À partir de faits d’actualité ou de la vie quotidienne, ce carnet explore comment des informations, des programmes et des machines organisent nos relations avec les autres êtres humains, les organisations et même la société tout entière. Car, par-delà la compréhension de la société de l’information dans laquelle nous évoluons, il nous faut apprendre à y vivre et à en influencer démocratiquement les développements.
Notion abordée : Un nombre croissant de décisions concernant les individus, les groupes et les sociétés sont fondées sur des informations personnelles ou des informations dérivées
Il nous faut l’admettre : nos décisions individuelles, nos comportements et nos opinions sont souvent influencés par des informations sur ce que font, pensent ou vivent nos concitoyens. Ces informations proviennent, par exemple, de sondages d’opinions ou de compilations de statistiques diverses, souvent résumés par les médias.
Grâce à l’informatique, il est désormais possible de manier et de transformer ces informations de mille manières.
Grâce au web, il nous est possible de rediffuser les nouvelles informations sous des formes interactives qui facilitent la prise de décision individuelle… et même d’en mesurer ensuite les conséquences sur la collectivité.
Ou comment leur absence en Iran a probablement permis le déclenchement de la crise politique actuelle
Notions abordées : Les informations personnelles permettent un formidable accroissement des connaissances sur les individus, les groupes et les sociétés.
Les informations sont à la fois sources et objets de conflit.
Au Canada, les sondages électoraux sont si fiables, indépendants et surtout si concordants que plusieurs trouvent qu’on en publie beaucoup trop. Mais cette redondance ne serait-elle pas précisément une garantie de paix sociale malgré un électorat divisé ?
En Iran, les sondages électoraux sont remarquablement peu fiables, souvent censurés et se contredisent systématiquement les uns les autres au point que c’en est caricatural. Je n’ai aucune expertise de la politique, ni de l’histoire de l’Iran. Cependant, celle que j’ai du rôle social des systèmes d’informations sur les individus et les populations me pousse à affirmer ce qui suit : si le peuple et les élites politiques iraniennes avaient partagé et admis la même image de l’état des opinions au sein de l’électorat, la présente crise politique avec ses convulsions, ses morts et sa répression ne se serait probablement jamais déclenchée comme on l’a connu.
Soyons clair, il existe bien dans la population iranienne un fort et réel désir de réforme politique et social (un rare sondage fiable le démontre). Un historien démographe comme Emmanuel Todd répète depuis quelques années qu’avec un très fort taux d’alphabétisation, tout particulièrement chez les femmes qui ne font plus que deux enfants chacune en moyenne, l’Iran se dirige sûrement vers une forme ou une autre de désislamisation. Et à l’évidence, cette évolution profonde se bute à de puissantes institutions conservatrices qui n’hésitent pas à recourir à la répression. Une confrontation était probable. Cependant, il apparait que l’élément déclencheur de événements de ces jours-ci repose sur la méfiance envers deux types de maniement d’informations personnelles : les sondages d’opinion, au premier chef, et le scrutin électoral, par suite.
Ce malentendu apparait d’autant plus funeste dans ses conséquences du fait que, malgré les nombreux indices d’irrégularités et de fraudes électorales, il est possible qu’en définitive, les résultats publiés de l’élection présidentielle favorisant Ahmadinejad sur Mousavi correspondaient à la volonté réelle d’une majorité de l’électorat iranien. Lire la suite »
À partir de faits d’actualité ou de la vie quotidienne, ce carnet explore comment des informations, des programmes et des machines organisent nos relations avec les autres êtres humains, les organisations et même la société tout entière. Car, par-delà la compréhension de la société de l’information dans laquelle nous évoluons, il nous faut apprendre à y vivre et à en influencer démocratiquement les développements.
Actuellement chercheur invité chez Communautique et chercheur associé au CEFRIO, Pierrot Péladeau œuvre depuis 1982 en évaluation sociale de systèmes d'informations sur les personnes.
Il tient aussi une chronique mensuelle à l'émission Citoyen numérique sur Radio-Montréal 101,5 et, ici sur Parole citoyenne le blogue Vivre entre les lignes et son équivalent en anglais Living in Between the Lines.
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