Rabaska : Un référendum est exigé à proximité du site du port méthanier
Près de 200 personnes ont défié la loi et occupé aujourd’hui les terrains de Rabaska à Lévis pour s’opposer au projet de port méthanier.
Les participantEs ont formé un immense cercle blanc marqué d’un “X” rouge sur les terres agricoles qui seraient détruites par Rabaska pour construire des cuves de gaz.
Un avion nolisé dans lequel se trouvaient d’autres protestataires est venu survoler cette fresque humaine pour en tirer des photos aériennes ci-jointes symbolisant le refus de l’implantation d’un terminal méthanier. Ce symbole soulignait également les manquements à la démocratie qui découle de l’absence d’un référendum à proximité des installations méthanières.
Le message lancé par cette action collective non-violente est clair: “Nous exigeons que la population dans un rayon de 3 Km du site de Rabaska soit consulté par référendum”. Sylvain Turgeon, participant au campement, a d’ailleurs rappelé qu’il s’agit de la simple mise en application de principes démocratiques et réglerait une fois pour toute la question de l’acceptation sociale du projet Rabaska.
L’événement organisé par le campement autogéré, en collaboration avec la coalition des groupes locaux opposés à Rabaska, a débuté vers deux heures par une marche festive sur la route 132 depuis le campement, situé à près de 2 Km des terres occupées.
Les marcheurs et marcheuses étaient accompagnéEs d’un orchestre ambulant et composés à la fois de familles de la région et de militantEs venuEs des quatre coins du Québec. Ils et elles ont manifestés pour exprimer leur désaccord avec l’implantation d’un port méthanier à Lévis.
L’occupation de la terre a été immédiatement un franc succès. Tout avait été prévu : une cuisine, des toilettes et une tente géante communautaire ont été transportées avec la marche et montées en quelques minutes. “Nous nous réapproprions les terrains de Rabaska pour y installer une zone autonome temporaire” a expliqué Olivier Asselin.”Si Rabaska se poursuit; nous reviendrons!”, a affirmé Zoé Lamontagne.
Après la photo aérienne, les occupantEs ont partagé un repas chaud et ont ensuite réalisé des ateliers sur l’autogestion, sous l’immense tente qui avait été transportée à bout de bras lors de la marche.
De grandes bannières ont également envahi les lieux. On pouvait notamment y lire “Pour le changement social, contre les changements climatiques” et “coulons Rabaska”.
La reprise de possession temporaire de l’espace s’est poursuivie jusque dans la soirée dans le respect des terres agricoles environnantes.
Sylvie Melançon a a évoqué divers événements qui sont survenus durant les deux dernières semaines rappelant les dangers liés au transport et au stockage de gaz naturel :
Un incendie à Zeebruge, Belgique, oû la foudre a frappé un méthanier et forcé l’évacuation du port.
La tragique explosion d’un réservoir de gaz à Toronto, ayant entraîné la mort de deux personnes, plusieurs blessés et l’évacuation de milliers de résidentEs.
L’interdiction, dans l’état du Massachussets aux États-Unis, d’implanter un port méthanier à moins de 1,5 Km d’une zone résidentielle alors que le BAPE a estimé qu’un simple périmètre de sécurité de 400m serait suffisant pour le projet Rabaska.
Le regroupement des municipalités côtières de la Colombie Britannique a interdit le passage des méthaniers le long de la côte ouest.
À Lévis, la foudre a frappée un pylône à haute-tension d’Hydro-Québec situé à moins de 500m de l’emplacement projeté du pipeline de GNL de Rabaska, entraînant un incendie important. Les promoteurs de Rabaska et le BAPE avaient pourtant déclaré qu’un tel événement était tout à fait improbable.
Le gouvernement fédéral a remis en question l’approvisionnement en gaz naturel du projet Rabaska par la société russe Gazprom après l’invasion de la Géorgie par la Russie et le pilonnage des principales villes géorgiennes.
Ce projet de loi privé déposé par le député conservateur Ken Epp a passé l’étape de la deuxième lecture le 5 mars dernier à la Chambre des communes du Canada. En septembre prochain, il pourrait être adopté en troisième lecture.
Comme plusieurs groupes l’ont déjà expliqué dans les médias, ce projet de loi vise à donner des droits juridiques au fœtus, ce qui éventuellement pourrait mettre en danger le droit à l’avortement au Canada. En effet, en accordant un statut juridique au fœtus dans le code criminel, on pourra ensuite facilement interpréter l’avortement comme un meurtre. Mais C-484 menace aussi grandement l’autonomie des femmes, car selon ce projet de loi, le fœtus encore dans le ventre de sa mère aurait autant de droits que cette dernière. C’est ainsi que par exemple une mère ayant consommé de l’alcool durant sa grossesse pourrait être accusée de mauvais traitement envers son fœtus et être condamnée. D’ailleurs, des projets de loi semblables ont été adoptés aux Etats-Unis et ont entre autres menés à la condamnation de femmes toxicomanes.
Ce projet de loi fait partie de plusieurs tentatives de différents groupes pro-vie pour faire passer leurs idées à la chambre des communes. D’ailleurs, depuis la présence des conservateurs de Stephen Harper au pouvoir, on a vu une recrudescence très marquée de ces groupes religieux dans les couloirs du parlement (voir l’article de la revue À Babord ! pour plus de détails à ce sujet).
Voilà, en gros, ce que tente de montrer ce film à travers la mobilisation de différents groupes de femmes, dont des juristes, pour contrer ce projet de loi qui n’aurait tout simplement pas dû passer en deuxième lecture.
Des centaines de groupes se sont déjà prononcés contre le projet de loi C-484, dont l’Assemblée nationale du Québec.
Pour en savoir plus sur la lutte contre le projet de loi C-484, je vous invite à consulter ce nouveau site web : www.contrec484.qc.ca
Plusieurs actions sont en cours ou à venir… à suivre !
Je vous laisse avec le communiqué de la manifestation ayant eu lieu le 1er juin dernier pour s’opposer au C-484.
lundi 19 mai 2008
Nous ne voulons pas retourner en arrière! Non au C-484
Le 21 novembre 2007, le député conservateur Ken Epp déposait, à la Chambre des communes du Canada, le projet de loi C-484 : Loi sur les enfants non encore nés victimes d’actes criminels. Bien qu’il ait été déposé par un député conservateur, ce projet de loi privé fut préparé par un groupe de députés contre l’avortement, dont des députés libéraux.
Le projet de loi C-484 vise à amender le Code criminel afin de punir tout acte de violence entraînant la mort d’un « enfant à naître ». Ce projet de loi cherche implicitement à accorder une identité juridique au fœtus alors qu’il n’en détient pas dans les lois actuelles. La redéfinition juridique du statut du fœtus permettra aux anti-choix de rouvrir le débat sur la « légalité » de l’avortement. Cette tactique a été utilisée par la droite américaine pour criminaliser l’avortement.
Le corps des femmes a toujours été considéré comme une propriété publique. Lorsque la femme est enceinte, son corps lui appartient encore moins: elle ne peut plus fumer, boire d’alcool, faire de vélo, etc. Cette loi donnera un contrôle légal de plus sur le corps des femmes. Cette tentative de restreindre la liberté des femmes utilise un univers peu connu de la population : le droit. En donnant à « l’enfant non encore né » un statut juridique distinct de la mère, le projet de loi C-484 affirme que la femme enceinte n’est plus une seule personne. Les droits du fœtus ne cesseront de limiter ceux des femmes. Le projet de loi C-484 ouvre ainsi la porte à une série de réinterprétations juridiques quant à la responsabilité d’une femme enceinte à l’égard du fœtus qu’elle porte.
Ce projet de loi est présenté pour protéger les femmes enceintes face à des actes criminels. La violence envers les femmes, qu’elles soient enceintes ou non, est toujours inacceptable. Quand la violence conjugale apparaît lors d’une grossesse, elle doit être dénoncée en tant que telle. La reconnaissance de droits au foetus n’empêche pas les violences faites aux femmes. La maternité doit demeurer un choix pour toutes les femmes; tout comme les moyens de contraception et l’éducation sexuelle doivent être accessibles à toutes.
Les femmes ont arraché à la droite religieuse et conservatrice le droit de décider de leur corps. Nous ne voulons pas retourner en arrière. Soyons dans la rue le 1er juin pour envoyer un message clair à Ottawa! Non au projet de loi C-484 !
Dernièrement Actualité Citoyenne diffusait le communiqué du Campement autogéré afin de vous inviter à y prendre part. Eh bien, ça y est, le campement est commencé depuis quelques jours déjà et il n’est pas trop tard pour y participer! Si vous avez envie de venir juste une journée, c’est dimanche le 17 août qu’il faut y aller!
Cette année le Campement autogéré se joint à la lutte contre le projet Rabaska. D’ailleurs le campement a lieu tout près de l’endroit où l’on prévoit y construire ce port méthanier… Et c’est dans ce contexte que dimanche midi, les partcipantEs du campement ont décidé d’y organiser un brunch afin de faire visiter le Campement et surtout d’échanger avec la communauté et les coalitions qui luttent depuis 4 ans déjà contre ce controversé projet de port méthanier.
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C’est donc un rendez-vous le dimanche 17 août à midi au Campement autogéré!
- Lieu: route 132 à 7km de Lévis vers l’Est
- Au menu: brunch, échanges et ateliers d’information avec les différents intervenants, jeux pour les enfants, etc.
[Voici un extrait du communiqué officiel de l'événement]
Communiqué
Pour diffusion immédiate dans vos réseaux
Journée Momentum pour couler R a b a s k a
Événement spécial du Campement Autogéré 08
Lévis, le mardi 12 août 2008 – Dimanche le 17 août 2008, à midi (12 :00 PM) aura lieu une journée d’accueil, d’ateliers, d’échanges et de réseautage au Campement Autogéré 08. (À 7 kilomètres du centre-ville de Lévis, en suivant la 132 EST). Nous désirons profiter du momentum créé par les événements survenus à Toronto, ainsi que la démission de M. Glenn Kelly afin de faire couler, une bonne fois pour toutes, le canot RABASKA. Au programme : brunch, ateliers et échanges avec les coalitions pour les grands, jeux pour les enfants, visite du Campement Autogéré ainsi que du site où devait se trouver le port Méthanier, musique et projection de films en soirée. Nous faisons appel aux personnes des coalitions pour préparer des interventions sur les sujets qu’elles maîtrisent. Votre présence sera plus qu’appréciée.
Pour ceux et celles qui n’auraient pas remarqué, les changements climatiques se font de plus en plus présents et soudainement, toutes les belles promesses d’un monde plus vert nous semblent désormais très peu probables. Le futur est incertain et l’espèce humaine menacée. En fait, avec notre entêtement à utiliser de façon irresponsable des énergies et des ressources non renouvelables, nous arrivons au bord d’un précipice sans précédent dans l’histoire de l’humanité. Nous devons agir contre les changements climatiques et pour nous, la décroissance commence maintenant. [fin de l'extrait du communiqué]
Dernièrement, je suis tombé sur un entretien radiophonique avec l’artiste français Jean-Paul Ganem. Sans connaître le fondement de son travail, je l’écoutais parler d’installations végétales, de tags végétaux, de compositions végétales, et autres descriptifs s’apparentant à la végétation. Je me demandais bien à quoi pouvait ressembler ces installations végétales…
2000 – 2002 Le jardin des capteurs, Montréal.
«Jean-Paul Ganem fait coïncider recherche artistique, métiers du paysage, dans le but de changer, d’enrichir notre regard sur l’environnement. Ses œuvres s’adressent à une perception dominée par notre condition urbaine souvent en contradiction avec nos lents paysages.»
Le jardin des capteurs a été réalisé dans un dépotoir (la carrière Miron) de 100 hectares en plein cœur de Montréal. Endroit auparavant bucolique peint par de nombreux artistes du début du siècle, le site s’est par la suite transformé en carrière de calcaire en 1914, puis en site d’enfouissement de déchets en 1968. L’artiste a réussi le pari de réhabiliter ce paysage en lui apportant une toute nouvelle allure et en participant au captage des bio-gaz (produit par la décomposition des déchets) qui provoquent des émanations nuisantes à l’environnement et au voisinage. Fait à noter, les activités du dépotoir n’ont pas cessé même lors de l’élaboration du jardin.
«Ce jardin est à la croisée de trois approches de la nature qu’elle intègre : la première utilitaire, la seconde esthétique, la troisième, environnementale et sociale.»
Il est possible de visionner un extrait de film montrant l’élaboration du jardin de l’étape du labourage à travers déchets jusqu’à la plantation de fleurs. Si les décharges pouvaient toutes ressembler à celle-ci…
Jean-Paul Ganem à la Fonderie Darling
Ceci m’amène à vous parler d’une toute nouvelle installation de Jean-Paul Ganem au centre d’arts visuels de la Fonderie Darling.
2008 Mur Végétal « Ombre de ville 2 » Fonderie Darling Quartier Éphémère, Montréal Canada
Utilisant toujours la végétation comme principe de base à sa pratique artistique, Ganem a conçu le premier mur végétal extérieur à Montréal et ce, à même les murs de la Fonderie. Composé d’une douzaine d’espèces végétales, Ombre de ville 2 présente plusieurs aspects bénéfiques. En plus d’embellir le quartier plutôt industriel, ce mur réduit la chaleur ambiante, améliore la qualité de l’air, réduit le bruit et absorbe davantage la poussière et les autres polluants. Cette intervention, en partenariat avec le Jour de la Terre, fait partie d’un projet de revitalisation de ce quartier industriel par la création d’une place publique permanente fermée à la circulation automobile.
Le nouveau look végétal de la Fonderie Darling est visible jusqu’au premier gel hivernal aux coins des rues Ottawa et Prince.
[Actualité citoyenne diffuse ici le communiqué du 6e Campement Autogéré, un événement vraiment intéressant pour ceux et celles voulant vivre une expérience intense d’autogestion dans un contexte de lutte sociale ]
Le Campement Autogéré se greffe à la lutte contre le projet Rabaska et s’installe dans la municipalité de Beaumont, près de Lévis (rive-sud de Québec) du 8 au 24 août 2008. Dans la mouvance internationale des Camps for Climate Change, le Campement s’allie donc à une lutte populaire locale, opposée aux conceptions dominantes de l’avenir énergétique de nos sociétés, afin d’y apporter sa couleur toute particulière d’actions en vue de changements sociaux et environnementaux majeurs… et nécessaires.
À noter: Le lieu exact du campement sera communiqué 24h à l’avance sur ce site: http://www.uncampement.net
Un lieu pour vivre l’autogestion, un geste politique
Un campement autogéré est un lieu politique, ouvert et inclusif, dans lequel chacunE est invitéE à expérimenter, par des paroles et par des actions, la construction d’une zone autonome temporaire. Cet espace est fondé sur des valeurs telles que l’autogestion, l’échange, le partage, la solidarité, la liberté, le respect, la responsabilisation, l’égalité, la démocratie directe, l’écologie et la décroissance.
Les campeur/EUSEs s’y organisent librement, collectivement et par la recherche du consensus, se mettent en action pour faire vivre l’utopie politique d’un mode fraternel, solidaire et débarrassé de tout enjeu de domination. Un campement autogéré est ainsi un geste politique en soi, dans lequel nous revendiquons, comme une fin et comme un moyen, la réappropriation de nos vies et le pouvoir de nous organiser collectivement.
Qui sommes-nous ?
Historiquement, le Campement Autogéré (CA), à l’époque « Campement Québécois de la Jeunesse », puise ses racines dans le mouvement altermondialiste, les Forums Sociaux Mondiaux et le Campement Intercontinentale de la Jeunesse. Le CA est un espace de convergence non confessionnel et non partisan pour les individu-e-s et pour les groupes sociaux. Notre projet collectif est la mise en pratique d’alternatives sociales et politiques, l’expérimentation d’un vivre ensemble basé sur des valeurs comme l’horizontalité, la recherche du consensus, l’autogestion, l’écologie, le féminisme et la démocratie directe.
L’année passée, le CA s’est déroulé dans la région de Montebello afin de se joindre aux protestations contre la signature du « partenariat sur la sécurité et la prospérité » (PSP). Cette année, nous nous sentons particulièrement interpelléEs par les enjeux soulevés par le projet Rabaska et l’appel lancé par le collectif « Stop au Méthanier ». Aussi, cette année, nous établissons notre campement dans la région de Lévis-Beaumont afin de nous greffer à la lutte que le collectif et ses organisations membres ont entamé il y a 4 ans contre le projet Rabaska. Dans cette optique, le campement s’est affilié avec les autres « camp for climate action »[2], un mouvement international de protestations, de sensibilisation et d’actions contre les changements climatiques et de propositions environnementales alternatives. Bien humblement, nous espérons ainsi contribuer à donner à la lutte contre Rabaska une résonance nationale et internationale.
Voici deux expériences de «Camp for Climate Change» pour vous donner un avant-goût..
Offrant vitrine aux causes et aux peuples ignorés des grands médias, elle cherche à faire réfléchir et à poser un tout autre regard sur la réalité de la planète.