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Un citoyen au FFM (TERMINÉ)

Les blogues de Parole sont des espaces ouverts aux dialogues, à l’échange et au partage. Les sujets sont vastes, citoyens et passionnants. Lecteurs et internautes sont appelés à prendre part au dialogue… Enfin le “je” devient le “nous”!

Portrait de deux jeunes producteurs indépendants

JJ et Nath

Jean-Jacques Cormier et Nathanaël Dufour sont deux inséparables. Qu’est-ce qui se passe quand deux gars de régions (Charlevoix et lointaine Côte Nord) qui rêvent de faire du cinéma se rencontrent et décident d’arriver à Montréal?

En regardant leur parcours, on croirait qu’ils ont fait un plan de match au préalable: toi, tu vas à Concordia, moi, je vais à l’UQAM et on travaille ensemble ensuite. Producteurs de plusieurs vidéoclips dont deux en nomination à l’ADISQ (Guerrière de Yann Perrault et Le Coup d’État de Karkwa), leur passion pour le court métrage les a amenés à participer à trois films qui sont présentés au FFM.

- Élise de Jimmy Larouche
- La Chambre Bleue de Jean-François Daigle
- Les insolences d’une caméra de Jean-François Méan

Nathanël raconte le démarrage de leur boîte de production, Stellart Média. « Stellart est une expérience, un laboratoire de développement de réalisateurs ». Jean-Jacques poursuit : « On veut se concentrer sur le court métrage et la publicité afin de faire nos classes et éventuellement de produire du long métrage ». Pour deux jeunes de moins de trente ans, c’est déjà un parcours impressionnant.

Catégories : Anecdotes sucrées de festivalier

L’autisme et le virtuel

 

Ben X n’est pas un film d’animation!

Belle surprise pour un film qui donnait, par son affiche, l’impression d’être une animation fantastique tirée d’un jeu vidéo (un genre rarement réussi). Ben X se révèle d’une surprenante force grâce à un scénario qui assure une progression narrative soutenue et des interprètes bien dirigés. Étant ancien “gamer” et “nerd” à mes heures, j’avais déjà une bonne prédisposition pour apprécier ce film. Les scènes du début où se mêlent réalité et jeu vidéo ne m’ont pas particulièrement saisi mais à force de suivre le chemin de croix du héros, on s’immerge progressivement dans son monde. Ben X est un film qui bâtit son momentum lentement mais avec assurance pour nous amener à une finale réussie, touchante et surprenante. On sent chez ce film Flammand une sensibilité très scandinave où le héros atypique nous rappelle Thomas Thomas de Thomas est amoureux.

Le parallèle entre l’autisme et le jeu vidéo est intéressant, le protagoniste mélangeant réalité et virtualité. Cependant, là ne réside pas la force du film. Le spectateur typique trouvera difficile l’association du monde 3D et s’il est peu patient aura peut-être de la misère avec ce romantisme virtuel. L’audace de Ben X est beaucoup plus au niveau de la problématique de l’exclusion de la différence dans le milieu scolaire. Beaucoup d’entre nous se sont déjà fait harceler par des « bullies » au secondaire. Personnellement, je me rappelle d’un gars particulièrement fatiguant qui avait de la barbe en secondaire I (oui, oui, il refaisait son secondaire I pour la troisième fois). Il avait fallu l’aide de la puberté pour régler ça.

La réclusion du personnage de Ben m’a amené à me questionner sur le nivellement par le bas dans le milieu scolaire. Un an de secondaire public dans une énorme polyvalente, où même dans les classes fortes avoir des bonnes notes n’était pas bien vu, m’a convaincu de certaines choses. J’ai haï cette année et heureusement j’ai eu la chance d’entrer à l’École d’éducation internationale de St-Hubert. Tout a changé. J’étais normal dans cet environnement et non plus un étrange type qui était bon en maths. Certains milieux découragent la performance scolaire et ce n’est pas en faisant cela que l’on se bâtit une relève capable. En fait, on n’apprend probablement pas tous de la même façon (il y aurait plusieurs sortes d’intelligences…) et le secondaire devrait être divisé en écoles reflétant ces différences (dans mon cas, je suis nul en mécanique automobile…). Un autre point est que le système vise à t’éjecter au plus vite, question de te pousser à choisir une carrière rapidement (est-ce qu’un orienteur au secondaire a déjà aidé quelqu’un? SVP manifestez-vous!). Résultat : beaucoup de personnes retournent à l’école insatisfaites de leur première carrière (j’en suis un autre exemple). Qu’est-ce qu’on connaît de la vie à 15 ans? Aussi, certains cheminements atypiques se révèlent très formateurs. Par exemple, certains des meilleurs ingénieurs que je connais (un domaine où j’ai évolué) sont des gars qui ont fait un DES, ont travaillé, sont retournés au Cégep, ont fait un DEC, ont travaillé puis sont retournés à l’université. Aussi en tant que garçon turbulent, je dois dire que j’ai haï la plupart de mes cours jusqu’à l’université. En fait, je vivais pour mes cours de gym et ma meilleure année fut celle où j’avais un cours de gym par jour. Est-ce que les gars et les filles ont les mêmes besoins pédagogiques? Je vous le demande mes amis les professeurs.

Bref, Ben X est le meilleur film que j’ai vu ici… à date.

Catégories : Quand le cœur a ses raisons
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C’est toi ou moi?

Le troisième long métrage de François Delisle, avec sa muse Anne-Marie Cadieux, est une observation crue du démon du midi version féminine. Le long plan d’ouverture frappe: scène de baise où la distance du personnage de Cadieux avec ses hommes est vite établie. On nous donne presque l’impression de voir du cinéma direct; éclairage très blanc, d’une lumière qui dissèque et sépare les corps. La direction d’acteur est solide, mais la mise en scène laisse peu à l’imaginaire, choix probablement délibéré du réalisateur d’en montrer beaucoup pour expliquer peu.

Ce film d’auteur ne sera pas apprécié de tous les publics, mais on se doit de respecter l’effort d’authenticité et d’honnêteté. Ceux qui ont apprécié le direct d’Intimité de Patrice Chéreau auront probablement des affinités avec Toi.

Catégories : L’art de l’analyse
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On se revoit au printemps, poil aux dents

Le joli « Come Again in Spring », belle animation de Belinda Oldford, classique dans le genre contemplatif qu’on aime tant de l’ONF, est un récit simple, mais fort sur l’âge, la mémoire et la persistance de la vie face à la mort. On sent la fascination de la cinéaste pour les petits détails du quotidien. On sent l’amour de ses moineaux qu’elle dépeint avec une fluidité agréable. La mort, un peu caricaturale, se voulant calme et imposante, devient rapidement quasi hystérique devant l’acharnement du vieil homme à désobéir et se souvenir. Comme un conte bien construit « Come Again in Spring » utilise la règle de trois à bon escient. On en sort rafraîchi comme lors d’une marche en forêt.

Catégories : Quand le cœur a ses raisons
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L’immigration, le X et le Y

Machiavélique

L’immigration pour le Tremblay que je suis, c’est assez difficile comme sujet de film, car même si je suis près de plusieurs autres cultures (par la famille et les amis), je suis né et ai vécu ici. C’est la raison pour laquelle je désirais aborder le sujet d’un autre point de vue : celui de l’hôte. Sur une échelle de temps assez longue, nous sommes tous des immigrants en Amérique (les Amérindiens descendent de l’Asie par exemple).

Comme dirait les vieux, dans le temps, il y avait deux camps : les anglais et les français. Tu choisissais ton bord et c’était réglé. Maintenant, la donne est plus complexe. Dans une société plus cosmopolite et plus fragmentée (parlons pour l’île de Montréal et la première couronne de la banlieue) beaucoup de gens cherchent leur propre identité d’une façon individualiste. Nous sommes en plein dans l’ère du moi, du soi, de l’affirmation du moi. L’adolescence d’une société qui sort à peine de la tutelle anglaise sous laquelle elle avait été laissée par sa mère française. Ce qui a fait la force et la résilience de notre culture fut l’esprit d’entraide et de communauté découlant des conditions extrêmes dans lesquelles nous avons grandi. Cependant, il y a clairement eu érosion de cet esprit de communauté par le changement des valeurs venant avec l’après-guerre. En nous « individualisant à l’états-unienne », nous avons perdu de vue l’importance des communautés pour le développement. Je souligne le développement car l’immobilisme de conservation des acquis où stagne notre société ressemble au béton des viaducs qui s’effritent : parfois on est mieux de re-bâtir d’une façon durable que de s’acharner à réparer un design déficient. Nos viaducs furent construits dans une optique à court terme venant de l’urgence du besoin. Une chose est claire, nous en ferons les frais. Je crois que le métro aussi a eu des problèmes d’écroulement. Notre société, c’est d’abord une vision collective. Clairement, l’immigration amène d’autres valeurs et d’autres point de vue. Mais je me demande quel est notre projet de société comme collectivité? Je ne crois pas qu’il faut simplement protéger nos acquis, il faut développer car fonctionner comme dans les années 60-70 ne fera simplement pas l’affaire. Et comme société, l’égoïsme qu’amène l’individualisme nous fragmente et nous ghettoïse.

Être conscient du passé, oui je me souviens, mais le regard et les idées tournées vers l’avenir, et les actions bien dans le présent. Je ne veux pas être qu’une génération de nettoyeurs héritier d’institutions dépassées car fondée sur des impératifs du vingtième siècle.

Catégories : L’art de l’analyse
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Des courts sur l’immigration

Radio Canada lançait au FFM le concours Métissé Serré demandant au grand public de produire du contenu de moins de huit minutes (fiction, documentaire, balado) sur le thème de l’immigration. Thème au goût du jour, Métissé Serré rencontre bien les objectifs de promotion “Radio-Canadien”. On a beaucoup aimé: Sirop d’Arabe d’Abeille Tard (petit clin d’œil au racisme dans l’industrie des médias), Les insolences d’une caméra de Jean-François Méan (humoristique paranoïa 9/11et la prise de photo de passeport) et Akos Verboczy de Marie-Christine Lance (l’escrime rassembleuse de culture au Cepsum). Pour mon film, l’Aube, je laisse au public d’en juger, allez mettez vos commentaires! Le vote du public sur internet qui déterminera les gagnants débute le 17 septembre.

Désolé pour tous ceux qui n’ont pas pu venir, c’était salle comble (et merci d’être venu). Il aurait aussi été bien de pouvoir discuter avec le public après, plusieurs amis m’en ont fait le commentaire et avait des questions.

Métissé Serré

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La petite soirée d’ouverture

Après le Bluff, je me suis gentiment dirigé vers la réception au chic Hyatt. Très bons fromages, petit vino, beaucoup de monde, quelques connaissances. Je me suis permis quelques excentricités visuelles. Entre autres, j’ai passé de beaux moments en compagnie d’une sympathique actrice tchèque nommée Sarah qui m’a exprimé son appréciation pour le film d’ouverture.

Miss Sarah

Après mademoiselle, j’ai rencontré un certain Jon Voight, très occupé à se faire solliciter par un réalisateur en devenir lui proposant un quelconque rôle de juge. J’ai eu quand même le temps de lui voler une photo.

J’ai aussi eu le temps de tomber sur quelques histoires de tournage de Bluff. C’est toujours étrange ce genre de soirée à les passer à chercher des gens que l’on connaît pour faire du social. Dans ces cas-là, c’est un des rare avantage à être connu: tu n’as rien à faire, tout le monde vient te voir.

Jon Voight

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Histoires de tournage 1

Bluff ayant été tourné à petit budget, l’équipe se dénombrait en général à 7-8 personnes sur le plateau. Chacun ayant à « multi tâcher », le preneur de son Simon devenait électro entre les prises et déplaçait des lumières. Une certaine Joanie, maquilleuse de métier, devait aussi tenir plusieurs rôles à la fois dont celui de cantinière et parfois même de machino. Marc Messier, soudain soucieux de son image, lui demanda même si elle était maquilleuse pour de vrai.

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Bluffer avec un carré d’as

Bluff, il va sans dire, est le fruit d’un beau travail de scénarisation comique. Les situations, toutes plus absurdes les unes que les autres nous gardent en appétit et nous font oublier la simplicité du décor. Pour quelqu’un comme moi qui a un mal fou à écrire des dialogues, j’ai été agréablement surpris de la qualité des réparties qui m’ont gardé le sourire aux lèvres tout le long du film. Dans ce pays d’humour, Bluff saura sûrement soulever l’intérêt du grand public. Ce film nous démontre aussi la facilité d’approche des acteurs d’ici et ce pour toutes sortes de projets indépendants (même pour des films étudiants ou des Kino, oui, oui). Tourné à la HVX-200, la belle qualité de l’image nous rappelle que le numérique se prête très bien au grand écran quoique en disent certains puristes. En fait, j’aimerais bien mettre au défi certaines critiques de comparer un film tourné en 16mm versus un film HD tourné avec une caméra avec adapteur à lentille cinéma et un peu de post-production. Quand on sait la logistique que la pellicule exige sur une production (et le nombre d’assistant-caméra requis), on se doute bien que Bluff aurait été difficilement réalisable avec le même budget sans la technologie numérique.

Avec un projet bien planifié, conçu pour tourner à petit budget en pensant à un grand public, Lavoie et Fecteau nous ont joué le Bluff de la petite production avec une main pleine… d’excellents comédiens.

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Songe d’un après-midi ensoleillé

Parfois la vie est pleine d’ironie. Couvrir le Festival des Films du Monde alors qu’un de ses films y joue est une drôle de perversion. À la fois critique et critiqué, j’aurais, pour la plupart du festival, le rôle du critique mais aussi celui, du flâneur. Car un festival n’est pas qu’une série de films projetés en salle, c’est aussi un happening, un petit party entre artisans du milieu.

De plus, des critiques de films, vous en aurez à la tonne dans les journaux. Parole Citoyenne étant ce qu’elle est, je prendrai une approche plus sociale… disons une exploration subjective de cette étrange bête qu’est le FFM.

Allez en paix et bon festival!

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