[ Actualité citoyenne vous propose ce texte de Lorraine Guay sur le thème de la lutte contre la privatisation du système de santé. L'article provient du site de Cybersolidaires. ]
Le privé en santé - La déclaration de guerre de M. Couillard Par Lorraine Guay, infirmière à l’Institut de réadaptation Gingras-Lindsay
Quel hasard! Au lendemain même des élections, l’ex-ministre de la santé du PLQ lance un vibrant plaidoyer en faveur d’une plus grande ouverture au secteur privé dans la santé : de la musique sans doute aux oreilles de M. Charest, désormais majoritaire à l’Assemblée nationale. Ce gouvernement, hélas, a maintenant les coudées franches pour continuer d’aller de l’avant dans cette direction. Et l’intervention de M. Couillard doit être comprise pour ce qu’elle est : une véritable déclaration de guerre au réseau public de santé et aux citoyens et citoyennes que nous sommes.
Car ce monsieur, avec le même aplomb qu’on lui reconnaissait dans ses fonctions antérieures, continue de propager les mêmes mythes mensongers selon lesquels - pour reprendre ses propos devant l’Institut canadien de la retraite et des avantages sociaux - «l’ouverture au privé est décidément l’avenir du système de santé québécois». Martelés par de telles affirmations jamais démontrées, lavés par les arguments fallacieux des «think tank» de la droite tel l’Institut économique de Montréal, nos cerveaux sont devenus des territoires occupés par cette idée que les entrepreneurs privés en santé seraient devenus les sauveteurs bienveillants d’un système public présumé en faillite, qu’ils seraient les seuls capables d’augmenter l’accessibilité, de réduire les listes d’attentes, de diminuer les coûts et d’augmenter la qualité des soins.
Et de ramener à l’avant-scène le rapport Castonguay que M. Couillard avait prudemment mis dans l’ombre comme ministre de la Santé… et dont il redécouvre maintenant les vertus en tant qu’homme d’affaires. Un exemple parmi d’autres : il nous revient avec les tickets modérateurs présumés «bons dans la mesure où ils permettent de financer le réseau et de modifier le comportement des gens». Cet argument a été maintes fois démoli, non par de vilains gauchistes, mais par l’Organisation mondiale de la santé, l’OCDE, le rapport Romanov, l’Avis du Conseil de la santé et du bien-être du Québec de l’époque présidé par… un ancien sous-ministre de Robert Bourassa, le Dr Paul Lamarche.
Le Dr Couillard connaît parfaitement le terrain politique dans lequel il intervient désormais comme chantre des lobbys privés de la santé : il est l’architecte de la loi 33 qui légitime désormais le recours aux assurances privées duplicatives pour des interventions déjà pratiquées dans le réseau public; il s’est fait le promoteur de la multiplication des cliniques privées spécialisées, du recours à la sous-traitance et aux partenariats publics-privés dont son gouvernement a sciemment tu les effets désastreux dans les pays où on les a déjà utilisés. La juriste et spécialiste de ces questions, Marie-Claude Prémont, rappelait récemment que tout l’appareillage juridique, réglementaire et administratif est actuellement en place pour ouvrir une porte encore plus grande au privé dans la santé. Faut-il rappeler que notre système est déjà privatisé à hauteur de 30%! Triste héritage de M. Couillard qui nous affirmait, la main sur le cœur, lors de la commission parlementaire sur son Livre blanc, que s’il était favorable à cette ouverture, c’était pour protéger le public!!!!! Le Québec est maintenant devenu la province canadienne où la privatisation est la plus avancée, devenant le «maillon faible» de la Loi canadienne sur la santé et donnant des munitions aux conservateurs de M. Harper pour s’en débarrasser à plus ou moins long terme.
Pourquoi interdire à certains citoyens de profiter des soins de santé, s’ils payent?, nous demande M. Couillard. Voilà en effet le fond de la question. Proposer une telle avenue relève d’abord de l’irresponsabilité politique et d’un manque de rigueur au plan économique, car le Dr Couillard en connaît très bien les conséquences : système parallèle public/privé à deux vitesses, désengagement des médecins du système public et migration vers le privé, dépendance face aux compagnies d’assurances dont il est impossible de contrôler les coûts exponentiels et donc augmentation des coûts globaux pour la population, diminution de la qualité des soins, accroissement des inégalités en santé, etc. Il sait aussi très bien qu’il existe des solutions publiques aux problèmes du système de santé québécois : sous la direction du Dr. Simon Turcotte, les médecins pour un régime public n’ont pas cessé de proposer de telles solutions. Quand le gouvernement les écoutera-t-il?
Permettre l’accès aux soins en fonction de la hauteur du portefeuille des gens, c’est opérer un formidable retour en arrière et revenir à cette époque pas si lointaine où nos parents devaient se ruiner pour se munir d’assurances privées et où la maladie constituait la principale cause d’endettement des familles québécoises. Plus encore, c’est assujettir le droit à la santé au pouvoir des marchands dont les valeurs d’égalité devant la maladie et de solidarité des uns envers les autres constituent le dernier de leurs soucis. La crise financière qui nous décime saura-t-elle nous libérer de cette sacralisation du libre marché dans tous les secteurs de la vie et surtout en santé, en éducation, en culture?
Pourquoi se laisser impressionner par l’incantation du Dr Couillard en faveur de la privatisation de notre système de santé, au moment même où le nouveau président des États-Unis s’apprête à faire le chemin inverse et à tenter, même timidement, de sortir son pays des affres de la médecine privée? Le Center for Studying Health System Change rappelait d’ailleurs durant la campagne électorale américaine que «près d’une famille américaine sur cinq avait du mal à payer ses factures médicales l’année dernière, soit 57 millions d’Américains, dont la grande majorité bénéficie pourtant d’une police d’assurance. Plus de la moitié de ces familles ont dû faire un emprunt pour payer leurs soins de santé; prise à la gorge, une minorité non négligeable a envisagé de faire faillite». Voulons-nous vraiment nous précipiter dans cette direction?
M. Couillard dit avoir quitté la politique pour «s’engager dans les débats d’idées, dont celui de l’avenir des systèmes de santé» : alors que le combat d’idées commence vraiment! Et pourquoi pas une forme de BAPE en santé à la place des traditionnelles commissions telles Clair, Ménard et Castonguay qui ont toutes, chacune à leur façon, pavé la voie au privé en santé? La population doit avoir en main toutes les informations lui permettant de se faire une opinion éclairée sur l’orientation à prendre compte tenu des répercussions énormes sur notre présent et sur les générations futures. Mais ne nous y trompons pas : seule une puissante mobilisation des citoyens et citoyennes permettra de «tenir la bride» au gouvernement de M. Charest dans sa marche vers la privatisation accrue de notre système de santé et de services sociaux et de tourner les projecteurs vers la recherche et la mise en œuvre de solutions publiques.
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Actualité citoyenne a réalisé un film sur le sujet en mars 2008, cliquez sur le titre du film pour le visionner:
[ Actualité citoyenne diffuse ici le communiqué de presse signé par la revue À Bâbord ! et Barbara Legault suite au procès intenté contre eux par le masculiniste Andy Srougi. Celui-ci avait fait une requête en diffamation et les accusait d’avoir « proféré des propos haineux » à son endroit dans l’article « Des hommes contre le féminisme », de Barbara Legault. Le procès a eut lieu du 4 au 6 juin 2008 et M. Srougi a perdu. Ceci est une victoire importante pour le mouvement féministe, de même que pour la liberté d'expression et la liberté de presse. ]
Le jugement est tombé le 12 septembre
Andy Srougi perd son procès contre À bâbord ! et Barbara Legault
[Montréal, le 13 septembre] Le militant masculiniste Andi Srougi a perdu la requête en diffamation qu’il a intentée contre la revue À bâbord ! et la militante féministe Barbara Legault en décembre 2006. Andy Srougi les accusait d’avoir « proféré des propos haineux » à son endroit dans l’article « Des hommes contre le féminisme », signé par Barbara Legault et publié dans le no 16 de la revue À bâbord !, paru en octobre 2006. M. Srougi prétendait que des « propos diffamatoires, mensongères [sic] et haineux [avaient] porté atteinte à [sa] réputation et lui ont causé une détresse émotionnelle ». Le procès a eu lieu les 4, 5 et 6 juin 2008 à Montréal.
Rabaska : Un référendum est exigé à proximité du site du port méthanier
Près de 200 personnes ont défié la loi et occupé aujourd’hui les terrains de Rabaska à Lévis pour s’opposer au projet de port méthanier.
Les participantEs ont formé un immense cercle blanc marqué d’un “X” rouge sur les terres agricoles qui seraient détruites par Rabaska pour construire des cuves de gaz.
Un avion nolisé dans lequel se trouvaient d’autres protestataires est venu survoler cette fresque humaine pour en tirer des photos aériennes ci-jointes symbolisant le refus de l’implantation d’un terminal méthanier. Ce symbole soulignait également les manquements à la démocratie qui découle de l’absence d’un référendum à proximité des installations méthanières.
Le message lancé par cette action collective non-violente est clair: “Nous exigeons que la population dans un rayon de 3 Km du site de Rabaska soit consulté par référendum”. Sylvain Turgeon, participant au campement, a d’ailleurs rappelé qu’il s’agit de la simple mise en application de principes démocratiques et réglerait une fois pour toute la question de l’acceptation sociale du projet Rabaska.
L’événement organisé par le campement autogéré, en collaboration avec la coalition des groupes locaux opposés à Rabaska, a débuté vers deux heures par une marche festive sur la route 132 depuis le campement, situé à près de 2 Km des terres occupées.
Les marcheurs et marcheuses étaient accompagnéEs d’un orchestre ambulant et composés à la fois de familles de la région et de militantEs venuEs des quatre coins du Québec. Ils et elles ont manifestés pour exprimer leur désaccord avec l’implantation d’un port méthanier à Lévis.
L’occupation de la terre a été immédiatement un franc succès. Tout avait été prévu : une cuisine, des toilettes et une tente géante communautaire ont été transportées avec la marche et montées en quelques minutes. “Nous nous réapproprions les terrains de Rabaska pour y installer une zone autonome temporaire” a expliqué Olivier Asselin.”Si Rabaska se poursuit; nous reviendrons!”, a affirmé Zoé Lamontagne.
Après la photo aérienne, les occupantEs ont partagé un repas chaud et ont ensuite réalisé des ateliers sur l’autogestion, sous l’immense tente qui avait été transportée à bout de bras lors de la marche.
De grandes bannières ont également envahi les lieux. On pouvait notamment y lire “Pour le changement social, contre les changements climatiques” et “coulons Rabaska”.
La reprise de possession temporaire de l’espace s’est poursuivie jusque dans la soirée dans le respect des terres agricoles environnantes.
Sylvie Melançon a a évoqué divers événements qui sont survenus durant les deux dernières semaines rappelant les dangers liés au transport et au stockage de gaz naturel :
Un incendie à Zeebruge, Belgique, oû la foudre a frappé un méthanier et forcé l’évacuation du port.
La tragique explosion d’un réservoir de gaz à Toronto, ayant entraîné la mort de deux personnes, plusieurs blessés et l’évacuation de milliers de résidentEs.
L’interdiction, dans l’état du Massachussets aux États-Unis, d’implanter un port méthanier à moins de 1,5 Km d’une zone résidentielle alors que le BAPE a estimé qu’un simple périmètre de sécurité de 400m serait suffisant pour le projet Rabaska.
Le regroupement des municipalités côtières de la Colombie Britannique a interdit le passage des méthaniers le long de la côte ouest.
À Lévis, la foudre a frappée un pylône à haute-tension d’Hydro-Québec situé à moins de 500m de l’emplacement projeté du pipeline de GNL de Rabaska, entraînant un incendie important. Les promoteurs de Rabaska et le BAPE avaient pourtant déclaré qu’un tel événement était tout à fait improbable.
Le gouvernement fédéral a remis en question l’approvisionnement en gaz naturel du projet Rabaska par la société russe Gazprom après l’invasion de la Géorgie par la Russie et le pilonnage des principales villes géorgiennes.
[Actualité citoyenne diffuse ici le communiqué du 6e Campement Autogéré, un événement vraiment intéressant pour ceux et celles voulant vivre une expérience intense d’autogestion dans un contexte de lutte sociale ]
Le Campement Autogéré se greffe à la lutte contre le projet Rabaska et s’installe dans la municipalité de Beaumont, près de Lévis (rive-sud de Québec) du 8 au 24 août 2008. Dans la mouvance internationale des Camps for Climate Change, le Campement s’allie donc à une lutte populaire locale, opposée aux conceptions dominantes de l’avenir énergétique de nos sociétés, afin d’y apporter sa couleur toute particulière d’actions en vue de changements sociaux et environnementaux majeurs… et nécessaires.
À noter: Le lieu exact du campement sera communiqué 24h à l’avance sur ce site: http://www.uncampement.net
Un lieu pour vivre l’autogestion, un geste politique
Un campement autogéré est un lieu politique, ouvert et inclusif, dans lequel chacunE est invitéE à expérimenter, par des paroles et par des actions, la construction d’une zone autonome temporaire. Cet espace est fondé sur des valeurs telles que l’autogestion, l’échange, le partage, la solidarité, la liberté, le respect, la responsabilisation, l’égalité, la démocratie directe, l’écologie et la décroissance.
Les campeur/EUSEs s’y organisent librement, collectivement et par la recherche du consensus, se mettent en action pour faire vivre l’utopie politique d’un mode fraternel, solidaire et débarrassé de tout enjeu de domination. Un campement autogéré est ainsi un geste politique en soi, dans lequel nous revendiquons, comme une fin et comme un moyen, la réappropriation de nos vies et le pouvoir de nous organiser collectivement.
Qui sommes-nous ?
Historiquement, le Campement Autogéré (CA), à l’époque « Campement Québécois de la Jeunesse », puise ses racines dans le mouvement altermondialiste, les Forums Sociaux Mondiaux et le Campement Intercontinentale de la Jeunesse. Le CA est un espace de convergence non confessionnel et non partisan pour les individu-e-s et pour les groupes sociaux. Notre projet collectif est la mise en pratique d’alternatives sociales et politiques, l’expérimentation d’un vivre ensemble basé sur des valeurs comme l’horizontalité, la recherche du consensus, l’autogestion, l’écologie, le féminisme et la démocratie directe.
L’année passée, le CA s’est déroulé dans la région de Montebello afin de se joindre aux protestations contre la signature du « partenariat sur la sécurité et la prospérité » (PSP). Cette année, nous nous sentons particulièrement interpelléEs par les enjeux soulevés par le projet Rabaska et l’appel lancé par le collectif « Stop au Méthanier ». Aussi, cette année, nous établissons notre campement dans la région de Lévis-Beaumont afin de nous greffer à la lutte que le collectif et ses organisations membres ont entamé il y a 4 ans contre le projet Rabaska. Dans cette optique, le campement s’est affilié avec les autres « camp for climate action »[2], un mouvement international de protestations, de sensibilisation et d’actions contre les changements climatiques et de propositions environnementales alternatives. Bien humblement, nous espérons ainsi contribuer à donner à la lutte contre Rabaska une résonance nationale et internationale.
Voici deux expériences de «Camp for Climate Change» pour vous donner un avant-goût..
[ Je diffuse ici un 1er compte rendu de la manifestation anti-militariste qui a eu lieu à Québec aujourd'hui (le 3 juillet 2008). Le texte provient du blog Voix de faits du Collectif anarchiste La Nuit de Québec ]
À l’appel de la Coalition Guerre à la Guerre, quelques centaines de manifestants ont bruyamment fait savoir leur position anti-militariste dans les rues de Québec aujourd’hui. Les manifestants demandaient le retrait du Droit de Cité accordé à l’armée canadienne dans la ville de Québec, le retrait des troupes d’Afghanistan et la cessation du recrutement et de la propagande militaire, laquelle était flagrante alors que plus de 2000 militaires défilaient sur Grande Allée en cette journée du 400e anniversaire de la fondation de la ville de Québec.
Malgré une pluie diluvienne, les manifestants se sont élancés vers 11h pour aller perturber le défilé militaire mais ils ont été bloqués après quelques minutes seulement par l’escouade anti-émeute (Sûreté municipale et Sûreté du Québec). Après avoir joué au chat et à la souris avec les flics et avoir fait un peu de jogging, les manifestants ont réussi à se rendre au Parc de l’Esplanade, près de la Porte St-Louis, où ils ont rejoint le défilé qu’ils ont copieusement hué sous la surveillance de plusieurs dizaines de flics. Pour déjouer les manifestants, les militaires ont changé le trajet du défilé à la dernière minute, et une bonne partie de celui-ci s’est déroulé dans l’indifférence totale, sur les Plaines d’Abraham. Au moment d’écrire ce texte, les plus courageux des manifestants affrontaient toujours le déluge et poursuivaient la protestation. Malgré quelques confrontations directes, renversements de clôtures et poussages, il ne semble pas à ce moment y avoir d’arrestations à déplorer. Plus de détails à venir sous peu.
Le 13 avril dernier, la Coalition pour humaniser la rue Notre-Dame organisait une marche festive afin de s’opposer au projet de “modernisation” de la rue Notre-Dame proposé par la ministre des Transports du Québec, Julie Boulet et le responsable du transport collectif et de l’aménagement urbain à la ville de Montréal, André Lavallée. Il s’agit de transformer le segment de 9 KM de la rue Notre-Dame allant de la rue Amherst jusqu’à l’autoroute 25 en un axe routier à grand débit de 8 voies de larges, enclavé dans une tranché de 10 mètres de profondeur.
Pour un vrai boulevard urbain- la rue Notre-Dame
un film de Laetitia Bertolino
durée: 9min.27
Le projet proposé va à l’encontre de la volonté des citoyens-citoyennes de créer un véritable boulevard urbain qui favoriserait le transport actif et qui revitaliserait le quartier Hochelaga-Maisonneuve au plan écologique, social et culturel. L’autoroute engendrera des conséquences graves sur la santé de la population, sur le tissu social des quartiers touchés et favorisera, encore une fois et malgré les belles promesses du gouvernement, le déplacement en auto-solo.
C’est un projet qui coûtera au minimum 750 millions$ [sans compter les dépassements de coûts], un montant qui devrait être investit dans les transports collectifs, les projets de développements sains et réellement durables.
Le 8 mai dernier, Julie Boulet et André Lavallée annonçaient que le début des travaux s’effectueront dans le secteur Souligny dès le mois d’octobre 2008. Voici la réponse de la Coalition suite à cette annonce:
Communiqué 8. La Coalition proteste devant l’annonce des travaux sur Souligny
Montréal jeudi 8 mai 2008 — La Coalition pour humaniser la rue Notre-Dame proteste contre l’annonce de travaux qui engagent la reconstruction de l’autoroute Ville-Marie d’est en ouest, et qui feraient de la rue Notre-Dame une autoroute. Cette annonce survient le jour même où le rapport des consultations publiques est enfin publié, après quatre mois. Ce rapport fait mention, entre autres, de l’opposition massive des citoyens, qui ne veulent pas d’une telle infrastructure désuète et destructrice. Faisant fi de la volonté populaire, le gouvernement s’apprête à consacrer 68 M$ seulement dans la partie Est de l’artère, appelée Souligny. L’État contrevient ainsi à son propre décret promulgué en 2002, selon lequel le ministère des Transports ne peut entreprendre de travaux sur cette artère sans avoir réuni 19 conditions minimales. Or, plusieurs de ces conditions ne sont pas encore réunies…
Rappelons que cette voie rapide à grand débit favoriserait le développement des couronnes situées au nord-est de l’île, au détriment des quartiers centraux de Montréal, et que les autoroutes sont incompatibles avec un milieu urbain. Au moment où le gouvernement emprunte des sommes colossales pour les consacrer à un mode de vie dépendant du pétrole, les budgets réservés au transport en commun sont anémiques à Montréal et le prix du baril de pétrole augmente à une vitesse vertigineuse. L’État condamne donc les citoyens à allouer une part de plus en plus grande de leur budget à la voiture et au pétrole, bien que le Québec n’en produise pas et que cette matière non renouvelable l’entraîne d’année en année dans un déficit commercial de plusieurs milliards de dollars.
Les batailles contre la centrale du Suroît et contre la mainmise du mont Orford semblent ne pas avoir fait comprendre au gouvernement que les citoyens veulent réellement un avenir vert et une prospérité économique plutôt qu’un simulacre de développement durable et l’enrichissement de quelques entreprises privées.
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Consultez le site de la coalition pour humaniser la rue Notre-Dame [http://rue-notre-dame.org/humanisons-la/] pour plus d’information.
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[*À noter que Laetitia Bertolino fait désormais parti de la nouvelle équipe permanente d'Actualité citoyenne ]
[une vidéo de Laetitia Bertolino et un texte de Martin St-Pierre]
En conférence de presse le 5 mai 2008, la maison d’édition Écosociété a fait le point sur le SLAPP qu’elle s’est vu assénée par Barrick Gold suite à la publication du livre Noir Canada, Pillage, corruption et criminalité en Afrique d’Alain Deneault et ses collaborateurs du collectif Ressources d’Afrique.
[vidéo] Les éditions Écosociété menacées par un SLAPP réalisation: Laetitia Bertolino
Rappelons que la sortie du livre avait été retardée de quelques jours suite à la mise en demeure que la plus importante société aurifère au monde (revenus de 6,332 milliards en 2007) avait fait parvenir aux auteurs et à la maison d’édition.
Une semaine auparavant, Barrick avait mis sa menace à exécution en intentant une poursuite de 6 millions de dollars, ce qui représente 0,1 % de ses revenus, mais 2500% du chiffre d’affaires d’Écosociété!
Soulignons le courage d’Écosociété dans cette affaire, car c’est bien sa survie qui est en jeu dans cette bataille des plus importante pour la liberté d’expression. Mais soulignons également la nécessité d’un réel débat public sur les activités douteuses des entreprises minières canadiennes à l’étranger.
Même si la nouvelle a été reprise le jour de la conférence, une version intégrale s’impose puisque les courts clips auxquels les médias nous ont habitués ne peuvent transmettre l’importance de ces enjeux.
C’est pourquoi nous vous proposons d’écouter en entier la touchante et pertinente intervention d’Alain Deneault à la conférence de presse.
Voici comment j’ai vécu ma manifestation du 1er mai dernier. Il s’agit ici d’un récit éminemment subjectif. Pour un vrai regard objectif sur ce qui s’est passé, il faudra consulter la grosse Presse à Desmarais ou l’un des nombreux médias concentrés de PKP qui, eux, c’est bien connu, ont l’apanage de l’objectivité journalistique désintéressée. À moins, bien sûr, que l’événement n’y soit malencontreusement passé sous silence…
Cette année, une vaste coalition de groupes sociaux avait décidé d’organiser sa propre manifestation et de ne pas se joindre à la grosse manifestation syndicale appelée deux jours plus tard, le samedi 3 mai. Avec un slogan comme « Le capitalisme est notre misère ! Manifestons notre colère ! », c’est à cet événement que j’avais plutôt décidé d’accorder mon appui. Je trouvais son message plus clair et radical que celui des syndicats. Car c’est bien beau de défendre le système de santé public (thème de la marche syndicale de cette année), mais ne pas mettre de l’avant que c’est le capitalisme sauvage dans lequel on baigne qui le gruge constamment pour le donner au privé, c’est se mettre la tête dans le sable. Aux autruches, je préférais donc les taupes. Elles peuvent manquer à l’occasion de perspective dans leur tunnel étroit censé mener à la révolution, mais au moins, elles ont le mérite de vouloir creuser jusqu’à la racine du problème. C’est d’ailleurs aussi le sens étymologique du mot « radical », la racine. « Protège les feuilles tant que tu voudras, si la racine est pourrie, t’auras pas de bons fruits », aurait pu dire Bakounine s’il avait été moins nomade et plus jardinier…
Bref, j’arrive un peu en retard sur la rue Ontario et la manif, qui vient vers moi, est déjà en route. Il y a beaucoup de noir et de rouge, certes, mais on est loin de la manif annuelle contre la brutalité policière : pas de rage ciblée contre les flics omniprésents, plutôt une atmosphère de chaude solidarité contre un système qui, justement, tend toujours à nous isoler pour mieux nous acheter à bas prix. Plus j’avance avec eux, plus je remarque la diversité des marcheurs de tous âges, y compris plusieurs enfants en poussette ou à pied avec leur maman. L’atmosphère bon enfant incite les commerçants de la rue Ontario à sortir sur leur porche et à accepter avec plaisir les dépliants qu’on leur tend pour expliquer le but de la marche.
Je me laisse tranquillement glisser vers l’arrière de la manif ou une petite fanfare joue des airs militants que fredonnent les marcheurs. À un moment donné, la section percussion de la fanfare devient de plus en plus présente, tout en marquant le rythme d’une manière quelque peu désordonnée… Curieux, je me retourne vers eux pour voir qui sont ces nouveaux musiciens pas encore tout à fait capables de marcher et de tenir le rythme en même temps. C’est alors que je m’aperçois que mes percussionnistes amateurs sont en fait une ligne de policiers anti-émeute qui s’approchent en ligne derrière la manif en frappant leur matraque contre leur bouclier. Mon premier réflexe a été de me dire : « Mais qu’est-ce qu’ils font là ces clowns ? Ils se sont trompés de manif ou quoi ? Les émeutes du Canadien, c’est dans l’ouest que ça se passe, pas dans l’est… ». Je me suis alors rappelé que, comme par hasard, quand du grabuge a lieu par pure délinquance, la police est capable de faire des arrestations ciblées. Capacité qu’elle perd comme par magie dès que la manifestation a un message politique, pour se rabattre vers les bonnes vieilles arrestations de masse.
N’en étant pas à ma première manif, j’aurais dû comme à mon habitude prendre alors la première rue perpendiculaire pour me soustraire à cette tactique policière malheureusement écrite dans le ciel. Mais la manif était si calme, et les gens tellement plus perplexes qu’apeurés ou agressifs, que j’ai continué à marcher avec eux. Mais ce qui devait arriver arriva. Juste avant la rue De Lorimier, alors que, « comme par hasard », nous longions la longue clôture d’une école d’un côté de la rue et les grilles de commerces de l’autre, la manif se met à refouler. Traînant mon vélo d’une main avec moi et ne voulant pas le pousser sur les jambes de ceux qui venaient de s’immobiliser devant moi, je m’arrête donc à mon tour. Sauf que derrière moi, les flics s’étaient pompés et criaient de plus en plus fort : « Move, move ! ». Même pas capables de nous réprimer en français…
« Je veux bien, mais où est-ce que tu veux que j’aille ? » lançais-je au flic qui était devant moi et qui me regardait avec un mauvais œil. En guise de réponse, je reçus un coup de matraque dans le ventre. Sympathique. C’est là que j’ai compris la pleine utilité du petit bout de matraque de cinq ou six pouces qui dépasse de l’autre côté du long bout de la matraque : ça rentre plutôt bien dans les abdos quand tu ne t’y attends pas. Encore heureux qu’il ne m’ait pas frappé juste un peu plus haut, ce con. Avec le peu de graisse qui protège mon squelette, il aurait facilement pu me péter le sternum. Avec le cœur juste derrière, ce n’aurait pas été une bonne idée.
C’est alors que je me suis réveillé. En avant de la manif, un cordon d’anti-émeute, qui semblait plus dense que celui derrière nous, bloquait complètement le passage. Avec les clôtures de chaque côté, et les cochons qui nous « vargeaient » dessus derrière, on était faite, comme on dit. Pardonnez mon langage un peu émotif ici, mais quand on voit une vieille dame se faire pousser violemment (heureusement quelqu’un l’a soutenu sinon elle tombait par terre), une poussette d’enfant (avec l’enfant dedans) se faire tasser avec sa mère si durement que la poussette en vacille, quand on voit, surtout, la peur dans les yeux de la petite fille de six ans d’une amie qui regarde tout ça, alors on devient quelque peu émotif. Ça s’appelle avoir une réaction humaine devant des actes inhumains. C’est ce que je me suis évertué à crier aux flics en face de moi, me disant qu’au moins si je passais la soirée assis à terre avec des menottes dans le dos, je n’allais pas me retenir en plus pour leur dire ce que je pensais d’eux.
Mais au moment où une jeune fille à côté de moi commençait à me dire que ce n’était pas la peine, que je parlais à des robots (ce qui était vrai, le dressage policier étant passé maître dans l’art de faire disparaître toute trace de jugement dans le cerveau de ses fantassins), à ce moment précis donc, un phénomène aussi surprenant qu’étrange survint : les flics commencèrent à reculer, lentement, d’une manière aussi coordonnée qu’ils l’avaient fait pour nous coincer (les ordres leur étant clairement venus de plus haut), jusqu’à nous ouvrir une porte de sortie par une rue perpendiculaire. « Quelle étrange stratégie… », me dis-je alors, tout de même content de retrouver ma liberté.
Mais ce qui allait se passer ensuite me montra que, loin d’être étrange, cette manœuvre avait exactement réussi le but qu’elle poursuivait : disperser les manifestants. En effet, les gens peu habitués à ce genre de répression se sont éloignés en en étant quittes pour une bonne frousse. « Je vais y penser deux fois avant de retourner dans une telle manifestation » se disaient-ils sans doute. Les autres, exaspérés par le comportement de la police, avaient maintenant la rage au cœur et haranguaient les « robotcops ». Situation toute à l’avantage de ces derniers qui n’attendaient alors que les gestes de revanches des plus outrés pour cueillir les auteurs comme un fruit mûr, avec toute la délicatesse qu’on leur connaît. C’est arrivé à l’un de mes amis dont je n’ai pas vu l’offense. Mais à voir la façon dont il s’est fait ramasser, ça ressemblait plus à l’arrestation d’un forcené qui venait de tirer dans une école qu’à un militant qui scandait des slogans en distribuant des tracts dix minutes auparavant…
Car voilà ce qui agace au plus haut point : des gens qui se tiennent ensemble et diffusent un message cohérent sur les injustices et l’exploitation dont eux et une majorité de leurs semblables font l’objet. Cela, pourtant, s’appelle le droit de manifester, et c’est un des acquis les plus précieux de nos soi-disant démocraties. « Soi-disant » parce que tout, dans les lois, est assez flou pour permettre à n’importe quel constable de police municipal, de décréter qu’il a un doute raisonnable (raisonnable pour qui, selon quels critères ?) que tel ou tel attroupement menace l’ordre public. Or, il faudra bien avant longtemps faire cesser ces abus de pouvoir qui minent à la base, à la racine (on y revient toujours), les fondements de ce que devrait être une démocratie : le pouvoir du peuple par le peuple, une peuple qui doit être informé des enjeux qui le concerne et des voies qui s’offrent à lui pour rendre sa société plus juste.
En bout de ligne, c’est le maire de Montréal, Gérald Tremblay, qui aurait la responsabilité de faire cesser les tactiques de bas étages de sa police qui étouffent toute tentative d’amener sur la place publique les problèmes les plus criants. Mais il est sans doute plus occupé à dîner avec un quelconque promoteur immobilier qui va « revitaliser » sa ville qu’il aime tant, surtout quand ses rues sont propres, c’est-à-dire vides de toute revendication sociale.
Mais il y a un facteur que le pouvoir en place a peut-être sous-estimé. C’est la clarté scandaleuse d’un coup de force anti-démocratique comme celui de ce 1er mai 2008. Le pouvoir en place dispose de nombreux moyens, de commissions en tables de concertation, pour faire semblant d’écouter nos revendications. Mais les gens qui, comme moi, étaient à cette manifestation et ont vu la répression gratuite et sans raisons autres que celle de nous faire taire, font en quelques heures le cheminement politique qu’ils auraient sans doute fait en plusieurs années. Tout s’accélère alors et des gens plutôt tolérants et modérés de nature en viennent à prendre la plume pour dire que ce qu’ils ont vu est inacceptable. C’est ce que je fais aujourd’hui, comme plusieurs autres par divers moyens. Et je le fais au « je », du fond du cœur, parce que la très grande majorité de mes concitoyens en ont encore un, de cœur. Et que les plus grands changements sociaux que l’on chérit aujourd’hui sont toujours venus de là.
[ Dans le contexte du Forum public Nourrir le monde ou les voitures? qui a lieu ce soir et afin d'alimenter la réflexion à propos du lien qui existerait entre l'augmentation des espaces cultivables alloués aux biocarburants et la crise alimentaire, Actualité Citoyenne vous propose un extrait de ce texte de Salim Lamrani intitulé " Biocarburants et crise alimentaire" (l'intégral se trouve sur le site Mondialisation.ca) ]
Biocarburants et crise alimentaire
par Salim Lamrani*
Les émeutes de la faim se sont multipliées à travers le monde suite à la flambée des prix des matières premières alimentaires et se sont révélées particulièrement meurtrières. Les populations du Tiers-monde, écrasées par un système économique irrationnel et insoutenable, ont exprimé leur colère sur tous les continents, que ce soit à Haïti où le Premier ministre a été démis de ses fonctions, aux Philippines ou en Egypte. Plus de 37 pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine représentant un total de 89 millions de personnes sont directement affectés par la crise alimentaire1. Mais il ne s’agit malheureusement que du début.
Jacques Diouf, directeur général du Programme alimentaire mondiale des Nations unies, a mis en avant les facteurs qui ont conduit à cette hausse subite des prix, à savoir une baisse de la production due au changement climatique, des niveaux de stocks extrêmement bas, une consommation plus grande dans les économies émergentes telles que la Chine et l’Inde, le coût très élevé de l’énergie et du transport et surtout la demande accrue pour la production de biocarburants2.
Les Etats-Unis ont été les principaux promoteurs, avec le Brésil, de la politique des biocarburants pour faire face à la montée du prix du pétrole, négligeant les conséquences dramatiques et prévisibles d’une telle production. Ainsi, pour satisfaire ses besoins en énergie, Washington promeut une stratégie qui va conduire une grande partie de l’humanité au désastre. Il n’y a aucun doute là-dessus et les grandes institutions internationales sont unanimes à ce sujet, y compris le Fonds monétaire international (FMI)3.
La FAO, l’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, a souligné que l’augmentation mondiale de la production de biocarburants menaçait l’accès aux denrées alimentaires pour les populations pauvres du Tiers-monde. « A court terme, il est très probable que la rapide expansion des carburants verts, au niveau mondial, aura des effets importants sur l’agriculture d’Amérique latine », a affirmé la FAO4.
En effet, la production de biocarburants s’effectue aux dépens des cultures vivrières en puisant dans les réserves d’eau, et en détournant les terres et les capitaux, ce qui entraîne une augmentation des prix des denrées alimentaires et « mettra en péril l’accès aux vivres pour les éléments les plus défavorisés », conclut l’Organisation dans un rapport présenté au Brésil5. Les conséquences sociales désastreuses de cette politique sont aisément prévisibles alors que l’insécurité alimentaire frappe déjà 854 millions de personnes6.
* Salim Lamrani est enseignant, écrivain et journaliste français, spécialiste des relations entre Cuba et les Etats-Unis. Il a notamment publié Washington contre Cuba (Pantin : Le Temps des Cerises, 2005), Cuba face à l’Empire (Genève : Timeli, 2006) et Fidel Castro, Cuba et les Etats-Unis (Pantin : Le Temps des Cerises, 2006). Il vient de publier Double Morale. Cuba, l’Union européenne et les droits de l’homme (Paris : Editions Estrella, 2008).
A partir de 12h, les activistes pour la paix se sont massivement dirigés vers le site de l’OTAN, sur lequel ils ont tenté de pénétrer de manière non violente. Il y avait un grand contraste entre l’attitude non violente des activistes et l’agressivité des services de polices, qui étaient déployés en grand nombre et n’ont pas hésité à utiliser chiens, chevaux, spray au poivre, matraques, canon à eau,… Plus de 500 personnes ont été arrêtées. Malgré ce déploiement massif, les forces de l’ordre n’ont pas pu empêcher plus de 50 activistes pour la paix de pénétrer sur le domaine militaire dans l’intention de le sceller.
Sympathisant de tous les échevelés, Steve Patry est cinéaste/producteur au sein de Funambules Médias. Il pratique le cinéma social depuis plusieurs années et s’intéresse plus particulièrement au mode de vie des marginaux. Il est le co-réalisateur du projet documentaire De prisons en prisons.
Offrant vitrine aux causes et aux peuples ignorés des grands médias, elle cherche à faire réfléchir et à poser un tout autre regard sur la réalité de la planète.