Vivre entre les lignes
À partir de faits d’actualité ou de la vie quotidienne, ce carnet explore comment des informations, des programmes et des machines organisent nos relations avec les autres êtres humains, les organisations et même la société tout entière. Car, par-delà la compréhension de la société de l’information dans laquelle nous évoluons, il nous faut apprendre à y vivre et à en influencer démocratiquement les développements.
Vie pratique - Du recueil illégal d’informations par des commerçants et autres organismes
Hier, une proche me dit qu’elle a dû refuser un cadeau de 25 dollars d’un marchand. Une caissière lui offrait 25 dollars s’il elle prenait la carte de crédit de cette chaine de magasins. Un autre client lui avait dit : « Accepte l’offre. Moi, j’ai pris la carte. J’ai fait un achat avec pour profiter du cadeau. Puis j’ai fait annuler la carte. » Bon, 25 dollars pour deux minutes de paperasse, ce n’est pas un mauvais échange.
Elle a donc accepté offre et la caissière a aussitôt commencé à remplir le formulaire pour elle. Naturellement, la caissière a demandé la présentation d’une pièce d’identité avec photo. La cliente a offert son permis de conduire qui porte son nom, son adresse de domicile ainsi que des photos d’elle et de sa signature. C’est alors que la caissière inscrit le numéro de permis de conduire sur le formulaire. La cliente l’interrompt : « mais vous n’avez pas le droit de noter le numéro de permis de conduire ». Ceci est légalement vrai. Au Québec, il est clairement énoncé que les numéros de permis de conduire et d’assurance-maladie ne peuvent être recueillis que pour les fins associées à l’application du Code de la route et de la Loi sur l’assurance-maladie, respectivement. Ailleurs au Canada, au minimum, le principe de nécessité des lois de protection des renseignements personnels restreint une telle collecte.

La caissière a alors répondu qu’on l’obligeait à recueillir le numéro pour l’émission de la carte. Elle exhibe la section du formulaire prévue à cet effet comme preuve à l’appui de son affirmation.
Face à l’impasse, la cliente décide d’annuler sa demande. Elle se fait remettre le formulaire et le déchire en petit morceau. Elle va aussi porter plainte à la Commission d’accès à l’information pour faire cesser cette pratique.
Ce n’est pas ce que j’aurai fait. Mais d’abord quelques explications. Lire la suite »
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Catégories : Observations, Vie pratique
Mots clés: Carte d'assurance maladie, Identification, Information personnelle, Permis de conduire
Brève : À propos de la lecture automatique des cartes d’identité au dépanneur du coin
Saviez-vous qu’à travers le Canada, les dépanneurs s’équipent de machines pour lire les cartes d’identité des clients qui ont moins de 25 ans ? Cette démarche s’inscrit dans le cadre du programme Pièce d’identité de l’Association canadienne des dépanneurs en alimentation (ACDA). Ce programme vise à s’assurer que les acheteurs de billets de loterie, d’alcool ou de tabac ont bien l’âge requis. Pièce d’identité est déjà implantée en Ontario, actuellement en déploiement au Québec et au début de son implantation dans les Maritimes et l’Ouest du Canada.
Un peu partout, les dépanneurs s’équipent donc, généralement à leur frais, de logiciels et de périphériques s’installant sur leurs caisses enregistreuses (tels les produits de la firme Legal Age ID System avec qui l’ACDA a conclu une entente). Au Québec, Loto-Québec offre gratuitement un service similaire à tous les dépanneurs qui ont déjà une valideuse de billets de loterie. D’où une grande satisfaction de l’ACDA qui, on n’en doute pas, souhaite surement qu’un tel service gratuit soit rendu accessible à ses membres, par exemple par des sociétés provinciales de loteries.

Les outils de Loto-Québec offrent :
- la lecture du code à barre du permis de conduire avec affichage rouge pour les moins de 18 ans ou vert pour les 18 ans et plus; et
- le calcul de l’âge à partir de la date de naissance pour les pièces d’identité qui ne peuvent être lues par le terminal, tel que le passeport ou la carte d’assurance maladie.
Selon Loto-Québec et l’ACDA, aucune information personnelle n’est enregistrée ou conservée une fois l’opération complétée.
Finalement, ne pourrait-on pas affirmer qu’il ne s’agit que d’outils afin d’aider des employés faibles en calcul mental à déterminer l’âge à partir d’une date de naissance ?
Un outil encore plus simple aurait été de simplement afficher chaque jour la date de naissance correspondant au passage à la majorité : l’employé n’aurait qu’à comparer cette date à celle inscrite sur toute pièce d’identité pour déterminer si le client est majeur ou non. L’avantage ici aurait été que l’attention de l’employé se porte sur la pièce d’identité et non sur un écran. En effet, plusieurs études ainsi que des tests effectués par des médias indiquent que les procédures bureaucratiques ou informatiques divertissent les préposés de leur tâche première qui est de vérifier si la pièce présentée est bien celle de la personne devant eux. Des tests, comme ceux effectués par le Journal de Montréal, ont montré qu’un homme de peau blanche pouvait ainsi s’identifier sans problème avec des cartes portant la photo d’une femme, d’une personne de peau noire, etc. Alors qu’un mineur présente le permis de conduire valide qu’il aurait dérobé à un adulte à une machine…
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Catégories : Brèves, Observations
Mots clés: Code à barres, Dépanneurs, Identification, Loto-Québec
In Brief: On the automatic reading of identity cards at your neighbourhood convenience store
Did you know that across Canada, convenience stores are getting electronic ID cards readers for customers under 25? This is part of the We Expect I.D. program of the Canadian Convenience Stores Association (CCSA). This program aims to ensure that buyers of lottery tickets, alcohol and tobacco have the required age. We Expect I.D. is implemented in Ontario, currently under deployment in Quebec and at its beginning in the Maritimes and in Western Canada.
Everywhere, convenience stores are thus acquiring, usually at their expense, software and hardware for their cash registers (such as the products of Legal Age ID System with which CCSA has an agreement). In Quebec, Loto-Quebec recently offered a similar service for free to all the convenience stores that already have a ticket lottery terminal. Hence, the great satisfaction CCSA, which, no doubt, will wish that such service be made available to all its members, by other provincial lotteries organizations for example.

The tools provided by Loto-Quebec:
- read the bar code of driver’s licence, displaying a red flag for under 18 or a green one for 18 years and over, and
- calculate actual age from date of birth for ID pieces that cannot be read by the terminal, such as passport or health insurance card.
According to Loto-Quebec and CCSA, no personal information is either recorded or stored once the operation is completed.
Finally, could we not say that these tools are only to help employees with poor mental arithmetic skills to determine actual age from a date of birth?
A simpler tool would be to merely display each day the date of birth marking transition to legal age: the employee would only have to compare this date to that recorded on any piece of identification to determine if the customer is major or not. The advantage here is that the attention of the employee would be concentrated on the document rather than on a screen. Indeed, several studies and tests conducted by the media indicate that bureaucratic or computerized procedures divert the attention of attendants from their primary task: to check if the piece presented is that of the person in front of them. Tests like those conducted by the Journal de Montreal, showed that a man with white skin can easily access services with cards bearing the picture of a woman, a person with black skin, etc. So, if a minor presents the valid driver’s license that he took from an adult to an automated reader…
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Catégories : Brèves, Observations
Mots clés: Bar code, Convenience store, Identification, Loto-Québec
Du mot « anonyme » et des notions aussi mal comprises d’appellation et d’identifiabilité en marge de la révélation de l’identité de Noisette Sociale.
Notions abordéesNotion abordée : Le niveau d’identifiabilité d’une personne décrite par un ensemble d’informations ne résulte pas nécessairement de l’usage ou non d’identificateurs.
Un fait divers presque banal sur le Web, dont voici la version de la journaliste Josianne Massé de Branchez-Vous ! :
« Noisette Sociale a blogué sous un pseudonyme pendant deux ans. (…) Au milieu d’un conflit entre blogueurs, sous la forme d’un commentaire anonyme, la véritable identité de Noisette Sociale a été dévoilée.
“Je n’avais pas de personnage, je n’inventais rien. J’écrivais sans tabou, je me racontais sans me protéger. J’ai été bien naïve. Avec cette histoire, j’ai perdu gros.”
(…) Noisette Sociale a prit (sic) la décision de fermer son blogue » par crainte quant « aux conséquences possibles d’un tel dévoilement sur sa vie ainsi que pour son entourage. »
Évidemment, l’incident a reçu moult échos dans la blogosphère. C’est l’usage du mot « anonyme » par plusieurs qui a attiré mon attention. Quelques exemples :
« Je me demande quoi penser de quelqu’un qui blogue de façon anonyme, pis qui ferme son blog parce qu’on l’a reconnu. »
Pourtant, cette affirmation ne s’applique pas à Noisette Sociale qui affirme clairement avoir utilisé un « prête-nom » (un pseudonyme en fait, car un prête-nom est une personne qui signe à la place de la véritable personne impliquée).
« Peut-on vraiment espérer demeurer anonyme ? Ça me semble incroyable de l’avoir cru. »
En effet. Cependant, combien de commentateurs et de journalistes parlent encore de cet anonymat permis par Internet ?
En fait, le mot « anonyme » même est source de confusion, comme l’attestent plusieurs dictionnaires. Pour le bien des blogueurs et autres citoyens numériques, il serait utile de clarifier, et le mot, et la chose. Lire la suite »
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Catégories : Observations
Mots clés: Anonymat, Identification, Information personnelle, Internet
Of the word “anonymous” and of the poorly understood notions of appellative and identifiability in the wake of the disclosure of one blogger’s identity.
Notion addressed: The identifiability of a person described by a set of information does not necessarily result from the use of identifiers or not.
Here is a commonplace Web news story:
“Noisette Sociale (Social Hazelnut) has blogged under a pseudonym for two years. (…) In the middle of a conflict between bloggers, the real identity of Noisette Sociale was unveiled by way of an anonymous commentary.
“I did not play a character. I did not invent anything. I wrote without taboo. I was telling a lot about me without protect myself. I was very naive. I lost big in this.”
(…) Noisette Sociale took the decision to close her blog” because of concerns about “the possible consequences of such disclosure on her life and her close ones.”
Observably, the incident was echoed through the blogosphere. What caught my attention was the use of the word “anonymous” by several. Some examples:
“I wonder what to think of someone who blogs anonymously, than is closing her blog because she was recognized.”
However, this statement does not apply to Noisette Sociale who clearly knew she used a pseudonym.
“Can we really expect to remain anonymous? It seems incredible to have thought so.”
Indeed. However, how many commentators and journalists still speak of how Internet permits anonymity?
In fact, the very word “anonymous” is a source of confusion. For bloggers and other cybercitizens - and even experts - it would be useful to clarify, both the word and the reality. Lire la suite »
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Catégories : Observations
Mots clés: Anonymity, Identification, Internet, Personal information