
Cher Jean,
Le 22 mars je t’ai parlé de mon visionnement avec un groupe d’étudiants de l’École du Carrefour à Darmouth en Nouvelle-Écosse. J’avais hâte de voir comment les étudiants réagiraient au film. Je dois avouer que j’avais une petite inquiétude. Est-ce que le film serait trop dense pour eux ? Ils ont applaudi trois fois pendant le générique et la discussion a été des plus stimulante. Il y a de la colère chez ces étudiants face aux politiciens qui ne sont justement pas visionnaires. Le film leur montre que les solutions existent – pourquoi les dirigeants de la société ne prennent-t-ils pas le virage, qu’eux, en tant que jeunes, jugent urgent ?
Nous avons ensuite regardé ce qu’ils faisaient dans leur quotidien et à l’école pour réduire leur empreinte écologique. Déjà l’école a éliminé les cabarets à la cafétéria – économie d’eau et d’énergie. Une idée a été lancée – demandons à la cafétéria d’éliminer les ustensiles en plastique. Je leur suggère de nous tenir au courant au moyen de ce blog. J’ai hâte d’avoir de leurs nouvelles.
Pendant mon vol de retour à Montréal, j’ai lu le dernier numéro de Annals of Earth publié par Nancy Jack Todd. Ce journal, publié trois fois l’an, est une mine d’information sur les solutions pour créer un monde soutenable. Je le recommande fortement à tous. Ce n’est pas cher et c’est une façon d’encourager Nancy et John Todd. Dans ce numéro j’apprends que l’Université de la Californie à Santa Cruz a déterminé en 2004 qu’à l’horizon 2020, 20% de la nourriture achetée pour consommation sur le campus devait être d’origine locale, biologique ou soutenable d’une façon ou d’une autre. Ils ont déjà atteint leur objectif en 2009 !
Maintenant ils visent zéro déchet pour 2020. Un des vice-présidents de l’université, Nathan Brostour, disait « Pendant longtemps les élèves étudiaient l’épuisement des ressources, les changements climatiques… mais ici c’était le commerce d’abord (business as usual) comme si ces problèmes n’existaient pas. Maintenant, l’université met en pratique ce qu’elle enseigne. »
Si les dirigeants d’universités comme ceux de Santa Cruz peuvent changer leur façon de voir le monde et devenir plus visionnaires il y a peut-être une chance pour les politiciens. Mais comme je disais aux étudiants de Darmouth, c’est à nous d’exiger qu’ils évoluent et travaillent véritablement pour les générations futures.
Ton amie qui se trouve bien chanceuse de pouvoir rencontrer des spectateurs motivés.


