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Santé mentale au Québec ou ailleurs...
Bonjour je suis nouvellement présente sur ce site...
C'est d'ailleurs la première fois que j'écris dans une tribune citoyenne pour m'annoncer survivante de la psychiatrie, d'origine shawiniganaise, du Québec. Un genre de "coming out" outrageant pour mes proches qui ont fière allure...(sigh)
J'ai pataugé comme "usagère" ou psychiatrisée dans un environnement anglophone psychiatrique pendant plus de 10 ans, soit du 16 octobre 1995 au mois de mars 2005. Ma zombitude a été celle que vivent les psychiatrisés du monde entier même ceux et celles du Québec. J'inclue donc toute personne plus que suffisamment médicamentée de toute race, genre et âge et pas nécessairement les psychiatrisés officiellement répertoriés mais aussi ceux et celles qui, ne le sachant pas, sont affublés d'une maladie mentale parce que, codés, dans leur dossier médical par des numéros correspondants à leur diagnostic médical de leur simple visite à leur médecin de famille qui leur a prescrit un simple anti-dépresseur afin qu'ils puissent puiser des montants de leur plan médical.
J'en ai fait l'expérience en Nouvelle-Écosse en demandant au ministère de la Santé, de me faire parvenir mon dossier médical des 10 dernières annees. En deça de 48 heures, on me l'a posté à ma porte sans qu'il ne m'en coûte un sou. Autrement il m'aurait fallu débourser des montants plutot appréciables et à divers bureaux de médecins pour ne les recevoir qu'après plusieurs semaines d'attentes.
Je suis toujours étonnée du fait qu'on n'interroge aucunement toute personne que j'appelle "en crise" des effets déclencheurs de cette crise? On dira donc que tel ou tel autre "a" une "maladie mentale"...Qu'il soit "malade mentale" ou qu'il "ait" une maladie mentale importe peu puisqu'on n'amorce jamais d'explorer au 21e siècle la possibilité d'effets déclencheurs d'une telle crise.(De dépression/que j'appelle de la tristesse de l'âme, de manie/que j'appelle de la panique d'abandon, de psychose, que j'appelle de l'auto-défense ou de la survivance.)
Je ne fais que vous résumer mes nombreuses lectures en anglais et de par le monde de grands auteurs et psychiatres.
Malheureusement, je sens que ma terre natale le Québec gobe très facilement les infos de la sainte psychiatrie évangélisatrice et universelle. (leur bible du DSM-IV) Je me réfère aux critiques du film de Paul Arcand (que j'ai visionné à Caraquet en 2007 ou début 2008) et que le Québec n'avait pas accueilli à bras ouverts.
Je ne me sens pas unilatérale dans mes propos puisque je sais pertinemment que beaucoup de psychiatres remettent en question les buts de leur propre profession... C'est une minorité et encore si on s'attarde à bien se documenter, on s'aperçoit que de telles remises en question abondent. Et par dessus tout, qu'ils ne sont nullement affiliés à la scientologie quoique celle-ci apporte une contribution incroyable d'infos sur l'historique de cette pseudo-science qu'est encore la psychiatrie ou de l'eugénisme.
J'en aurais plusieurs pages à écrire mais je dois modérer mes élans puisque selon la bio-psychiatrie, on me musellerait en disant que je suis en phase hypo et on me discréditerait illico.
Heureusement je suis sortie de ce système castrant depuis mars 2005. (voir mon profil à ce sujet) Cela me rend triste de constater ces vies, ces gens qui n'ont pas eu la chance que j'ai eue, de s'éduquer de l'autre point de vue opposé tel qu'on s'éduque pour l'avortement des différents points de vue (pro-choix/vie).
Un système bien en place...et c'est tellement plus facile au Québec puisqu'ils sont francophones et peu interessés à ce qui s'écrit ailleurs concernant la psychiatrie traditionnelle. Un cas classé et remis en question uniquement en recherche de ressources alternatives sans toutefois trop remettre en question la zombitude de ces gens incapables de penser pour eux-mêmes.
Rassurez-vous, je ne suis pas plus optimiste que ça pour ce qui est de sevrer les "usagers" de drogues prescrites par les experts...car je crois au choix éclairé et consenti et à la liberté d'accepter ou de refuser les médicaments leur procurant une certaine quiétude et un certain bonheur. Je crois qu'il est trop tard pour un grand nombre d'entre eux/nous. J'ai rencontré tellement de gens zombifiés durant mes 10 années dans ce système, et j'ai aussi rencontré des génies, des gens créatifs, des gens sensibles, du côté du personnel comme de celui des usagers.
Je prie seulement que des mentors éclosent pour du moins nous apporter un autre son de cloche aux ding-dongs psychiatriques. Je demeure confiante que les services sociaux et les jeunes qui s'impliquent dans cette voie d'études, feront naître des théories nouvelles et tout à fait insoupconnées et surtout qu'ils auront un jour, le pouvoir de prendre la place de ceux qui s'accomodent de cette industrie lucrative de numériser les cerveaux humains et les réduire à des composés chimiques uniquement.
Cette pamoison devant les vagues, les couleurs et les soit-disant anormalités mentales humaines (ou du cerveau humain)responsables des comportements maladifs m'effraient parfois à cause du pouvoir inquestionnés de ces explorateurs érudits à qui on donne le mandat de s'approprier les réponses médicamentées pour nos cerveaux québécois, d'humains.
J'écris parce que ma mère a perdu tant de souvenirs suite aux électro-chocs subis dans les années 50s au Québec.
J'écris parce que nous sommes encore moyenageux, crédules et soumis.
Je m'arrête et j'arrête aussi mes propos scandaleux mais je suis contente et heureuse de douter quand c'est mal pour toute société de se subjuguer sans questionner ce diocèse cultivé par la dîme durement payée des cerveaux humains soit-disant dysfonctionnels et moins bien pourvus.
J'en suis la preuve de résistance et non plus le plat de résistance. Merci de m'avoir lue, je l'apprécie grandement,
Claire Longpré
Thetford mines, Québec






Commentaires
Cas lourd de mon propre fils
by Claire Longpre
ven, 06/02/2009 - 16:45
Merci Daniel, j'apprecie cette exploration, ce questionnement face aux medicaments.
Tout d'abord je crois que les ailes psychiatriques depannent et font le travail qui pourrait en apeurer plus d'un. Il est donc normal qu'on calme les "usagers" en crise car qui les prendrait sous leurs ailes?
C'est assez simple comme processus surtout lorsque ce n'est pas la premiere fois qu'un usager se retrouve en crise...on n'a qu'a appeler la police si un usager des services en sante mentale (un regulier quoi...) se demarque par un comportement inhabituel ou anormal, sans que ce soit meme du a l'alcool ou une drogue de rue quelconque. J'ai un cousin qui a abouti en psychiatrie plus de 25 fois comme ca. Je lui ai demande de m'expliquer les circonstances de quelques-uns de ses internements...C'etait plutot anodin quoique comme il est bien connu de son quartier, quand il se comporte bizarrement (parfois comme un amuseur de rue) on le rapporte aux autorites et on essaie un autre medicament pour voir si ca le calmera...et apaisera les citadins qui s'inquietent...de lui ou /et d'eux-memes.
J'ai eu la chance de m'occuper d'un de mes quatre fils en septembre 2004. Cette crise s'est declenchee suite a un bris amoureux (un coeur brise) et il est tombe en paranoia assez souffrante. C'etait moins paniquant que ce soit moi sa mere qui s'occupe de lui, etant passee par ce meme genre de paranoia en 1995. Je l'ai assurement fait voir par un psychologue repute et ensuite le medecin de famille avant qu'on lui propose la psychiatrie...illico.
J'ai meme du decider de prendre la responsabilite de signer pour son traitement car, faute de soutien et de moyens, isolee moi-meme en 2004, je n'avais pas d'autres alternatives. On l'a calme assurement mais j'ai insiste bien calmement...et avec detachement, pour qu'on ecourte son observation psychiatrique. Il a donc ete libere avant Noel!
Je ne suis pas dupe d'ignorer les problemes de consommation d'autres substances souvent presentes et qui provoquent parfois une psychose. Il y a beaucoup a faire encore pour conscientiser le patient deja en crise de son probleme. En Ontario par exemple, les programmes de desintoxication (alcool, mari, etc) font partie du traitement des psychiatrises aux prises avec ce probleme. En Nouvelle-Ecosse a Dartmouth, du moins en 2004, ce n'etait pas le cas, malgre que le centre de desintoxication soit adjacent a l'hopital psychiatrique.
Etant garante du comportement de mon fils, j'ai pu au moins l'amener dans des groupes de 12 etapes apres sa sortie de l'hopital. Il faudrait sans l'ombre d'un doute, que la famille s'eduque du moins a croire qu'une intervention aupres d'un membre deja aux prises avec des dependances, aurait de bonnes chances de fonctionner. Il est en effet difficile de convaincre la famille qui ne se sent pas impliquee face a la dependance d'un fils, d'une soeur, d'un pere, d'une mere, etc. de son role tres important dans le recouvrement possible d'un addict. Et pourtant...il y a des succes probants qui decoulent de ce genre d'attention d'affection veritable.
Plusieurs amis de mon fils se sont suicides au cours de son adolescence, suicides dus en partie aux drogues de rue, ajoutes a des problemes de relations interpersonnelles. Je suis convaincue qu'on aurait davantage de psychiatrises si tous les dependants aux substances n'avaient plus acces a ces engourdissements ou alterations de l'esprit. Je ne peux que speculer sur ce phenomene et j'inclus l'alcool bien sur.
L'art de communiquer est d'apres mes experiences de vie, une composante fondamentale qui devrait s'inclure obligatoirement dans les curriculums du systeme d'enseignement....
Je ne voudrais pas continuer ce texte sans apporter d'espoir...En effet, j'ai eu la chance de me lier d'amitie avec un etre hors du commun...Il a ete diagnostique bipolaire il y a quelques annees deja et a produit des diaporamas plus qu'extraordinaires concernant les psychoses. Il s'appelle Sean et son pseudo sur youtube.com est bipolarwakingup (tout d'un trait). Il raconte ses experiences d'avoir accompagne justement des bipolaires en crise et ils s'en sont bien remis sans medicaments! Je vous conseille fortement d'y aller fureter ses theories auxquelles je m'identifie fortement.
Sean etait de Toronto et habite maintenant au Bresil et continue d'etudier la-bas. Je me rejouis d'ailleurs du fait qu'il contribue si ardemment a trouver des reponses substantielles a ces phenomenes de crises existentielles chez les bipolaires et les schizophrenes entre autres. Son dernier diapo s'intitule: "Why we're bipolar: normal life sucks".
En tant qu'ex-usager des services psychiatriques, il est celui qui m'a semble raconter ma propre histoire. Incroyablement inspirant! Il existe aussi un nouveau site: newlightbeings.com cree grace a lui.
Je me sens toujours medusee du fait que les gens qui ont vecu ces crises ne sont pas consideres des experts en la matiere. Les brochures d'information en sante mentale pour renseigner le public sont crees sans tenir compte de l'expertise des ex-usagers, les comites importants sur ces questions les incluent-ils/elles?
J'aurai eu la chance de lire le Dr William Glasser, traduit en francais maintenant (son dernier livre: "Warning: psychiatry can be dangerous for your mental health" , 2003) Il a ecrit aussi : "La therapie du choix". Que penser du Dr Ty Colbert avec son livre: "Broken brains or wounded hearts"? Un livre plein de reflexions qui m'interpelle.
Je pourrais discerter longuement de ma propre sortie de la soumission aux theories psychiatriques mais aujourd'hui il faut des donnees, des diplomes et je n'ai qu'a offrir mes propres recherches, mes references de lectures, mes echanges avec tant d'autres qui, comme moi, sont sortis de leur credulite, qui se sont questionnes. Je ne souhaite que moins de panique face a ce protocole de maladies mentales qui se multiplieront dans le prochain DSM-V d'ici 5 ans...Je ne peux qu'offrir mon temoignage presqu'impensable.
Je terminerai en disant que j'ai connu 10 ans de psychiatrie suite a la prise de Prozac en aout 1995, prescrit par un medecin, apres une panique de peurs incommensurables produites par un therapeute que je voyais depuis plus de deux ans, me faisant retourner dans des memoires d'abus de mon enfance.
Je me suis sevree (sans supervision medicale) du Prozac au bout de trois semaines, et ca m'a amenee a devenir anorexique, insomniaque et paranoiaque et menee tout droit en psychiatrie du 16 octobre 1995 au 1er avril 1996, refusant les meds pendant plus de 5 mois. On a force le traitement aux tranquilisants majeurs le jour ou j'ai menace de me zigouiller, decouragee de ne plus voir mes 4 fils, avec un telephone coupe d'interdiction de leur parler. Mon fils cadet n'avait que 9 ans a l'epoque.
Mon fils psychotique est sur le Zyprexa maintenant et il a pris plus de 80 livres tout comme moi apres avoir ete zombifiee au Fluenxol et anti-depresseur et lithium et compagnie...
Suis-je pour les medicaments? A court terme pour soulager mais a long terme je n'y crois pas, car j'opte pour le soutien et l'amour humain des proches, des amis, de la communaute. Pour moi un psychiatrise n'est que le patient identifie des familles. Les travailleurs sociaux sont ceux qu'on se doit d'applaudir et vous savez, malgre que j'aie perdu mes dents, que j'aie ete aux prises avec de l'hypothyoridie, suite a la prise de tant de medicaments, je me considere chanceuse et heureuse aujourd'hui d'etre devenue une personne conscientisee davantage et tellement emerveillee face a la vie.
Je suis aussi devenue diabetique...mais la seule chose qui m'a aide ce sont les psychiatrises que j'ai cotoyes et c'est la danse creative que je pratique plus de 6 heures/semaine. Je me suis meme departie de medicaments pour la thyroide (Synthroid) puisqu'elle est a present revenue a la normale!
Je me sens un peu passionnee quand je me mets a raconter mon experience avec les medicaments et je vais m'arreter car le texte va s'etirer...............................
Mon mentor et guide est le Dr Peter Breggin dont j'ai decortique l'un de ses livres: "Toxic psychiatry". C'est un auteur qui m'apaise puisqu'il defend tous les etres succionnes dans ce systeme, hommes et femmes.
Crois-je aux maladies mentales? Curieusement pas du tout.
Une psychose selon moi, se manifeste justement parce que le decouragement est tel, et l'indifference et le manque de soutien et d'ecoute et d'affection sont tellement deroutants, et les traumatismes sont tellement envahissants qu'on se croit dans une "twilight zone" seul (e) a en saisir l'absurdite.
Albert Einstein a dit: "Suis-je fou ou le sont-ils tous?"........
Matin Luther King Junior est celui qui a declenche pour ainsi dire le mouvement des mesadaptes dans les annees 60s (IAACM: International Association for the Advancement of Creative Maladjustment) et...saviez-vous que le Dr Patch Adams est un survivant de la psychiatrie lui aussi! avec mindfreedom.org!
Cette question m'a habite jusqu'a ce que je rencontre d'autres personnes comme moi, enfermees parce que derangeantes. Ca m'a beaucoup rassuree d'avoir rencontre ces personnes hors du commun.
Merci de m'avoir lue et de me donner cette tribune si simplement accordee, et surtout harmonisante de solidarite dans l'ouverture de l'esprit et du coeur, je vous en suis si reconnaissante,
Reverencieusement a l'ONF, et a Parole Citoyenne,
Claire Longpre
Touchante histoire
by Daniel Roy
ven, 06/02/2009 - 09:18
Votre témoignage est très touchant. Il présente une réalité difficile, souvent cachée et très complexe que vous avez nuancée de manière très personnelle. S'il y a une part de tabou à propos du sujet, c'est souvent aussi une bonne partie de la guérison que d'être capable d'en parler comme vous le faites.
Selon vous, est-ce que l'utilisation de la médication devrait être plus restreinte, malgré la difficulté que représente certains cas lourds?
Respectueusement,
Daniel Roy
Parole citoyenne
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