Ça bouge ces temps-ci à Pte-St-Charles! L’année dernière, la population de ce quartier populaire s’était mobilisée pour dire « Non au déménagement du Casino dans la Pointe ». Après quelques mois de luttes et de pressions populaires, Loto-Québec et le Cirque du Soleil se désistaient et mettaient ce projet sur la glace. En fait, c’est sur le site des « terrains du CN » qu’on voulait construire ce méga-casino. Un an après cette « saga du déménagement du casino », la population de Pte-St-Charles reste vigilante, puisque le sort des « terrains du CN » n’est toujours pas réglé. L’article ci-dessous, écrit par une membre du journal de quartier La RueBrique, fait le point sur cette lutte qui se poursuit.
À lire:
L’avenir des terrains du CN ça nous regarde!
« Une leçon qu’on tire de l’histoire des luttes à la Pointe, c’est que si on veut quelque chose, faut pas attendre après les autorités…faut le faire nous-mêmes! »
-Vers un centre social autogéré, La Pointe libertaire
Avec ses 2,5 millions de pieds carrés, les terrains du Canadien National (CN) demeurent l’un des derniers endroits avec une si grande superficie en friche à développer sur le territoire montréalais. Naturellement les différents promoteurs sont déjà à l’affût des possibilités de développements avec profits juteux en bout de ligne. Par exemple, la Société du havre ([http://www.havremontreal.qc.ca/->http://www.havremontreal.qc.ca/]) rêve déjà de prolonger le centre-ville et d’empiéter sur Pointe St-Charles afin de faire de notre ville une « vitrine internationale ». Naturellement, première constatation : ce type de développement exclu d’emblée les gens qui habitent actuellement le quartier. Or, nous croyons que la communauté de Pointe St-Charles doit être la première à pouvoir se prononcer sur son propre avenir.
Actuellement, les terrains du CN sont une propriété privée, puisque M. Chiara les a achetés pour la somme faramineuse d’un misérable dollar, alors qu’Action-Gardien, la table de concertation des organismes communautaires du quartier était prête à doubler la mise! Nous avons d’ailleurs appris d’un contremaître en démolition aussi représentant syndical que le propriétaire actuel avait déjà vendu plus de 20 000 livres de cuivre qui se trouvait sur les édifices. Ce pillage des biens publics est inacceptable! Ces terrains, ce sont les ouvrières et ouvriers du quartier qui y ont travaillé pendant plus de 140 ans. Ce sont nos impôts qui ont financé la construction et l’entretien de ses bâtiments, avant que le CN ne les vende pour des miettes. Pour cela, nous croyons qu’il est possible et nécessaire de faire entendre notre voix afin d’avoir une prise sur l’avenir de ces terrains. Ce que nous voulons c’est de les aménager en continuité avec le quartier en y développant des espaces répondant à nos besoins, que ce soit au niveau du logement, de l’emploi et des commerces (entre autres par l’établissement de coopératives de travail autogérés), des parcs, des pistes cyclables ou encore du transport public.
À ce sujet, l’opération populaire d’aménagement (OPA) encourage l’émergence de projets venant de la population et s’oppose à la venue d’un méga-complexe récréo-touristique proposé par des promoteurs privés bien loin de la réalité du quartier. Différents projets sont déjà sur la table, comme celui d’étudiants de l’Université de Montréal qui propose une gare intermodale avec tramway, train de banlieue et TGV. Des étudiants en urbanisme de l’UQAM ont aussi planché sur différents projets permettant de prolonger notre milieu de vie sur ces terrains. Le projet le plus intéressant est selon nous celui du Centre social autogéré (CSA) proposé par le collectif La Pointe libertaire ([http://lapointelibertaire.org/node/206->http://lapointelibertaire.org/node/206]). Ce projet vise à créer un espace autogéré dans un des bâtiments du terrain afin d’y permettre l’éclosion de projets alternatifs par et pour la population du quartier.
Bref, notre quartier reste encore à imaginer! Osons rêver!
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