Bien que le tournage de ce film se passe dans une école, il n'est pas question de réaliser un documentaire sur l'éducation au sens strict du terme. L'intention du réalisateur est de partager une expérience de vie unique rendue possible grâce à l'accès privilégié que l'équipe a obtenu auprès des élèves, professeurs et directeurs de l'école secondaire Saint-Henri.

Le film s'inscrit davantage dans une approche de « cinéma vécu » plutôt que dans un documentaire qui cherche à débattre des grandes questions ou des différents enjeux sur l'éducation. Plutôt que de faire voir et entendre ce que pensent les spécialistes ou les fonctionnaires de l'éducation, Denys Desjardins a choisi de vivre avec les véritables acteurs de l'éducation, soit les élèves et leurs professeurs.

Ainsi, Denys et son équipe passeront toute une année (août à juin) à la polyvalente et dans le quartier de Saint-Henri afin de suivre les hauts et les bas de ceux et celles qui fréquentent cette école. Ce film se présente donc comme un chassé-croisé entre différents personnages qui, de l'école à la maison, en passant par le travail, nous invitent à suivre leur parcours.

Le quartier Saint-Henri Baptisé le Saint-Henri des tanneries, ce quartier de la ville de Montréal (1905) a très tôt été associé au développement industriel de la métropole. La grande crise économique des années 1930 touchera durement le quartier qui ne s'en relèvera pratiquement pas. Depuis, le chômage chronique entraîne la pauvreté de ses habitants. Par ailleurs, le profil ethnoculturel de la population s'est grandement modifié depuis quelques années. On remarque aussi un embourgeoisement du quartier causé par la transformation des industries en lofts et en condominiums luxueux.
>Autrement dit, le quartier Saint-Henri possède une réputation peu enviable qui ne correspond peut-être entièrement à sa nouvelle réalité. Qu'en est-il de son école secondaire?

L'école Saint-Henri L'École Secondaire Saint-Henri a vu le jour en septembre 1972. Elle prenait la relève de l'École Esther-Blondin (secondaire filles) et de l'École secondaire Saint-Henri (secondaire garçons). Elle est située au coeur même du quartier Saint-Henri (rendu célèbre par l'écrivaine Gabrielle Roy) sur le quadrilatère formé des rues Saint-Antoine, Saint-Ferdinand, Saint-Jacques et du Couvent.

L'école accueille aujourd'hui au-delà de 1000 élèves, et leur offre une gamme de services, d'activités et de profils pédagogiques pouvant répondre à différents besoins : groupes réguliers, voie enrichie, classes d'accueil, cheminements particuliers de formation, classes alternatives, insertion sociale et préparation au marché du travail, des programmes de formation professionnelle et de formation générale.

Dans le classement des établissements scolaires, l'école Saint-Henri figure au bas de liste parmi les écoles les plus défavorisées. Cette position, qui semble peu enviable à première vue, s'explique par le fait que l'école Saint-Henri mise sur l'intégration de tous les élèves sans tenir compte de leur origine ethnique, leur classe sociale ou niveau académique. Autrement dit, l'école Saint-Henri ne pratique pas une politique d'exclusion et de sélection qui permet à certaines écoles de « performer » dans le classement des établissements scolaires.

L'éducation pour tous! N'est-ce pas là d'ailleurs le premier mandat de l'école publique?