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Rétablir les faits (3) - “Pourquoi je démissionnerai”

Parmi les lieux communs et les clichés qui circulent ces jours-ci à Sept-Iles et sur la Côte-Nord, il ne s’en trouve aucun de plus particulièrement tenace que celui-ci: les médecins contre l’uranium prennent la ville en otage en menaçant de démissionner si leur cause n’est pas entendue par le gouvernement.

C’est faux, bien entendu. Archi-faux.

La vérité, c’est que la population nord-côtière est otage d’un gouvernement qui, depuis un an, gère ce dossier avec une désinvolture qui frôle le mépris.

Un gouvernement qui - soucieux de son agenda industriel davantage que du bien commun - a décidé de procéder dans son attribution de permis de route d’accès en dépit de la volonté citoyenne.

Au fait, le Québec, c’est une compagnie privée maintenant ?

À lire, cette lettre de Pascale Lafortune, médecin, spécialiste en médecine interne, publiée ce matin:

En tant que médecin cosignataire de la lettre écrite par un groupe de médecins de l’hôpital de Sept-Îles concernant un projet de mine d’uranium à proximité de la ville, je désire exprimer mon opinion sur le sujet.

Les nombreuses publications scientifiques traitant des effets délétères de l’exploitation (et peut-être de l’exploration) de l’uranium sont suffisantes pour me convaincre de son effet nocif sur la population. Il est également très important de souligner que le site actuel d’exploration se situe à environ 15 km de la ville de Sept-Îles et tout proche de sa source d’eau potable et de la magnifique rivière Moisie.

Je me questionne sérieusement sur l’attitude actuelle de notre gouvernement majoritaire, qui refuse d’imposer un moratoire sur l’uranium alors que plusieurs autres provinces ont statué sur le sujet, et ce, en 2009 pour l’une d’entre elles. Je suis attristée de constater que des compagnies avides de profits ont davantage d’influence sur le gouvernement que peut en avoir la population d’une région et la santé des Québécois. Je ne peux passer sous silence l’odieuse remarque de madame Nathalie Normandeau, vice-première ministre, comparant le projet d’uranium à celui de la rivière La Romaine.

Advenant l’exploitation d’une mine d’uranium à Sept-Îles, ce serait avec beaucoup de déception et d’amertume que je remettrais ma démission comme médecin, et ce, après 13 années de pratique dans ce milieu de travail épanouissant.

C’est la citoyenne et médecin qui invite la population en désaccord avec le projet d’uranium à manifester ouvertement son opposition. En espérant pouvoir offrir encore longtemps mes services médicaux à la population septilienne.

Voilà qu’on dépêche maintenant le Dr. Alain Poirier pour conter fleurette aux vingt-trois praticiens, leur expliquer le consensus médical, la position de l’ordre des médecins, et quoi encore.

Extrait de l’article de radio-canada.ca:

Afin de tenter de désamorcer la crise en gestation, Québec a décidé de dépêcher cette semaine le directeur national de la santé publique, Alain Poirier, à Sept-Îles. La rencontre avec les médecins démissionnaires devrait avoir lieu vendredi prochain.

D’après le bureau du ministre de la Santé, Yves Bolduc, M. Poirier aura pour mission d’expliquer aux médecins mécontents que les activités d’exploration d’uranium sont sans danger.

Et si les médecins du CRHSI avaient justement fait leurs devoirs ? Et s’ils avaient raison sur l’industrie, le MRNF, les géologues à tous crins et autres “développeurs” patentés ?

Et si bien soigner ses patients, et avoir à coeur leur santé, en 2009, c’était d’abord les prévenir d’un environnement radioactif et toxique ?

Catégories : Blogoliste

2 Commentaires »

  Johanne Roussy a écrit @ 09/12/2009 à 10:22 am

Ici, à Sept-Îles, je ne rencontre personne qui se sent prit en otage. Par contre depuis un an et demi que je m’informe sur le sujet de l’uranium je me sens peinturée dans un coin par les mêmes gouvernements qui devraient prendre soin de leur population. Merci les médecins, d’ouvrir la brèche de la très grande vérité.
J’invite tous le monde à écouter l’extrait de l’émission de MONGRAIN qui recevait hier un physicien nucléaire et qui dit tout simplement un résumé de 20 minutes de toutes mes lectures en cette matière. Quel soulagement que les scientifiques se mettent de la partie.

http://videos.lcn.canoe.ca/video/55384982001/mongrain-emission-du-8-decembre-3/

  Famille Germain-Sylvain a écrit @ 11/12/2009 à 9:03 pm

Une médecin vient de parler présentement à radio-canada, je voulais la féliciter haut et fort pour son courage, et le travail acharné qu’ils font afin d’avoir un moratoire, et une santé pour les populations actuelles et futures. Nous sommes d’accord que le gouvernement à manqué à son devoir d’évaluer les réels risques pour la santé des populations.

À Malartic, une compagnie minière en zone urbaine exploitant de l’or, à eu son permis d’exploitation après une enquête du Bape, et malgré plusieurs questions sans réponses dont la silice dans l’air et le danger de toucher nos nappes phréatiques,et la gestion de nos sites orphelins( parc à résidus minier, contaminés), l’article 6 de la loi du développement durable d’un moratoire aurait dû être appliqué. Pour ses raisons nous appuyons votre demande de moratoire. Et nous vous disons bravo pour la solidarité que vous démontrez.

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