Passage est un carnet d’itinérance multimédia, un échantillon d’atmosphère, de rencontres, de rythmes et de couleurs, glanés au fil des longues heures d’autobus d’un périple de 4 mois qui nous mènera jusqu’au Honduras, à la rencontre du peuple Garifuna. Préoccupés par l’impact du tourisme de masse sur les populations locales, nous prônons une autre idée du voyage, loin des structures hôtelières déconnectées de la société à laquelle on les arrime, un voyage aux sièges inconfortables et aux repas trop vite pris, un chemin aux milles attentes, fait de bonjours et de au revoirs répétés, une route sinueuse et peu pressée, des échanges de comptoir, des regards, des découvertes… Un voyage qui dessine un portrait éclectique des hommes, des idées, des territoires… (Crédit de la première photo : roatanhistory.com)
San Francisco, ce n’est pas seulement Alcatraz, Market Street, ou les tramways. C’est une ville multiple, faite d’un mélange des genres, de couleurs, d’idées.
Depuis trente ans, à San Francisco, et maintenant un peu partout dans le monde, des soeurs d’un nouveau genre oeuvrent au sein de la communauté. Entre soirée-bénéfice pour la lutte contre le cancer et éducation populaire, ces soeurs du 21e siècle font de la joie de vivre leur profession de foi. (Les sous-titres des sections anglophones du film seront en ligne sous-peu.)
Connue comme l’un des berceaux de la culture hippie, de la libération sexuelle des jeunes et des droits civiques homosexuels, San Francisco semble encore aujourd’hui le théâtre d’une étonnante effervescence culturelle et sociale.
Que ce soit par le positionnement de nombreux citoyens contre la guerre en Irak ou encore par la mise en place d’un plan municipal de couverture de santé pour les plus démunis, San Francisco montre qu’elle sait se battre contre les écueils dans lesquels s’enfoncent les Etats-Unis.
Curieux de découvrir cette ville qui se démarque dans le paysage américain, nous passons une semaine à San Francisco, accueillis par Anne, une amie française d’Elsa qui est en échange à L’Ecole des Beaux-Arts. Pendant ces quelques jours, nous habitons une jolie chambre à quelques pas du Golden Gate Park, un des plus grands parcs de la ville qui se jette dans l’océan.
San Francisco est verdoyante et les jardins sont en fleurs. Nous sommes d’abord charmés par le plan de la ville qui désobéit au quadrillage habituel des rues américaines, les maisons victoriennes, les multiples tramways qui sillonnent les collines, l’air marin… La ville est recouverte d’une toile électrique, permettant un transport en commun écologique et particulièrement efficace en comparaison à Montréal. Pour 1,50 $, ces tramways nous transportent dans l’ensemble de la ville, et ils possèdent même des portes vélo, ce qui est plutôt sympa!
Si la ville est pleine de charmes, il reste que Tenderlion, l’un des quartiers centraux abrite une concentration impressionnante de sans abris, de gens à la dérive, noyés dans la drogue, l’alcool, la solitude et que personne ne semble s’en soucier outre mesure. L’ambiance de ces quelques rues m’a replongé dans l’atmosphère qui règne dans le quartier de Downtown Eastside à Vancouver et de nouveau, a soulevé en moi la même question. Face à la pauvreté urbaine et son lot de drogue et de détresse, quelles politiques doivent adopter les grandes agglomérations? Quelles sont les alternatives à l’habituelle répression qui n’a pour but que le déplacement des populations les plus pauvres loin des regards des plus nantis?
Notre ballade dans les rues vallonnées de San Francisco continue. Quand près d’un tiers de la population de la ville est d’origine asiatique et que le quartier chinois est le plus grand d’Amérique du Nord après celui de New-York, difficile de ne pas aller s’attarder, au moins quelques heures, dans le Chinatown San Francisain. Au coin d’une maison de thé, un vieil homme, debout sur une chaise, crie, pour enterrer les propos dénonciateurs d’une femme distribuant des journaux contre le parti communiste Chinois.
Au micro que nous lui tendons, elle explique que la violation des droits humains est loin d’être finie en Chine malgré les promesses du gouvernement. Ainsi, alors que le pays tente de faire bonne figure sur le plan international avec l’arrivée des Jeux Olympiques de Pékin, le pays est les théâtre d’un trafic d’organes de large envergure…
Écoutez notre reportage audio :
Si vous voulez en savoir plus sur le plan municipal de santé, vous pouvez visiter ce site: www.healthysanfrancisco.org
Départ : Mercredi 20 Février, 11h. Arrivée : Lundi 25 Février, 14h Provinces et Etats traversés : Quebec, Ontario, Pennsylvanie, Ohio, Indiana, Illinois, Iowa, Nebraska, Colorado, Utah, Nevada, Californie Cafés incipides avalés : 8 Bons cafés dégustés : 0 Mc Do/ Burger King etc….. : 0, un vrai miracle! Ok ok, on a
craqué pour un Subway, un jour de grand désespoir…. Sandwich maison fromage / prosciutto : 6 Nuits dans les gares : 2 Nuit dans un motel : 1
San Francisco, qui n’est que la première escale du voyage, sonne aujourd’hui comme une réelle arrivée après plus de 100h de bus. Nous savourons l’air tiède, le vert des arbres, les cerisiers en fleurs. Nos jambes se dégourdissent.
La traversée des Etats-Unis s’est allongée de 2 jours à cause de la tempête qui a soufflé sur le pays la semaine dernière. Ni les longues journées de route, ni les courtes nuits passées dans les station d’autobus ne nous ont volé notre enthousiasme. Nous sommes remplis d’anecdotes, de rencontres, de paysages.
Le trajet de Chicago à Denver, le plus long de tous, aura été une difficile initiation au Mid-West. Dans le fond du bus, un groupe de latinos avaient rejoint deux gamines de 16 ans, vulgaires, aguicheuses, criant plus fort l’une que l’autre. Le chauffeur tentait tant bien que mal de couvrir les hurlements des passagers en passant des films des années 60 mais le son de la télé ne parvenait qu’à participer au brouhaha ambiant, dans lequel il nous était impossible de fermer l’œil. Alors qu’à l’avant de nous, un vieil homme aux cheveux gras et à la chemise crasseuse déclenchait les railleries des rangs arrières, sur le siège derrière nous, un trentenaire d’environ 150 kilos offrait gracieusement quelques exemplaires de ses pilules tranquillisantes à deux ados trop curieux d’essayer. « Better than Vallium! »
Ce mec accro aux médocs, c’est Jason, grâce auquel nous passerons un bien meilleur voyage. Jason vient de sortir de prison, notre bus le ramène chez lui après 3 ans d’enfermement. Nous discutons ensemble des Etats-Unis, de son séjour en prison qui selon lui, l’a sauvé de l’alcoolisme et lui a donné une seconde chance dans la vie. Il ressort pourtant avec une nouvelle addiction. Fini l’alcool! Place aux médicaments… Dépendance sous prescription, dépendance plus propre?
En arrivant aux abords d’une ville, nous lui demandons où nous sommes. Jason scrute l’horizon, examine les buildings qui se dessinent au loin puis lâche : « I have no idea guys… » Une femme à notre gauche réagit : « You’re at home. » Jason sourit, regarde de nouveau par la vitre, incrédule : « Oh shit, it’s Des Moines. I’m at home!
Passage est un carnet d’itinérance multimédia, un échantillon d’atmosphère, de rencontres, de rythmes et de couleurs, glanés au fil des longues heures d’autobus d’un périple de 4 mois qui nous mènera jusqu’au Honduras, à la rencontre du peuple Garifuna.
Aime la poésie, les braises sous la cendre, la bonne bouffe, le désordre, les gens qui n’ont pas l’air de ce qu’ils ont, de ce qu’ils sont, de ce qu’ils font. La radio, les discussions de comptoir, les disputes, l’ordinaire.
Toujours en quête d'horizons insondés, de bouts de vie, d'histoires à raconter, Josué glane images et sons pour mieux peindre le tableau du voyage. Sur son chemin, il part à la rencontre de gens qui luttent pour leur intégrité sociale, culturelle, politique…