Le week-end dernier avait lieu le premier Rassemblement pan-canadien des jeunes féministes Toujours RebELLEs ! à Montréal. L’évènement organisé une coalition de différents groupes féministes a été assez bien médiatisé tout au long de la fin de semaine. Cet évènement était une première au pays. Plus de 500 femmes de moins de 35 ans venant de toutes les provinces du Canada ont débattu de différentes questions concernant les femmes et le féminisme en général.
L’objectif du comité organisateur était de montrer que contrairement à la croyance populaire, les jeunes féministes existent bel et bien dans notre société, et qu’elles sont très actives ! Aussi, montrer que le féminisme a toujours sa raison d’être car les femmes subissent encore des discriminations, même dans les pays occidentalisés. Et face à ces oppressions, les féministes continueront de riposter. Dans cet esprit, un manifeste a été composé durant la fin de semaine, puis adopté par l’ensemble des filles présentes.
M’étant jointe à l’équipe du comité vidéo, j’ai assisté à cette rencontre à travers l’objectif de ma caméra. De mon point de vue, cet évènement a aidé beaucoup de femmes à mieux comprendre en quoi consiste le féminisme et en a amené quelques-unes à ne plus avoir peur de se dire féministe, passant par-dessus les préjugés que ce mot véhicule. Ce qui était frappant, c’était la diversité sous toutes ses formes qui était présente. Des femmes de toutes provenances, toutes origines, toutes orientations sexuelles. L’accent a d’ailleurs été mis sur des questions que les mouvements féministes occidentaux n’ont pas souvent mis de l’avant, notamment l’hétérocentrisme et le colonialisme.
À ce sujet, une place assez importante a été accordée aux femmes autochtones. Les femmes autochtones ont été et sont toujours les plus opprimées sur la planète. Et on l’oublie tellement ! Aujourd’hui, on commence à leur donner la place nécessaire sur différentes tribunes pour qu’elles puissent nous conscientiser sur leur situation et cela fait vraiment du bien!
Je vous laisse d’ailleurs sur le discours de Jessica Yee, une féministe Mohawk d’Akwesasne qui résume en quelques minutes l’histoire de la colonisation en Amérique du Nord (Ile de la tortue) à travers l’esprit de la grand-mère. Écoutez-la jusqu’au bout, ça vaut la peine
Le 9 octobre dernier, les deux autres communautés Innus à être consultées pour la construction du barrage Hydroélectrique sur la rivière Romaine, Unamen Shipu (La Romaine) et de Pakuashipi (Saint-Augustin), ont « accepté » de signer l’entente avec Hydro-Québec. Elles recevront 14,5 millions, pour les deux, et ce, sur 60 ans… (!)
Comme à Nutaskuan, l’entente qui est signée par le chef ne fait pas l’unanimité chez les Innus des communautés. En effet, j’étais à Natashquan cet été et j’ai eu l’occasion de discuter du projet avec quelques Innus de Nutaskuan choqués par la signature de l’entente puisqu’ils ne se disent pas du tout en accord avec celle-ci et qu’ils n’ont pas eu leur mot à dire lors d’une consultation.
De même, selon un article paru sur le site de Radio-Canada, « Un membre du conseil de bande de La Romaine demande même un référendum sur l’entente conclue avec Hydro-Québec. Le vice-chef des Innus de La Romaine, Adélard Bellefleur, soutient que ni la population, ni les conseillers n’ont été consultés sur le contenu de cette entente sur la construction de quatre barrages sur la rivière Romaine. M. Bellefleur affirme qu’une seule séance d’information sur le contenu de l’accord a été tenue au village. »
Il y a eu une rencontre le 5 septembre dernier où le chef en a profité pour faire voter les 35 personnes présentes, alors que la communauté Unamen Shipu compte 600 électeurs.
Alexis de Gheldere, réalisateur du documentaire sur l’ecosystème de la rivière Romaine et qui en a parcouru en canot les 712 Km cet été nous fait part de son expérience et des impacts de la construction du barrage. « Si le projet hydroélectrique a lieu, la Romaine deviendrait le 14e des 16 principaux cours d’eau du Québec à être harnachée à des fins hydroélectriques ou autres.
Déjà, on peut voir de nombreuses traces laissant présager l’avenir de la rivière : stations de mesure du débit, déboisement des lieux de barrages proposés, beaucoup d’étiquettes incrustées dans les troncs d’arbres ou dans le roc, et de nombreuses plates-formes d’atterrissage pour hélicoptères. »
Et il termine sur cette note :
« En contemplant ces sources de rivières, je ne peux m’empêcher de penser qu’en jouant à l’apprenti sorcier, le règne de l’homo industrialis, auquel j’appartiens, s’éloigne peut-être de sa propre source, de cet état harmonieux d’équilibre qu’il n’est pas aisé de modifier sans heurts. Tout l’art réside dans la façon de favoriser (ou rétablir) ces échanges au bénéfice de tous les membres des écosystèmes, humains et autres. »
Aussi, je vous conseille de lire l’article de l’APNQL sur le projet de la Romaine et qui veut rappeler que le projet hydroélectrique est situé sur un territoire autochtone qui n’a jamais été cédé puisqu’il n’y a jamais eu de traité.
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Ça me fait penser au film d’Arthur Lamothe: La conquête de l’Amérique, qui porte sur la communauté Innu de Nutaskuan. La conquête de l’Amérique I porte sur les revendications des Innus sur les terres, les forêts et les rivières qui leur ont été volées. Il nous fait comprendre les impacts qu’ont eu ces événements sur la vie des peuples Innus par le passé et donc ce à quoi ils sont confrontés au présent.
La conquête de l’Amérique II témoigne de leur difficile lutte pour reprendre leur droit de pêcher le saumon dans la rivière Natashquan! Cette rivière qui les nourrit depuis des millénaires était devenue l’exclusivité des pourvoyeurs qui interdisaient aux Innus de Nutaskuan d’y pêcher sans permis. Après plusieurs années de lutte et de négociations, une entente de gestion de la pêche est conclu en mai 1999.
Je vous rappelle qu’en fin de semaine, soit samedi le 18 octobre, se tiendra une journée d’action pan-canadienne dans le but de faire entendre notre voix contre la guerre en Afghanistan et le rapatriement des soldats canadiens. Cette journée est organisée par le Collectif Échec à la guerre et l’Alliance canadienne pour la paix.
Je vous invite aussi à lire le communiqué et à visiter leur site web pour des informations approfondies sur les mensonges et les silences de notre gouvernement sur cette guerre qui n’en finit plus.
Je mettrai en ligne quelques photographies au cours de la semaine prochaine pour ceux et celles qui ne seront pas de la partie. En espérant qu’il ne pleuve pas samedi…
Voici le communiqué émis par le collectif échec à la guerre et l’Alliance canadienne pour la paix.
18 octobre 2008 : Journée d’action pan-canadienne
Mettons fin à la guerre en Afghanistan !
Rapatrions les troupes canadiennes maintenant !
Le Collectif Échec à la guerre et l’Alliance canadienne pour la paix appellent à une journée d’action pan-canadienne le 18 octobre 2008 pour exiger la fin de la guerre en Afghanistan et le rapatriement immédiat des troupes canadiennes.
Le 13 mars dernier, les partis Libéral et Conservateur ont ignoré la volonté de la majorité des Canadiens et des Canadiennes et ont voté la prolongation de la participation du Canada à la guerre en Afghanistan jusqu’en juillet 2011. Face à cette décision clairement antidémocratique, le mouvement anti-guerre au Québec et au Canada s’engage à faire entendre encore davantage la voix de celles et ceux qui s’opposent à cette guerre et à dénoncer les mensonges et les silences qui l’entourent.
À Montréal, le 18 octobre: Marche et chaîne humaine
Rassemblement à 13 h - au métro Radisson, dans le stationnement au sud de la rue Sherbrooke.
Départ à 13 h 30 - en direction de la base militaire de Longue-Pointe où nous formerons une chaîne humaine pour protester contre le militarisme de la politique étrangère canadienne et exiger le retrait immédiat des troupes canadiennes de l’Afghanistan.
Les participants/es vont tenter de passer 7 jours sans emballage à usage unique tout en relevant le défi collectif d’arriver à 10 000 emballage en moins! Vous trouverez sur le site des endroits où on peut acheter en vrac et quelques trucs et astuces pour relever le défi; apporter nos contenants quand on achète en vrac, réutiliser nos sacs, amener notre tasse au café du coin,…
Pourquoi un défi sans emballage?
« D’abord, l’emballage à usage unique est omniprésent. Tellement omniprésent, qu’on ne le remarque plus. Comme les lignes de trottoir. Qui saute encore par-dessus les lignes de trottoirs? Et qui s’étonne encore devant un petit jus dans une boîte dans une pellicule plastique dans une autre boîte dans une autre pellicule plastique? L’emballage est omniprésent!
Deuxièmement, l’emballage à usage unique ne nous mérite pas. La preuve? La première chose que l’on fait, c’est de s’en débarrasser! Quand on reçoit un cadeau dans une belle boîte, que fait-on? On la garde pour la réutiliser. L’emballage qu’on jete est celui qui est, à nos yeux, trop inutile pour être réutilisé. Se promenerait-on avec des vêtements qui ne valent pas la peine d’être portés une deuxième fois? L’emballage à usage unique est chiche. Il ne nous mérite pas!
De plus, l’emballage à usage unique n’est pas pratique! Il pince l’intérieur des doigts lorsqu’il est trop plein, il laisse le jus de viande couler, il déchire, … Qui s’en étonne? S’il était pratique, on ne le jèterait pas. Le principal avantage qu’on lui trouve est celui de pouvoir ne pas s’en encombrer lorsqu’on n’a pas de place. Soit. Mais, au fait, vous n’auriez pas déjà un petit sac? Une petite sacoche? Une petite voiture…
Mais surtout, l’emballage est un outil de réflexion idéal, car, superficiel au premier coup d’oeil, sa remise en question touche une panoplie d’enjeux et mène directement au coeur d’un système économique qui s’emballe et auquel il faudra bien un jour ou l’autre redonner un peu d’humanité. » En savoir plus!
Comme je l’avais mentionné dans mon billet sur le sujet, cette Déclaration n’a pas été adopter par le gouvernement de M. Harper, ni par les États-Unis, la Nouvelle-Zélande et l’Australie. Notons que dès son entrée en fonction le 13 février 2008, le nouveau Premier ministre australien, Kevin Rudd, “a demandé pardon à tous les Aborigènes pour les lois et les politiques passées ayant « infligé une douleur, une souffrance et des pertes profondes »” (un article sur l’International de l’Éducation) mais qu’en plus, selon Alexis Wawanoloath, député d’Abiti-Est, “il y a un projet de loi pour ratifier cette déclaration”.
Pouvons-nous en espérer autant de Harper ?! Il a fait ses excuses lui aussi mais rien de concret par la suite et son refus de signer la Déclaration prouve bien qu’il ne se préoccupe pas des droits fondamentaux des Premières Nations. Comme on peut le lire sur la pétition pour adhérer à la Déclaration, par l’APNQL et Amnistie International, “les peuples autochtones du Canada seraient classe?s au 63e rang selon l’indice du de?veloppement humain, alors que le Canada se situe au 4e rang mondial“.
Dans le cadre des élections fédérales, l’APNQL déroge à son principe non-partisan pour inciter la population à voter contre Harper. Il a aussi créer une campagne vidéo afin de rappeler aux différents partis qu’il y a beaucoup à faire en ce qui concerne l’éducation, le logement, le sport et les langues. Je vous mets ici la vidéo sur le logement.
Voici un film réalisé en août 2006 par Actualité citoyenne qui rappelle que le gouvernement Harper n’a jamais dénoncé la dernière guerre d’agression menée par Israël contre le Liban. Pourtant, cette guerre avait complètement ravagé le pays et fait de nombreuses victimes innocentes …
Pour revivre d’autres moments de cette mobilisation de « Solidarité avec le Liban », je vous propose 4 autres films que j’avais réalisés durant la même période :
Dans le cadre de la semaine d’action pancanadienne pour le rapatriement d’Omar Khadr, je vous invite à visionner le film: “Ya ummi: l’interrogatoire d’Omar Khadr” réalisé par un groupe de cinéastes québécois:
Entre le 13 et le 16 février 2003, trois agents du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) et un fonctionnaire du ministère canadien des Affaires étrangères se sont rendus à la prison de Guantánamo pour y interroger le détenu Omar Khadr, qui n’avait alors que 16 ans.
Âgé aujourd’hui de 21 ans, Omar Khadr, citoyen canadien, est toujours détenu à Guantánamo.
Il est accusé par le gouvernement des États-Unis d’avoir tué un soldat des forces spéciales américaines lors d’un affrontement survenu en juillet 2002 en Afghanistan.
En juillet 2008, la Cour suprême du Canada a ordonné la diffusion d’une bande vidéo, d’une durée de sept heures, enregistrée à Guantánamo lors de l’interrogatoire d’Omar Khadr par les agents canadiens.
Ce document permet, pour la première fois, de voir et d’entendre une partie de ce qui se passe à l’intérieur de cette prison.
Offrant vitrine aux causes et aux peuples ignorés des grands médias, elle cherche à faire réfléchir et à poser un tout autre regard sur la réalité de la planète.