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	<title>Vivre entre les lignes</title>
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	<description>À partir de faits d’actualité ou de la vie quotidienne, ce carnet explore comment des informations, des programmes et des machines organisent nos relations avec les autres êtres humains, les organisations et même la société tout entière. Car, par-delà la compréhension de la société de l’information dans laquelle nous évoluons, il nous faut apprendre à y vivre et à en influencer démocratiquement les développements.</description>
	<pubDate>Mon, 12 Jul 2010 14:27:55 +0000</pubDate>
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		<title>Recensement 2011 : Le théâtre des peurs</title>
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		<pubDate>Mon, 12 Jul 2010 14:27:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierrot Péladeau</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Observations]]></category>

		<category><![CDATA[Canada]]></category>

		<category><![CDATA[États-Unis]]></category>

		<category><![CDATA[Informations : ressources stratégiques]]></category>

		<category><![CDATA[Politique]]></category>

		<category><![CDATA[Recensement]]></category>

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		<description><![CDATA[Connaissez-vous quelqu&#8217;un qui aurait complété le recensement par crainte de peine d&#8217;amende ou prison pour non-réponse ? Non ? Quelqu&#8217;un qui ne l&#8217;ayant pas complété aurait eu cette crainte ? Non plus ? Alors, posons la question: de quoi le gouvernement Harper a-t-il peur, lui ?
La décision de soustraire le questionnaire long du cadre légal [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Connaissez-vous quelqu&#8217;un qui aurait complété le recensement par crainte de peine d&#8217;amende ou prison pour non-réponse ? Non ? Quelqu&#8217;un qui ne l&#8217;ayant pas complété aurait eu cette crainte ? Non plus ? Alors, posons la question: de quoi le gouvernement Harper a-t-il peur, lui ?</p>
<p>La décision de soustraire le questionnaire long du cadre légal obligatoire du recensement pour le rendre volontaire a engendré des craintes réelles. Les milieux scientifiques, d&#8217;affaires et municipaux craignent un affaiblissement de la fiabilité des données nécessaires à leurs travaux et décisions stratégiques. Les organisations de francophones hors Québec, de femmes et d&#8217;autres minorités, de ne plus disposer des chiffres sur lesquels fonder la défense de leurs droits et intérêts.</p>
<p>Cependant, l&#8217;accusation que les conservateurs ne veuillent plus recueillir des informations susceptibles de contredire leurs politiques colle mal. Premièrement, il s&#8217;agirait d&#8217;un jeu dangereux: les résultats biaisés d&#8217;un recensement bâclé pourraient les desservir. Deuxièmement, cette explication cadre mal avec une augmentation de 50 % du nombre de questionnaires longs (de 3 à 4,5 millions de ménages au cout additionnel de 30 millions de dollars) et une campagne de publicité incitative. Troisièmement, les pointilleuses pratiques de révision des programmes de ce gouvernement et, surtout, les stratégies de politique de division de l&#8217;électorat (wedge politics) du Parti conservateur requièrent des statistiques de références fiables.</p>
<p><strong>Peur(s) de l&#8217;électorat</strong></p>
<p>Revenons aux questions de départ. Au dernier recensement, il n&#8217;y a eu qu&#8217;une personne poursuivie pour non-réponse. Pourtant, plus de 3 % des ménages n&#8217;avait pas participé. Sans être inquiétés. Pourtant parmi les participants, nombreux furent ceux qui omirent une question ou y ont répondu curieusement. Par exemple, de milliers ont donné « Jedi » (Star Wars) comme religion ou « Humain » comme origine ethnique. Sans être plus inquiétés. Car la population canadienne demeure l&#8217;une des plus disciplinées du monde. Dans l&#8217;histoire récente, les rares Canadiens poursuivis furent des individus isolés qui ont ouvertement déclaré vouloir faire acte de désobéissance civile. Or, voilà précisément ce dont les conservateurs auraient peur.</p>
<p>Le recensement états-unien d&#8217;avril dernier a été l&#8217;objet d&#8217;appels enflammés à la désobéissance civile issus de mouvements de droite (notamment autour du <em>Tea Party</em>) et d&#8217;organisations de citoyens d&#8217;origine latino-américaine, toutes méfiantes de l&#8217;État. Appels endossés par des communautés religieuses, des personnalités des médias et même des élus, y compris une représentante au Congrès. Les polémiques produisirent des effets contradictoires. D&#8217;une part, les refus ouverts de participer ont considérablement augmenté et le nombre d&#8217;agressions contre les recenseurs (incluant voies de fait, prises de véhicules en marche et coups de feu) a triplé. Mais d&#8217;autre part, la participation a connu une augmentation significative (72 %) au lieu de la diminution anticipée (64 %).</p>
<p>Au paisible Canada, n&#8217;importe quel gouvernement serait embarrassé de soudain devoir poursuivre, non plus un excentrique isolé, mais plusieurs personnages représentant des courants d&#8217;opinions organisés. Pour un gouvernement conservateur, minoritaire en plus, ce serait carrément une calamité. Il lui faudrait s&#8217;attaquer à des champions de segments des électorats qu&#8217;il courtise, souvent maitres dans l&#8217;usage des médias sociaux.</p>
<p>Sa solution est donc de rendre volontaire le questionnaire long. Le plus intrusif de la part de cet État honni par une certaine droite et redouté dans certaines communautés craintives ou issues de pays autoritaires. Celui contenant aussi les questions les plus sensibles (religions, ethnicité, couples de même sexe, revenus). Devenu volontaire, plus de désobéissance civile possible.</p>
<p>Bien menée auprès d&#8217;une population déjà disciplinée, cette stratégie pourrait produire d&#8217;excellents résultats. Au moins tout autant que la décision de 1971, bien plus audacieuse, d&#8217;abandonner les entrevues par recenseurs pour les remplacer par des questionnaires autoadministrés par les citoyens eux-mêmes.</p>
<p>Cependant, cette solution est marquée du fait qu&#8217;elle fut prise sans préavis, ni consultation des multiples milieux intéressés (contrairement à une tradition bien établie). Cela par un gouvernement dont souvent les décisions apparaissent plus fondées sur l&#8217;idéologie que sur les faits et qui, en plus, est soupçonné de vouloir réduire le rôle d&#8217;analyse publique joué par Statistiques Canada. C&#8217;est-à-dire qui, sans attaquer la production et la qualité des données, chercherait à accroitre son contrôle sur leur interprétation.</p>
<p>La politisation du recensement comportait le risque d&#8217;une polarisation de l&#8217;opinion pouvant accroitre les probabilités de réalisation du mouvement que le gouvernement voudrait prévenir. Ironiquement, l&#8217;empressement des partis d&#8217;opposition à promettre le rétablissement du caractère obligatoire du questionnaire long garantirait aux conservateurs le ralliement des segments de l&#8217;électorat dont il craignait la contestation. Tout aussi ironiquement, le caractère éducatif de la polémique pourrait aussi consolider la participation de la population.</p>
<p>Encore une fois, les conservateurs joueraient adroitement la politique de division en manoeuvrant subtilement sur de puissantes émotions : les peurs. La publication dans quelques jours du texte du questionnaire long, puis celle des détails de la campagne d&#8217;incitation à la participation leur fourniront des occasions d&#8217;ajuster leur stratégie.</p>
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		<title>Les nouvelles fractures numériques: le filtrage et les bulles hyperpersonalisées menaçant la démocratie</title>
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		<pubDate>Mon, 07 Jun 2010 21:45:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierrot Péladeau</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Observations]]></category>

		<category><![CDATA[Add new tag]]></category>

		<category><![CDATA[Démocratie]]></category>

		<category><![CDATA[Facebook]]></category>

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		<category><![CDATA[Information personnelle]]></category>

		<category><![CDATA[Personnalisation]]></category>

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		<description><![CDATA[Est-ce qu&#8217;au lieu de relier les humains entre eux, les technologies numériques pourraient, au contraire, les isoler les uns des autres? La personnalisation des services offerts sur web peut-elle produire des ghettos? Peut-elle menacer la démocratie elle-même? Ce sont des dangers qu&#8217;a soulevé Eli Pariser, président de MoveOn.org, le 3 juin 2010 au cours du [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-full wp-image-1065" src="http://pierrot-peladeau.net/wp-content/uploads/2010/05/Observations.png" alt="Observations" width="103" height="104" />Est-ce qu&#8217;au lieu de relier les humains entre eux, les technologies numériques pourraient, au contraire, les isoler les uns des autres? La personnalisation des services offerts sur web peut-elle produire des ghettos? Peut-elle menacer la démocratie elle-même? Ce sont des dangers qu&#8217;a soulevé <a href="http://www.elipariser.com/bio.html">Eli Pariser</a>, président de <a href="http://www.moveon.org/">MoveOn.org</a>, le 3 juin 2010 au cours du dernier <a href="http://personaldemocracy.com/pdf-2010-day-one-schedule-june-3rd">Personal Democracy Forum</a>.</p>
<p>Ethan Zuckerman <a href="http://www.ethanzuckerman.com/blog/2010/06/03/eli-pariser-on-filter-bubbles/">rapporte</a> ses propos. Tout d&#8217;abord, l&#8217;exemple d&#8217;une conférence personnalisée :</p>
<blockquote><p>« Imaginons que nous nous présentions à un évènement comme le <em>Personal Democracy Forum</em>, et avions été triés sur la base du sexe, de l&#8217;âge, de l&#8217;idéologie politique, de la ville natale. Très vite, nous serions tous assis dans de petites pièces, tout seuls. Imaginons que les orateurs aient ensuite offert des présentations personnalisées, en ajoutant des explosions pour le jeune auditeur mâle, par exemple. “Vous préfèreriez probablement mieux votre version personnelle&#8230; mais ce serait pour moi la mauvaise chose à faire.” Cela desservirait la raison d&#8217;être même d&#8217;une conférence — nous n&#8217;avons plus de tronc commun de discours que nous pourrions discuter ensemble dans les couloirs. »</p>
<p>« Google utilise 57 indices disponibles pour personnaliser le web pour vous, même lorsque vous n&#8217;êtes pas connecté (avec votre nom d&#8217;usager). En conséquence, les résultats que vous obtenez sur une recherche Google peuvent devenir très différents, même si des gens assez similaires effectuent la même recherche. Eli nous montre des captures d&#8217;écran d&#8217;une recherche pour “BP” menée par deux jeunes femmes, vivant toutes deux dans le nord-est des États-Unis. Elles obtiennent des résultats très différents&#8230; une série se concentre sur les questions d&#8217;affaires et ne présente pas de lien sur le déversement de pétrole dans les trois premiers, tandis que l&#8217;autre le fait. Une utilisatrice a obtenu 141 millions de résultats, tandis que l&#8217;autre, 180 millions. Imaginez combien dissemblables ces résultats pourraient être pour des utilisateurs véritablement différents entre eux. »</p>
</blockquote>
<p><span id="more-527"></span>Revenons un moment sur la <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Personnalisation">personnalisation</a>. Il s&#8217;agit de la création automatique de pages web adaptées aux intérêts particuliers d&#8217;un internaute à partir de différents indices qu&#8217;il a explicitement fournis par lui-même ou qui ont été observés à travers par son utilisation du web. Il s&#8217;agit donc bien de produire votre profil individuel d&#8217;internaute à partir d&#8217;informations personnelles que vous produisez vous-mêmes à votre sujet ou déduites à partir de vos gestes numériques. Le cas typique est la librairie en ligne qui va vous proposer des suggestions de livres susceptibles de vous intéresser à partir de votre profil de furetage et celui de milliers d&#8217;autres consommateurs semblables à vous-mêmes. L&#8217;affirmation type étant : « Les acheteurs de ce livre-ci ont souvent aussi acheté ceux-là. »</p>
<p>Sauf que Pariser parle ici de la personnalisation de notre rapport au monde autour de nous. Ainsi, <a href="http://www.ethanzuckerman.com/blog/2010/06/03/eli-pariser-on-filter-bubbles/">Zuckerman</a> et <a href="http://www.justmeans.com/PDF-2010-Conference-Mulling-New-Digital-Divide/16980.html">Marcia Stepanek</a> rapportent que Pariser a affirmé rencontrer de sérieuses difficultés à ajouter des personnes d&#8217;opinions conservatrices à son cercle de contacts Facebook ainsi qu&#8217;à pouvoir suivre ceux-ci. Facebook constatant qu&#8217;il s&#8217;intéresse à Lady Gaga et à des idées progressistes aurait personnalisé son expérience en bloquant les liens vers des personnes aux idées conservatrices.</p>
<p>Personer appelle ce type particulier de chambre à échos : « filter bubble », disons « bulle hyperpersonnalisée » en français. Selon lui, plus les filtres deviennent performants, moins vous risquez d&#8217;être exposé à la nouveauté, à l&#8217;imprévu ou au dérangeant.</p>
<p>Selon Pariser, ces bulles ont trois caractéristiques :</p>
<p>1— Le degré de personnalisation est très élevé. Vous ne faites plus partie des milliers de lecteurs d&#8217;une revue comme la revue progressiste <em>The Nation</em>: vous êtes seul membre de votre bulle particulière.</p>
<p>2— Cette bulle est invisible. Google ne vous informe pas qu&#8217;il vous crée une bulle personnalisée. Vous n&#8217;en connaissez donc pas l&#8217;existence, encore moins les implications.</p>
<p>3— Vous ne choisissez pas ce filtrage. C&#8217;est plutôt celui-ci qui vous choisit. Ce n&#8217;est donc pas vous qui décidez, mais autrui.</p>
<p>Pour Pariser, ce type de filtrage « est peut-être bon pour les consommateurs, mais mauvais pour la démocratie ». « Nous devrions commencer à nous interroger sur la valeur de ces mécanismes de filtrage et chercher à reprendre le pouvoir de prendre ces décisions par nous-mêmes. »</p>
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		<title>Facebook demeure une boite noire</title>
		<link>http://parolecitoyenne.org/blogs/vivre-entre-les-lignes/facebook-demeure-une-boite-noire/</link>
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		<pubDate>Thu, 27 May 2010 15:02:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierrot Péladeau</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Débats]]></category>

		<category><![CDATA[Facebook]]></category>

		<category><![CDATA[Informations : ressources stratégiques]]></category>

		<category><![CDATA[Privacy International]]></category>

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		<description><![CDATA[Oui, Facebook change ses contrôles de publication de contenus (qu&#8217;on appelle peut-être improprement contrôles de confidentialité ou de vie privée).
Mais comme le souligne avec justesse le tweet de Privacy International signalant la réponse de l&#8217;organisme à cette annonce, la véritable question n&#8217;est-elle pas ailleurs? À savoir : comment Facebook utilise lui-même les informations que les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-full wp-image-1084" src="http://pierrot-peladeau.net/wp-content/uploads/2010/05/Débat.png" alt="Débats - Debates" width="102" height="102" />Oui, Facebook change ses contrôles de publication de contenus (qu&#8217;on appelle peut-être improprement contrôles de confidentialité ou de vie privée).</p>
<p>Mais comme le souligne avec justesse le <a href="http://twitter.com/privacyint/statuses/14787718992">tweet</a> de Privacy International signalant la <a href="http://www.privacyinternational.org/article.shtml?cmd%5B347%5D=x-347-566334">réponse</a> de l&#8217;organisme à cette annonce, la véritable question n&#8217;est-elle pas ailleurs? À savoir : comment Facebook utilise lui-même les informations que les membres mettent sur leurs pages? « <em>The real question: how does Facebook process information?</em> »</p>
<p>Peu importe comment on change ou rend plus conviviaux les contrôles de publication, les traitements et les usages que Facebook fait des informations continuent de rester dans l&#8217;ombre, mal explicités.</p>
<p>C&#8217;est un peu comme la <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Boite_noire">boite noire</a> classique. Les membres Facebook savent les informations qu&#8217;ils y mettent eux-mêmes (entrées). Ils comprendront peut-être mieux quelles informations sont publiées ou non en direction de qui (sorties). Cependant, ils ne savent pas tout ce qui se passe entre les deux , notamment tout ce que Facebook échange avec ses partenaires commerciaux.</p>
<p>Voilà où se trouve l&#8217;essentiel des processus constituant Facebook et sa valeur marchande.</p>
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		<title>Recherche Google cryptée sous SSL : mesure effective ou symbolique?</title>
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		<pubDate>Wed, 26 May 2010 18:33:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierrot Péladeau</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Observations]]></category>

		<category><![CDATA[Communications]]></category>

		<category><![CDATA[Confidentialité par design]]></category>

		<category><![CDATA[Google]]></category>

		<category><![CDATA[Internet]]></category>

		<category><![CDATA[SSL]]></category>

		<category><![CDATA[Surveillance]]></category>

		<category><![CDATA[Web]]></category>

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		<description><![CDATA[Google a récemment annoncé qu&#8217;il offre dorénavant la possibilité d&#8217;effectuer une recherche de documents de manière confidentielle grâce au protocole de sécurisation par cryptage des échanges sur Internet Secure Sockets Layer (SSL). Concrètement, cela veut dire que, entre votre ordinateur et les serveurs de Google, personne ne pourra lire en clair, ni les requêtes, ni [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-full wp-image-1065" src="http://pierrot-peladeau.net/wp-content/uploads/2010/05/Observations.png" alt="Observations" width="103" height="104" />Google a récemment annoncé qu&#8217;il offre dorénavant la possibilité d&#8217;effectuer une recherche de documents de manière confidentielle grâce au protocole de sécurisation par cryptage des échanges sur Internet <em><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Secure_Sockets_Layer">Secure Sockets Layer</a></em> (SSL). Concrètement, cela veut dire que, entre votre ordinateur et les serveurs de Google, personne ne pourra lire en clair, ni les requêtes, ni les résultats de recherche (un peu comme sont protégées les transactions financières effectuées sous SSL).</p>
<p>Pour bénéficier de ce nouveau service offert en mode « bêta », il faut se rendre sur <a href="https://www.google.com/">https://www.google.com</a>. Votre fureteur devrait alors signaler que la communication est sécurisée (par exemple, par l&#8217;affichage d&#8217;un cadenas). Les sites localisés de Google (comme google.fr ou google.ca) n&#8217;offrent pas cette sécurisation qui n&#8217;est pas disponible non plus pour les recherches d&#8217;images et de vidéos.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-1067" src="http://pierrot-peladeau.net/wp-content/uploads/2010/05/ssl+search.png" alt="SSL Google Search" width="417" height="135" /></p>
<p>Pour sûr, il s&#8217;agit d&#8217;un geste symbolique important de la part du géant du web. Il a été applaudi par le <a href="http://www.cdt.org/blogs/erica-newland/google-launches-feature-protect-search-spying">Center for Democracy &amp; Technology</a> comme comme une incarnation éclatante du concept de confidentialité par design (<a href="http://www.ipc.on.ca/images/Resources/7foundationalprinciples.pdf">Privacy by Design</a>).</p>
<p>Pour sûr, le fait qu&#8217;un acteur aussi important que Google s&#8217;engage à offrir un nombre croissant de ses services sous SSL (l&#8217;accès web à Google Mail sous SSL est déjà <a href="http://gmailblog.blogspot.com/2010/01/default-https-access-for-gmail.html">par défaut depuis janvier 2010</a>) pourrait être un signal important à tous les acteurs d&#8217;Internet : il est peut-être temps de songer à protéger un plus grand nombre de communications sur Internet, quitte devoir payer par des temps de traitement et de transmission légèrement plus lents (à peine perceptibles lorsqu&#8217;on dispose d&#8217;ordinateurs et de connexions de quelque puissance).</p>
<p>Cependant, est-ce que ce nouveau service change quoi que ce soit à l&#8217;expérience de ceux dont l&#8217;exercice de leurs libertés ou la confidentialité de leurs travaux nécessitent qu&#8217;ils puissent échapper à la surveillance de leurs employeurs, des fournisseurs de services internet ou des États?<span id="more-518"></span></p>
<p>Premier cas de figure. Il faut pouvoir atteindre le domaine « google.com » pour bénéficier de la recherche sous SSL. Or, des États comme la Chine en bloquent déjà l&#8217;accès ou ont la capacité de le faire. Les citoyens de ces pays (ou autres usagers sous surveillance) doivent donc trouver le moyen de passer par des serveurs mandataires (<em>proxy</em>) et des communications sécurisées afin de contourner ce blocage. S&#8217;ils peuvent effectuer sécuritairement un tel contournement, la recherche Google sous SSL n&#8217;est-elle pas redondante?</p>
<p>Second cas de figure : l&#8217;accès au domaine « google.com » est possible. Appeler la page « https://www.google.com » ne revient-il pas alors à lancer une alerte à son employeur, aux fournisseurs de services internet et aux États dont on se méfie? En outre, une fois la recherche confidentielle réalisée, l&#8217;accès aux pages et documents web continuera à se faire sans aucun cryptage : dévoilant de ce fait les sujets précis sur lesquels on s&#8217;informe ou on travaille. Pour l&#8217;internaute mal averti, le nouveau service de Google peut donc constituer un piège plutôt qu&#8217;une protection contre la surveillance de tierces parties. En fait, si Google veut offrir une véritable expérience cryptée, il devrait aussi donner accès sous SSL aux pages sous mémoire cache (c&#8217;est-à-dire aux enregistrements des pages et documents Web, tels qu&#8217;ils ont été recensés lors de la dernière visite d&#8217;un robot de Google)? Même si décalé de quelques heures, jours et semaines, la personne pourrait au moins échapper véritablement à une surveillance directe (quoiqu&#8217;il demeure techniquement possible de les décrypter avec des outils ultraspécialisés).</p>
<p>Bref, tant que Google n&#8217;offrira pas l&#8217;accès sécurisé aux copies des documents qu&#8217;il détient en cache, on ne peut affirmer que son service est un véritable exemple de confidentialité par design. Il ne s’agit de rien de plus que d&#8217;un geste symbolique pour l&#8217;instant.</p>
<p>Cependant, ce même geste pose la question de la responsabilité de nous tous, acteurs sur Internet : ne devrions-nous pas tous offrir nos contenus aussi sous SSL? Le présent site sur lequel vous me lisez ne devrait-il pas offrir une version sous SSL ou des liens d&#8217;accès à des serveurs mandataires offrant des communications sécurisées ? De même pour les sites des médias, des universités, des entreprises, des individus? Et une fois qu&#8217;un nombre significatif de sites offrent un tel accès confidentiel sécurisé, les moteurs de recherche comme Google ne devaient-ils pas signaler systématiquement l&#8217;existence de cette option dans leurs résultats?</p>
<p>Au moins, le geste symbolique de Google permet que la discussion de ces questions devienne soudain plausible.</p>
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		<title>Pour une appropriation citoyenne globale de l&#8217;information et de ses technologies</title>
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		<pubDate>Thu, 11 Feb 2010 20:50:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierrot Péladeau</dc:creator>
		
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		<category><![CDATA[Social Assessment]]></category>

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		<description><![CDATA[Adaptation écrite d&#8217;une présentation faite lors d&#8217;un diner-causerie tenu à l&#8217;occasion du 10e anniversaire de Communautique, le 26 janvier 2010, à Montréal.
On m&#8217;a demandé de traiter de l&#8217;importance que les technologies de l&#8217;information et des communications ont prise au cours de la dernière décennie et celle qu&#8217;elles prendront dans un avenir prévisible, cela du point [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3><a title="Tablette d'écriture cunéiforme" href="http://citoyen.onf.ca/blogs/wp-content/uploads/2009/02/slide0008_image007.png"><img class="wp-image-5546" src="http://citoyen.onf.ca/blogs/wp-content/uploads/2009/02/tablette-cuneiforme.png" alt="Tablette d'écriture cunéiforme" width="109" height="107" align="left" /></a><strong>Adaptation écrite d&#8217;une présentation faite lors d&#8217;un <a title="Vers le communiqué annonçant le diner-causerie" href="http://www.communautique.qc.ca/nouvelles/communique/communautique-10ans.html">diner-causerie</a> tenu à l&#8217;occasion du 10<sup>e</sup> anniversaire de <a title="Vers le site de Communautique" href="http://www.communautique.qc.ca/">Communautique</a>, le 26 janvier 2010, à Montréal.</strong></h3>
<p>On m&#8217;a demandé de traiter de l&#8217;importance que les technologies de l&#8217;information et des communications ont prise au cours de la dernière décennie et celle qu&#8217;elles prendront dans un avenir prévisible, cela du point de vue des citoyens. Je vais me prêter à cet exercice à partir de la notion d&#8217;<em>appropriation</em>.<br />
<a title="Titre: Appropriation citoyenne globale" href="http://parolecitoyenne.org/blogs/vivre-entre-les-lignes/files/diapositive1.png" target="blank"><img class="aligncenter size-medium wp-image-485" src="http://parolecitoyenne.org/blogs/vivre-entre-les-lignes/files/diapositive1.png" alt="Titre: Appropriation citoyenne globale" width="400" height="250" /></a><br />
L&#8217;Histoire montre que l&#8217;alphabétisation peut être une condition nécessaire à la démocratie. Cependant, le fait qu&#8217;une population soit fortement alphabétisée n&#8217;entraine pas pour autant que cette dernière vivra dans une société libre et démocratique. Beaucoup de populations fort instruites ont vécu, à un moment ou l&#8217;autre, sous un régime autoritaire ou dictatorial, voire totalitaire.</p>
<p>Similairement, on peut avancer que le fait qu&#8217;une population sache manier des dispositifs techniques n&#8217;entraine pas pour autant qu&#8217;elle maitrise comment les technologies organisent les rapports entre les citoyens. L&#8217;accès aux outils et le développement des habiletés à les manier seraient des conditions nécessaires, mais pas suffisantes à cette maitrise.</p>
<p align="right">
<p>Illustrons cette affirmation par quelques exemples de dispositifs actuellement en déploiement.</p>
<p><strong>Les scanneurs corporels</strong></p>
<p>Au début de ce mois de janvier, le ministre fédéral des Transports, John Baird, a annoncé l&#8217;acquisition et l&#8217;installation dans les aéroports canadiens de 44 scanneurs corporels à un quart de million pièce. Faisons abstraction du débat légitime sur l&#8217;efficacité, réelle ou symbolique, de ces dispositifs. Dans moins de deux mois, nous, citoyens canadiens, aurons la liberté de choisir entre : ou bien, de nous faire palper avec les mains; ou bien, de nous faire palper avec les yeux.</p>
<p>Mais est-ce le seul choix offert par les technologies informatiques et d&#8217;imagerie numérique?</p>
<p>Un collègue m&#8217;a transmis le dossier de presse des articles publiés à la suite à cette annonce. On constate qu&#8217;à peu près personne n&#8217;a soulevé le fait que cet achat avait été commandé sans appel d&#8217;offre, ni qu&#8217;on aurait pu acquérir des logiciels qui, pour éviter la mise à nu : soit,  ne signalent que les emplacements douteux (comme en Europe); soit, reporte l&#8217;image exacte de la surface du corps de la personne sur un mannequin standard (par la technique du morphage - <em>morphing</em> en anglais). Le résultat d&#8217;une telle acquisition nous aurait offert un choix très différent entre : ou bien, nous faire palper avec les mains; ou bien, simplement faire détecter électroniquement la présence d&#8217;objets sur nous.<br />
<a title="Différents types de scanneurs corporels" href="http://parolecitoyenne.org/blogs/vivre-entre-les-lignes/files/diapositive2.png" target="blank"><img src="http://parolecitoyenne.org/blogs/vivre-entre-les-lignes/files/diapositive2.png" alt="Différents types de scanneurs corporels" width="400" /></a></p>
<p>Apparemment, aucun député n&#8217;a parlé de ces options de rechange. Pas un journaliste. Pas une organisation de citoyens, de consommateurs ou de défense des droits. Même pas l&#8217;<a title="Lettre du Commissariat à la protection de la vie privée (en anglais) " href="http://www.catsa-acsta.gc.ca/File/Library/69/French/Letter%20from%20Privacy%20re%20milimeter%20wave%20technology%20Oct%2029%202009.pdf">avis</a> de la Commissaire à la vie privée du Canada.</p>
<p>Peut-être que le ministre Baird lui-même ignore ces options de rechange!</p>
<p>Pourtant en bons citoyens numériques, plusieurs d&#8217;entre nous savent comment utiliser un appareil photo numérique et des logiciels de traitement d&#8217;images; comment trouver le communiqué du ministre sur le Web; comment regarder son point de presse sur notre ordinateur ou téléphone; et comment discuter la nouvelle dans les blogues ou sur Twitter. Nous, on connait ça la techno!</p>
<p><strong>Cartes bancaires à puce</strong></p>
<p>Deuxième exemple : depuis 2008, les institutions financières canadiennes déploient leurs cartes bancaires à puce. Aucun ministre ou député fédéral, aucune association de consommateurs ou autre organisation de la société civile, aucun média n&#8217;a provoqué de débat public sur le modèle de système de paiement que pourrait supporter l&#8217;ajout d&#8217;un microprocesseur sur les cartes clients, de débit et de crédit.</p>
<p>Pourtant, depuis l&#8217;invention de la carte à microprocesseur, des centaines de manières différentes de l&#8217;utiliser furent conçues. L&#8217;éventail des applications disponibles va de systèmes très bavards sur le moindre geste posé par l&#8217;utilisateur à d&#8217;autres, ultra discrets, produisant aussi peu d&#8217;informations personnelles que l&#8217;utilisation du papier monnaie.<br />
<a title="Différents types de paiements électroniques" href="http://parolecitoyenne.org/blogs/vivre-entre-les-lignes/files/diapositive3.png" target="blank"><img class="aligncenter size-full wp-image-499" src="http://parolecitoyenne.org/blogs/vivre-entre-les-lignes/files/diapositive3.png" alt="Différents types de paiements électroniques" width="400" height="250" /></a><br />
Or, il ne peut y avoir qu&#8217;une seule configuration, ce qui <em>légifère</em> donc les rapports entre consommateurs, marchands et institutions financières.</p>
<p>Nous avions le choix! Par exemple, entre ne permettre aux banques de produire que très peu d&#8217;informations ou, à l&#8217;inverse, leur permettre d&#8217;en produire beaucoup, mais en les forçant à partager cette source précieuse de connaissances sur l&#8217;évolution de l&#8217;économie en temps réel.</p>
<p>Par exemple, le gouvernement de Madame Dominique Vien (ministre des Services gouvernementaux du Québec, autre oratrice de ce diner-causerie) doit prendre des décisions délicates à savoir si l&#8217;État doit garder le pied sur l&#8217;accélérateur de l&#8217;économie, lever le pied ou plutôt mettre les freins. Cependant, plusieurs des chiffres dont dispose le gouvernement ne peuvent souvent décrire que des situations vieilles de quatre mois! Voilà qui complique passablement la prise de décision. D&#8217;autant plus qu&#8217;à cause des mêmes retards dans la production d&#8217;informations, on ne pourra également vérifier quels auront été les effets des mesures retenues avant des mois.</p>
<p>Pourtant, la production continue par les banques d&#8217;informations détaillées et en temps réel sur les paiements électroniques (dont vous et moi payons directement la production à travers nos frais bancaires), combinée à la puissance des ordinateurs d&#8217;aujourd&#8217;hui, pourrait réduire ce décalage à quelque chose comme une semaine!</p>
<p>Cependant, ce débat public sur ce choix démocratique concernant la quantité d&#8217;informations générées ou non par les systèmes de paiement électronique et leur utilisation possible au profit, non seulement des banques, mais aussi de l&#8217;ensemble de la société n&#8217;a jamais eu lieu.</p>
<p>Mais en bons citoyens numériques, nous savons comment utiliser un guichet automatique ainsi que comment faire un don pour Haïti par transaction sur le Web ou avec un texto. Nous, on connait ça la techno!</p>
<p><strong>Quelle appropriation?</strong></p>
<p>Cela nous ramène au thème de l&#8217;appropriation. Généralement, on définit « l&#8217;appropriation » comme le processus par lequel un individu ou un groupe intègre une innovation dans ses pratiques et l&#8217;adapte à ses besoins.</p>
<p>Depuis 10 ans, Communautique, ses partenaires et de nombreux autres organismes oeuvrent à l&#8217;essentielle appropriation des outils informatiques par les citoyens. Ils travaillent et militent pour assurer un accès universel à Internet et à l&#8217;ordinateur. Ils forment à l&#8217;utilisation de logiciels, du Web, de réseaux sociaux et d&#8217;outils collaboratifs.</p>
<p><a title="Appropriation des outils informatiques" href="http://parolecitoyenne.org/blogs/vivre-entre-les-lignes/files/diapositive4.png" target="blank"><img src="http://parolecitoyenne.org/blogs/vivre-entre-les-lignes/files/diapositive4.png" alt="Appropriation des outils informatiques" width="400" height="250" /></a><br />
Cependant, il faut admettre que former à l&#8217;utilisation d&#8217;outils <em>n&#8217;est pas</em> suffisant alors que les innovations s&#8217;immiscent de plus en plus dans le moindre objet. Jusqu&#8217;à nos pilules&#8230;</p>
<p><strong>Pilules à micropuce</strong></p>
<p>Les compagnies pharmaceutiques testent actuellement l&#8217;usage de comprimés à micropuce. Dans <a title="Texte discutant cette expérience" href="http://parolecitoyenne.org/blogs/vivre-entre-les-lignes/si-votre-corps-vous-telephonait-pour-signaler-que-vous-navez-pas-pris-votre-medicament/">une de ces expériences</a>, le dispositif envoie aux patients un texto de rappel sur son téléphone cellulaire s&#8217;ils ne suivent pas correctement l&#8217;ordonnance du médecin.</p>
<p>Un tel dispositif peut être configuré pour mettre en relation patients, médecins et pharmaciens de cent manières différentes. Par exemple, afin de vérifier si nous prenons bien nos médicaments. Pour nous faire livrer automatiquement le renouvellement de nos médicaments lorsque nos flacons se vident. Voire appeler l&#8217;ambulance, si nous avons gobé tout le flacon d&#8217;un seul trait.</p>
<p>La question est évidemment à savoir qui va décider d&#8217;une configuration plutôt que d&#8217;une autre? Donc, à déterminer comment s&#8217;organiseront les relations entre patients, médecins et pharmaciens. Et pourquoi pas aussi celles incluant les compagnies pharmaceutiques, les compagnies d&#8217;assurances et le monde de la recherche biomédicale.</p>
<p>N&#8217;avons-nous pas notre mot à dire? D&#8217;autant plus si ces dispositifs s&#8217;imposent progressivement à tous?</p>
<p><strong>L&#8217;appropriation citoyenne</strong></p>
<p>La démocratie exige ici que l&#8217;appropriation citoyenne aille par delà le simple maniement d&#8217;outils conçus par d&#8217;autres. Elle requiert que les citoyens et les groupes de la société civile puissent contribuer au développement des outils qui imposent une organisation des rapports interpersonnels; qu&#8217;ils puissent participer aux choix affectant cette organisation des rapports.</p>
<p>Cela implique, non seulement une connaissance des outils et de leur maniement, mais également (comme pour les scanneurs, cartes bancaires et pilules), une connaissance des différentes informations qui peuvent être produites ou non ainsi que des diverses manières dont elles peuvent être utilisées ou non.</p>
<p><a title="Appropriation citoyenne globale de l'information et de ses technologies" href="http://parolecitoyenne.org/blogs/vivre-entre-les-lignes/files/diapositive6.png" target="blank"><img src="http://parolecitoyenne.org/blogs/vivre-entre-les-lignes/files/diapositive6.png" alt="Appropriation citoyenne globale de l'information et de ses technologies" width="400" height="250" /></a></p>
<p>Donc, une véritable appropriation citoyenne doit s&#8217;appliquer autant aux informations et aux rapports interpersonnels qu&#8217;aux outils informatiques.</p>
<p>Poussons plus loin. Non seulement, une telle appropriation citoyenne serait-elle nécessaire à garantir un caractère démocratique à une société de l&#8217;information, mais elle serait aussi nécessaire au succès même de l&#8217;informatisation de ses activités!</p>
<p>Déjà, les commerces en ligne ne peuvent faire le plein de profits et les services gouvernementaux en ligne ne peuvent avoir de sens <em>que si</em> le plus grand nombre possible de citoyens a accès à internet et sait comment s&#8217;en servir avec confiance.</p>
<p><strong>Assurer l&#8217;adéquation des applications</strong></p>
<p>Or, le succès de nombreux produits et services informatisés dépendra aussi de plus en plus de la capacité des citoyens de discuter d&#8217;informations, d&#8217;outils et de rapports interpersonnels. Lors d&#8217;une recherche que j&#8217;ai effectuée sur les services gouvernementaux en ligne, j&#8217;ai beaucoup discuté avec des concepteurs de ce qui pouvait faire qu&#8217;un système s&#8217;avère dysfonctionnel, enfonçant un citoyen dans un purgatoire bureaucratique kafkaïen plutôt que l&#8217;aider. L&#8217;objectif étant évidemment de comprendre, à contrario, comment s&#8217;assurer qu&#8217;un service informatisé fonctionne bien. La conclusion est résumée dans ce schéma qui énumère tous les facteurs dont il faut tenir compte (<em>cliquer l&#8217;image pour agrandir</em>).</p>
<p><a href="http://parolecitoyenne.org/blogs/vivre-entre-les-lignes/files/diapositive7.png" target="blank"><img src="http://parolecitoyenne.org/blogs/vivre-entre-les-lignes/files/diapositive7.png" alt="Facteurs affectant l'adéquation d'un service en ligne" width="400" height="250" /></a></p>
<p>Je ne peux ici discuter avec vous l&#8217;ensemble de ces facteurs en détail. Contentons-nous pour l&#8217;instant d&#8217;affirmer qu&#8217;en pratique, il faut non seulement que l&#8217;organisation comprenne très bien toutes les dimensions de ses propres processus (ce qui est déjà un exigeant travail), mais il faut aussi qu&#8217;elle comprenne très bien pourquoi et comment différents citoyens - usagers ou consommateurs - utilisent différemment son service. Comment certaines catégories de personnes s&#8217;approprient-elles différemment le service pour quels buts différents. Inversement, il faut aussi que ces citoyens comprennent bien à quoi servent le service et les informations qu&#8217;ils échangent avec l&#8217;organisation afin qu&#8217;ils obtiennent les résultats qu&#8217;ils recherchent et fournissent les bonnes informations utiles à cette fin.</p>
<p>Premier exemple tout petit. Dans une application aussi simple qu&#8217;un service de changement d&#8217;adresse. Je demande au concepteur : « Quelle adresse la Régie d&#8217;Assurance-maladie, par exemple, détient-elle sur le citoyen assuré? » Le concepteur répond : « C&#8217;est clair, c&#8217;est l&#8217;adresse de domicile ». C&#8217;est en effet ce que prévoit la loi, mais je relance : « En êtes-vous sûr? » Le concepteur se met alors à rire : « En fait, on n&#8217;en a aucune idée ». Et à partir de là, nous avons exploré ensemble les cas de figure où le citoyen a fourni une adresse autre que de celle de leur domicile : comme les étudiants qui donnent l&#8217;adresse de leurs parents comme adresse postale fixe sachant qu&#8217;ils changeront souvent de lieu de résidence.</p>
<p>Peu importe les lois, les formulaires et les modèles de données, cela demeure les citoyens qui décident si dans la case « adresse », ils donneront une adresse de domicile, une adresse postale, une adresse de service ou autre.</p>
<p>Or, parmi la panoplie des moyens efficaces permettant de connaitre et comprendre les usages, attentes, besoins et contraintes des citoyens est la consultation publique. Qui mieux que les citoyens eux-mêmes ou les organisations qui travaillent quotidiennement avec eux peuvent signaler les différents usages et compréhensions d&#8217;un service donné?</p>
<p>Mon deuxième exemple fait dans le très gros et complexe : c&#8217;est l&#8217;immense chantier de l&#8217;informatisation des dossiers médicaux qui, dans un avenir prévisible, va couter bien au-delà d&#8217;un milliard de dollars au Québec, au-delà de cinq milliards au Canada. On a déjà perdu des dizaines de millions de nos impôts dans des solutions inadéquates. Et dans l&#8217;état de situation présente, on va encore en perdre des dizaines de millions d&#8217;autres en cours de route. Et une des causes de ces inadéquations est précisément une culture numérique insuffisante dans notre société.</p>
<p>Des hauts fonctionnaires m&#8217;ont confié qu&#8217;on arrive difficilement à arrimer la vision stratégique avec les besoins concrets sur le terrain. Or entretemps, on développe et on implante des solutions techniques. On procède finalement par une couteuse démarche d&#8217;essais et erreurs. Souvent, on m&#8217;a posé la question : « C&#8217;est clair qu&#8217;il faudrait consulter directement les patients et la population, mais comment fait-on ça? Déjà entre nous, professionnels qui y travaillent quotidiennement, il nous est difficile de partager une compréhension commune des systèmes. »</p>
<p><strong>Le défi démocratique</strong></p>
<p>Développer une capacité de discuter entre nous de dispositifs techniques compliqués représente effectivement un considérable défi culturel. Un défi qui doit être impérativement relevé. Car sinon, on devra faire face à bien plus grave que des inefficiences en nombre, en importance et en couts croissants (pensons seulement à la dégradation spectaculaire qu&#8217;ont connue les services à la clientèle de plusieurs grandes entreprises, par exemple). En effet, c&#8217;est la démocratie elle-même qui se trouve à risque si l&#8217;on abandonne progressivement les décisions relatives à l&#8217;organisation des rapports entre citoyens à des ingénieurs, à des technocrates ou à des fournisseurs plus bas soumissionnaires. Des décisions en plus souvent prises à l&#8217;étranger à cause de l&#8217;universalisation des produits ou des normes techniques devant assurer l&#8217;interopérabilité internationale des systèmes.</p>
<p>Nous ne sommes encore qu&#8217;au tout début du long processus d&#8217;informatisation des sociétés qui va progressivement s&#8217;insinuer dans les moindres recoins de nos vies, y compris jusque sous nos vêtements, dans nos portefeuilles et nos de pilules. Une large part des maniements d&#8217;informations en cause supportera des rapports interpersonnels en les façonnant dans le détail d&#8217;une manière qui s&#8217;imposera aux intéressés. La maitrise démocratique de cette forme de législation efficace rend nécessaire que nous tous - simples citoyens, organismes communautaires, gouvernements et entreprises - fassions évoluer l&#8217;idée d&#8217;appropriation et sa pratique à un niveau plus global qui embrasse les dimensions sociales, y compris celles carrément politiques, des choix techniques.</p>
<p><a href="http://parolecitoyenne.org/blogs/vivre-entre-les-lignes/files/diapositive8.png" target="blank"><img src="http://parolecitoyenne.org/blogs/vivre-entre-les-lignes/files/diapositive8.png" alt="Schéma général de la présentation" width="400" height="250" /></a></p>
<p>Il s&#8217;agit, bien sûr, de bien plus que le défi d&#8217;une décennie, ou même celle d&#8217;une génération. C&#8217;est le défi posé par une véritable révolution qui s&#8217;étendra vraisemblablement sur tout ce siècle. Un défi considérable certes, mais excitant pour sûr! Un défi auquel je compte, évidemment, apporter ma petite contribution, notamment en collaboration étroite avec Communautique et ses partenaires.<a title="Tablette d'écriture cunéiforme" href="http://citoyen.onf.ca/blogs/vivre-entre-les-lignes/pourquoi-la-tablette-decriture-cuneiforme/"><img class="size-full wp-image-5548" src="http://citoyen.onf.ca/blogs/wp-content/uploads/2009/02/signature-cuneiforme.png" alt="Tablette d'écriture cunéiforme" width="50" height="49" align="right" /></a></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Campagne sur les renseignements personnels</title>
		<link>http://parolecitoyenne.org/blogs/vivre-entre-les-lignes/campagne-sur-les-renseignements-personnels/</link>
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		<pubDate>Tue, 20 Oct 2009 19:59:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierrot Péladeau</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Agenda]]></category>

		<category><![CDATA[Information personnelle]]></category>

		<category><![CDATA[Ligues des droits et libertés]]></category>

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		<description><![CDATA[La Ligue des droits et libertés annonce une campagne qui inclut déjà deux événements :
Soirée d&#8217;information et d&#8217;échange sur les Projets de loi C46 et C47
La surveillance des communications électroniques : Une dangereuse intrusion dans nos vies
Lundi 2 novembre 2009 à 19 h.
Salle R-M130, UQAM (315, rue Ste-Catherine Est, Montréal)
À une époque où les nouvelles technologies font [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a title="Agenda"><img src="http://parolecitoyenne.org/blogs/vivre-entre-les-lignes/files/agenda.gif" alt="Agenda" width="109" height="109" align="left" /></a>La <a title="Site de la Ligue des droits et libertés" href="http://www.liguedesdroits.ca/">Ligue des droits et libertés</a> annonce une campagne qui inclut déjà deux événements :</p>
<p><strong>Soirée d&#8217;information et d&#8217;échange sur les Projets de loi C46 et C47</strong></p>
<p><em>La surveillance des communications électroniques : Une dangereuse intrusion dans nos vies</em><strong></strong></p>
<p>Lundi 2 novembre 2009 à 19 h.</p>
<p>Salle R-M130, UQAM (315, rue Ste-Catherine Est, Montréal)</p>
<p>À une époque où les nouvelles technologies font partie du quotidien et où de plus en plus d&#8217;informations sur tous les aspects de nos vies circulent dans le cyberespace, le gouvernement a déposé deux projets de loi qui lui donneront un plus grand accès aux données qui transitent par les fournisseurs de services de communication électronique.</p>
<p><strong>Colloque sur la protection des renseignements personnels</strong></p>
<p><em>On nous fiche ! Ne nous en fichons pas</em></p>
<p>Colloque sur la protection des renseignements personnels à l&#8217;ère des technologies de l&#8217;information et des communications</p>
<p>29 et 30 janvier 2010</p>
<p>Vendredi soir, Salle Marie-Gérin-Lajoie, UQAM (Pavillon Judith-Jasmin, 405, rue Ste-Catherine Est, Montréal)</p>
<p>Samedi, 30 janvier 2010 à l&#8217;UQAM (détails à venir)</p>
<p>« Présentement, le Canada se dirige dangereusement vers une société de surveillance. (&#8230;) La protection de la vie privée est un élément crucial d&#8217;une société libre ; sans elle, il n&#8217;y a pas de réelle liberté. » Jennifer Stoddart, Commissaire à la Protection de la Vie privée du Canada.</p>
<p>Activités organisées par la <a title="Site de la Ligue des droits et libertés" href="http://www.liguedesdroits.ca/">Ligue des droits et libertés</a></p>
<p>Informations : 514-849-7717<a title="Tablette d'écriture cunéiforme" href="http://citoyen.onf.ca/blogs/vivre-entre-les-lignes/pourquoi-la-tablette-decriture-cuneiforme/"><img class="size-full wp-image-5548" src="http://citoyen.onf.ca/blogs/wp-content/uploads/2009/02/signature-cuneiforme.png" alt="Tablette d'écriture cunéiforme" width="50" height="49" align="right" /></a></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Les dépendants du Palmarès</title>
		<link>http://parolecitoyenne.org/blogs/vivre-entre-les-lignes/les-dependants-du-palmares/</link>
		<comments>http://parolecitoyenne.org/blogs/vivre-entre-les-lignes/les-dependants-du-palmares/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 14 Oct 2009 18:53:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierrot Péladeau</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Observations]]></category>

		<category><![CDATA[Écoles]]></category>

		<category><![CDATA[Éducation]]></category>

		<category><![CDATA[Information personnelle]]></category>

		<category><![CDATA[Informations : artéfacts]]></category>

		<category><![CDATA[Informations : sources de conflit]]></category>

		<category><![CDATA[Informations : sources de connaissances]]></category>

		<category><![CDATA[Informations : sources de décisions]]></category>

		<category><![CDATA[Palmarès]]></category>

		<category><![CDATA[Québec]]></category>

		<category><![CDATA[Statistiques]]></category>

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		<description><![CDATA[Des pièges des statistiques, en marge du documentaire Les enfants du Palmarès
Notions abordées : Les informations personnelles permettent un formidable accroissement des connaissances sur les individus, les groupes et les sociétés
Un nombre croissant de décisions concernant les individus et les organisations sont fondées sur des informations personnelles ou des informations dérivées
Un ensemble d&#8217;informations personnelles décrit [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3><strong>Des pièges des statistiques, en marge du documentaire <em>Les enfants du Palmarès</em></strong></h3>
<p><a title="Observations" href="http://citoyen.onf.ca/blogs/wp-content/uploads/2009/02/observations.png"><img class=" size-full wp-image-5807" src="http://citoyen.onf.ca/blogs/wp-content/uploads/2009/02/observations.png" alt="Observations" width="103" height="104" align="left" /></a><strong><a href="http://citoyen.onf.ca/blogs/vivre-entre-les-lignes/notions-abordees/" target="_blank">Notions abordées :</a> <em>Les informations personnelles permettent un formidable accroissement des connaissances sur les individus, les groupes et les sociétés</em></strong></p>
<p><strong><em>Un nombre croissant de décisions concernant les individus et les organisations sont fondées sur des informations personnelles ou des informations dérivées</em></strong></p>
<p><strong><em>Un ensemble d&#8217;informations personnelles décrit moins un être humain en particulier qu&#8217;une relation entre des personnes</em></strong></p>
<p><strong><em>Les informations personnelles ne sont ni données, ni reflet idéal de la réalité: elles sont des artéfacts,  des objets fabriqués par des êtres humains en vue de la réalisation d&#8217;un objectif précis</em></strong></p>
<p><strong><em>Les conflits relatifs aux informations peuvent porter sur n&#8217;importe quelle dimension de leur production ou de leur utilisation</em></strong><br />
<img class="aligncenter size-full wp-image-468" src="http://parolecitoyenne.org/blogs/vivre-entre-les-lignes/files/les-enfants-du-palmares.jpg" alt="les-enfants-du-palmares" width="486" height="237" /></p>
<p>Avant même qu&#8217;il soit diffusé, le film <em><a title="Page sur le documentaire sur Canal D" href="http://www.canald.com/webtele/video/7548/extrait-de-docu-d-les-enfants-du-palmares/">Les enfants du Palmarès</a></em> de la réalisatrice Marie-Josée Cardinal fait déjà beaucoup parler. Ce documentaire sera présenté à la télévision sur <a title="Site de Canal D" href="http://www.canald.com/">Canal D</a> le dimanche 18 octobre 2009 à 19h ainsi que le lundi le 19 octobre à 13h. Ce film traite des angoisses vécues chez plusieurs parents et enfants qui cherchent à réussir, coute que coute, l&#8217;accès à une place dans les écoles privées les plus cotées ainsi que ce qui arrive à ceux qui échouent ou réussissent d&#8217;y être admis.</p>
<p>Le palmarès du titre réfère au désormais <em>Palmarès des écoles secondaires du Québec</em> (<a title="Palmarès des écoles secondaires" href="http://www.iedm.org/uploaded/pdf/portrait08_fr.pdf">ici en format PDF</a>) publié depuis 10 ans par le magazine <a title="Site du magazine L'Actualité" href="http://www.lactualite.com/">L&#8217;Actualité</a>. C&#8217;est de ce tableau comparatif des écoles que je vais discuter ici.</p>
<p>Nous nous sommes donné au Québec la liberté de choisir pour nos enfants parmi un éventail d&#8217;écoles, programmes d&#8217;études et projets éducatifs. Un embarras du choix que j&#8217;ai vécu comme tout autre parent. Embarras que le <em>Palmarès</em> complique par ses faiblesses, mais surtout parce qu&#8217;il demeure l&#8217;unique guide comparatif grand public disponible.</p>
<p>J&#8217;utilise le <em>Palmarès</em> depuis sa création. Notamment lors de visites des écoles où je songeais à inscrire ma plus jeune. Le <em>Palmarès</em> offre une illustration particulièrement parlante pour des élèves de quatrième secondaire des rôles que les informations personnelles jouent désormais dans la vie informatisée des individus, organisations et sociétés. Car en échange de causeries visant à susciter l&#8217;intérêt pour des carrières scientifiques, des conseillères en orientations m&#8217;offraient accès au quotidien de leur école hors des mises en scène des journées portes ouvertes.</p>
<p>Partant du bulletin scolaire, j&#8217;expliquais aux élèves la société de l&#8217;information et l&#8217;importance des diverses disciplines techniques et scientifiques associées. Tout d&#8217;abord, comment des informations personnelles parlent rarement d&#8217;une personne en particulier, mais plutôt d&#8217;une relation entre plusieurs personnes. Ainsi, le bulletin ne parle pas que de l&#8217;élève, mais aussi de ses enseignants. Une direction peut donc utiliser les informations du bulletin pour évaluer le travail de ses enseignants, individuellement et collectivement.</p>
<p><object width="480" height="350" data="http://prezi.com/bin/preziloader.swf" type="application/x-shockwave-flash"><param name="allowfullscreen" value="true" /><param name="flashvars" value="prezi_id=5czjrdnqxh_m&amp;lock_to_path=1&amp;color=ffffff&amp;autoplay=start" /><param name="src" value="http://prezi.com/bin/preziloader.swf" /></object></p>
<pre style="text-align: center"><span style="font-family: mceinline">Si visualisée plein écran, commander « autoplay » pour lancer</span></pre>
<p>Compilées, ces informations des bulletins permettent également de produire des portraits par école, par commission scolaire, entre écoles ou entre commissions scolaires, pour le Québec ou entre pays. La petite animation incluse dans ce billet illustre comment. Ces différentes compilations d&#8217;informations permettent de constituer des portraits de la performance des élèves, des enseignants, des écoles, des commissions scolaires, d&#8217;un système scolaire, d&#8217;un pays. Ils structurent les discussions, les débats publics et la prise de décisions diverses. Notamment celle du choix d&#8217;une école secondaire.</p>
<p>Or, les bulletins, compilations et palmarès sont conçus en vue de réaliser des objectifs précis. Adéquatement produits pour une tâche, ils s&#8217;avèrent souvent défaillants pour une autre. En outre, il faut s&#8217;assurer que la production de ceux-ci ne nous coupent pas de la réalité même que nous souhaitons saisir.<span id="more-465"></span><strong>Portrait pour gestionnaires</strong></p>
<p>Le <em>Palmarès</em> publié par L&#8217;Actualité est produit, non par des pédagogues ou conseillers en orientation, mais plutôt par des économistes pour <a title="Site de l'IEDM" href="http://www.iedm.org/main/main_fr.php">l&#8217;Institut économique de Montréal</a> dont la mission est de promouvoir l&#8217;approche économique des débats de politiques publiques. Cela explique donc pourquoi le <em>Palmarès</em> ressemble à un croisement entre un tableau de bord de gestionnaire et un tableau comparatif d&#8217;entreprises cotées en bourse, n&#8217;offrant de résultats que par écoles. Il se présente des caractéristiques typiques d&#8217;un outil de gestion quantitative, bien adapté à une utilisation par des directions d&#8217;écoles, des conseils d&#8217;établissements, des décideurs publics. Il répond cependant mal aux besoins des parents.</p>
<p>Un guide destiné aux parents et enfants présenterait des particularités radicalement différentes. Fondé sur des facteurs avérés de réussite scolaire, il réunirait des indicateurs non seulement quantitatifs, mais aussi qualitatifs, qui proposent une véritable démarche de choix d&#8217;école.</p>
<p>Par exemple, un facteur clé reconnu de la réussite - de bonheur et satisfaction aussi - est l&#8217;adhésion partagée des parents, enfant, enseignants et direction à un même projet pédagogique (indépendamment qu&#8217;il s&#8217;agisse d&#8217;une école « libre » « disciplinée », « traditionnelle » ou « alternative »). Un guide adéquat pourrait donc offrir un exercice permettant aux parents et à l&#8217;enfant d&#8217;expliciter leurs valeurs propres pour ensuite proposer la courte liste des programmes promouvant des orientations pédagogiques, philosophiques, artistiques, sportives ou techniques compatibles avec ces valeurs.</p>
<p>Ensuite, le guide pourrait offrir des indices quantitatifs de performance, non pas par écoles, mais bien plutôt pour chacun de ces programmes d&#8217;études. Car nombre d&#8217;écoles offrent plusieurs programmes (jusqu&#8217;à cinq différents !) avec leurs propres enseignants, direction et clientèle étudiante. Les cotes par écoles du <em>Palmarès</em> sont ici insignifiantes et mal adaptées à la prise de décision parentale.</p>
<p><strong>Derrière l&#8217;école, des élèves et des enseignants</strong></p>
<p>Idéalement, un tel guide mesurerait aussi le progrès des élèves entre la première et la cinquième année dans des matières de base, par exemple en lecture et en écriture. On verrait ainsi dans quelle mesure de l&#8217;enseignement se fait ou non, et avec quels effets sur la progression des élèves. Idéalement encore, ces informations devraient être fournies par catégories d&#8217;élèves pour être vraiment utiles. Car notre enfant n&#8217;est pas une moyenne statistique abstraite et la performance globale d&#8217;un programme peut très bien être réalisée aux dépens des élèves doués ou avec problèmes d&#8217;apprentissage.</p>
<p>Ce qui nous amène à un autre malentendu fréquent à propos <em>Palmarès </em>: la mesure du travail des écoles. Comme je le présente dans la petite animation incluse dans la présente, peu importe qu&#8217;on produise et présente des statistiques par individu, par classe, par programme, par école, par commission scolaire, par province ou par pays. Ce sera toujours d&#8217;élèves et d&#8217;enseignants dont ces informations parleront à la base. Car toutes ces statistiques dérivent des mêmes informations de base : les résultats scolaires qui sont des informations coproduites par l&#8217;élève qui fournit un travail et l&#8217;enseignante qui l&#8217;évalue.</p>
<p>Les statistiques du <em>Palmarès</em> mesurent donc moins des écoles comme entreprises que des groupes d&#8217;élèves et d&#8217;enseignants. Or, il est évident qu&#8217;un groupe d&#8217;élèves présélectionnés en fonction de leurs résultats scolaires et leur comportement performera mieux qu&#8217;un groupe qui inclut des élèves moins forts ou ayant des problèmes de comportement. Les résultats par école ne parlent donc pas du travail des écoles. Les auteurs du <em>Palmarès</em> l&#8217;ont vite reconnu, mais ont tout de même pris huit ans avant de produire un « indicateur d&#8217;impact » du personnel des écoles sur la réussite scolaire.</p>
<p>Or, cet indicateur d&#8217;impact est une mixture mathématique ésotérique fondée sur la plusieurs paramètres (scolarité des mères et revenus moyens des ménages provenant de résultats de recensement) dont le dosage uniforme pour toutes les écoles ne peut être que découler d&#8217;hypothèses (« moyenne théorique cible », « écart-type théorique cible ») nécessairement arbitraires. Il faut d&#8217;ailleurs trois pages et demie <a title="Palmarès des écoles secondaires" href="http://www.iedm.org/uploaded/pdf/portrait08_fr.pdf">(page 24 et suiv.)</a> aux auteurs pour expliquer comment est calculé cet indicateur d&#8217;impact dérivé de l&#8217;indicateur de résultat de base.</p>
<p>Une mesure d&#8217;impact des enseignants fondée sur la progression des adolescents entre leur entrée et leur sortie d&#8217;un programme d&#8217;étude serait non seulement plus compréhensible par les parents. Elle aurait aussi l&#8217;avantage de se calculer directement à partir des résultats scolaires effectivement constatés plutôt que par l&#8217;application d&#8217;un calcul théorique moyen des effets (très réels) de certains facteurs sociaux sur la réussite.</p>
<p>En fait, un guide grand public d&#8217;aide à la démarche de choix des parents ne viserait pas à déterminer la meilleure école dans l&#8217;abstrait, mais bien plutôt le programme d&#8217;étude le mieux adapté aux besoins et intérêts spécifiques de leur enfant. Ce guide expliciterait des facteurs clés de réussite que parents et enfants seraient invités à les considérer un à un, puis à les pondérer ensemble pour le choix d&#8217;une école. Ensuite seulement, il donnerait des indications par école (ou pointerait vers où sont ces indications sont disponibles).</p>
<p><strong>Un monopole statistique comme piège à la pensée</strong></p>
<p>Depuis dix ans, le <em>Palmarès</em> est critiqué de tous côtés. Mais personne n&#8217;a produit et diffusé massivement quelque option de rechange grand public.</p>
<p>Au départ, les créateurs du <em>Palmarès</em> déclaraient vouloir favoriser les bénéfices qu&#8217;apporteraient les mécanismes de marché et la concurrence pour le système scolaire. Cependant, après 10 ans, leur <em>Palmarès</em> demeure dans une position de monopole de fait pour la fourniture de statistiques comparatives destinées aux parents. Une situation contreproductive, notamment en regard de l&#8217;idéologie même des producteurs du <em>Palmarès</em>.</p>
<p>Sans concurrence, les faiblesses du <em>Palmarès</em> ne peuvent apparaître clairement aux yeux des parents, ni ses auteurs être poussés à les corriger. Mais surtout, sa valeur en tant qu&#8217;outil de mesure du travail des écoles et d&#8217;aide à la décision parentale n&#8217;a pu être relativisée. Elle a même été mythifiée plutôt. Avec certains effets pervers dénoncés dans le documentaire de Marie-Josée Cardinal.</p>
<p>Pourtant, le personnel des écoles croule sous la demande de production de bulletins et de rapports payés à même nos impôts. Pourtant, nous disposons d&#8217;ordinateurs d&#8217;une puissance sans précédent pour traiter ces mines d&#8217;informations ainsi que du Web pour proposer des guides conviviaux et accessibles.</p>
<p>Ne serait-il pas le temps d&#8217;offrir un véritable soutien à la liberté de choix plutôt qu&#8217;une source d&#8217;angoisse ? Qui des associations de parents d&#8217;élèves, des commissions scolaires, du ministère ou des universités - et aussi de l&#8217;Institut économique de Montréal et de l&#8217;Actualité - veut relever ce défi ?</p>
<p>Et ma jeune ? Elle a finalement vécu cinq ans de bonheur et succès dans une école qui, l&#8217;année de son admission, n&#8217;était même pas recensée par le <em>Palmarès</em>&#8230;<a title="Tablette d'écriture cunéiforme" href="http://citoyen.onf.ca/blogs/vivre-entre-les-lignes/pourquoi-la-tablette-decriture-cuneiforme/"><img class="size-full wp-image-5548" src="http://citoyen.onf.ca/blogs/wp-content/uploads/2009/02/signature-cuneiforme.png" alt="Tablette d'écriture cunéiforme" width="50" height="49" align="right" /></a></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Si vos pillules vous téléphonaient pour signaler que vous n&#8217;avez pas pris votre médicament ?</title>
		<link>http://parolecitoyenne.org/blogs/vivre-entre-les-lignes/si-votre-corps-vous-telephonait-pour-signaler-que-vous-navez-pas-pris-votre-medicament/</link>
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		<pubDate>Tue, 06 Oct 2009 21:28:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierrot Péladeau</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Observations]]></category>

		<category><![CDATA[Information personnelle]]></category>

		<category><![CDATA[Informations : sources de conflit]]></category>

		<category><![CDATA[Internet]]></category>

		<category><![CDATA[Médicament]]></category>

		<category><![CDATA[Novartis]]></category>

		<category><![CDATA[radio-identification]]></category>

		<category><![CDATA[RFID]]></category>

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		<description><![CDATA[Les compagnies pharmaceutiques veulent que vous suiviez les prescriptions des médecins
Notions abordées : De plus en plus d&#8217;informations personnelles sont produites sur les individus&#8230; et de plus en plus par des objets autour de vous
Ces informations permettent de réguler les relations interpersonnelles avec une efficacité croissante
Un article du Financial Times signale que la compagnie pharmaceutique [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3>Les compagnies pharmaceutiques veulent que vous suiviez les prescriptions des médecins</h3>
<p><a title="Observations" href="http://citoyen.onf.ca/blogs/wp-content/uploads/2009/02/observations.png"><img class=" size-full wp-image-5807" src="http://citoyen.onf.ca/blogs/wp-content/uploads/2009/02/observations.png" alt="Observations" width="103" height="104" align="left" /></a><strong><a href="http://citoyen.onf.ca/blogs/vivre-entre-les-lignes/notions-abordees/">Notions abordées</a> :</strong> <strong><em>De plus en plus d&#8217;informations personnelles sont produites sur les individus&#8230; et de plus en plus par des objets autour de vous</em></strong></p>
<p><strong><em>Ces informations permettent de réguler les relations interpersonnelles avec une efficacité croissante</em></strong></p>
<p>Un <a href="http://209.85.229.132/search?q=cache:jSz-egHjUaEJ:m.ft.com/cms/s/0/c1473442-a6f4-11de-bd14-%20%2000144feabdc0.html%3Fcatid%3D62%26SID%3Dgoogle+financial+times+novartis+chip&amp;cd=2&amp;hl=fr&amp;ct=c%20%20lnk&amp;gl=fr">article du Financial Times</a> signale que la compagnie pharmaceutique Novartis teste actuellement une technologie qui recoure à l&#8217;insertion d&#8217;une minuscule micropuce dans chaque pilule que vous devez prendre. Une autre puce émettrice-réceptrice implantée dans l&#8217;épaule du patient détecte la prise ou non de chaque pilule. Si la personne ne suit pas l&#8217;ordonnance du médecin, la puce émettrice-réceptrice enclenche l&#8217;envoi d&#8217;un message texte de rappel sur son téléphone cellulaire.</p>
<p>Les tests effectués sur 20 patients prenant du Diovan, un médicament abaissant la pression artérielle, auraient renforcé de 30 % à 80 % l&#8217;observance de la prescription après six mois.</p>
<p>On peut imaginer l&#8217;intérêt d&#8217;une technologie pour les gens qui ont tendance à éviter ou oublier de prendre leurs médicaments ainsi que pour rassurer les personnes qui peuvent oublier si elles les ont bien pris ou non. La même technologie pourrait donc également éviter les surdoses.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-458" src="http://parolecitoyenne.org/blogs/vivre-entre-les-lignes/files/chip_on_a_pill.jpg" alt="chip_on_a_pill" width="468" height="338" /></p>
<p>Cependant, le Financial Times précise que l&#8217;intérêt premier des compagnies pharmaceutiques est évidemment d&#8217;augmenter les ventes de leurs médicaments, particulièrement dans le cas de maladies chroniques comme l&#8217;hypertension et le diabète. Ces entreprises ont tout intérêt à ce que les patients suivent rigoureusement leur prescription de médicaments lucratifs sur de nombreuses années.</p>
<p>Cette nouvelle appelle deux observations.<span id="more-457"></span></p>
<p><strong>Les objets et nous</strong></p>
<p>De plus en plus, les objets que nous manipulons vont produire des informations sur l&#8217;usage que nous en faisons et communiqueront ces informations grâce à Internet.</p>
<p>Aujourd&#8217;hui, il s&#8217;agit surtout d&#8217;appareils comportant déjà des composantes électroniques : ordinateurs, téléphones, sélecteurs télé, assistants numériques, bornes de perception et autres guichets, automobiles.</p>
<p>Cependant, on introduit déjà dans divers produits de consommation et pièces d&#8217;identification des puces d&#8217;<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/RFID">identification par radiofréquence</a> afin de permettre leur détection à faible distance par des bornes informatisées ou carrément des microprocesseurs qui permettent des traitements plus sophistiqués. En théorie, il n&#8217;existe aucun objet qui ne puisse être ainsi équipé. Et non seulement nos objets, mais également chaque partie de notre corps.</p>
<p>Nous générerons directement de plus en plus d&#8217;informations par notre manipulation de nos outils. Cependant, ces derniers et autres objets peuvent de plus en plus générer d&#8217;eux-mêmes des informations sur l&#8217;usage que nous en faisons. Plusieurs logiciels courants, tels la suite Office, Acrobat Reader ou notre fureteur, ont la capacité de produire des informations sur l&#8217;usage que nous en faisons et les dysfonctionnements rencontrés, puis de les transmettre à leur fabricant grâce à Internet.</p>
<p><strong>Les objets entre nous</strong></p>
<p>Internet. Il ne relie donc plus que des ordinateurs, mais aussi des objets. Et à travers ces objets, nous et les autres.</p>
<p>Dans le cas des pilules à micropuce, celles-ci peuvent nous relier à notre médecin et notre pharmacien. Ces professionnels peuvent alors être informés « en temps réel » à savoir si nous prenons ou pas nos médicaments. Si les rappels automatisés ne suffisent pas, ils peuvent en être alertés et ensuite nous réprimander. Si, au contraire nous suivons bien leurs recommandations, nous serons félicités. Le pharmacien pourra même nous rappeler qu&#8217;il est temps de venir chercher un autre flacon de pilules. Ou carrément nous le faire livrer sans que nous ayons à le contacter, puisque nos pilules l&#8217;informent directement du nombre qu&#8217;il reste dans notre pharmacie.</p>
<p>Grâce à Internet, le moindre objet - comme une simple pilule - devient alors un intermédiaire dans notre relation à autrui. La question est toujours à savoir comment cette relation s&#8217;organise.</p>
<p>La puce qui surveille notre prise de médicament ne communique-t-elle qu&#8217;avec moi-même ou avec d&#8217;autres ? Est-ce alors un outil au service de mon autonomie ? Ou au contraire un outil au service d&#8217;un contrôle par autrui ? Ou les deux ? L&#8217;une ou l&#8217;autre option n&#8217;est pas positive ou négative dans l&#8217;absolu, particulièrement en matière de soins de santé où chaque cas est particulier.</p>
<p>Reste alors l&#8217;inévitable question : qui décide ? Nous ? Le médecin ? L&#8217;assureur public ou privé ? Le fabricant de pilules ? Le fabricant de la solution informatique ?</p>
<p>Pour en savoir plus sur ce type de technologie biomédicale, voir le site du fournisseur de Novartis, <a href="http://www.proteus.bz/" target="_blank">Proteus Medical</a>.<a title="Tablette d'écriture cunéiforme" href="http://citoyen.onf.ca/blogs/vivre-entre-les-lignes/pourquoi-la-tablette-decriture-cuneiforme/"><img class="size-full wp-image-5548" src="http://citoyen.onf.ca/blogs/wp-content/uploads/2009/02/signature-cuneiforme.png" alt="Tablette d'écriture cunéiforme" width="50" height="49" align="right" /></a></p>
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		</item>
		<item>
		<title>J&#8217;aurai fait ceci, mais les sondages m&#8217;incitent plutôt à faire cela !</title>
		<link>http://parolecitoyenne.org/blogs/vivre-entre-les-lignes/jaurai-fait-ceci-mais-les-statistiques-mincitent-plutot-a-faire-cela/</link>
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		<pubDate>Thu, 24 Sep 2009 18:59:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierrot Péladeau</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Chroniques radio]]></category>

		<category><![CDATA[Observations]]></category>

		<category><![CDATA[Canada]]></category>

		<category><![CDATA[Économie]]></category>

		<category><![CDATA[Elections]]></category>

		<category><![CDATA[Grippe A(H1N1)]]></category>

		<category><![CDATA[Information personnelle]]></category>

		<category><![CDATA[Informations : sources de décisions]]></category>

		<category><![CDATA[Sondages d'opinions]]></category>

		<category><![CDATA[Statistiques]]></category>

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		<description><![CDATA[Par exemple, nos décisions individuelles économiques, électorales et face à la grippe
Prolongement par écrit d&#8217;une chronique radio offerte le 17 septembre 2009 à l&#8217;émission Citoyen numérique sur 101,5 Radio Montréal.
Notion abordée : Un nombre croissant de décisions concernant les individus, les groupes et les sociétés sont fondées sur des informations personnelles ou des informations dérivées
Il [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3>Par exemple, nos décisions individuelles économiques, électorales et face à la grippe</h3>
<p><a href="http://cibl1015.com/radiomontreal/"><img class=" size-full wp-image-5559" src="http://citoyen.onf.ca/blogs/wp-content/uploads/2009/02/cibl_logo.jpg" alt="" align="left" /></a><span style="font-weight: bold">Prolongement par écrit d&#8217;une chronique radio offerte le 17 septembre 2009 à l&#8217;émission </span><a href="http://www.citoyennumerique.com/" target="blank"><span style="font-weight: bold">Citoyen numérique</span></a><span style="font-weight: bold"> sur </span><a href="http://cibl1015.com/radiomontreal/" target="blank"><span style="font-weight: bold">101,5 Radio Montréal</span></a><span style="font-weight: bold">.</span></p>
<p><span style="font-weight: bold"><a href="http://citoyen.onf.ca/blogs/vivre-entre-les-lignes/notions-abordees/" target="blank">Notion abordée</a> : <span style="font-style: italic">Un nombre croissant de décisions concernant les individus, les groupes et les sociétés sont fondées sur des informations personnelles ou des informations dérivées</span></span></p>
<p>Il nous faut l&#8217;admettre : nos décisions individuelles, nos comportements et nos opinions sont souvent influencés par des informations sur ce que font, pensent ou vivent nos concitoyens. Ces informations proviennent, par exemple, de sondages d&#8217;opinions ou de compilations de statistiques diverses, souvent résumés par les médias.</p>
<p>Grâce à l&#8217;informatique, il est désormais possible de manier et de transformer ces informations de mille manières.</p>
<p>Grâce au web, il nous est possible de rediffuser les nouvelles informations sous des formes interactives qui facilitent la prise de décision individuelle&#8230; et même d&#8217;en mesurer ensuite les conséquences sur la collectivité.</p>
<p><object width="480" height="350" data="http://prezi.com/bin/preziloader.swf" type="application/x-shockwave-flash"><param name="id" value="prezi_zqz-pnmy6mac" /><param name="name" value="prezi_zqz-pnmy6mac" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="bgcolor" value="#ffffff" /><param name="flashvars" value="prezi_id=zqz-pnmy6mac&amp;lock_to_path=1&amp;color=ffffff&amp;autoplay=start" /><param name="src" value="http://prezi.com/bin/preziloader.swf" /></object></p>
<p><span id="more-436"></span></p>
<p><strong>Nos comportements économiques</strong></p>
<p>Les économies mondiale et locales sont en crise depuis plus ou moins un an déjà. Combien d&#8217;entre nous ont pris des décisions durant la dernière année en tenant compte tout autant des statistiques publiées par les médias que de notre situation personnelle particulière ? Cela peut avoir été la décision de changer ou non notre train de vie ; celle d&#8217;économiser plus ou non ; de réduire ou non notre endettement personnel ; d&#8217;effectuer ou non un gros achat ; de changer ou non d&#8217;emploi ; peut-être même d&#8217;avoir ou non un enfant.</p>
<p>Les statistiques sur les déclarations de nos concitoyens forment dans notre esprit une sorte d&#8217;arrière-plan au décor où se déroulent nos vies économiques personnelles. Sommes-nous de plus en plus ou de moins en moins nombreux à nous dire en chômage ou non ? Plus ou moins nombreux à nous dire confiants ou non en regard de notre situation personnelle ? Nombreux à nous dire endettés ou non ? à nous dire confiants dans l&#8217;avenir économique du pays ? À nous déclarer plus économes ou non ?</p>
<p>Notre propre situation économique est évidemment déterminante dans nos décisions individuelles. Cependant, l&#8217;opinion des autres est souvent aussi un facteur que nous prenons sérieusement en compte.</p>
<p>Les citoyens individuels ne sont pas les seuls à garder un œil sur les statistiques. Les dirigeants d&#8217;entreprises commerciales et d&#8217;organismes sociaux aussi. Leurs décisions d&#8217;embauche, d&#8217;investissement, de développement des activités dépendent également autant de l&#8217;opinion des autres que la situation propre de leur organisation.</p>
<p>D&#8217;où l&#8217;importance que les gouvernements et autres grands acteurs de l&#8217;économie accordent à la façon dont les statistiques doivent être interprétées afin de maintenir le moral et un optimisme prudent chez les citoyens, les employés, les consommateurs et les chefs d&#8217;entreprises.</p>
<p><strong>Nos comportements électoraux</strong></p>
<p>Qu&#8217;on me permette de traiter encore une fois d&#8217;élections : ce processus est si révélateur du rôle que des informations peuvent jouer simultanément dans nos vies individuelles et collectives.</p>
<p>Ces temps-ci, on ne sait trop si le Canada se retrouvera ou non de nouveau en campagne électorale fédérale dans quelques semaines ou quelques mois. Cependant, si les tendances observées lors des dernières élections se maintiennent, il faut s&#8217;attendre que de nombreux Canadiens, de moins en moins fidèles à un parti politique en particulier, attendront à la dernière minute pour fixer leur choix. Plusieurs se décideront en fonction des statistiques sur les intentions de vote de leurs concitoyens. Plusieurs scénarios individuels sont alors envisageables.</p>
<p>Certains qui préfèrent un gouvernement stable pourraient décider de voter pour le parti qui, au terme de la campagne électorale, présente selon les sondages le plus de chance de former un gouvernement majoritaire, peu importe qui est ce parti et quel est son programme. Semblablement, ceux qui souhaitent que leur député local « soit du bon bord » pourraient voter pour le candidat local du parti qui a le plus de chance de former le gouvernement.</p>
<p>Inversement, certains autres qui ont développé une préférence pour les gouvernements minoritaires pourraient décider, à partir des mêmes sondages, de voter pour favoriser l&#8217;élection d&#8217;un candidat d&#8217;un des partis d&#8217;opposition afin de réduire le nombre des députés du parti qui formerait vraisemblablement le gouvernement.</p>
<p>D&#8217;autres encore qui, sans être fidèles à un parti en particulier, ont néanmoins de réelles préférences politiques ou idéologiques pourraient choisir de voter localement pour le candidat dont l&#8217;élection favoriserait l&#8217;émergence d&#8217;un gouvernement d&#8217;une tendance politique ou d&#8217;une autre ; ou inversement, bloquerait la voie d&#8217;un gouvernement de tendance opposée.</p>
<p>Enfin, certains qui constatent que les jeux sont faits à l&#8217;échelle locale ou pancanadienne pourraient décider :</p>
<p>ou bien, d&#8217;aller voter, indépendamment de tout calcul électoral, pour le candidat du parti avec lequel ils ont le plus d&#8217;affinités (et qui, dans notre système actuel de financement des partis politiques fédéraux, pourra recevoir de l&#8217;État autour de deux dollars par année pour chacun des votes obtenus) ;</p>
<p>ou bien, ne pas aller voter du tout puisque leur vote ne changera rien aux résultats de l&#8217;élection.</p>
<p>Il est même probable que plusieurs électeurs pencheront tantôt pour un scénario, tantôt pour un autre selon l&#8217;évolution des intentions de vote révélées par les sondages.</p>
<p>On comprend alors aisément les maux de tête grandissants des stratèges électoraux&#8230;</p>
<p><a href="http://www.electionprediction.org/"><img class="aligncenter size-full wp-image-442" src="http://parolecitoyenne.org/blogs/vivre-entre-les-lignes/files/electionsprodictionsproject.jpg" alt="electionsprodictionsproject" width="367" height="336" /></a></p>
<p><strong>Systèmes d&#8217;information sophistiqués</strong></p>
<p>De telles décisions individuelles sont aujourd&#8217;hui possibles au Canada parce que les médias publient de nombreux sondages d&#8217;opinion de qualité qui, ensemble, procurent une image relativement fiable de l&#8217;évolution des intentions de vote.</p>
<p>De telles décisions sont aussi possibles parce que les données sur les résultats et les sondages des élections antérieures sont largement disponibles afin de constituer des bases de données historiques et géographiques. Ces bases de données permettent d&#8217;alimenter des modèles mathématiques servant à traduire les résultats des sondages de la campagne en cours en nombres de députés élus par chaque parti. Ces modèles permettent donc d&#8217;évaluer quel parti est susceptible de former le prochain gouvernement, majoritaire ou minoritaire face à quelle opposition. Tout comme quel candidat de quel parti est susceptible de l&#8217;emporter dans chacun des comtés.</p>
<p>Des applications web 2.0 permettent de demander aux simples citoyens de contribuer au raffinement de ces projections électorales en fournissant des indications sur l&#8217;évolution de la dynamique électorale dans leurs comtés respectifs.</p>
<p>Finalement, des groupes de pression peuvent utiliser ces projections afin de fournir des recommandations de votes comté par comté (voter pour telle personne qui a des chances de l&#8217;emporter ou voter comme il vous plait, car telle personne est assurée de l&#8217;emporter) en fonction du résultat global en regard du soutien à une cause particulière ou à un courant politique.</p>
<p><a href="http://www.voterpourlenvironnement.org/"><img class="aligncenter size-full wp-image-443" src="http://parolecitoyenne.org/blogs/vivre-entre-les-lignes/files/voter-pour-lenvironnement.jpg" alt="voter-pour-lenvironnement" width="428" height="534" /></a></p>
<p><strong>Face au collectif, l&#8217;individu ne veut pas être insignifiant</strong></p>
<p>L&#8217;un des risques des modèles de projection électorale est de faire prendre conscience de l&#8217;insignifiance statistique de notre vote individuel.</p>
<p>En effet, dans l&#8217;hypothèse rarissime où deux candidats en lice n&#8217;auraient qu&#8217;une voix d&#8217;écart, mon vote a un poids décisif et total. C&#8217;est mon vote qui fait élire l&#8217;un ou l&#8217;autre. Chaque vote compte, comme on dit.</p>
<p>Déjà, avec un tout petit écart de 100 voix, mon vote perd beaucoup de poids. En retirant mon vote à l&#8217;un (moins 1) pour le donner à l&#8217;autre (plus 1), l&#8217;écart se déplace de 2 voix en tout, à 102 ou 98 voix selon que je vote pour ou contre celui en avance. À 100 voix d&#8217;écart, mon vote ne pèse donc plus qu&#8217;un cinquantième ou 2 % du résultat.</p>
<p>À 1 000 voix, mon vote n&#8217;y pèse plus qu&#8217;un cinq centième ou 0,2 %. À 5 000 voix d&#8217;écart, un dérisoire 0,04 %.</p>
<p>Et cela n&#8217;est que si je vote que pour l&#8217;un des deux candidats les plus forts du comté. Si je vote pour un tiers candidat, le poids de mon vote devient alors statistiquement insignifiant.</p>
<p>À quoi sert-il alors de voter si je sais désormais d&#8217;avance que mon vote ne changera rien en pratique à qui sera élu dans mon comté et à qui formera le gouvernement ?</p>
<p>Certains se consolent en se disant que leur vote augmentera le financement public de leur parti favori d&#8217;un petit deux dollars par année. D&#8217;autres recourent désormais à des applications web 2.0 pour augmenter le poids et l&#8217;effet de leur vote grâce à des sortes de bourses d&#8217;échanges de votes en ligne. Par exemple, je voudrais voter pour le parti <strong>A</strong>, mais il n&#8217;a aucune chance dans mon comté où la course est plutôt entre les partis <strong>B</strong> et <strong>C</strong>. Dans un autre coin du pays, une autre personne voudrait voter <strong>C</strong>, mais la course est entre <strong>A</strong> et <strong>B</strong> dans son comté. Grâce au  web, nous pouvons entrer en contact et nous entendre pour échanger nos votes : je vais voter <strong>C</strong> dans mon comté et l&#8217;autre personne votera <strong>A</strong> dans le sien. Au total, nous avons chacun contribué de manière un peu plus significative à l&#8217;élection d&#8217;un candidat de notre parti préféré.</p>
<p>Les individus ne veulent donc pas être cantonnés dans l&#8217;insignifiance. Ils veulent faire une différence. Les statistiques permettent de mesurer la différence qu&#8217;il est possible de faire, et donc peuvent modifier le choix que l&#8217;individu peut faire. Une expérience journalistique toute récente nous démontre à quel point.</p>
<p><a href="http://www.voteswapcanada.ca/"><img class="aligncenter size-full wp-image-444" src="http://parolecitoyenne.org/blogs/vivre-entre-les-lignes/files/vote-swap-canada.jpg" alt="vote-swap-canada" width="440" height="194" /></a></p>
<p><strong>Se vacciner pour soi, ou pour les autres ? </strong></p>
<p>Mardi le 15 septembre 2009, à l&#8217;émission <a title="Reportage de La Facture" href="http://www.radio-canada.ca/emissions/la_facture/2009-2010/Exclusif.asp?idDoc=87843"><em>La facture</em> de Radio-Canada</a>, on posait la question suivante à des personnes sur la rue à Montréal :</p>
<p>« <em>Une campagne de vaccination sera bientôt en cours contre la grippe H1N1. Le Canada a commandé 50 millions de doses de vaccins qui seront distribuées dans les provinces. Irez-vous vous faire vacciner ? </em>»</p>
<p>Plusieurs des personnes interviewées ont répondu que non. Parmi elles, plusieurs considéraient être en bonne santé et que le risque n&#8217;était pas très grand pour elles.</p>
<p>On leur a alors donné l&#8217;information à savoir que des chercheurs de Toronto ont étudié le lien existant entre le taux de vaccination et le taux de mortalité dans la population sur une période de 10 ans, de 1996 à 2005. Alors que le taux moyen de vaccination avait doublé en Ontario, le taux de mortalité associé à la grippe a diminué des trois-quarts. En considérant ces chiffres, la vaccination peut-elle être considérée comme un acte de responsabilité sociale ? Ces chiffres feraient-ils reconsidérer leur intention de ne pas se faire vacciner ?</p>
<p>La majorité des personnes qui avait répondu « non » a dit que de tels chiffres remettaient en question leur position. Si c&#8217;est effectivement le cas que la vaccination permet de mieux protéger autrui, elles évalueraient la possibilité de se faire vacciner même si elles n&#8217;en ont pas personnellement besoin.</p>
<p>L&#8217;article des chercheurs en question, « <a href="http://www.plosmedicine.org/article/info:doi/10.1371/journal.pmed.0050211" target="_blank">The Effect of Universal Influenza Immunization on Mortality and Health Care Use</a> », a été publié dans le <em><a href="http://www.plosmedicine.org" target="_blank">Public Library of Science Medicine Journal</a></em>, une revue scientifique en ligne, sous licence Creative Commons, accessible librement et gratuitement sur le Web. Sa lecture est intéressante. D&#8217;une part, l&#8217;article avance qu&#8217;effectivement dans le cas de l&#8217;Ontario la vaccination des citoyens en santé augmente la protection des citoyens les plus vulnérables contre la grippe. On peut ajouter que les citoyens en santé bénéficieraient indirectement de cette protection puisqu&#8217;il y a diminution des coûts de soins de santé qu&#8217;ils doivent payer avec leurs taxes. Mais d&#8217;autre part, on constate que l&#8217;article est écrit dans un jargon scientifique et avec des précautions quant aux conclusions à tirer qui nécessitent une traduction de la part des médias et des autorités de santé publique.</p>
<p>Ce n&#8217;est donc pas tout que les données statistiques et leur analyse soient aisément disponibles, il faut qu&#8217;elles deviennent compréhensibles et utilisables par les citoyens pour que ces derniers puissent se les approprier, notamment pour la prise de décision personnelle.</p>
<p><strong>Un monde informé sur lui-même par les statistiques </strong></p>
<p>Nous observons donc :</p>
<ul class="unIndentedList">
<li> une production d&#8217;informations individuelles permettant;</li>
<li> la production de statistiques collectives servant;</li>
<li> une discussion publique aidant;</li>
<li> le raffinement des portraits de la situation de collectivité facilitant;</li>
<li> aux individus de se positionner et de décider pour eux-mêmes et pour les autres.</li>
</ul>
<p>Que ce soit pour des questions économiques, électorales ou de santé, la simple production d&#8217;informations ne suffit pas. Il faut de multiples intermédiaires qui transforment ces informations, les analysent, leur donnent sens, les diffusent, les rendent utilisables selon le contexte.</p>
<p>De plus en plus nos décisions individuelles, nos comportements et nos opinions seront conditionnés par les informations que nous obtenons sur ce que font et pensent nos concitoyens, donc influencés par le travail sur ces informations effectué par de plein de gens et d&#8217;organisations servant ainsi d&#8217;intermédiaires entre nous tous et&#8230; nous tous.<a title="Tablette d'écriture cunéiforme" href="http://citoyen.onf.ca/blogs/vivre-entre-les-lignes/pourquoi-la-tablette-decriture-cuneiforme/"><img class="size-full wp-image-5548" src="http://citoyen.onf.ca/blogs/wp-content/uploads/2009/02/signature-cuneiforme.png" alt="Tablette d'écriture cunéiforme" width="50" height="49" align="right" /></a></p>
]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>« Une carte d&#8217;identité avec photo, s&#8217;il vous plait »</title>
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		<pubDate>Fri, 11 Sep 2009 20:04:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierrot Péladeau</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Observations]]></category>

		<category><![CDATA[Vie pratique]]></category>

		<category><![CDATA[Carte d'assurance maladie]]></category>

		<category><![CDATA[Identification]]></category>

		<category><![CDATA[Information personnelle]]></category>

		<category><![CDATA[Permis de conduire]]></category>

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		<description><![CDATA[Vie pratique - Du recueil illégal d&#8217;informations par des commerçants et autres organismes
Hier, une proche me dit qu&#8217;elle a dû refuser un cadeau de 25 dollars d&#8217;un marchand. Une caissière lui offrait 25 dollars s&#8217;il elle prenait la carte de crédit de cette chaine de magasins. Un autre client lui avait dit : « Accepte l&#8217;offre. Moi, j&#8217;ai [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3>Vie pratique - Du recueil illégal d&#8217;informations par des commerçants et autres organismes</h3>
<p><a title="Vie pratique"><img class="left" src="http://parolecitoyenne.org/blogs/vivre-entre-les-lignes/files/thumb-up.jpg" alt="Vie pratique" width="108" height="108" align="left" /></a>Hier, une proche me dit qu&#8217;elle a dû refuser un cadeau de 25 dollars d&#8217;un marchand. Une caissière lui offrait 25 dollars s&#8217;il elle prenait la carte de crédit de cette chaine de magasins. Un autre client lui avait dit : « Accepte l&#8217;offre. Moi, j&#8217;ai pris la carte. J&#8217;ai fait un achat avec pour profiter du cadeau. Puis j&#8217;ai fait annuler la carte. » Bon, 25 dollars pour deux minutes de paperasse, ce n&#8217;est pas un mauvais échange.</p>
<p>Elle a donc accepté offre et la caissière a aussitôt commencé à remplir le formulaire pour elle. Naturellement, la caissière a demandé la présentation d&#8217;une pièce d&#8217;identité avec photo. La cliente a offert son permis de conduire qui porte son nom, son adresse de domicile ainsi que des photos d&#8217;elle et de sa signature. C&#8217;est alors que la caissière inscrit le numéro de permis de conduire sur le formulaire. La cliente l&#8217;interrompt : « mais vous n&#8217;avez pas le droit de noter le numéro de permis de conduire ». Ceci est légalement vrai. Au Québec, il est <a title="FAQ de la Commission d'accès à l'information" href="http://www.cai.gouv.qc.ca/11_foire_aux_questions/entreprises.html#theme3">clairement énoncé</a> que les numéros de permis de conduire et d&#8217;assurance-maladie ne peuvent être recueillis que pour les fins associées à l&#8217;application du Code de la route et de la Loi sur l&#8217;assurance-maladie, respectivement. Ailleurs au Canada, au minimum, le principe de nécessité des lois de protection des renseignements personnels restreint une telle collecte.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-417" src="http://parolecitoyenne.org/blogs/vivre-entre-les-lignes/files/permis-de-conduire.jpg" alt="permis-de-conduire" width="448" height="278" /></p>
<p>La caissière a alors répondu qu&#8217;on l&#8217;obligeait à recueillir le numéro pour l&#8217;émission de la carte. Elle exhibe la section du formulaire prévue à cet effet comme preuve à l&#8217;appui de son affirmation.</p>
<p>Face à l&#8217;impasse, la cliente décide d&#8217;annuler sa demande. Elle se fait remettre le formulaire et le déchire en petit morceau. Elle va aussi porter plainte à la <a title="Site de la Commission d'accès à l'information " href="http://www.cai.gouv.qc.ca/">Commission d&#8217;accès à l&#8217;information</a> pour faire cesser cette pratique.</p>
<p>Ce n&#8217;est pas ce que j&#8217;aurai fait. Mais d&#8217;abord quelques explications.<strong><span id="more-415"></span></strong></p>
<p><strong>Pourquoi le recueil de ces informations ?</strong></p>
<p>Souvent, les employés ne savent même pas exactement pourquoi on leur demande de recueillir ces informations.</p>
<p>Une croyance répandue est que les organisations recueillent ces numéros de carte d&#8217;identité ou en prennent une photocopie parce que ces informations pourraient les aider à retracer une personne qui déménage ou envers qui il faut engager des mesures de recouvrement de créances. La réalité est plus triviale.</p>
<p>Un collègue qui avait travaillé dans le secteur bancaire m&#8217;a indiqué qu&#8217;il s&#8217;agit plutôt d&#8217;une mesure de contrôle&#8230; du travail des employés.</p>
<p>Ce recueil a été imposé par des vérificateurs et s&#8217;est répandu partout dans le secteur des services. Il s&#8217;agissait de s&#8217;assurer que les employés avaient bel et bien demandé et tenu en main les pièces nécessaires à une confirmation raisonnable de l&#8217;identité des clients se présentant en personne devant eux.</p>
<p><strong>Effet pervers</strong></p>
<p>Le problème est que les mesures de contrôle bureaucratique deviennent souvent des fins en elles-mêmes au détriment de l&#8217;objectif initialement recherché. La finalité de la confirmation d&#8217;identité est de protéger l&#8217;entreprise et les clients contre l&#8217;usurpation d&#8217;identité. Or l&#8217;exigence du formulaire et les contraintes de temps font que les préposés à la clientèle se concentrent sur la prise du numéro ou la photocopie de la pièce d&#8217;identité plutôt que sur la vérification à savoir si la personne ressemble à sa photo, sa signature sur le formulaire ressemble à la signature sur la pièce, si les nom et adresse concordent et leurs orthographes sont correctes. Ainsi, au lieu de protéger l&#8217;entreprise et les clients, la procédure peut souvent avoir l&#8217;effet contraire : un bâclage de la confirmation d&#8217;identité. Pire. Toutes ces informations recueillies un peu partout augmentent les risques qu&#8217;une personne mal intentionnée s&#8217;en empare pour des fins illégitimes, telles&#8230; l&#8217;usurpation d&#8217;identité et la fraude.</p>
<p><strong>Solutions techniques&#8230; imparfaites</strong></p>
<p>Les organisations ont un besoin légitime de moyens de confirmer l&#8217;identité des gens avec qui elles font affaire. Or, il n&#8217;existe pas de pièces d&#8217;identité conçues expressément à un tel usage dans la vie quotidienne.</p>
<p>Diverses solutions techniques sont envisageables. Un exemple parmi plusieurs : on pourrait permettre aux organisations d&#8217;avoir un lecteur de cartes qui contacterait directement les ordinateurs des émetteurs du permis de conduire ou carte d&#8217;assurance-maladie. Les organisations pourraient alors obtenir assurance que la pièce d&#8217;identité est valide ou non, accompagnée d&#8217;un numéro de confirmation qui est totalement différent du numéro de carte. L&#8217;inscription du numéro de confirmation permettrait de prouver que l&#8217;employé a bien effectué la procédure&#8230; mais pas encore de prouver que l&#8217;employé s&#8217;est bien assuré que la personne devant lui est probablement celle qu&#8217;elle prétend être. Au mieux, on pourrait ajouter des sections au formulaire où l&#8217;employé déclare qu&#8217;il a bien vérifié avec la photo, qu&#8217;il a bien vérifié la signature, qu&#8217;il a bien vérifié les nom et adresse. Ce qui ne satisfera qu&#8217;à moitié les vérificateurs et autres contrôleurs du travail. À moins de recourir à la biométrie (et encore !), il faut se reposer que sur le professionnalisme du personnel qui comprendrait bien, non seulement la procédure, mais aussi son objectif.</p>
<p>En outre, il faudrait prévoir fournir des moyens d&#8217;identification pour ces nombreuses personnes qui ne conduisent pas d&#8217;automobiles ou qui ne sont pas admissibles à l&#8217;assurance maladie.</p>
<p><strong>Conseil pratique</strong></p>
<p>Qu&#8217;aurai-je fait à la place de la cliente ?</p>
<p>J&#8217;aurai rempli le formulaire comme demandé, pris le 25 dollars et&#8230; ensuite porté plainte à la Commission d&#8217;accès à l&#8217;information de faire cesser cette collecte (en envoyant une copie au commerçant pour qu&#8217;il détruise l&#8217;information illégalement recueillie). Autant être dédommagé pour le temps, les démarches, les enveloppes et les timbres.</p>
<p>Je conseille encore plus la même approche lorsqu&#8217;un service essentiel ou un droit est en cause. Par exemple, lorsqu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;obtenir un logement, un emploi, une place en garderie, etc. Obtenez d&#8217;abord votre service ou l&#8217;exercice de votre droit, et seulement ensuite portez plainte. Les commissions de protection de renseignements personnels acceptent généralement de traiter votre plainte en gardant votre identité confidentielle si sa divulgation à l&#8217;organisation pouvait compliquer vos relations avec elle. Car dans tous les cas, l&#8217;objectif de la commission sera de faire cesser la pratique envers toutes les personnes dans la même situation, pas seulement envers vous.<a title="Tablet with cuneiform writing"><img class="size-full wp-image-5548" src="http://citoyen.onf.ca/blogs/wp-content/uploads/2009/02/signature-cuneiforme.png" alt="Tablet with cuneiform writing" width="50" height="49" align="right" /></a></p>
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