Vivre entre les lignes
À partir de faits d’actualité ou de la vie quotidienne, ce carnet explore comment des informations, des programmes et des machines organisent nos relations avec les autres êtres humains, les organisations et même la société tout entière. Car, par-delà la compréhension de la société de l’information dans laquelle nous évoluons, il nous faut apprendre à y vivre et à en influencer démocratiquement les développements.
Les consultations en ligne : l’exemple de la présente consultation prébudgétaire de la ministre des Finances du Québec pour le budget 2009-2010
Notion abordée : Les processus informatisés, les formulaires en particulier, régulent efficacement les relations interpersonnelles
Lors de la préparation des budgets des gouvernements, la tradition voulait que leur préparation s’effectue presque en secret. De nos jours, les ministres des Finances cherchent à ouvrir et démocratiser ce processus à se livrant à des exercices de consultations auprès des grands acteurs sociaux. Au Canada, les ministres fédéral et provinciaux maintenant ajoutent des moyens de communication en ligne pour permettre aux simples citoyens de s’y joindre aussi. Des outils auxquels recoureront de plus en plus les gouvernements pour effectuer diverses consultations auprès de leur population.

La ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, vient donc de lancer son deuxième exercice de consultation prébudgétaire en ligne. Certains, comme Michelle Blanc, ont commenté la forme, d’autres le contenu, comme la Collectif pour un Québec sans pauvreté. Direction informatique publie un long article sur le sujet. Ici, je m’attarderai plutôt à la question de comment un formulaire organise la relation entre des personnes. Tout comme il organise la pensée aussi.
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Catégories : Débats, Observations
D’un reportage télé de Radio-Canada sur comment un virus informatique a paralysé l’ensemble des établissements de santé du Québec
Notions abordées : L’information est devenue une ressource stratégique indispensable.
Nous devenons de plus en plus dépendants de l’accès à l’information et de l’informatique.
Dans une société réseautée, chacun de nous est plus ou moins responsable de la sécurité de tous.
Jeudi le 12 février, l’émission Enquête de Radio-Canada présentait durant sa seconde demi-heure un reportage à voir qui démontre clairement notre dépendance — et donc notre vulnérabilité — croissante aux outils et réseaux informatiques. On peut visionner sur Internet à partir de cette page.
Outre cette histoire racontée publiquement pour la première fois, deux remarque :
Des limitateurs de vitesse pour les camions et les… personnes en fauteuils roulants
Notions abordées :
La technique, notamment l’informatique, est une forme efficace de législation
Donc : Lorsque elle est législation, la technique est source de conflit
Mardi, j’ai croisé la collègue Catherine Roy. Elle n’a pu s’empêcher de m’exprimer sa colère envers la Régie d’assurance-maladie du Québec (RAMQ) qui exigeait désormais qu’on ne livre à ses assurés que des fauteuils motorisés dont la vitesse maximale ne dépasse pas 10 km/h (faits brièvement relatés dans le Journal de Québec).
Je ne débattrais pas ici du mérite de la mesure, mais plutôt de la norme technique comme outil de législation efficace et de la manière dont une telle norme doit être adoptée et imposée.
En effet, cette limite de 10 km/h a été adoptée, unilatéralement, sans consultation. J’ai vérifié auprès de quelques associations ainsi que de la Confédération des organismes de personnes handicapées du Québec (COPHAN) : aucune n’avait été consultée, ni avait eu vent que la RAMQ s’apprêtait à prendre cette décision. Au contraire, plusieurs associations protestent ou préparent leur réaction. Certaines considèrent même à porter plainte pour discrimination devant la Commission des droits de la personne du Québec (CDPDJQ).

En dénonçant cette mise devant le fait accompli dans une lettre envoyée en octobre dernier à la RAMQ,Raymond Duquette, président du Regroupement des usagées du transport adapté de Sherbrooke métropolitain (RUTASM) soulève des questions intéressantes : Lire la suite »
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Catégories : Débats, Observations
Des risques des banques de données de recherches sur les populations et de la gestion de ces risques

Extension par écrit d’une chronique radio offerte le 5 février 2009 à l’émission Citoyen numérique sur 101,5 Radio Montréal.
Notion abordée On ne peut discuter d’un système d’information de manière isolée du reste de la « société de l’information » qui l’entoure.
Je suis un fidèle de l’émission Les Années Lumières de la Première Chaîne de Radio-Canada. Lors de l’émission présentant la revue de l’année 2008, les dernières minutes de l’entrevue sur CARTaGENE m’avaient fait sursauter.
CARTaGENE est un centre d’informations biomédicales soutenant la recherche sur les implications mutuelles entre les facteurs génétiques, environnementaux et comportementaux pour des maladies communes comme celles du cœur, le diabète et le cancer. Ce centre fait partie d’un grand réseau international d’organismes publics de recherche sur la génétique des populations humaines. Ces recherches sont prometteuses, autant en matière de traitement que de prévention des maladies. Jusqu’ici, peu à redire sur les finalités et les moyens de cette entreprise scientifique.
Cependant, je fus abasourdi par la soudaine faiblesse de l’entrevue lorsqu’il fut question des risques posés. Voici une transcription de l’échange :
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Catégories : Chroniques radio, Observations
À partir de faits d’actualité ou de la vie quotidienne, ce carnet explore comment les rapports entre les êtres humains, les organisations et les sociétés sont de plus en plus médiatisés et organisés par des informations, des programmes et des machines.
Avec vous, ce carnet en discute plus particulièrement les questions et les enjeux citoyens.
« Vivre entre les lignes » ?
L’informatisation en cours de la société nous oblige à apprendre, individuellement et collectivement, comment vivre entre les lignes des formulaires, des dossiers et de statistiques qui nous décrivent ; entre les lignes de codes et de programmes qui nous encadrent ; les lignes de transmission d’informations qui nous relient.
Vivre entre les lignes : le carnet est une des activités du programme Apprendre à vivre entre les lignes dont le principal objectif est le développement d’une culture générale sur le rôle social de l’informatique. Le volet public de ce programme comprend actuellement le présent carnet ainsi que la chronique de l’émission Citoyen numérique de Radio-Montréal 101,5 (dont on retrouvera notamment ici des transcriptions écrites et des liens vers des fichiers audio). D’autres activités destinées au grand public viendront s’ajouter.
« Une culture générale sur le rôle social de l’informatique » ?
Notre inculture au sujet de comment nos relations sociales s’organisent à travers l’informatique apparait évidente par comparaison avec notre aisance à comprendre l’une des informations les plus abstraites conçues par l’Humanité : l’argent. Nous comprenons tous quelle est la nature de l’argent et quel pouvoir (d’achat) il représente. Nous pouvons aisément débattre les différents rôles que l’argent peut jouer dans les rapports entre employeur et employé, entre l’État et les citoyens, entre deux conjoints, entre parents et enfants, entre composantes d’une société, et même entre pays. Nous en discutons sous toute sorte d’angles, du psychologique le plus intime au politique le plus collectif. Or, ne devrions-nous pas pouvoir discuter de manière tout aussi aisée de toutes ces autres types d’informations, maniées souvent par les mêmes machines qui manient l’argent, et qui jouent des rôles au moins aussi importants dans nos vies ?
« Enjeux citoyens de l’informatique » ?
L’une des idées centrales qu’explore ce carnet est l’informatique comme forme efficace de législation. Un texte de loi peut rester sans effet ouêtre appliqué avec plus ou moins de discrétion par les êtres humains. Par contre, la règle inscrite dans un programme informatique ou le ventre d’une machine sera automatiquement et impitoyablement appliquée quoiqu’il arrive. Il est également relativement aisé de réécrire le texte d’une loi inadaptée, mais souvent fort coûteux et compliqué de changer des dispositifs techniques une fois implantés. Nous admettons qu’en démocratie, non seulement un projet de loi ne peut être adopté à l’insu des citoyens concernés, mais surtout sans leur avoir donné l’occasion de se faire entendre et d’influencer le processus de rédaction et d’adoption. Alors, pourquoi devrions laisser aux seuls ingénieurs, technocrates et fournisseurs plus bas soumissionnaires toute latitude pour régir nos vies grâce à des outils informatiques ? L’obligation de vivre entre les lignes de leurs informations et leurs programmes ne nous donne-t-elle pas le droit d’avoir notre mot à dire ?
Ce carnet décline cette idée centrale et d’autres sous forme de questions et d’enjeux citoyens.
Pourquoi ce carnet sur Parole citoyenne ?
Parce que ce carnet n’est qu’un élément parmi plusieurs médias (courts métrages, extraits de films, fichiers audios, schémas, photos, textes) que le site Parole citoyenne permettra d’offrir conformément à sa mission d’être « une plate-forme pour les créateurs, les penseurs et les citoyens, un espace de prise de parole et d’information propice aux débats. »
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Catégories : À propos de VELL
Mots clés: Culture générale, Démocratie, Évaluation sociale, information, informatique, Parole citoyenne, Vivre entre les lignes
On retrouvera ici la liste des notions abordées à travers le présent carnet avec un lien vers les différents billets qui en auront traités.
La notion centrale autour de laquelle s’articule les billets du blogue est la suivante :
Les informations (notamment les informations personnelles) et l’informatique jouent des rôles croissants dans la vie des individus, des groupes et des sociétés
Chaque terme de cet énoncé très général (« informations », « informatique », « rôles », etc.) appelle des définitions, des considérations explicatives ou pratiques ou des discussions portant sur des valeurs sociales.
Cependant, déjà ce seul énoncé général appele diverses notions :
L’informatique ne marque qu’une nouvelle étape de la grande révolution engendrée par l’invention de l’écriture.
Ou : Qui comprend l’écriture (l’information) possède déjà certaines clés pour comprendre l’informatique et la société informatisée.
L’information est une ressource stratégique.
On ne peut discuter d’un système d’information de manière isolée du reste de la société de l’information
Il faut de moins en moins d’informations personnelles sur un individu pour obtenir une connaissance ou prendre une décision à son sujet
Nous sommes dépendants de l’accès aux informations et de l’informatique.
Dans une société réseautée, chacun de nous est plus ou moins responsable de la sécurité de tous.
L’informatique est une forme efficace de législation
L’informatique et les informations sont à la fois sources et objets de conflit
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Catégories : Notions abordées

Notion abordée : L’informatique ne marque qu’une nouvelle étape de la grande révolution engendrée par l’invention de l’écriture.
Ou : Qui comprend l’écriture (l’information) possède déjà certaines clés pour comprendre l’informatique et la société informatisée.
Jeudi dernier, Caroline Fournier m’a transmis par courriel cette question :
(…)
« nous sommes bien intrigués pas cette image “tablette d’écriture cunéiforme” qui revient à la fin de chaque billet ?!
Quel est son sens ? Ce serait vraiment bien s’il y avait un lien sur l’image, peut-être, vers quelque chose d’explicatif !
Je propose ça au hasard… me disant que si “nous” on se questionne, d’autres doivent le faire ! »
(…)
Ah… Bonnes question et suggestion. Pour l’explication, elle tient en deux raisons : Lire la suite »
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Catégories : À propos de VELL