inicio sindicaci;ón

Le fossé numérique

Le fossé numérique a une ambition : ramener l’humain au cœur des technologies. Vous y retrouverez les voix des participants aux différents projets jeunesse de Communautique qui résonneront dans le cyberespace citoyen. Alors faites comme nous, restez branchés… sur le monde!

Introduction au Sud-Ouest par induction socio-économique

Sud-Ouest : Épisode 1.
Quartier général de la Coalition de la Petite-Bourgogne, juillet 2006, vacances de la construction, 14h53, température extérieure: 37 degré Celsius, température intérieure: 6 degré Celsius

La porte de la Coalition s´ouvre, aperçu de la température externe sur ma nuque, puisque mon bureau, que Cynthia, coordonnatrice du Centre d´emploi de la Petite-Bourgogne/Little Burgundy Employment Center de Tyndale St-Georges et partenaire responsable de l´IJ-PAC dans le Sud-Ouest de Montréal, a trouvé dans les poubelles un bon matin qu´elle faisait son jogging, est tourné vers le sud. Je suis donc dos à la porte et me tourne chaque fois que j´entends les clochettes activées à l´ouverture de la porte.

Une fille entre et s´adresse à M., qui travaille parfois à la Coalition parce qu´il organise le Festival de la Petite-Bourgongne/Little Burgundy Festival:

« Veux-tu m´acheter un autre CD, this time c´est de la musique Latino ? 2$! »

M. : «Non, moi c´est le Reggea, I can´t! I can´t… un par jour that´s enough.»

«Come on, c´est pas cher!»

M.: «Demande à la fille à l´ordinateur… Adderey! Adderey, tu aimes la musique latino?»

Adderey, c´est moi, qui en fait s´appelle Audrey, coordo régionale de l´IJ-PAC qui s´occupe des CACI dans le S-O de Mtl, sous la tutelle du partenaire Tyndale St-Georges :Centre d´emploi de la
Petite-Bourgogne/Little Burgundy Employment Center, qui lui est sous la tutelle de Tyndale St-Georges Community Centre, mais que moi, mon bureau est au Quartier général de La Coalition de la Petite-Bourgogne Quartier en Santé, table de concertation des milieux communautaires de Petite-Bourgogne/Little Burgundy:

« Non merci! » je lui réponds.

Elle me demande d´un ton vexé : «Tu aimes pas la musique Latino?»

«Euh.. non c´est pas ça….» Et là je lui mens : «je n´écoute pas de CD…. Euhhhh que des MP3….»
Comme je combats la fracture numérique et que je passe pour la geek du bureau, ça paraissait bien comme réponse, mais très loin de la vérité puisque mon ordinateur n´a pas de carte de son et encore plus bas technologiquement parlant, je dois posséder beaucoup plus de cassettes que de CD.

Elle insiste et M. lui demande pourquoi elle a autant besoin d´argent aujourd´hui et elle répond : « J´ai envie de boire! »
Il conclue : « Au moins c´est franc! »

Franc, certe, mais surtout pathétique. Cette anecdote n´est
malheureusement pas un cas isolé, mais bien une réalité qu´on retrouve trop souvent, ici, dans le Sud-Ouest… L´arrondissement comprend La Petite-Bourgogne, Pointe-Saint-Charles, Ville-Émard, Saint-Henri et parfois, selon les ministères, Verdun et selon le réseau de CACI qui m´a été affecté, Ville Lasalle. Le Sud-Ouest, excluant Verdun et Ville Lasalle, cette fois d´après la ville de Montréal, s´étend sur 13,52 km carré et compte 66 474 habitants, ce qui fait une moyenne de 5572 têtes par kilomètre carré, une densité plus importante que la moyenne de la Ville de Montréal. Parmi ces habitants on retrouve 16 725 familles dont 29% sont monoparentales, le plus haut taux de monoparentalité de la Ville de Montréal. 38% de la population des 15 à 24 ans ne fréquente pas l´école, le Sud-Ouest affiche ainsi le taux le plus faible de fréquentation scolaire à Montréal pour le groupe des 15 à 24 ans. 26% de la population est propriétaire,comparativement à 36% pour la Ville de Montréal. Le revenu total moyen de la population était en 2000 de 22 351$, ce qui est inférieur à la
moyenne montréalaise, qui est de 28 258$. Le taux de chômage atteint 11,6%, soit 1,4% de plus que la moyenne montréalaise. Activité économique dominante : résidentielle!

L´arrondissement du Sud-Ouest est au 3ième rang des revenus de ménage les plus bas sur les 27 arrondissements de la Ville de Montréal. Et Petite-Bourgogne où se trouve le Little Burgundy Employment Center, dans lequel on retrouve un CACI de 14 ordinateurs accessible à la « Community », et la Coalition de la Petite-Bourgogne, dans laquelle se trouve mon bureau, est dit-on le quartier avec la plus forte concentration de HLM au Canada, cost to cost, ad mare usque ad mare. (Il y a aussi beaucoup de « satellite dish » mais n´ayant trouvé aucun statistiques à ce sujet, je me dis que 40 balcons, chacun munis de sa « satellite dish », alignés côte-à-côte, donne un effet de concentration qui peut être quantitativement trompeur.) D´aillleurs, La Coalition est située juste en dessous d´un HLM de 24 logements qui fait partie des non moins célèbres îlots Saint-Martin.

Ok, on récapitule: en desous des îlots St-Martin, tel un petit centre commercial avec des portes donnant sur l´extérieur, on retrouve de gauche à droite, porte à porte : Le Garde-Manger pour tous, une Histoire sans faim, le Centre d´emploi de Petite-Bourgogne/Little Burgundy Employment Center Tyndale St-Georges, la porte de la grande salle de la Coalition de La Petite-Bourgogne, La Coalition, Tyndale Treasure, une friperie
qui sert de plateau de travail pour les groupes en fromation
d´employabilité du Centre d´emploi, le landromat et BUMP:Burgundy urban mediation project, tous composent la façade rez-de-chaussé des îlots St-Martin et sont reliés par un corridor d´où les gens des différents organismes se rencontrent quand ils vont aux toilettes ou quand ils circulent d´un organisme à l´autre, comme c´est souvent mon cas, puisque je travaille avec le Centre d´emploi de Petite-Bourgogne/Little Burgundy Employment Center Tyndale St-Georges, mais que mon bureau se trouve dans la Coalition de La Petite-Bourgogne. Le Centre d´emploi déborde de vie, mais pas d´espace, c´est pourquoi j´ai été gentiment accueillie à La Coalition… comme tout le monde d´ailleurs!

La Coalition est un petite pièce à aire ouverte où on va et vient sans cesse pour des réunions, pour utiliser le téléphone, pour avoir du change pour le landromat juste à côté, pour avoir un bac vert, pour parler à l´éducatrice en charge des personnes aux prises avec des déficiences intellectuelles et qui sont présentement en stage d´intégration de milieu de travail, ici à la Coalition, pour parler à Vicente Perez, le chef d´orchestre de la Coalition, pour faire signer des pétitions, pour aller au Garde-Manger « Euh, non, pas ici, troisième porte à droite! »,
pour saluer Barry, le réceptioniste et gentleman britannique, pour réserver la salle de la Coalition où on danse le tango, devant laquelle on distibue des bonbons d´Halloween aux jeunes du quartier, où on habrite les enfants du camp de jour de l´Association des Voisins du parc Cambell quand il pleut, où on célèbre la messe de l´Église Évangélique des soldats de Jésus-Christ, où on vaccine contre la grippe, où les dames
retraitées de Studio Plus s´affairent à leur pinceau et créent, où on 5 à 7 le départ d´un collègue de travail, où le club Énergie, composé de jeunes de 8 à 10ans dancent le breakdance, chantent ou jouent des percussions, où on donne des ateliers d´employabilité, où on fête Noël avec l´annuel souper des Fêtes, organisé pour la communauté par le Centre d´emploi de Petite-Bourgogne/Little Burgundy Employment Center Tyndale
St-Georges, bref, où un espace et des services sont offerts par le milieu communautaire et pour la communauté. Un espace où on peut aussi tenter de vendre des CD pour se procurer un peu de baume sur sa souffrance, mais surtout, un espace et des services où on peut tenter de se doter des outils nécessaires pour se construire une qualité de vie indépendamment de tous les statistiques socio-économiques associés à notre milieu de vie.
À Suivre…

Audrey Dahl
Coordonnatrice régionale de l’IJ-PAC pour le Sud-Ouest

Catégories : La vie de quartier, Le monde communautaire
Mots clés: ,

Transport et logement, présentation de deux enjeux sociaux pour la région de Québec

Deux des principaux enjeux sociaux pour la région de Québec sont de bonifier l’offre et l’accès au logement à prix modique et d’améliorer la qualité du service offert par le réseau de transport en commun.

La crise du logement ne fait pas encore partie du passé, mais la situation s’améliore. Malgré tout, une partie de la population ne parvient toujours pas à se trouver un logement décent à un prix convenant à son budget.

Les solutions se dessinent parmi quelques projets de coopératives d’habitation et l’accès aux logements subventionnés. Ces deux solutions ont le mérite d’éviter la ghettoisation et de favoriser la débrouillardise. De plus, les coopératives valorisent l’entraide. Toutefois, le nombre de projets de coopérative devrait être augmentés pour suffire à la demande et l’accès au programme de subvention aurait avantage à être amélioré. Bref, en matière de logement, les solutions sont présentes, mais il reste parfois quelques obstacles à surmonter dont les préjugés de tous et chacun, intervenant ou citoyen dans le besoin.

L’état actuel du service de transport en commun dans la région force la majorité des ménages à posséder une voiture et souvent même plus. Cette problématique affecte l’ensemble de la population, mais particulièrement les personnes à faible revenu. Effectivement, le fait d’avoir accès à un service de transport en commun minimaliste contribue à limiter leur accès à l’emploi, leur possibilité de loisirs et de contacts sociaux. Personne ne souhaite voyager 2 heures simplement pour se rendre à son travail, voir un ami ou pratiquer un sport. C’est un problème récurrent dans la région et la plupart des intervenants le reconnaissent, toutefois personne ne semble pressé d’y apporter des solutions novatrices et durables.

Voilà mon opinion sur ces deux enjeux sociaux importants pour la région de Québec. En espérant que collectivement nous travaillerons à modifier ces situations maintenant et dans le futur.

Simon
Animateur du Café Le Globe

Catégories : La vie de quartier
Mots clés: , , ,