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Si vos pillules vous téléphonaient pour signaler que vous n’avez pas pris votre médicament ?

Les compagnies pharmaceutiques veulent que vous suiviez les prescriptions des médecins

ObservationsNotions abordées : De plus en plus d’informations personnelles sont produites sur les individus… et de plus en plus par des objets autour de vous

Ces informations permettent de réguler les relations interpersonnelles avec une efficacité croissante

Un article du Financial Times signale que la compagnie pharmaceutique Novartis teste actuellement une technologie qui recoure à l’insertion d’une minuscule micropuce dans chaque pilule que vous devez prendre. Une autre puce émettrice-réceptrice implantée dans l’épaule du patient détecte la prise ou non de chaque pilule. Si la personne ne suit pas l’ordonnance du médecin, la puce émettrice-réceptrice enclenche l’envoi d’un message texte de rappel sur son téléphone cellulaire.

Les tests effectués sur 20 patients prenant du Diovan, un médicament abaissant la pression artérielle, auraient renforcé de 30 % à 80 % l’observance de la prescription après six mois.

On peut imaginer l’intérêt d’une technologie pour les gens qui ont tendance à éviter ou oublier de prendre leurs médicaments ainsi que pour rassurer les personnes qui peuvent oublier si elles les ont bien pris ou non. La même technologie pourrait donc également éviter les surdoses.

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Cependant, le Financial Times précise que l’intérêt premier des compagnies pharmaceutiques est évidemment d’augmenter les ventes de leurs médicaments, particulièrement dans le cas de maladies chroniques comme l’hypertension et le diabète. Ces entreprises ont tout intérêt à ce que les patients suivent rigoureusement leur prescription de médicaments lucratifs sur de nombreuses années.

Cette nouvelle appelle deux observations.

Les objets et nous

De plus en plus, les objets que nous manipulons vont produire des informations sur l’usage que nous en faisons et communiqueront ces informations grâce à Internet.

Aujourd’hui, il s’agit surtout d’appareils comportant déjà des composantes électroniques : ordinateurs, téléphones, sélecteurs télé, assistants numériques, bornes de perception et autres guichets, automobiles.

Cependant, on introduit déjà dans divers produits de consommation et pièces d’identification des puces d’identification par radiofréquence afin de permettre leur détection à faible distance par des bornes informatisées ou carrément des microprocesseurs qui permettent des traitements plus sophistiqués. En théorie, il n’existe aucun objet qui ne puisse être ainsi équipé. Et non seulement nos objets, mais également chaque partie de notre corps.

Nous générerons directement de plus en plus d’informations par notre manipulation de nos outils. Cependant, ces derniers et autres objets peuvent de plus en plus générer d’eux-mêmes des informations sur l’usage que nous en faisons. Plusieurs logiciels courants, tels la suite Office, Acrobat Reader ou notre fureteur, ont la capacité de produire des informations sur l’usage que nous en faisons et les dysfonctionnements rencontrés, puis de les transmettre à leur fabricant grâce à Internet.

Les objets entre nous

Internet. Il ne relie donc plus que des ordinateurs, mais aussi des objets. Et à travers ces objets, nous et les autres.

Dans le cas des pilules à micropuce, celles-ci peuvent nous relier à notre médecin et notre pharmacien. Ces professionnels peuvent alors être informés « en temps réel » à savoir si nous prenons ou pas nos médicaments. Si les rappels automatisés ne suffisent pas, ils peuvent en être alertés et ensuite nous réprimander. Si, au contraire nous suivons bien leurs recommandations, nous serons félicités. Le pharmacien pourra même nous rappeler qu’il est temps de venir chercher un autre flacon de pilules. Ou carrément nous le faire livrer sans que nous ayons à le contacter, puisque nos pilules l’informent directement du nombre qu’il reste dans notre pharmacie.

Grâce à Internet, le moindre objet - comme une simple pilule - devient alors un intermédiaire dans notre relation à autrui. La question est toujours à savoir comment cette relation s’organise.

La puce qui surveille notre prise de médicament ne communique-t-elle qu’avec moi-même ou avec d’autres ? Est-ce alors un outil au service de mon autonomie ? Ou au contraire un outil au service d’un contrôle par autrui ? Ou les deux ? L’une ou l’autre option n’est pas positive ou négative dans l’absolu, particulièrement en matière de soins de santé où chaque cas est particulier.

Reste alors l’inévitable question : qui décide ? Nous ? Le médecin ? L’assureur public ou privé ? Le fabricant de pilules ? Le fabricant de la solution informatique ?

Pour en savoir plus sur ce type de technologie biomédicale, voir le site du fournisseur de Novartis, Proteus Medical.Tablette d'écriture cunéiforme

Catégories : Observations
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2 Commentaires »

  Major a écrit @ 23/10/2009 à 6:31 am

C’est épouvantable !
J’espère que mes médicaments pour le diabète et l’hypertension ne sont pas équipés à mon insu de ces puces !
Bientôt nous serons tous des petits robots dirigés par ces pharmaceutiques de malheur !

  michelle a écrit @ 15/02/2010 à 11:40 am

J’espère qu’il y aura une consultation public, et il faut comprendre que ce n’est pas tout le monde qui ne voit pas à sa prise de médicament. Je crois qu’il peut y avoir de l’abus de contrôle.

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