Saviez-vous qu’il n’y a pas de loi au Québec qui stipule que l’avortement est un acte légal ?
Depuis 1869, une loi interdisait aux femmes le droit de se faire avorter. En 1988, la cour suprême du Canada a fait tomber cette interdiction. Mais on n’a pas de nouvelle loi spécifiant la légalité de l’avortement. Ainsi, l’avortement a été décriminalisé, mais il n’est pas protégé par la loi. Pour le recriminaliser, le chemin à faire ne serait pas bien long, il n’y aurait qu’à revoter une loi l’interdisant…
Cette année, on célèbre les 20 ans de la décriminalisation de l’avortement au Canada. 20 ans seulement… Il ne faut pas oublier que cette bataille a été gagnée après des dizaines d’années de luttes des groupes féministes et du docteur Morgentaler.
Au Québec, il a fallu qu’en 1988, un juge interdise à Chantal Daigle de se faire avorter et donne raison à son ancien conjoint violent, pour que la majorité de la population québécoise se mobilise et dise : ” Là c’est assez, les femmes ont le droit de disposer de leur propre corps ! ”
Vingt ans plus tard, on a l‘impression, surtout au Québec, que le droit à l’avortement est bel et bien acquis. Pourtant, la réalité n’est pas aussi évidente. Les groupes anti-choix font beaucoup de pressions pour le recriminaliser, et se font de plus en plus présents au sein des institutions de pouvoir, surtout au niveau du Canada. Ils adoptent les mêmes stratégies que leurs voisins États-Uniens, qui sous l’administration Bush ont grandement fait reculer les droits des femmes en général, et particulièrement celui de l’avortement. Et devant la montée de la droite en général, et ce au niveau mondial, on a raison de s’inquiéter…
Le projet de loi C-484 que le député Ken Epp a déposé à la chambre des communes du Canada est passé en deuxième lecture. Ce projet de loi est vivement dénoncé par plusieurs groupes féministes et la Fédération des médecins spécialistes du Québec. En disant vouloir protéger les femmes, ce projet de loi vise à permettre la recriminalisation de l’avortement.
Pour comprendre les enjeux du droit à l’avortement, je vous invite à consulter l’excellent dossier que la revue À Babord ! a consacré à ce sujet dans son dernier numéro. Devant l’urgence de la situation et la nécessité d’une mobilisation générale, la revue a permis sa diffusion en ligne. Le numéro est également disponible en kiosque.
À voir la semaine prochaine, un film sur la mobilisation des groupes du Québec contre le projet de loi C-484.
Laetitia en avait déjà glissé un mot dans son dernier billet intitulé « Nutashkuan et Hydro-Québec signent une entente pour le complexe de la Romaine ». En ce moment, une petite équipe de documentaristes explorent, caméra d’une main, pagaie de l’autre et téléphone satellite dans la poche, la rivière Romaine. Ces explorateurs capteront peut-être les dernières images de cette rivière à l’état sauvage …
Aussi, il est possible de suivre les péripéties de l’équipe puisque par le biais de leur téléphone satellite ils envoient fréquemment de leurs nouvelles que des collaborateurs acheminent ensuite sur leur blogue « Chercher le courant ».
En fait, je voulais surtout réagir à cette photo prise au moment de leur départ, en bas du barrage Lobstick du complexe de Churchill Falls. Cette pancarte que vous voyez est en fait un avis public qu’Hydro Terre-Neuve-Labrador doit placer afin d’alerter la population sur le fait que certaines espèces de poissons contiennent un taux anormalement élevé de mercure !!!
J’ai fait un gros plan de cette photo afin que l’Avis public soit bien lisible, au cas où vous iriez pêcher du Touladi dans le coin
Trop souvent on nous martèle le cerveau qu’un barrage hydro-électrique c’est « environnement friendly » … Environnement friendly mon œil!
Après avoir fait quelques recherches sur le web, j’ai appris que certaines espèces de poissons se trouvent systématiquement contaminées au mercure, et ce, pendant près d’une trentaine d’années suite à la construction d’un complexe hydro-électrique. C’est la création du réservoir qui en est la cause! C’est donc le même sort qui attend la rivière la Romaine puisqu’on prévoit d’y construire 4 réservoirs! Mmmm des bons poissons assaisonnés au mercure en perspective!!!
Afin de comprendre un peu comment se fait cette contamination au mercure, voici un petit extrait provenant de cette fiche synthèse produite par d’Hydro-Québec intitulée « La question du mercure dans les réservoirs hydroélectriques »:
« Dans les réservoirs hydroélectriques récemment inondés, la partie verte de la végétation, soit le couvre-sol, les feuilles et les mousses, nourrit les bactéries qui transforment le mercure inoffensif en méthylmercure que les organismes vivants (plancton, insectes,poissons, animaux ou humains) peuvent accumuler facilement dans leur organisme. Il y a donc plus de mercure dans les poissons des réservoirs (et en aval) peu après la mise en eau. Le phénomène est cependant temporaire, car les bactéries décomposent rapidement la partie verte de la végétation. »
Pour finir, je vous invite à consulter de temps à autre le blogue Chercher le courant. En ce moment, l’équipe, après avoir canoté pendant plusieurs jours sur une rivière sans nom, vient juste de prendre contact avec la rivière la Romaine. Je vous laisse sur cet extrait du dernier billet envoyé par Nicolas Boisclair qui fait partie de l’expédition. Cet extrait évoque son émerveillement, lorsqu’au sommet d’une montagne il découvre pour la première fois la rivière la Romaine:
« Vu du haut de la montagne, c’est un peu comme le Nevada ou le Colorado: des escarpements rocheux, des couleurs contrastantes, mais au lieu de gros cactus, des petits sapins de Noël clairsemés un peu partout.
Du haut de la montagne, on pouvait voir aux environs les dix premiers kilomètres de la Romaine: d’abord un chapelet de lacs entrecoupé de minuscules bras de rivière. Nous sommes sur la bébé Romaine, n’est-ce pas ?
Le couché de soleil était hallucinant! Est-ce que je vous ai dit qu’on était au paradis? » [ extrait du Journal de Bord de Nicolas Boisclair du 24 juillet 2008]
Le 13 mai dernier, l’auteur et acteur Norman Nawrocki présentait des extraits de son roman encore inédit, «Cazzarola!» lors de la troisième édition du Festival de théâtre anarchiste de Montréal. Ponctué d’images captées lors de sa prestation, le film dresse un bref portrait de l’artiste qui nous parle de son roman en devenir.
«Cazzarola!», qui sortira en 2009, traite de la résistance contre le fascisme dans l’Italie de Mussolini jusqu’au néo-fascisme d’aujourd’hui avec entre autre l’arrivée au pouvoir d’un certain Berlusconi.
Hydro-Quebec et la communauté Innu de Nutashkuan ont signé une entente, le 4 juillet dernier, de 43 millions$ en compensation pour la construction des 4 barrages du complexe hydro-électrique sur la rivière Romaine. Selon Hydro-Québec, le projet générerait des retombés économique de 3,5 G$ pour le Québec dont un tiers uniquement pour la côte-Nord. Les quatre centrales totaliseront 1 550 MW. Selon le chef de Nutashkuan, François Bellefleur, le versement de 43 millions$ qui se fera sur 60 ans servira au développement de la communauté par des projets économiques, communautaires et culturels. Les fonds seront gérés par une société conjointe du conseil de bande et d’Hydro-Québec, la Société Ishkuteu. L’entente prévoit aussi que la communauté participera à la construction et au suivi environnemental du projet. Une entente de 100 millions$ à déjà été signé avec la MRC de la Minganie en janvier 2008 et des ententes sont en cours avec les 3 autres communautés autochtones de Mingan, St-augustin et La Romaine. Le projet n’a toutefois pas encore reçu l’approbation du Bureau des audiences publiques en environnement dont les audiences sont prévues pour septembre 2008. Si le projet est accepté, il débutera dès l’été 2009.
Selon la société d’État, le complexe hydroélectrique devrait créer 2 000 emplois à chaque année de la réalisation prévue entre 2009 et 2020. Cependant, les Innus s’inquiètent des occasions qui leur seront offertes de participer à la construction due à leur manque d’expérience et de formation.
La rivière Romaine, située au Nord de Havre-St-Pierre, est une des dernières rivières encore vierges au Québec. Le projet d’Hydro-Québec ennoiera environ 275 km2 de territoire et consistera également à construire la route de La Romaine qui couvrira une distance de 150 km à partir de la route 138 et permettra le développement de la villégiature et des activités récréotouristiques. Cet aspect « suscite par ailleurs des craintes chez les utilisateurs actuels, minganois et innus, particulièrement quant à la possibilité de perte de quiétude (villégiature et utilisation concurrentielle du territoire) et au risque de surexploitation des ressources fauniques. »[1] et inquiète les Innus quant aux interactions avec les futurs pécheurs non-autochtones. Les changements provoqués par la déviation de la rivière, les inondations, la modification du régime hydrologique naturel de la rivière auront des conséquences sur la communauté et l’habitat des poissons et l’abondance des espèces. De plus, le caribou des bois est très présent dans la vallée de la Romaine et est en voie de disparition. « Tout comme le caribou, le castor est un animal très valorisé par les Innus. Ces derniers redoutent l’impact de la création des réservoirs sur la petite faune et sur les animaux à fourrure en général, mais plus précisément sur le castor. »[2]
Comme on peut le lire sur le site du Sierra Club du Québec,
« La rivière Romaine est un habitat naturel pour le saumon de l’Atlantique, le caribou des bois, l’aigle royal, le faucon pèlerin, le balbuzard, l’aigle d’Amérique, les insectes, les arbres, les fleurs sauvages et cette forêt boréale constitue un des plus importants puits de carbone au monde. Ainsi, non seulement la construction des quatre immenses centrales proposées détruira l’écosystème, la faune et la flore par l’effet de fragmentation, de contamination par le mercure et par l’inondation de vastes étendues de forêt boréale, mais en plus elle contribuera grandement aux émissions de gaz à effet de serre. Finalement, comme cela a été le cas avec plusieurs autres rivières au Québec où il y eu la construction de barrages et réservoirs, on voit émerger des impacts environnementaux négatifs à long terme sur les berges et les écosystèmes.
L’Alliance Romaine, un regroupement de scientifiques et citoyens, mène une campagne pour s’opposer au projet de barrages sur la rivière Romaine en collaboration avec le Sierra Club du Québec et la Fondation Rivières. Voici ce qu’ils proposent :
- La conservation de l’énergie sous toutes ses formes. Ce serait une option économiquement viable pour le gouvernement qui pourrait, du même coup, créer des emplois en préservant l’écosystème.
- L’appui aux énergies propres telles que l’énergie éolienne, solaire et géothermique. Ces options sont plus sûres pour l’environnement que l’édification de gros barrages et, pour cette raison, doivent être mises de l’avant.
- La reconnaissance, l’appréciation et la chance de profiter de cette belle et grande rivière. En tant que Québécois, nous devons agir pour sauver nos rivières. Pour pouvoir continuer d’en profiter, nous devons les protéger.
- Un changement radical dans notre approche du «développement ». Le plus important, pour la survie de notre planète, c’est de se préoccuper des enjeux environnementaux contemporains et de porter attention aux discours qui les concernent. Nous devons adopter une perspective plus holistique et une vision à long terme.
Visitez leur site web pour plus de détails sur leur opposition : Alliance Romaine
Par ailleurs, une expédition en canot se prépare à parcourir la rivière Romaine pendant 50 jours dans le cadre d’un documentaire réalisé par Alexis de Gheldere. Ils veulent documenter l’écosystème de la rivière Romaine et questionner la manière de produire de l’électricité au Québec. Chercher le courant ou Alliance Romaine.
[ Je diffuse ici un 1er compte rendu de la manifestation anti-militariste qui a eu lieu à Québec aujourd'hui (le 3 juillet 2008). Le texte provient du blog Voix de faits du Collectif anarchiste La Nuit de Québec ]
À l’appel de la Coalition Guerre à la Guerre, quelques centaines de manifestants ont bruyamment fait savoir leur position anti-militariste dans les rues de Québec aujourd’hui. Les manifestants demandaient le retrait du Droit de Cité accordé à l’armée canadienne dans la ville de Québec, le retrait des troupes d’Afghanistan et la cessation du recrutement et de la propagande militaire, laquelle était flagrante alors que plus de 2000 militaires défilaient sur Grande Allée en cette journée du 400e anniversaire de la fondation de la ville de Québec.
Malgré une pluie diluvienne, les manifestants se sont élancés vers 11h pour aller perturber le défilé militaire mais ils ont été bloqués après quelques minutes seulement par l’escouade anti-émeute (Sûreté municipale et Sûreté du Québec). Après avoir joué au chat et à la souris avec les flics et avoir fait un peu de jogging, les manifestants ont réussi à se rendre au Parc de l’Esplanade, près de la Porte St-Louis, où ils ont rejoint le défilé qu’ils ont copieusement hué sous la surveillance de plusieurs dizaines de flics. Pour déjouer les manifestants, les militaires ont changé le trajet du défilé à la dernière minute, et une bonne partie de celui-ci s’est déroulé dans l’indifférence totale, sur les Plaines d’Abraham. Au moment d’écrire ce texte, les plus courageux des manifestants affrontaient toujours le déluge et poursuivaient la protestation. Malgré quelques confrontations directes, renversements de clôtures et poussages, il ne semble pas à ce moment y avoir d’arrestations à déplorer. Plus de détails à venir sous peu.
Je pense que ça vaut le déplacement cette exposition de cartographie radicale qui a lieu en ce moment au Centre des arts actuels Skol, à Montréal…
Selon le communiqué, ” la cartographie radicale est une pratique artistique qui combine les cartes, la géographie et l’art dans une démarche d’activisme social. “ Je ne suis pas encore allé visiter cette expo, mais je suis déjà vendu à l’idée de se réapproprier le procédé de la cartographie pour nous faire réfléchir sur notre société… Les artistes de l’exposition An_Atlas” déconstruisent les conventions de la cartographie, comme les formes géographiques, les panneaux de signalisation et les perspectives aériennes, dans le but de sensibiliser le public à des sujets d’actualité qui vont de la mondialisation à la gestion des déchets. “
L’exposition a lieu au Centre des arts actuels Skol situé au 372 rue Ste-Catherine Ouest, espace 314, jusqu’au 8 juillet 2008.
[Voici le communiqué de l'exposition]
Les responsables de la programmation d’été à SKOL présentent An Atlas, une exposition itinérante d’artistes engagés dans la « cartographie radicale ». L’exposition est présentée en parallèle à la publication An Atlas of Radical Cartography, (Journal of Aesthetics and Protest Press, Los Angeles.) L’exposition durera du 20 juin au 8 juillet ; le vernissage aura lieu le vendredi 20 juin. Les commissaires Alexis Bhagat et Lize Mogel seront présents le 18 juin et le 9 juillet pour animer les rencontres hebdomadaires du groupe de lecture à SKOL.
La cartographie radicale est une pratique artistique qui combine les cartes, la géographie et l’art dans une démarche d’activisme social. Les artistes, les architectes et les collectifs qui participent à l’exposition emploient et déconstruisent les conventions de la cartographie, comme les formes géographiques, les panneaux de signalisations et les perspectives aériennes, dans le but de sensibiliser le public à des sujets d’actualité qui vont de la mondialisation à la gestion des déchets.
Bien que la cartographie en tant que pratique artistique ait surtout été utilisée dans les champs de la technologie et de la performance, An Atlas met en évidence l’aspect traditionnel de la carte comme œuvre sur papier, ainsi que son rôle d’acteur politique à part entière. Ce rôle est d’ailleurs souligné par les idéaux de justice sociale des producteurs eux-mêmes dans leurs pratiques personnelles.
Les œuvres présentées incluent le schéma détaillé de Ashley Hunt sur les effets sociaux des complexes carcéraux industriels ; une mise en plan des ouvriers qui gèrent « la machine à ordures » à New York par The Center for Urban Pedagogy ; le dessin de Jane Tsong sur la confrontation de la nature et de la culture à la confluence des eaux à Los Angeles ; et le tracé des parcours aériens des vols secrets de la CIA par Trevor Paglen et John Emerson.
Artistes participants
* An Architektur
* The Center for Urban Pedagogy (CUP)
* Ashley Hunt
* Institute for Applied Autonomy with Site-R
* Pedro Lasch
* Lize Mogel
* Trevor Paglen & John Emerson
* Brooke Singer
* Jane Tsong
* Unnayan
Pour toute information supplémentaire sur l’exposition
An Atlas, veuillez consulter le site Web
http://www.an-atlas.com/exhibition.htm.
Offrant vitrine aux causes et aux peuples ignorés des grands médias, elle cherche à faire réfléchir et à poser un tout autre regard sur la réalité de la planète.