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Les énergies vertes propulseront Trois-Rivières
Située à mi-chemin entre Montréal et Québec, Trois-Rivières ne se préoccupe pas de l'éternelle guerre de clochers entre la capitale et la métropole. La ville s'intéresse davantage à la diversification de son économie. De 2001 à 2007, son taux de chômage est passé de 9,8 à 7,8 %. Si l'industrie des pâtes et papiers a longtemps occupé une place centrale dans l'économie, son avenir passe par les éoliennes, l'énergie solaire et le tourisme.
Malgré certains soubresauts, l'économie de Trois-Rivières se porte assez bien, merci.
Bien sûr, les difficultés éprouvées par ses grandes industries comme les pâtes et papiers sont source de préoccupation. Comme en témoigne la décision de la papetière Kruger de réduire sa production et d'effectuer des mises à pied temporaires, cet été, afin de diminuer ses stocks et de compenser un carnet de commandes en baisse.
Il y a eu aussi la saga de la fermeture, en juillet, de l'aluminerie Aleris par ses propriétaires américains. Cette décision a envoyé au chômage quelque 450 travailleurs, employés de bureau et cadres.
En début d'année, le fabricant de pièces automobiles Dayco cessait ses activités, deux ans après son implantation à Trois-Rivières qui devait créer près de 500 emplois. Une décision qui s'est traduite par la perte des 120 emplois.
Mais, dans l'ensemble, l'économie de Trois-Rivières a repris des couleurs ces dernières années et affiche une très bonne performance. Le magazine Canadian Business place même Trois-Rivières au sixième rang du palmarès des villes canadiennes propices aux affaires.
"Nous récoltons les fruits des efforts consentis ces dernières années pour diversifier l'économie de la ville", dit Yves Marchand, directeur général de la Société de développement économique de Trois-Rivières.
Avenir prometteur
L'avenir s'annonce tout aussi prometteur. À preuve : l'essor économique a raréfié les espaces industriels et amené la Ville à créer un nouveau parc industriel, à la jonction des autoroutes 40 et 55, "afin de répondre aux projets d'expansion d'entreprises ou d'en accueillir de nouvelles", indique M. Marchand.
Non loin de là, mijote le projet de développement du parc aéroportuaire avec le prolongement de la piste de l'aéroport et la mise à niveau de certains équipements, concrétisant ainsi davantage le concept de pôle d'excellence en aviation générale.
Le port de Trois-Rivières n'est pas en reste. Ses dirigeants ont annoncé en mai un important plan de modernisation et d'aménagement qui nécessitera des investissements d'environ 150 millions de dollars.
Les mois à venir pourraient aussi voir la mise en chantier du projet tant attendu de Trois-Rivières-sur-Saint-Laurent, qui vise à donner une seconde vie aux terrains abandonnés de l'ancienne usine Tripap. Avec, entre autres, la création d'un technoparc et la construction d'unités d'habitation.
Par ailleurs, les récentes annonces de l'implantation d'une usine de composants pour panneaux solaires par l'entreprise norvégienne Renewable Energy Corporation et de la réfection de la centrale nucléaire Gentilly-2, de l'autre côté du fleuve à Bécancour, apporteront aussi de l'eau au moulin de Trois-Rivières.
"Des projets d'une telle envergure sont bénéfiques pour les entrepreneurs, les travailleurs et les commerçants de Trois-Rivières ou de la Mauricie", dit Yves Marchand.
Sans compter, enfin, que Trois-Rivières est à l'aube des célébrations de son 375e anniversaire qui généreront d'importantes retombées pour l'industrie touristique.
Bonne performance
Résultat : Trois-Rivières sera l'une des trois régions canadiennes de recensement de petite ou de moyenne taille à enregistrer une croissance économique de plus de 2 % en 2008, soit 2,7 %, prévoit le Conference Board du Canada.
Même son de cloche chez les économistes de Desjardins, pour qui les différents projets en cours ou à venir contribueront à stimuler la croissance du PIB, de 2,3 % en 2008 et de 2,1 % en 2009.
Plus de 9 500 personnes ont intégré le marché du travail entre 2001 et 2007, faisant passer le taux de chômage de 9,8 à 7,8 %, rappelle l'économiste Louis Gagnon, qui souligne que Trois-Rivières vit des changements importants.
"L'industrie des pâtes et papiers, de l'aluminium et du vêtement, qui a fait les beaux jours de la région jusqu'à la fin des années 1990, laisse aujourd'hui place à de nouvelles activités", écrit-il dans un document d'études régionales publié en juillet.
Changement de la garde
Des entreprises, en particulier des PME, ont pris le relais, par exemple, dans la fabrication d'éoliennes, de solives de plancher, de fermes de toit, ou de services d'entretien d'avions.
Des entreprises qui ont le vent dans les voiles. Comme le fabricant de tours d'éoliennes Marmen, qui prend de l'expansion. L'entreprise, spécialisée dans la fabrication de tours d'éoliennes, a annoncé en début d'année l'agrandissement de deux de ses usines et la création de 120 emplois.
Mais il reste encore beaucoup à faire. La présence historique de grandes entreprises a nui au développement de l'entrepreneuriat et, en conséquence, à l'émergence de petites et moyennes entreprises, note le réputé professeur et chercheur Pierre-André Julien, de l'Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR).
"Comme d'autres régions ressources, Trois-Rivières et la Mauricie ont longtemps été extrêmement dépendantes des grandes entreprises. Ça crée un climat d'attentisme qui ne favorise pas l'esprit entrepreneurial", dit-il.
"De père en fils, on travaillait à la Wabasso, chez Tripap, pour de très bons salaires. Ça n'incite pas à se lancer en affaires", note Annie Villemure, présidente de la Chambre de commerce et d'industries de Trois-Rivières.
Les centres de recherche de la région et l'UQTR sont sollicités pour appuyer davantage l'éclosion et l'expansion d'entreprises. Dans ses activités de réseautage, la Chambre a récemment invité le directeur de l'Institut de recherche sur l'hydrogène, Richard Chahine, à s'entretenir avec les gens d'affaires.
"Il faut arrêter de travailler en vase clos. Les entrepreneurs et les chercheurs ont tout intérêt à travailler ensemble", dit Mme Villemure.
TROIS-RIVIÈRES FÊTE SES 375 ANS
En 2009, la plus ancienne ville francophone d'Amérique du Nord - après Québec - célébrera ses 375 ans d'histoire.
Fondée le 4 juillet 1634 par le sieur de Laviolette, Trois-Rivières conviera la population à se joindre aux festivités qui se dérouleront de janvier à octobre.
Pour s'en assurer, elle lancera une vaste campagne de promotion qui visera le Québec et les autres provinces canadiennes.
"Ce sera la plus importante campagne jamais réalisée par Trois-Rivières", dit Marilie Laferté, directrice de Tourisme Trois-Rivières qui profitera d'un budget de 800 000 $. Son budget habituel est de 250 000 $.
L'organisme n'attend pas le début de 2009 pour marquer l'événement.
Depuis plusieurs mois, l'organisme suggère aux organisateurs d'événements et de congrès de tenir leurs activités 2009 à Trois-Rivières. La réponse est positive : à ce jour, l'organisme recense la tenue de 26 congrès d'importance. "À cette période-ci de l'année, nous en comptons une quinzaine", précise Mme Laferté.
Trois-Rivières prévoit accueillir une centaine de congrès et d'événements l'an prochain, alors qu'elle en recevait de 60 à 80 par année.
D'autant qu'elle compte sur l'ouverture du Centre Alphonse-Desjardins, un complexe sportif, qui comprend une patinoire de dimensions olympiques, des gymnases multifonctionnels et un centre d'affaires. "Nous pourrons accueillir de nouvelles manifestations sportives", dit Mme Laferté. Le spectacle d'ouverture du 375e se tiendra à cet endroit le 9 mai prochain.












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