Le fossé numérique
Le fossé numérique a une ambition : ramener l’humain au cœur des technologies. Vous y retrouverez les voix des participants aux différents projets jeunesse de Communautique qui résonneront dans le cyberespace citoyen. Alors faites comme nous, restez branchés… sur le monde!
Quand j’ai commencé avec le programme IJ-PAC, je ne savais vraiment pas à quoi m’attendre. En effet, j’étais très inquiète lorsqu’on m’a dit que ma première vraie formation serait avec une douzaine d’aînés. Une douzaine! Je ne pensais pas être capable de réussir avec un si grand groupe. Serai-je capable de surmonter la gêne de parler devant un grand groupe d’adultes? Serai-je capable de formuler des cours appropriés et intéressants? Et si j’avais des participants qui ne comprenaient pas du tout et d’autres plus rapides qui s’ennuyaient dans ma classe?
Après quelques cours, j’ai trouvé que tout s’est arrangé. Maintenant, j’attends mes formations avec mon grand groupe avec impatience puisqu’on s’amuse tellement! Peu importe ce qu’on fait, tout le monde s’y intéresse. Un de mes participants me confie que c’est la découverte d’un univers complet pour lui et il est tellement dévorant des connaissances en informatique que je ne peux pas répondre à toutes ses questions en classe. Il me parle maintenant qu’il veut défaire un ordinateur comme il faisait avec des radios dans son jeune temps. Je suis soulagée que les formations si nombreuses soient une réussite puisque les participants en parlent avec leurs amis (es) et chaque semaine il semble y avoir une personne de plus qui souhaite se joindre à nous.
Renée Allard
Animatrice IJ-PAC
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Catégories : Les formations
Mots clés: aînés, animation, communautaire, informatique, Internet
Été ‘74, Manuel Fierro est forcé de quitter le Chili pour venir s’installer en terre canadienne. Coordonnateur communautaire des quartiers pauvres de Santiago, il appelle au statut de réfugié politique après que des amis lui annoncent que les gaillards de Pinochet le recherche.
“La première chose que j’ai constatée lorsque je suis arrivé à Montréal, c’est qu’il y avait une grève sur la rue St-Denis. Et à ma grande surprise, il n’y avait personne pour casser la gueule des manifestants.”
Le premier boulot de Manuel fut à Radio Centre-Ville. “Je couvrais essentiellement les nouvelles du sport. Par la suite, j’ai occupé à peu près tous les postes pour finalement terminer directeur de l’équipe hispanophone.” Poste qu’il a occupé pendant 15 ans et qu’il tutelle aujourd’hui comme bénévole.
Après être tombé gravement malade en ’98, Manuel se résout à prendre sa retraite. Depuis, il oriente son travail sur la dénonciation de la violence dont sont victimes les gens du troisième âge.
Espiègle, Manuel raconte:
“Il y a beaucoup d’information sur le Web pour nous, les vieux, et il faut en profiter. Ce que j’aime, c’est vulgariser à la radio les textes que je découvre en surfant sur le Net.
Récemment, j’ai même appris à faire un blogue! Moi qui ne savais même pas de quoi il s’agissait il y a un mois! Je peux maintenant y copier-coller des textes et inviter mes auditeurs à s’informer davantage de leur situation. “
Mais ce qu’il y a de merveilleux, selon Manuel, c’est le rayonnement que la radio peut atteindre une fois diffusé sur le Web.
“Ma fille, qui habite en Norvège, me dit qu’elle m’écoute toutes les semaines avec ses enfants alors c’est aussi pour eux que je continue ce métier.’
Manuel Fierro est en onde tous les dimanches à 11h au 102,3 FM.
Vous pouvez l’écouter sur le web au www.radiocentreville.com
Pascal
Animateur PAC-IJ
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Catégories : Les participants
Mots clés: aînés, Amérique-Latine, blogues, communautaire, communautés_culturelles, démocratie, engagement-social, immigration, information, informatique, Internet
Voilà maintenant deux semaines que je suis animatrice de milieu avec l’@venue-Communautique. Dans le cadre du Programme d’Accès Communautaire – Initiative Jeunesse (PAC-IJ), j’accompagne et je forme des gens de divers milieux qui veulent se familiariser avec le monde de l’informatique.
Le projet vise à briser la fracture numérique en favorisant l’apprentissage et l’appropriation des nouvelles technologies. La plupart des participants sont des débutants qui, étant issues de populations marginalisées, ont eu très peu de contact auparavant avec les ordinateurs. Le monde de l’informatique est tout nouveau pour eux.
Par contre, la diversité de gens avec qui je partage mes connaissances est remarquable car ils ont tous une histoire à raconter et me viennent d’horizons différents; ce qu’ils partagent est un fort désir d’apprendre. Je viens de me joindre à ce projet, mais j’ai déjà le sentiment d’avoir relevé des défis et je suis très touchée de voir à quel point mes participants sont passionnés par l’apprentissage de l’informatique. Une histoire en particulier s’est distinguée des autres et m’a fait réfléchir à la portée de ce programme.
Cette semaine j’ai passé plus de 6 heures pour accompagner une dame du 3e âge qui désirait apprendre comment accéder à Internet pour rester en contact avec sa famille. Elle vient de la Colombie et sa connaissance du français est limitée. Pour ma part, mes cours d’espagnol en 3e langue au secondaire ne m’ont légué qu’une « connaissance touristique » de l’espagnol et nous avons dû faire chacune des efforts pour se retrouver dans un langage informatique qu’elle ne connaissait pas du tout et dont je n’ai pas le vocabulaire en espagnol.
Plus encore, cette expérience fut pour moi un véritable échange participatif car nous avons toutes les deux fait des apprentissages. De mon côté, j’ai eu l’occasion de pratiquer mon espagnol et d’élargir mon vocabulaire pendant qu’elle apprenait à naviguer sur internet. Maintenant elle est en mesure de rester en contact avec les membres de sa famille qui demeurent toujours en Colombie. J’étais très fière d’elle car elle apprenait très vite et je crois que sa soif d’apprendre a été instrumentale dans son progrès!
Sa motivation pour apprendre m’a fait chaud au cœur et à travers nos hésitations et nos gesticulations nous avons réussi à trouver une façon de communiquer. Ça m’a impressionné de constater à quel point avec de la patience et de l’écoute mutuelle on peut arriver à se comprendre, échanger des choses et même apprendre ensemble, alors qu’on ne partage pas une langue maternelle commune.
*Bienvenue à l’autoroute de l’information : un échange participatif!
Maria-Héléna
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Catégories : Le monde communautaire
Mots clés: aînés, Amérique-Latine, communautaire, communautés_culturelles
Parfois au cours de notre vie on rencontre des
modèles, des gens inspirants dont l’attitude, la façon
d’être nous impressionne. C’est le cas de l’une des
personnes que je reçois dans mon atelier
d’informatique au Centre Scalabrini.
Cette personne si spéciale à mes yeux est mon modèle
du troisième âge, elle a 82 ans. J’aime observer les
gens, voir à qui je m’identifie, à qui j’aimerais
ressembler plus tard “quand je serai grande”.
Madame Aubin, ponctuelle, arrive à chaque mercredi
matin à mon atelier bien coiffée, coquette et
légèrement maquillée. Elle apporte son ordinateur
portable et sa bonne humeur. Elle fréquente le Centre
depuis longtemps dans le but de savoir comment
utiliser l’Internet pour lire ses courriels et faire
du traitement de texte. C’est qu’avant la retraite,
Madame Aubin travaillait et pouvait taper 68
mots/minute à la machine à écrire et aimerait bien
être de nouveau capable de réaliser cette prouesse.
En plus de l’informatique, cette dame d’âge
vénérable pratique le yoga et aimerait apprendre la
musique. Mon objectif personnel étant de ne PAS
devenir une petite vielle rabougrie, Madame Aubin est
mon modèle, je l’admire car elle est loin du
stéréotype de la personne âgée toute courbée qui ne
fait que ressacer son passé et vivre à une autre
époque.
C’est ce que j’apprécie le plus de mon travail
actuel, le fait de rencontrer toute une galerie de
personnages, chacun avec sa particularité et sa
couleur unique.
Joëlle O’ Shaughnessey
Centre Scalabrini pour réfugiés et immigrants
Montréal
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Catégories : Les participants
Mots clés: aînés, communautaire, femmes, informatique, Internet
Depuis deux mois maintenant, je suis animateur pour le PAC. Travaillant à l’organisme ACHIM (Alternative Communautaire d’Habitation et d’Intervention de Milieu) dans Ville-Émard, j’ai pu établir un contact privilégié avec une clientèle que je connaissais auparavant peu : les aînés.
Lorsque je parle de mon travail avec ma famille ou avec des amis, les questions et commentaires stéréotypés ont tendance à fuser de toutes parts :
- Ben voyons donc, les aînés n’ont pas besoin de ça!
- Les personnes âgées ne comprennent rien aux technologies modernes.
- Ça doit être long apprendre à cliquer à un vieux!
Et chaque fois, bon prince, je dois expliquer à mes interlocuteurs que oui, l’informatique peut être utile pour les aînés. Que non, ils ne sont pas moins bien outillés que quiconque pour apprendre les rudiments de la navigation sur le web. Que oui, parfois cela peut prendre du temps, mais tout le monde peut apprendre à manipuler une souris.
En fait, je crois sincèrement que l’informatique, et particulièrement Internet, peut être un puissant outil pour briser l’isolement dont souffre un trop grand nombre de personnes âgées de nos jours. Imaginez donc : cette gentille dame qui ne sort de sa résidence que quelques fois par années, qui reçoit peu de visite mais qui grâce aux courriels, peut maintenant communiquer tous les jours avec un réseau grandissant d’amis. Ou cet homme affable, qui aurait toujours voulu faire des études, qui maintenant peut s’instruire gratuitement grâce à wikipedia.org.
Tous ces petits miracles seraient impossibles sans l’existence de programmes tels que le PAC-IJ ou le PAC-AH. Et nonobstant la joie qui est mienne de participer au bris de l’isolement des aînés auxquels je donne des formations, l’emploi que j’occupe en ce moment m’a aussi permis de m’ouvrir aux personnes âgés, et m’a grandement donné envie de me rapprocher de mes grands-parents. Et même s’ils demeurent loin de chez moi, je me console en me disant que je peux toujours leur envoyer un petit courriel pour leur dire que je ne les oublie pas. Et plus il y aura d’aînés qui pourront, entre autres grâce aux programmes du PAC-IJ, accéder à l’inforoute, plus nous construirons de ponts entre les générations, et meilleur sera le Québec de demain.
Marc Desnoyers
Animateur Sud-Ouest
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Catégories : Les participants
Mots clés: aînés, communautaire
Featuring :
Yohane : l’animatrice du CACI, arrivée de France en deltaplane
Le Club Santé : les participants aux cours d’initiation à Internet, un concentré de gentillesse et de bonne humeur
Louise : à l’accueil avec son humour et sa douceur
Liudmila : détachée par l’ex-KGB pour faire la comptabilité du centre
Marjo : la pétillante coordo du Club Santé
Denis : le directeur à l’humour de choc, grand mangeur de biscuits Big Daddy
Pierre-Luc : futur grand écrivain, fan de hockey et de chansons quétaines!
Sylvain : l’organisateur d’événements qui oublie de nous ramener des beignes!
Lucien : le concierge conteur de blagues
Diane : la fan des têtes à claques
J’ai commencé à travailler pour Communautique au mois d’août 2007. J’y avais postulé sur les conseils de mon amie Claire, qui, très impliquée dans le domaine communautaire, est désormais coordonnatrice régionale pour Communautique. Elle m’avait décrit un environnement de travail dynamique et chaleureux, où les participants sont vraiment contents d’apprendre, et où la routine n’existe pas. Bref, un travail sympathique, enrichissant à la fois pour soi-même et pour ceux qui viennent suivre les cours d’informatique.
Envoyée au centre Pierre Charbonneau, j’ai découvert un univers tel que Claire me l’avait décrit. Je ne suis pas une « tech » comme on dit dans le jargon, je ne connais pas cinquante mille logiciels comme d’autres, mon approche est plus « humaine » je dirais. Mes participants sont des personnes âgées, inscrites au Club Santé du centre Pierre Charbonneau : avant ou après leurs entraînements sportifs, certaines d’entre elles viennent s’asseoir avec moi pour apprendre à faire une recherche sur Internet ou se créer une adresse de courriel. Mais, bien plus que pour suivre un cours, j’ai l’impression que les participants recherchent avant tout à discuter, se raconter.
Nicole, Lucette, Armelle, Marcelle, Lucille, Gérard… autant de prénoms, autant d’histoires et de coups de cœur. J’ai plaisir à voir leur curiosité vis-à-vis des technologies numériques, leur émerveillement devant la mine d’informations qu’est Internet, et leur reconnaissance quand je leur montre une petite chose. J’ai entendu ça et là que les personnes âgées ne retiennent que peu de ce qu’on leur apprend, et bien je dirai qu’au contraire, c’est peut-être le public le plus éveillé et le plus enthousiaste qui soit. Il suffit juste de montrer de la patience et de la gentillesse, avec un soupçon d’humour, et le tour est joué.
En outre, au centre Pierre Charbonneau, le point d’accès Internet n’est pas juste un maillon dans la chaîne, une salle perdue dans un coin d’un bâtiment. Situé juste derrière l’accueil, le point d’accès permet d’être au cœur de l’action, de vivre à 100% le quotidien du centre. Louise, Liudmila, Marjo, Sylvain, Pierre-Luc, Lucien et Diane, chapeautés par le dynamisme et les éclats de rires de Denis, le directeur, rythment mes journées. C’est comme une grande famille, et je suis vraiment heureuse d’y avoir été envoyée par Communautique.
Riche de 12 ordinateurs, ce point d’accès sert de théâtre à des formations, et est également en accès libre au grand public, tous les jours de la semaine du matin au soir. Je revois souvent les mêmes frimousses qui viennent consulter leurs courriels ou se tenir informer de l’actualité. C’est vraiment une place utile et indispensable pour tous ceux qui n’ont pas un ordinateur à la maison.
Depuis deux mois et demi que je le vis, le beau projet de Communautique est devenu pour moi synonyme d’enrichissement personnel, de visages éclairés à la vue des innombrables possibilités qu’offre Internet, et de bonne humeur! J’espère le vivre jusqu’en mars et je sais que de toute façon, quoique me réserve la suite, je sors grandie de cette expérience : plus patiente, plus à l’écoute, et plus branchée par l’informatique, car apprendre aux autres m’a donné le goût de découvrir plus moi-même…
To be continued…
Yohane
Animatrice FQCCL
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Catégories : Le monde communautaire
Mots clés: aînés, communautaire, informatique, Internet
Depuis que j’ai commencé à donner des formations dans des centres communautaires, j’ai remarqué que beaucoup de personnes âgées étaient intéressées à suivre les formations. Souvent celles-ci étaient découragées par des proches ou par des membres de leur famille en leur disant qu’ils ou elles étaient trop vieux pour commencer à apprendre à utiliser un ordinateur et que les nouvelles technologies telles que l’Internet était d’une nouvelle époque et qu’eux sont d’une autre époque.
Beaucoup sont venus aux formations avec des idées négatives pensant qu’ils ne pourraient pas apprendre à utiliser un ordinateur et encore moins l’Internet. D’autres sont exigeants avec eux-mêmes parce qu’ils pensent qu’ils ont la tête dure pour reprendre l’expression d’une de mes participantes à son endroit. Il est vrai qu’il est plus difficile plus des personnes âgées d’apprendre l’informatique parce que leur mémoire n’est plus de celle d’une jeune personne mais j’ai vu beaucoup de personnes âgées qui avec persévérance sont arrivées à envoyer un courriel à un de leur proche ou à clavarder avec un membre de leur famille qui vit dans un autre pays.
Une autre chose que j’ai constaté et que je trouve dommage c’est que beaucoup de vendeurs de gros magasins de grande surface, pour ne pas nommer leurs noms, vendent des systèmes informatiques aux personnes âgées qui ne correspondent pas à leurs besoins. L’image qui me vient en tête est celle de la madame qui venait au centre communautaire pour apprendre à envoyé un courriel avec un portable Dual Core 1Go de SDRAM. Non mais vraiment!!! Je pense aussi au Monsieur qui venait avec son portable Dual Core pour écouter de la musique et Clavarder avec son neveu qui habite en France.
Un autre aspect que j’ai remarqué en travaillant avec des personnes âgées est qu’il faut beaucoup les rassurer sur la navigation Internet. Par exemple : lorsqu’on leur enseigne le courriel et qu’on leur dit qu’il faut leur ouvrir un compte courriel avec Yahoo ou avec Hotmail, ils pensent vite qu’ils doivent payer un montant d’argent parce qu’ils associent le mot compte avec argent. Sinon, ils pensent qu’ils doivent donner des informations personnelles qui vont compromettre leur identité.
Malgré tous les obstacles que les personnes âgées ont à affronter pour apprendre à se servir d’un ordinateur, j’encourage ceux-ci et je lève mon chapeau à ceux qui ont le courage d’apprendre à se servir d’un ordinateur. Beaucoup d’entre eux le font parce qu’il sont conscients qu’ils doivent l’apprendre s’il ne veulent pas être marginalisés dans une société qui se développe dans le sens des nouvelles technologies. De nos jours, on peut devenir analphabète si on ne connaît pas l’informatique. Beaucoup de personnes âgées m’ont confié que les formations leur ont beaucoup servi ne serait-ce que par le fait que maintenant elles peuvent avoir une conversation avec leurs enfants ou avec leur petits enfants sur les ordinateurs ou sur l’Internet.
Ruben
Animateur de l’@venue
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Catégories : Le monde communautaire, Les formations
Mots clés: aînés, communautaire, Consommation, éducation, Internet