Au cours d'un séjour de quelques jours en Alberta, une partie des jeunes prenant part au Forum Jeunesse de la 32e session du Comité du patrimoine mondial de l'UNESCO a effectué un court plongeon dans l'univers des Blackfoot, et de leurs pratiques ancestrales. Ceux-ci, maîtrisant la topographie de leur milieu -et déployant une ingéniosité remarquable-, avaient mis au point sur ce site un système de chasse de bisons, appelé le précipice à bisons. On trouve à ce site une explication du fonctionnement logistique de ce procédé :
http://www.collectionscanada.gc.ca/cool/002027-2201-f.html

 

Voici un extrait du site web de l'UNESCO, décrivant pourquoi le site a été classé au patrimoine mondial de l'UNESCO en 1981 :

''Dans le sud-ouest de l'Alberta, les vestiges de pistes balisées, les restes d'un campement autochtone et un tumulus où l'on a trouvé d'énormes quantités de squelettes de bisons illustrent un usage pratiqué pendant près de six millénaires par les peuples autochtones des grandes plaines de l'Amérique du Nord. Ceux-ci, grâce à leur connaissance très précise de la topographie du terrain et du comportement des bisons, pourchassaient les troupeaux vers le précipice et dépeçaient ensuite les carcasses dans un campement en contrebas. ''

 

Lors de notre passage, nous avons notamment eu la chance de rencontrer Conrad, interprète senior au Centre d'interprétation, qui nous a partagé, avec générosité, l'histoire de son peuple et, plus spécifiquement, de ce site. Avec une perspective à la fois critique et lucide sur les défis que représente la gestion, par une instance provinciale, d'un Centre gravitant autour des pratiques millénaires des Premières Nations (dont la réserve est adjacente aux limites du site de Head-Smashed-In), il nous a apporté une toute autre dimension à la notion de patrimoine mondial. Car pour lui, la préservation de ce site rejoint les questions fondamentales d'identité et d'éducation... 

Plus que tout, cet homme a introduit une facette plus spirituelle de la question du patrimoine mondial, en soulignant que nous étions tous des gardiens de la planète, que nous ne faisions qu'un ('unity'). Une telle perspective introduit une notion de responsabilité 'morale' qui avait jusque-là été relativement absente du parcours de notre petit groupe, celui-ci ayant visité un site plutôt tourné vers l'aspect scientifique de la préservation...