À partir de faits d’actualité ou de la vie quotidienne, ce carnet explore comment des informations, des programmes et des machines organisent nos relations avec les autres êtres humains, les organisations et même la société tout entière. Car, par-delà la compréhension de la société de l’information dans laquelle nous évoluons, il nous faut apprendre à y vivre et à en influencer démocratiquement les développements.
Soirée d’information et d’échange sur les Projets de loi C46 et C47
La surveillance des communications électroniques : Une dangereuse intrusion dans nos vies
Lundi 2 novembre 2009 à 19 h.
Salle R-M130, UQAM (315, rue Ste-Catherine Est, Montréal)
À une époque où les nouvelles technologies font partie du quotidien et où de plus en plus d’informations sur tous les aspects de nos vies circulent dans le cyberespace, le gouvernement a déposé deux projets de loi qui lui donneront un plus grand accès aux données qui transitent par les fournisseurs de services de communication électronique.
Colloque sur la protection des renseignements personnels
On nous fiche ! Ne nous en fichons pas
Colloque sur la protection des renseignements personnels à l’ère des technologies de l’information et des communications
29 et 30 janvier 2010
Vendredi soir, Salle Marie-Gérin-Lajoie, UQAM (Pavillon Judith-Jasmin, 405, rue Ste-Catherine Est, Montréal)
Samedi, 30 janvier 2010 à l’UQAM (détails à venir)
« Présentement, le Canada se dirige dangereusement vers une société de surveillance. (…) La protection de la vie privée est un élément crucial d’une société libre ; sans elle, il n’y a pas de réelle liberté. » Jennifer Stoddart, Commissaire à la Protection de la Vie privée du Canada.
Des pièges des statistiques, en marge du documentaire Les enfants du Palmarès
Notions abordées :Les informations personnelles permettent un formidable accroissement des connaissances sur les individus, les groupes et les sociétés
Un nombre croissant de décisions concernant les individus et les organisations sont fondées sur des informations personnelles ou des informations dérivées
Un ensemble d’informations personnelles décrit moins un être humain en particulier qu’une relation entre des personnes
Les informations personnelles ne sont ni données, ni reflet idéal de la réalité: elles sont des artéfacts, des objets fabriqués par des êtres humains en vue de la réalisation d’un objectif précis
Les conflits relatifs aux informations peuvent porter sur n’importe quelle dimension de leur production ou de leur utilisation
Avant même qu’il soit diffusé, le film Les enfants du Palmarès de la réalisatrice Marie-Josée Cardinal fait déjà beaucoup parler. Ce documentaire sera présenté à la télévision sur Canal D le dimanche 18 octobre 2009 à 19h ainsi que le lundi le 19 octobre à 13h. Ce film traite des angoisses vécues chez plusieurs parents et enfants qui cherchent à réussir, coute que coute, l’accès à une place dans les écoles privées les plus cotées ainsi que ce qui arrive à ceux qui échouent ou réussissent d’y être admis.
Le palmarès du titre réfère au désormais Palmarès des écoles secondaires du Québec (ici en format PDF) publié depuis 10 ans par le magazine L’Actualité. C’est de ce tableau comparatif des écoles que je vais discuter ici.
Nous nous sommes donné au Québec la liberté de choisir pour nos enfants parmi un éventail d’écoles, programmes d’études et projets éducatifs. Un embarras du choix que j’ai vécu comme tout autre parent. Embarras que le Palmarès complique par ses faiblesses, mais surtout parce qu’il demeure l’unique guide comparatif grand public disponible.
J’utilise le Palmarès depuis sa création. Notamment lors de visites des écoles où je songeais à inscrire ma plus jeune. Le Palmarès offre une illustration particulièrement parlante pour des élèves de quatrième secondaire des rôles que les informations personnelles jouent désormais dans la vie informatisée des individus, organisations et sociétés. Car en échange de causeries visant à susciter l’intérêt pour des carrières scientifiques, des conseillères en orientations m’offraient accès au quotidien de leur école hors des mises en scène des journées portes ouvertes.
Partant du bulletin scolaire, j’expliquais aux élèves la société de l’information et l’importance des diverses disciplines techniques et scientifiques associées. Tout d’abord, comment des informations personnelles parlent rarement d’une personne en particulier, mais plutôt d’une relation entre plusieurs personnes. Ainsi, le bulletin ne parle pas que de l’élève, mais aussi de ses enseignants. Une direction peut donc utiliser les informations du bulletin pour évaluer le travail de ses enseignants, individuellement et collectivement.
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Compilées, ces informations des bulletins permettent également de produire des portraits par école, par commission scolaire, entre écoles ou entre commissions scolaires, pour le Québec ou entre pays. La petite animation incluse dans ce billet illustre comment. Ces différentes compilations d’informations permettent de constituer des portraits de la performance des élèves, des enseignants, des écoles, des commissions scolaires, d’un système scolaire, d’un pays. Ils structurent les discussions, les débats publics et la prise de décisions diverses. Notamment celle du choix d’une école secondaire.
Or, les bulletins, compilations et palmarès sont conçus en vue de réaliser des objectifs précis. Adéquatement produits pour une tâche, ils s’avèrent souvent défaillants pour une autre. En outre, il faut s’assurer que la production de ceux-ci ne nous coupent pas de la réalité même que nous souhaitons saisir. Lire la suite »
Les compagnies pharmaceutiques veulent que vous suiviez les prescriptions des médecins
Notions abordées :De plus en plus d’informations personnelles sont produites sur les individus… et de plus en plus par des objets autour de vous
Ces informations permettent de réguler les relations interpersonnelles avec une efficacité croissante
Un article du Financial Times signale que la compagnie pharmaceutique Novartis teste actuellement une technologie qui recoure à l’insertion d’une minuscule micropuce dans chaque pilule que vous devez prendre. Une autre puce émettrice-réceptrice implantée dans l’épaule du patient détecte la prise ou non de chaque pilule. Si la personne ne suit pas l’ordonnance du médecin, la puce émettrice-réceptrice enclenche l’envoi d’un message texte de rappel sur son téléphone cellulaire.
Les tests effectués sur 20 patients prenant du Diovan, un médicament abaissant la pression artérielle, auraient renforcé de 30 % à 80 % l’observance de la prescription après six mois.
On peut imaginer l’intérêt d’une technologie pour les gens qui ont tendance à éviter ou oublier de prendre leurs médicaments ainsi que pour rassurer les personnes qui peuvent oublier si elles les ont bien pris ou non. La même technologie pourrait donc également éviter les surdoses.
Cependant, le Financial Times précise que l’intérêt premier des compagnies pharmaceutiques est évidemment d’augmenter les ventes de leurs médicaments, particulièrement dans le cas de maladies chroniques comme l’hypertension et le diabète. Ces entreprises ont tout intérêt à ce que les patients suivent rigoureusement leur prescription de médicaments lucratifs sur de nombreuses années.
À partir de faits d’actualité ou de la vie quotidienne, ce carnet explore comment des informations, des programmes et des machines organisent nos relations avec les autres êtres humains, les organisations et même la société tout entière. Car, par-delà la compréhension de la société de l’information dans laquelle nous évoluons, il nous faut apprendre à y vivre et à en influencer démocratiquement les développements.
Actuellement chercheur invité chez Communautique et chercheur associé au CEFRIO, Pierrot Péladeau œuvre depuis 1982 en évaluation sociale de systèmes d'informations sur les personnes.
Il tient aussi une chronique mensuelle à l'émission Citoyen numérique sur Radio-Montréal 101,5 et, ici sur Parole citoyenne le blogue Vivre entre les lignes et son équivalent en anglais Living in Between the Lines.
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