Les deux vers qui composent le titre de ce blogue sont tirés du poème : INVITATION AU VOYAGE de Charles Baudelaire.
Le poème commence par la strophe suivante :
Mon enfant, ma sœur,
Songe à la douceur,
D’aller là-bas vivre ensemble!
Aimer à loisir,
Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble!
Pour moi, en ce beau printemps, comme à tous les printemps d’ailleurs, le là-bas de Baudelaire c’est ici! Plus précisément c’est le Jardin Leslie Hancock du Jardin Botanique de Montréal.
Totalement consacré aux éricacées, famille qui comprend les bruyères, les rhododendrons et les azalées, Leslie Hancock est, quant à moi, le joyau parmi les joyaux au sein du jardin. Lové dans un espace clos, protégé des vents d’hiver par un petit monticule généreusement boisé de conifères, Leslie Hancock ne demande pas mieux que de se laisser découvrir.
Quand vous y aurez pénétré, restez assis ou debout pendant quelque temps devant un rhododendron, en favorisant le temps long plutôt que le temps court. Vous allez constater que sa fleur est un support extraordinaire pour la lumière; en fait, le plus parfait qui puisse se concevoir. Les sépales du rhododendron sont juste assez consistants pour que la lumière n’y passe pas tout droit. Juste assez diaphanes pour que la lumière s’y matérialise, en épousant la couleur de son support.
J’ai parlé du temps long. Ne pas parler de plaisir à répétition ne serait pas faire justice à Leslie Hancock. Je vous recommande d’y aller à plusieurs reprises, de façon à voir comment Hancock se transforme au fil des jours. Alors, vous aurez peut-être la surprise d’être renversé par la flamboyance d’un massif d’azalées. Je vous le jure : les fauvistes en pâliraient d’envie.
P.S. Assurez vous d’avoir en poche votre carte Accès Montréal; elle donne accès au Jardin Botanique gratuitement. Sinon, c’est assez cher.
*Ce blogue a été publié pour la première fois dans la section écho-logique à: www.cooplamaisonverte.com




