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Visionnaires planétaires

Le documentaire <b>”Visionnaires planétaires”</b> (connu également sous le titre de travail “La Dernière Planète”) suit notre ami activiste Mikaël Rioux qui part à la rencontre de visionnaires qui proposent des orientations stratégiques et des solutions concrètes pour notre planète. Le film fut lancé au Festival du Nouveau Cinéma en octobre 2009.<br /><br />Ce blogue accompagne l’aventure de cette production et les enjeux que soulève le film.

Là, on va s’parler des vraies affaires II

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Naomy Klein, on le sait depuis au moins NO LOGO, ne fait pas dans la dentelle. Si vous ‘googlez’: THE SHOCK DOCTRINE, vous allez retouver des choses comme celles-ci:’THE SHOCK DOCTRINE aims its 10-foot-long middle finger at the Bush administration and the generations of neocons who’ve chosen profits over people in war…’ Ou encore: ‘THE SHOCK DOCTRINE de Naomi Klein est plutôt une bombe, placée tout juste au pied de la statue de la Liberté …’

Pour ma part, j’aurais volontiers donné à cet ouvrage le surtitre suivant: TOUT CE QUE NOUS AVONS BIEN VOULU OUBLIER À PROPOS DU CAPITALISME DEPUIS LA MOITIÉ DES ANNÉES ‘80. Voici donc ce que je vous propose comme recension de l’ouvrage en question.

Avant même la lecture de THE SHOCK DOCTRINE, je connaissais comme vous tous l’existence du néo libéralisme, de l’École de Chicago et de son ‘père spirituel’ Milton Friedman. Pour moi cependant le néolibéralisme demeurait une affaire qui se résumait, somme toute, à l’offensive contre l’état dans les pays développés, à la ‘libéralisation’ du commerce international, à l’ouverture complète des marchés financiers et, finalement, aux programmes d’ajustements structurels. Toutes entités plus ou moins abstraites, plus ou moins ‘innocentes’. Ce que l’on traduit souvent par l’expression plutôt banale, je le sais maintenant, du ‘tout au marché’.

Ce que j’ai découvert dans: THE SHOCK DOCTRINE est d’un tout autre ordre : le néolibéralisme de l’École de Chicago est, à proprement parler, une doctrine fondamentaliste, intégriste, qui, dans son essence même, requiert le recours à la violence pour opérer une ‘tabula rasa’ et, de là, établir un état de faits où le marché, libéré de toute contrainte, peut régner en maître. Les exemples historiques analysés par Klein sont non seulement éloquents; ils constituent un chapelet sanguinolent de drames économiques, sociaux et humanitaires où, sans exception, des personnages clés de l’École de Chicago ont joué un rôle de premier plan : la guerre d’invasion en Irak et la mise aux enchères de toute l’économie ainsi que l’appareil d’état Iraqien; la crise financière qui a frappé de plein fouet les Tigres Asiatiques en 1997; quelques années auparavant, l’incroyable braderie qui a offert l’économie soviétique à une poignée d’oligarques après que Boris Eltsine eut suspendu la Cour Constitutionnelle de Justice, attaqué au moyen de blindés le parlement Russe dûment élu au suffrage universel et déclenché la première guerre de Tchétchénie; le massacre de la Place Tien An Men qui a pavé la voie au capitalisme débridé en Chine; le dévoiement du mouvement populaire enclenché par Solidarnosc en Pologne; les dictatures militaires au Brésil, en Argentine ainsi qu’au Chili sous la férule de Pinochet.

Klein a aussi le mérite de stigmatiser en deçà de toute prétention philosophique le but très concret du néolibéralisme,: “The point of shock therapy is to open up a window for enormous profits to be made very quickly – not despite the lawlessness but precisely because of it.”

Évidemment, constater que “la croisade en faveur de marchés complètement libérés et débridés [a constitué] le courant politique le plus puissant au cours des trois dernières années” n’a rien de spécialement encourageant. Toutefois, dans sa conclusion, Klein met les pendules à l’heure, pourrait-on dire, en rappelant que les pays latino américains qui ont constitué à proprement parler le banc d’essai des théories du Chicago School of Economics, sont aujourd’hui ceux-là même qui sont à l’avant-garde pour développer une alternative à la pureté et à la dureté des marchés.

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Tout bon documentaire a besoin d’une équipe solide

Je suis en pleine préparation pour le départ de notre tournage à l’international. Nous partons le 2 avril de Montréal, arrêtons à Zurich une journée pour tenter de saisir ce qui se passe dans le paysage de l’économie mondiale. Nous rencontrerons des gens intéressants. À suivre…

Nous continuons ensuite vers l’Inde rencontrer un des visionnaires choisi pour le film - ça aussi c’est à suivre…

Mais le sujet de mon blog aujourd’hui est mon équipe. Réaliser un documentaire demande un travail d’équipe extraordinaire. Il y a environ une dizaine de personnes qui travaillent présentement sur cette préparation et je ne parle même pas des personnages qui s’impliquent également.

Je tente de faire un travail de co-création et d’impliquer mon équipe et les personnages dans un grand travail de collaboration. À ce titre, nous avons commencé à filmer le processus de la fabrication du film. Éventuellement vous aurez accès à des clips du “making of.”

Je dois bien sûr assumer d’être LA réalisatrice et si le film est mauvais je serai la seule à en subir les conséquences. Par contre, si le film est bon, je pourrai vous dire que cela sera le résultat d’un travail extraordinaire d’équipe. Pour sauver la planète, il faut se mettre à l’heure de la collaboration. Je tente donc, dans la fabrication même du film, de mettre de l’avant l’importance d’une réelle collaboration. Il est impossible pour une personne d’avoir toutes les qualités. Même si j’ai essayé dans ma vie d’être une “super woman” je sais qu’il n’y a pas de “super women” ni de “supermen”. Il y a juste la passion, la persévérance et la capacité de laisser aller, de s’abandonner au futur qui veut émerger en nous et à travers nous. Ce qui est fantastique c’est de mettre nos forces ensemble et créer une direction commune. Nous avons aussi tous nos faiblesses. Pour cela il faut regarder en pleine face les insécurités, les égos blessants ou contrôllants, les peurs, les rêves qui ne sont pas ancrés dans le réel, bref vous me comprenez j’espère. Les membres de l’équipe pourront aussi vous en parler et tranquillement à travers le blogue je vous présenterai ces gens avec qui j’aime bien travailler.

Le blog aussi est un travail de collaboration avec les internautes. La réponse de Jean-Guy Paquette dans les commentaires du 18 mars est ce que nous cherchons dans ce blog. Bravo Jean-Guy pour ce travail avec L’Union pour les droits de la nature !

Demain je vous écris d’Ottawa. Je serai à la résidence de la Gouverneure Générale du Canada accompagnant un des maîtres du documentaire Québécois, Serge Giguère, un des récipiendaires du Prix du Gouverneur général en arts visuels et en arts médiatiques 2008. Il n’y a rien de trop beau pour la classe ouvrière.

À demain.

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