Au début, l’idée a germé dans la tête de Patrick Payette. La trentaine approchait et il valait sûrement mieux réalisé ses rêves plus tôt que tard. En catimini, il a développé son projet et a même créé un site Internet. Ensuite, il en a parlé avec sa copine Isabelle qui a tout de suite été séduite par le concept. En gros, il lui a dit « Chérie, abandonnons notre ancienne vie et inventons la future…» Vraiment, on pourrait presque les accuser d’avoir copiés une scène d’un film à succès. Après cela, ils ont fait part de leurs intentions à Michel, le beau-frère, qui a illico presto embarqué avec sa blonde Genevièv (la sœur d’Isabelle). Vous me suivez toujours?

Puis, dans l’ordre et le désordre, ont suivi les parents d’Isabelle, Royal et Cécile, sa cousine Myriam et Jean-Guy, le frère de Michel. Par la suite, ils ont décidé «d’adopter» Michel #2, Michel #3, Marie-Noëlle et Pierre-Olivier dans la famille. Un peu mélangeant tout ça, non?

Grosso modo, c’est la genèse de l’entreprise coopérative Les Habitations APEX, qui a pignon sur rue à Saint-Mathieu-du-Parc, en Mauricie. La joyeuse bande d’apexiens (non, ce n’est pas le nom d’insectes de la jungle sub-tropicale, mais bien celui des membres d’APEX) construit depuis quelques années des maisons écologiques; un marché extrêmement prometteur, semble-t-il.

Après de nobles débuts, le succès leurs a collé à la peau. En demande un peu partout dans la province, mais surtout en Estrie et dans les Laurentides, ils ont érigé des petits bouts de rêves loin de leur propre maison. Puis, sentant que leur rêve se transformait en calvaire, ils ont tout arrêté.

C’était donc fini la route, fini les cernes jusqu’aux oreilles, fini les absences prolongées loin des enfants, fini les tracas d’une entreprise voulant toujours s’accroître, fini la sensation de bientôt devenir une famille éclatée. Mais APEX n’est pas mort, il est même aujourd’hui plus fort. Une nouvelle folie avait germé dans la tête à idées de Patrick : pourquoi ne construisons-nous pas nos maisons dans un quartier écologique dans notre propre village? La famille APEX, elle, était convaincue de la réponse.

La famille pouvait revenir à ses origines et enfin reprendre racines.

Le projet de quartier écologique va bon train. Au moment de notre visite, la construction de la première demeure était entamée. En tout, il en aura une soixantaine. APEX compte aussi ériger un centre de la famille, un centre des aînés et des coopératives d’habitations. En définitive, on espère créer un endroit où se développeront des liens communautaires forts et un sentiment d’appartenance.

Bref, APEX tente de recréer dans ce projet ce qui a fait son succès : l’union et le partage. Une seule chose me vient en tête: vive la famille!

>Voir le film Bâtir chez soi!