J’ai pu aider bien des gens qui ont eu besoin d’aide et donner des cours et du support. Ça été un succès! De plus, nous offrions un service de réparation, de mise à jour, de nettoyage et nous enlevions les virus qui contaminaient bien des ordinateurs. En général, les Sourds qui réussissent à se payer un ordinateur n’ont pas les moyens de payer des réparations, mise à jour, etc. et ils ont beaucoup de difficultés à expliquer au technicien qui répare quel est leur problème, ici nous pouvions offrir le service professionnel puisqu’un de nos stagiaire avait une très bonne formation en informatique (4 années) et moi j’étais moins bon mais je pouvais servir d’interprète et j’avais plus de facilité à expliquer les problèmes autant aux Sourds qu’à notre technicien, donc nous faisions une bonne équipe. Le service était très apprécié car nous avons certains membres demeurant à Montréal qui ont profité de notre service.
De plus, les Web-cam, surtout celle sur pied qui est plus spéciale car elle suit les mouvements de la personne et on peut changer notre apparence était très appréciée des Sourds car les Sourds sont dans 65 % des cas analphabètes et aiment beaucoup plus communiquer directement en langue des signes qu’en écrivant sur MSN. Nous avons même communiqué avec le service de vidéo-conférence avec des Sourds chinois, ce fut une expérience enrichissante par contre le chinois signé est aussi difficile à comprendre que le chinois parlé Ha ! Ha!
Nous espérons qu’Industrie Canada continuera à aider financièrement les cafés internet comme le nôtre car il contribue grandement à briser l’isolement des Sourds, ce qui est leur pire problème car dans aucun autre endroit qu’ici, ils peuvent avoir des tels services, soit des services dans leur langue et donnés par des gens vivant le même handicap, souvent ils venaient pour communiquer avec des amis de l’extérieur mais en général ils venaient pour pouvoir jaser dans leur langue.
Stéphan
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Pendant trois mois j’ai donné des formations d’initiation à l’informatique aux personnes inscrites en alphabétisation au Comité d’Éducation Populaire de la Petite-Bourgogne et de Saint-Henri (CEDA). Incroyable mais vrai : l’analphabétisme est toujours présent dans nos sociétés occidentales qui sont supposément développées.
À regarder les données statistiques concernant les personnes analphabètes, il ne s’agit malheureusement pas d’un phénomène marginal. Pourquoi un Programme d’accès communautaire à l’informatique destiné aux personnes handicapées et/ou analphabètes? Pour répondre à cette question trois mois à côtoyer des personnes en processus d’alphabétisation dans un laboratoire informatique d’un centre communautaire a amplement suffit à répondre à cette question : parce que c’est ESSENTIEL! Et oui, mesdames et messieurs les fonctionnaires de l’Industrie Canadienne, des gens ne savent toujours pas se servir d’un ordinateur en 2008 et des gens ne savent toujours pas lire ce que je suis entrain de vous écrire en 2008, et ce, d’une mer à l’autre dans un pays appelé le Canada.
Il ne faut pas se méprendre, l’alphabétisme n’est pas un préalable à l’informatique. Bien au contraire, l’informatique aide à tracer la voie vers l’alphabétisme. Au cours de mes formations j’ai découvert que certains participants arrivaient mieux à lire sur un écran d’ordinateur que sur une feuille de papier, que l’Internet regorgeait de ressources pour l’alphabétisation, qu’un logiciel de traitement de texte, même s’il représente un mur infranchissable pour certaines personnes se transforme en motivation pour écrire pour des gens pour qui la composition était le mur infranchissable.
Je pourrais vous faire une liste exhaustive des bienfaits de l’informatique pour l’alphabétisation mais là n’en est pas le but. Le but de ce texte est pour vous dire à quel point j’ai apprécié l’opportunité offerte par le PAC-AH et à quel point je déprécie que ces programmes ne fassent pas partie de la priorité de nos gouvernements. Un programme de 10 mois qui offrent à des jeunes une expérience de travail enrichissante tout en leur faisant découvrir le milieu communautaire et qui offre des formations informatiques à des gens qui en ont vraiment besoin, quelle belle combinaison!
Il existe quelques sombres prédictions quant au fossé numérique qui se creuse et qui produit une nouvelle forme d’analphabétisme surnommé «analphanumérique», et bien, demandez à mes collègues PAC-AH et IJ, il ne s’agit pas de prédictions, il s’agit d’une réalité qui se déroule déjà sous nos yeux. Malheureusement, ce n’est pas avec une subvention qui soulagera le bobo pendant 10 mois qu’on pourra stopper l’hémorragie. Qu’attendez-vous pour faire des PAC-IJ et AH des programmes à financement récurrents?
Audrey
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