion (intervenante), Vivian Barbot (députée de Papineau Bloc Québécois), Anie Samson (maire de l’arrondissement Villeray-St-Michel-Parc-Extension)

Troisième rangée: Joël Chagnon (participant), Pascal Landry (animateur), Gerry Sklavounos (député de Laurier-Dorion Parti libéral du Québec)

Félicitations à tous les participants!

Marie-Eve

Catégories : Les participants
Mots clés: , ,

Les visages de la fracture numérique

Début septembre, l’été est terminé pour moi et je retourne à temps plein dans un environnement universitaire à la fine pointe de la technologie. Technologie qui, je le réalise maintenant, fait partie de ma vie intimement. C’est le cas depuis si longtemps et de façon si complète que je ne pourrais pas dire à quel moment cela a vraiment commencé, à quel moment les technologies de l’information ont cessé d’être magiques et mystérieuses pour devenir simplement banales. C’est une chance énorme que j’ai eue. Il est probable que j’aurais toujours considéré cette richesse comme acquise pour tous, sans me poser de question, si je n’avais pas eu l’occasion de constater par moi-même le contraire. Il est si facile de se faire une idée fausse de la réalité que c’en est épeurant.

Il y a beaucoup de gens pour qui les technologies de l’information sont loin d’être un acquis…
Il y a deux mois j’aurais fait « Cela ne peut pas rester comme cela » avec indignation et j’aurais rapidement pensé qu’il faudrait faire quelque chose pour contrer cela et regarder des solutions. Quelques heures après j’aurais probablement rangé ce problème de société avec tous les autres troubles dans le monde entre le sous-financement de toutes nos institutions sociales et les guerres outre-mer. En fait, probablement plus loin, parce que ces problèmes ont une visibilité importante et sont d’actualité. La fracture numérique est actuelle mais pas dans les actualités. Même celles qui parlent de technologie négligent ce fait et se concentrent sur à quel point il est de plus en plus facile d’être branché en permanence. Socialement, nous souffrons de trouble aigu de l’attention et donc un problème endémique ne retient notre attention que ponctuellement et est rapidement oublié.

Lorsque j’ai été engagé à Communautique pour être animateur dans le milieu communautaire, j’avais une idée de ce que j’allais faire, mais je ne savais pas vraiment. Bien sûr, avant même d’être engagé, j’avais parcouru les informations sur la fracture numérique. Mais je demeurais sceptique, les données étaient quand même passablement âgées pour un domaine qui évolue si rapidement. Oui il y a problème, mais est-il si grave que ça? Les chiffres sont de merveilleux moyens de quantifier de l’information, mais ce ne sont que des chiffres. Il est facile d’oublier que derrière chaque unité se trouve un visage, donc le problème reste impersonnel, purement une création cognitive.

C’est là que mon expérience à Communautique a commencé. Comme toute expérience, il y a de bons et de difficiles moments. C’est grâce à mes participants que je l’ai vécue. Chacun d’entre eux ont des histoires différentes, des raisons différentes pour venir se familiariser avec l’informatique. Mais, que ce soit avec leur émerveillement face à la moindre découverte sur Internet ou encore en voyant l’incompréhension faire place à la compréhension dans leurs yeux, ils m’ont tous fait comprendre que mon travail était apprécié et important. Maintenant, je sais que la fracture numérique est réelle. C’est l’analphabétisme du XXIe siècle. À un moment où on se bat pour l’accessibilité à tous, pour conserver un système de santé public de qualité et pour que l’éducation de haut niveau reste une possibilité pour tous, pouvons nous permettre de créer un clivage encore plus insidieux dans notre société? Ceux qui ont accès à l’information et ont un droit de parole et… les autres?

La fracture numérique a un visage humain. Je l’ai compris avec chacun de mes participants que je remercie aussi chaudement qu’ils m’ont remerciés à chacune des formations que j’ai données ou questions auxquelles j’ai répondues. Merci!

Alexandre
Animateur Communautique (CRAC et CGE)

Catégories : Les billets d'humeur

Société en réseau (seconde partie)

Facebook, le « pet sematary » du 21e siècle.

La nouvelle expérience sociale web qui vient de faire apparition, Facebook, est une autre manifestation de super réseau d’intercommunication mondial, où chacun des êtres humains peuvent médiatiser leurs existences. Facebook fait suite à Youtube et Myspace, qui comme ce dernier, permet à l’individu de partager autant son univers créatif que les détails de son individualité. Or, je m’interroge sur les effets à long terme de ces nouveaux outils de communication. Premièrement, une des choses que permet Facebook, c’est de retrouver des contacts perdus de vue. Que se produit-il quand toutes nos relations oubliées refont surface ? L’effet bénéfique qu’il peut y avoir à renouer avec son passé, c’est de pouvoir faire une autoanalyse de soi. Se remémorer des événements de notre vie et les impacts qu’ils ont eux sur nous pour nous permettre de mieux comprendre qui nous sommes aujourd’hui. Mais à travers cet avantage, Facebook devient un genre de « pet sematary », pour reprendre un titre de Stephen King. Dans ce roman, quand le protagoniste enterre des êtres chers décédés, ceux-ci reviennent à la vie, mais ne sont plus du tout les mêmes. Si nous perdons contact avec des gens, c’est qu’il y a une raison, nous évoluons, changeons et nous approchons d’un cercle d’amis avec qui nous partageons un plus grand nombre de valeurs. Vouloir retrouver tous ceux qui ont traversé nos vies, c’est comme si nous cherchions à agencer tous les styles vestimentaires qui marquent une strate de notre existence pour en faire un habit qui envoie une image de nous plutôt floue, voir paradoxale.

Je me permets aussi de regarder Facebook comme l’hôte d’un monde d’intemporalité, un monde où nous devenons notre propre paparazzi exposant une fiche technique de qui nous sommes. Facebook nous réduit à nous exposer par des statistiques qui nous rendent comparables à nos héros du hockey qu’on collectionne avec des séries de cartes. Si nous questionnons parfois l’état de nous enclaver de plus en plus dans une société aux odeurs de « big brother », je commence à croire que nous nous « big brotherisons » les uns les autres en exposant librement les penchants de notre vie sociale à tout le monde. Nous médiatisons nos expériences humaines sur des plateformes réticulaires virtuelles, laissant l’essence de nos vies se résumer par des octets.

Pourquoi ce besoin psychologique d’appartenir et de s’affirmer par l’hyperexposition ? Est-ce là un besoin de créer son propre « star système » ? En virtualisant de plus en plus nos expériences sociales, soit par motif de les élargir où par désir d’être constamment et facilement en relation avec l’autre, nous diluons notre propre personnalité pour nous tenir en lien avec le plus grand nombre. À vrai dire, je trouve que Facebook est le parfait instrument de la déconsidération que la richesse des personnalités d’autrui peut nous offrir, car, il place l’individu comme un objet standardisé à la connexion et l’exposition plutôt qu’à la reconnaissance de son unicité. Je ne veux tenir un propos alarmiste et dire que Facebook est un instrument qui va démolir l’essence nos interrelations et de nous-même. Je vois aussi un grand avantage à cet outil, soit celui de partager avec d’autres. Mais nous vivons dans un monde où vivre de nouvelles expériences devient un capital plus important que celui de posséder. Cette tendance à vouloir tout goûter ce que le monde peut nous offrir éveil en nous le désir d’être partout, pour tout vivre, même l’univers des autres.

Dans Facebook, il y a une curieuse possibilité d’amasser un grand nombre de contacts sur notre espace tout en brouillant les frontières entre ce qui nous est propre et ce qui appartient à autrui, car, nous exposons une liste de contact, « notre réseau social », peuplé parfois d’individus qui n’ont pas de lien intrinsèque avec nous. Nous finissons par nous connecter sur un réseau partagé avec certains gens à la conscience contradictoire à la nôtre. Qu’est-ce qui résulte de tout ceci ? Rien, si ce n’est qu’une fenêtre fermée pour pouvoir communiquer avec un grand nombre d’individus et une pression externe d’élargir nos moyens relationnels avec l’autre, nous rendant un peu plus protéiforme.

Pascal
Animateur Techno-Écolo

Catégories : Les billets d'humeur
Mots clés: ,