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Passage

Passage est un carnet d’itinérance multimédia, un échantillon d’atmosphère, de rencontres, de rythmes et de couleurs, glanés au fil des longues heures d’autobus d’un périple de 4 mois qui nous mènera jusqu’au Honduras, à la rencontre du peuple Garifuna. Préoccupés par l’impact du tourisme de masse sur les populations locales, nous prônons une autre idée du voyage, loin des structures hôtelières déconnectées de la société à laquelle on les arrime, un voyage aux sièges inconfortables et aux repas trop vite pris, un chemin aux milles attentes, fait de bonjours et de au revoirs répétés, une route sinueuse et peu pressée, des échanges de comptoir, des regards, des découvertes… Un voyage qui dessine un portrait éclectique des hommes, des idées, des territoires… (Crédit de la première photo : roatanhistory.com)

Ak’Tenamit, une association locale exemplaire

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En prenant une lancha (bateau taxi) à partir de Rio Dulce jusqu’à Livingston, Elsa et moi avons fait un crochet par le Rio Tatin afin d’aller visiter Ak’Tenamit, une association locale exemplaire en matière de développement communautaire. Depuis 1992, l’organisation a amélioré les conditions de vie de plus de 9000 Mayas en favorisant l’accès à des soins de santé et à l’éducation à 45 villages. . Les Mayas Q’eqchi’ ont quitté les plateaux centraux du pays lors de la guerre civile pour se réfugier sur les rives de Rio Dulce. Ils constituent aujourd’hui près de la moitié de la population de la région. Isolés le long de la rivière, ils vivent dans des conditions sociales et économiques marginales.

L’association forme et loge près de 500 étudiants du niveau secondaire sur un campus scolaire en pleine jungle.

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J’ai d’abord été émerveillé par la beauté du lieu. Les bâtiments se marient à la forêt. Les classes rondes, érigées sur le même modèle que les maisons traditionnelles, sont éloignées les unes des autres et reliées par des petits chemins sinueux au cœur d’une forêt verdoyante.

Ici, les jeunes ne payent que 50 Quetzals (7$) par mois, pour leurs formations, le logement et la nourriture. L’un des moyens de financer les services de santé et d’éducation, est entre autres, leur programme de tourisme communautaire.

L’association propose aux touristes de vivre au sein d’un village Q’eqchi qu’on atteint après deux heures de marche dans la jungle. Une fois arrivées on est accueilli par les habitants qui se font un plaisir de nous faire connaître leur culture, leur mode de vie, leurs contes et légendes. Le séjour comprend également des balades en forêts en compagnie des gens du village et la découverte de l’artisanat local.

Et si vous souhaitez être plus actif dans la communauté, l’association propose également un programme d’écovolontoriat dans les domaines médical, éducatif et environnemental, de quoi en occuper plus d’un!

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La Escuela de la Montaña

Le tourisme au Guatemala sonne pour beaucoup d’entre nous avec “école d’espagnol”. Réputé pour être le pays où les cours de langue sont les moins chers au monde, on y vient des 4 coins du globe pour parfaire son roulage de “R”…
Un voyage d’apprentissage académique certes, mais aussi une belle opportunité de découvrir le quotidien des guatémaltèques, puisque les écoles proposent presque toutes de vivre au sein d’une famille. Rien de mieux pour comprendre la culture du pays et échanger avec les gens entre deux tortillas!

Dans cette myriade d’écoles d’espagnol, certains établissements se démarquent par leur engagement social. En voici un bel exemple….

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La Escuela de la Montaña
(L’École de la Montagne)
Installée au sein d’un village d’anciens campesinos, la Escuela de la Montana accueille depuis 10 ans des étudiants du monde entier. Plus qu’une simple école d’espagnol, elle appuie le développement des communautés rurales tout en proposant aux étrangers une véritable expérience de vie dans la campagne guatémaltèque.

Un film de Josué Bertolino et Elsa Lambert.

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Sommes nous des voyageurs responsables?

Depuis notre départ, nous tentons de prendre du recul sur notre façon de voyager.

Avec ce voyage, nous avons “pris” le temps, nous avons ouvert une brèche dans notre quotidien pour y dessiner un autre part. Biensûr, notre périple à ses imperfections et nous ne nous prévalons pas d’être les meilleurs des voyageurs, mais nous nous accrochons à notre volonté de rencontrer des gens, de voir le transport comme partie intégrante du voyage, de ne pas courir après la rentabilistaion du temps et de minimiser notre empreinte écologique sur le monde….

Mais qui a réellement ce temps d´intégrer la route au corps du voyage? Avec seulement quelques semaines par an pour décrocher, qui fait le choix de voyager autrement, quand l´avion est devenu le mode de transport le moins cher et que des agences de tourisme proposent des formules tout inclu au prix d’un panier de courses?

Je suis consciente que nous ne pouvons pas, du jour au lendemain, changer la silhouette du tourisme, mais je crois que c’est en prenant conscience de l’impact de notre manière de voyager que viendront les changements…

Ainsi, j’aimerais partager avec vous une définition que propose l’Association des Voyageurs et Voyagistes éco-responsables:

“un tourisme responsable, au niveau social comme au niveau environnemental, viable économiquement tant pour les émetteurs que pour les accueillants mais dont la finalité n’est pas la production ou surproduction de richesses au seul bénéfice des intervenants du Nord.”

En son sein figurent quatre catégories:

1.   l’écotourisme, qui concerne principalement des zones protégées, ou fragiles.

2.   le tourisme d’aventure de découverte, rencontres et cultures, qui se doit d’appréhender l’ensemble des impacts sur  les régions et populations d’accueils et tendre à être véritablement responsable.

3.   le tourisme équitable, orienté vers des échanges et des partenariats avec des communautés au bénéfice de ces dernières.

4.   le tourisme solidaire, dont la spécificité est la mise en oeuvre de microprojets à vocation humanitaire ou d’aide au développement raisonné, réalisé après évaluation objective des besoins ou des manques.

Ces catégories ne s’opposent pas entre elles, mais se complètent. Ainsi l’écotouriste des régions désertiques peut il compléter son voyage en participant à un projet de tourisme solidaire, ou par un séjour équitable.  Tout voyagiste d’aventure, de rencontres et de cultures dispose de la possibilité de participer à des projets d’ordre solidaire de manière ponctuelle, au côté d’associations ou de voyagistes spécialisés dans ce domaine.

Ce qui compte est la clarté des objectifs affichés, et ne pas tricher sur les bénéfices apportés aux communautés locales. Le but étant d’augmenter les effets de manière proportionnelle à l’incrémentation du chiffre d’affaire réalisé.

Ces définitions une fois posées, je crois que nous avons les clés pour, petit à petit, tenter de voyager de manière plus responsable…

 

 

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Atitlán

«Le plus beau lac au monde!» C’est ainsi qu’Aldous Huxley qualifiait celui qui nous offre aujourd’hui ses abords, sa brume mythique, les courbes de ses volcans, l’inconstance de ses eaux, tantôt dormantes, tantôt furieuses…

Lac Atitlan

En pensant fuir le « gringo trail », nous évitons Panajachel, la ville la plus touristique du Lac Atitlan, pour nous installer à San Pedro la Laguna, une petite commune de 10 000 habitants qui lui fait face. D’abord charmés par les ruelles sinueuses et l’esprit relax des lieux, nous ressentons vite un malaise. Alors que le centre ville est laissé aux locaux, les rives du lac sont le privilège des étrangers. Si l’ambiance néo hippie des petits restaurants et auberges a ses charmes, il reste qu’on ne se sent plus vraiment au Guatemala.
Les commerces qui fonctionnent le mieux sont ceux des étrangers, surement parce qu’ils connaissent mieux les attentes des touristes.
Mais franchement, se faire dire par un serveur: « Could you speak english? » quand on passe notre commande en espagnol, c’est de l’affront… Entre les voisins de table allemands, les serveurs américains et les proprios israéliens, on commence sérieusement à se sentir de trop.
Au moins, l’afflux d’étrangers qu’attire le lac permet aux Mayas Cakchiqueles de vendre leur artisanat, constitué principalement de magnifiques tissus colorés aux motifs symbolisant leur origine.

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Nous devions rester une semaine pour continuer nos cours d’espagnol dans l’une des écoles du village, mais nous décidons finalement de continuer notre route. Avant de nous diriger vers le Peten, nous faisons un crochet par Antigua, une des plus belles villes d’Amérique centrale, où nous prendrons le temps de terminer le montage de notre prochain film tourné dans la campagne de Quetzaltenango. Surveillez bien notre prochain billet!

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Altitude

Le soleil vient de reprendre les dessus. Ça n´a pas été simple, les nuages règnent ici en rois, amants des volcans, rôdeurs, toujours, dans les rues, les poumons, les interstices. Quand j´étais petite, on était allés dans les Alpes avec mes parents, mon père m´avait promis qu´on irait toucher les nuages… Je m´imaginais tendre le bras et voir ma main s´engloutir dans l´épaisseur ouatée.

C´est en fait Quetzaltenango qui m´offre mon premier banc de nuages, puis le soleil les chasse, les gens se plaignent, quelle chaleur, rendez-nous notre brouillard. Ma main ne disparait pas, ma tête, elle parfois, c´est que les nuages brouillent les esprits quand ils susurrent à l´oreille…

Le petit film que vous avez pu voir dans notre dernier billet est le fruit de notre rencontre avec les enfants du centre culturel lié à notre école d´espagnol, El Proyecto Linguistico Quetzalteco. Nous avons mené un atelier de deux après-midi pour leur montrer un peu comment on faisait une animation. Ils ont tout fait, du scénario aux figurines, en passant par les voix et le décor. Cet échange nous a fait un bien fou à Josué et à moi. Non seulement nous avons pu mettre notre espagnol à l´épreuve de l´impatience enfantine, mais surtout, nous avons trouvé ce qui nous semble le plus précieux en voyage. J´ai l´impression que je pourrais visiter toutes les plus belles chutes d´eau au monde, toutes les ruines, tous les volcans, jamais je n´aurai un si grand plaisir que de rire avec quelqu´un, de manger une pomme à deux, de partager mes idéés, mes émotions.

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La niña y la mariposa

Venez vite découvrir le petit film qu’on a réalisé avec les enfants du Centre populaire de la culture de Quetzaltenango (Guatemala).

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Des mines sur mon village

Outre Josué, la présence canadienne au Guatemala, c’est aussi ça….

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On n’a pas pu s’empêcher de mettre cette vidéo de l’ONG Rights Action sous vos yeux, pour que l’on continue de se rappeler comment nos pays pillent les terres des autres et combien nous devons nous lever contre les crimes commis par les compagnies minières dans le monde entier. Vous pouvez en apprendre plus sur le sujet dans le dossier spécial de Parole Citoyenne, “La Terre à Coeur Ouvert.”

Pour plus d’informations sur les compagnies minières au Guatemala, vous pouvez visiter le site de Rights Action: http://www.rightsaction.org/video/elestor/

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L’accueil guatémaltèque

En traversant la frontière du Guatemala, on réalise que l’on vient de faire à rebours le trajet rêvé par des milliers de Guatémaltèques. De bus en bus, de trains de marchandises en trains de marchandises, les paysans d’ici s’accrochent au rêve américain, promesse d’échapper à la pénurie d’emploi stable et à la rudesse de la vie dans les montagnes.
À mesure que les membres des communautés franchissent la porte des Etats-Unis, les villages guatémaltèques ajoutent un, deux, trois étages à leurs maisons et colorent leurs murs. À l’abord de certains hameaux, des chevaux faméliques veillent aux pieds d’un étrange mélange de maison de tôle et de résidences de style banlieue américaine, et dans les rues, de vieilles femmes aux dents plus dorées que n’importe quel rappeur US, les pieds souvent nus et la tête lourde d’énormes paniers de fruits, de vêtements ou de maïs, bavassent, l’oreille accrochée à leur téléphone portable.

Les champs des hauts plateaux…

Nos premiers jours ici, dans les hauts plateaux guatémaltèques, on été accueillis par un tremblement de terre, de quoi ressentir encore plus le dépaysement… Quetzaltenango (Xela pour les paresseux du dentier), la ville où nous nous sommes installés pour continuer nos cours d’Espagnol, est régulièrement secouée par des séismes qui flirtent avec des magnitudes supérieures à 5 sur l’échelle de Richter, de quoi devoir agripper vase, miroir et lunettes pour limiter les dégâts.
Mais pas d’inquiétudes, ici, on dit qu’il vaut mieux des petites secousses régulières qu’une grande, et on fait plutôt confiance aux sages paroles des locaux!
En attendant, on est assis sagement, 5 heures par jour, à la table de notre nouvelle école d’Espagnol et on partage nos dîners avec une famille pleine de mamans, de grands mamans, de gendres et de petits fils…!

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Dernier regard sur le Mexique

Un dernier regard sur le Mexique, avant de passer notre troisième frontière…

Hierve el Agua - Mexique
Hierve el Agua
La vie devant soit…

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San Cristobal de las Casas
San Cristobal de las Casas
Chaque soir, descendre la rue, éteindre le soleil…

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Tourisme solidaire ?

Lagos de MontebelloIl y a quelques jours, nous sommes allés visiter le parc National Lagos de Montebello. Ce sont des lacs d’eau turquoise isolés dans de majestueuses forêts de pins. C’est là, que nous avons rencontré deux hommes d’une cinquantaine d’années habitant une petite communauté de la région. Puisque le parc est très étendu, ils nous ont proposé de nous guider d’un lac à un autre à cheval. La ballade, habillée de l’odeur des conifères et de la beauté des étendues d’eau en camaïeu de bleus et de verts était mémorable.
Les deux hommes gagnent maintenant leur vie avec le tourisme à raison de 4 mois par année. Si les différentes communautés vivant autour du parc ne se sont pas organisées en coopérative, elles se sont au moins entendues pour se partager les saisons touristiques, pour que chacun puissent profiter de cette nouvelle ressource.
Mais l’harmonie entre tourisme et communautés locales dont nous parle nos guides a en fait une toute autre réalité dans l’état du Chiapas.

En mars 2006 avait lieu à Tuxla Gutiérrez, la capitale du Chiapas, le 2e Forum International du Tourisme Solidaire (FITS). Avec cet événement, on aurait pu croire que l’espoir d’un tourisme respectueux de l’environnement humain et naturel prenait forme dans cet état aux nombreux charmes touristiques.

En effet, au Chiapas, se développent de plus en plus des projets dits d’« écotourisme », destinés à acuueillir les foules curieuses de découvrir les ruines mayas de Palenque, le canyon de Sumidero ou les cascades d’eau turquoise d’Agua azul. Mais selon les termes du Comité de Solidarité avec les Peuples du Chiapas en Lutte (Cspcl-Paris), la nouvelle formule plus « éthique » des magnats du tourisme serait en fait « un nouveau Cheval de Troie des multinationales contre des populations paysannes et indigènes accusées de se mettre en travers de l’uniformisation et de la “mise aux normes” indispensable à l’instauration du marché globalisé. » [1]

Alors qu’en est-il vraiment, aujourd’hui, du tourisme au Chiapas? Selon une étude récente d’Echoway,pas un seul projet d’écotourisme au Chiapas, même développé à l’échelle locale, n’est réellement écotouristique, les structures d’hébergement ne sont pas écologique et les programmes de tourisme solidaire ne financent en fait pas ou très peu de projets de développement local ou de protection de l’environnement.

Plus encore, de nouveaux projets de large envergure utilisent l’étiquette d’écotourime pour, en fait, redorer leur image. Ainsi, un volet du méga Projet Palenque consiste à créer à Agua Azul, sous l’étiquette «d’écotourisme», un parc thématique naturel, des espaces commerciaux et une offre de logement de 1260 lits exclusifs.
Un projet qui va largement modifier la société, l’économie de la région, sans compter l’écosystème de la jungle alentour…

C’est donc ainsi que FONATUR (l’organisme de planification touristique du gouvernement mexicain) fait du «tourisme solidaire», un paravent servant bien souvent à faire accepter des intérêts strictement capitalistes.

D’ailleurs, il y a quelques mois, les Zapatistes ont appelé à boycotter le site touristique d’Agua Azul, ce qui a causé une vague de répression et d’agressions sur les communautés rebelles.

[1] http://cspcl.ouvaton.org

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